26.02.2009

Y'a toujours un quai...

Trains%20-%20002.jpg

 

 

 

 Toujours à vouloir aller plus loin

Toujours à regarder vers ailleurs…

 

Pourtant t’avais de l’or au bout des doigts,

pourtant t’avais de l’or dans la voix.

Y’a toujours des pourtant mon ami,

des pourtant toujours freinés par la vie.

 

Il y a des voies de chemins de fer

qui aguichent tes rêves solitaires.

Des rames qui te conduisent pour perpète

dans les songes anarchiques de ta quête.

 

Dans tes nuits, tu remontes les wagons

qui te ballotent dans leur doux ronron.

Odeur de cuir et de tabac froid,

la dame t’empêtre dans tes émois.

 

Le jour, tu marches entre les rails, rêveur.

Tu comptes les traverses, sans erreur.

Ou tu regardes droit vers l’horizon

qui te promet un tas d’autres versions.

 

Toujours à vouloir aller plus loin

Toujours à regarder vers ailleurs…

 

Souvent t’enrages à t’en péter les dents

et tu sanglotes tel un petit enfant.

Tu t’imagines fixant le prochain train

droit dans les phares, un ultime destin.

 

Alors tu continues à t’engager

chaque fois plus loin sur la voie ferrée.

Tu découvres de nouveaux paysages

à mesure que tu avances en âge.

 

Le mystère bataille contre la candeur,

la liberté dévoile sa noirceur.

La raison l’emporte sur le frisson

et te révulse le cœur en moisson.

 

Tu sais qu’un jour tu regretteras

de ne pas avoir aiguillé tes pas

vers le quai désert qui t’appelait,

vers la vieille loco qui toussotait.

 

Toujours à vouloir aller plus loin

Toujours à regarder vers ailleurs…

 

 

Tommie

 

A celui qui m'a inspiré ce texte et qui se reconnaitra ;-)

 

 

Rêves fugaces

 

200389837-0011.jpg

 

 

 

Parfois la solitude se fait encore plus pesante,

enveloppant de ses tentacules la pénible attente

née de rêves déments par lesquels tu te laisses berner,

dans une crise folle de désirs et d’avidité.

Il suffit d’un mot réconfortant, d’un sourire sincère,

pour réveiller la naïveté rangée sur l’étagère.

 

Alors le cœur tachycarde, la pensée logorrhéique,

le désespoir s’empêtre dans des airs euphoriques,

qui anéantissent la prudence et les bonnes raisons

qui t’ont plongé dans l’éloignement et la rude prison.

Un semblant de vie prend le pas sur l’anéantissement,

un souffle de fraicheur dissipe le renoncement.

 

Tu te laisses envahir, pour quelques minutes ou quelques jours,

par un possible réinventé dégainant sans détours,

derrière un masque coloré, des effluves de parfums

envahissants, comme la clarté des petits matins.

Ton esprit troublé est partant pour une grande aventure

tissée dans les fils barbelés de tes propres parjures.

 

Et puis tu retombes brusquement du vent qui t’embrassait,

au moment même où tu comprends que le rêve était surfait.

Un éclair de lucidité te gifle en pleine face,

te dégomme lamentablement en haut de tes échasses.

Tu retournes à ton coma en reposant les pieds sur terre,

tu regrettes le doux songe qui t’a sorti de ta misère.

 

 

Tommie


 

Mon graal

 

1-picture1[1].gif

 

 

Je m'en retourne à la recherche de mon graal

pour quelques semaines.

Yoann, Kris, Nath, Katell, Béatrice, ...

vous allez me manquer.

David : tu n'as pas une compo à faire et à chanter ? ;-)

Docky : ah Docky ! Mon presque frère de mésaventure  ;-))

Je vous embrasse tous.

A dans quelques temps. 

 

Je laisse un dernier poème...

24.02.2009

Des ronds dans l'eau

homme-poisson72600.jpg

 

 

Au bord du canal, un drôle de ballet.

Un homme en cavale, pas loin de plonger.

Il prend son élan, fait des petits bonds,

hésite un instant… part à reculons.

Et puis recommence, nouvel exercice,

un, deux, trois, se lance… et stoppe l’hélice !

 

A quoi joue t-il donc ? Faire peur aux poissons ?

Mais on n’a pas peur sous cet horizon !

Ils s’impatientent, nageoires en extension,

et l’encouragent, proches de l’implosion.

L’homme est un peu couard, à n’oser sauter.

Rien ne l’empêche de prendre l’escalier !

 

Maintenant, c’est un bel attroupement

et des bouches bien rondes en suspens.

Vue la saison, il y a peu de chances

que de natation, il tente l’expérience.

Et voilà qu’il recommence… puis s’arrête.

Il s’assoit. Aie ! En plein sur une arrête.

 

Il se met à pleuvoir, lui à pleurer.

Il renifle. L’assistance est médusée.

On s’agite des écailles, dans les ronds.

On en a connu des plus moribonds !

Des qui ne se mettaient pas au supplice

à trop regarder vers le précipice.

 

« C’est pas pour cette fois ! » crient-ils en partant.

« C’est pas pour cette fois ! » miaule t-il en mouchant.

Il se met debout et tourne le dos,

et les poissons retournent sucer des os.

Il faudra qu’il se décide à sauter

lorsque la réserve sera épuisée !

 

 

Tommie

18.02.2009

Une vie de damnés

20-annee-olds_~J92-234719.jpg

 

 

 

 

On les avait tirés du liquide amniotique,

du paradis où ils flemmardaient, extatiques.

On avait vivement aiguisé leurs esprits

en les exposant aux lumières de la vie.

 

Des cris et des sourires comme des cicatrices

plongeaient leurs regards dans d’infinis précipices.

Ils s’accommodaient au noir avec précaution,

sentant là le danger de la domination.

 

Ils avaient appris à s’équiper de béquilles

pour absorber les chocs, esquiver les torpilles.

Ils trouvaient refuge à l’ombre de leurs secrets,

un empire de folie où ils s’enlisaient.

 

On les trouvait trop actifs ou trop effacés.

Ils étaient juste à la recherche du feu sacré

qui les embarquerait vers une autre planète

sur laquelle ils règneraient en anachorètes.

 

Les années passaient, ils grandissaient. Solitaires.

Et commençait à gronder en eux le tonnerre.

Ils n’allaient pas tarder à voir les démons,

impatients, fin prêts à sortir de leurs gonds.

 

Ils entraient là dans une nouvelle souffrance,

celle qui s’immisce par la porte de la conscience.

La vraie confrontation aux autres et à leur monde

allait soulever des vagues de mauvaises ondes.

 

Tels des étoiles filantes, ils allaient fuir,

encore et toujours, impuissants à se construire

un semblant de vie remplissant les bonnes cases,

trop accaparés à gérer leurs métastases.

 

Ils ne demandaient pas plus que d’être acceptés

comme de simples hommes avec une infirmité.

On les considérait comme des inactifs

incapables de fournir l’effort productif.

 

Au mieux, on les voyait comme des parasites

se plaisant à profiter de leur flémingite.

Au pire on avait peur et on les haïssait

de souiller le paysage idyllique, surfait.

 

Alors on se contentait de leur faire aumône

de quelques piécettes pour les tenir dans leur zone,

en prenant soin de bien rester indifférents

à leur survie misérable, à leurs sentiments.

 

Et personne n’irait à leur enterrement

sinon un membre de la famille, un soignant,

avec lequel ils ont accroché à l’asile

dans les pires moments, quand ils étaient plus fragiles.

 

 

Tommie

 

 

 

 

 


 

15.02.2009

Le temps figé

horloge-projection-douze_~73807939.jpg

 

 

 

 

 Le temps s’arrête. D’un coup tout se fige.

Les aiguilles des horloges n’avancent plus, comme prises par le givre.

Les clochers des églises et des cathédrales se sont tus. Dieu avec.

 

Fini le gling-gling des tiroirs-caisses et de la monnaie sur le zinc.

Les cafés refroidissent. Les bières ne moussent plus. Les steak-frites ne sentent plus.

Les rictus restent idiots aux lèvres des métaphysiciens de comptoirs.

 

Pour une fois, les enfants pourraient traverser la rue sans risquer de se faire butter.

Les petites vieilles aussi. Et puis jouer au parc en toute tranquillité.

Leur innocence préservée des vautours planant autour de leur virginité.

 

Les feuilles mortes cessent de tourbillonner, entre ciel et terre. L’hiver ne viendra pas.

Les pauvres auraient moins souffert, mais ils ne le savent pas. C’est dommage.

On ne chantera pas « aujourd’hui on n’a plus le droit », en remplissant les caddies, de moins en moins.

 

Aux urgences, le panaris ne lance plus, et dans le box réa un cœur reste en suspend. On attend son tour patiemment.

Dans les étages, les infirmières sont entre deux courses. Les patients n’attendent pas en râlant.

On ne souffre plus. On ne soigne plus. On ne meure plus. Tout le monde à droit à une pause.

 

Entre République et Bastille, le défilé pose pour la photo. Les CRS, au repos, gardent leurs bombes lacrymos.

« Sarkozy au piloris, ta réforme… ». Le porte-voix n’a plus de souffle. Les bouches retiennent leurs cris.

Des poings restent levés, des têtes restent baissées. L’étudiant côtoie l’ouvrier, et la rage des casseurs qui ne cassent plus.

 

Aux assemblées nationales et internationales, on dirait qu’on était au courant.

Ca s’ennuie, ça baille, ça s’étire, ça ronfle même avant. Nos représentants doivent être devins.

D’ailleurs, les trois quarts ne se sont pas déplacés. Ils ont pris le temps de bien s’installer à la maison.

 

Dans les usines, les machines sont à l’arrêt. Leurs esclaves n’entendent plus le bruit

qui emplit leur quotidien. Les mains ne s’affairent plus. Les petits chefs n’espionnent plus.

Les patrons n’exploitent plus. Les actionnaires cessent de réclamer encore plus.

 

Au croisement des rues Giraudeau et Bastié, les pneus ne crissent plus, les tôles froissées ne grincent plus.

Une rigole d’essence stagne, le sang se coagule. L’enfant démantibulé projeté ne retombe pas.

Les badauds sont médusés. Un ange passe qui ne peut rien décider. La mort est suspendue.

 

 En salle de travail, une petite tête brune vient d’apparaitre, mais n’ira pas plus loin.

Ca tombe plutôt bien : En un quart de seconde il a vu défiler sa destinée, et il n’a pas aimé.

Faut pas prendre bébé pour un couillon. Alors merci, mais non merci.

 

Un missile vient de toucher Gaza. Les victimes sont figées, la bouche ouverte sur un cri.

Le sang a jailli, à grands flots, mais il n’a pas eu le temps de s’écouler.

Ni les corps de s’écrouler. C’est pourtant pas haut un enfant…

 

 

Tommie

 

NB : c'est un peu expérimental mon truc là, pas vraiment une réussite  ;-(


 

09.02.2009

Délirium pas mince

5326[1].jpg

 

 

L'apocalypse dans leurs yeux

faisait écho à la fureur

qui jaillissait comme un aveu,

comme exutoire à la frayeur.

 

Tout ce monde là dans leurs oreilles

hurlait comme mille Lucifer,

jetant les démons en sommeil

à travers toutes les meurtrières.

 

Ils étaient un, ils étaient cent

à louvoyer derrière leur dos,

à ramper en se pourléchant,

à lorgner sur leurs petits os.

 

Fonçant alors comme un bélier

ils rassemblaient tout leur courage,

pour affronter tous ces guerriers,

tous ces fauves d'un autre âge.

 

Gesticulant comme de beaux diables,

leurs poings crasseux mis en avant,

ils défonçaient même les tables

qu'ils auraient jurées de sang.

 

Alors ils se faisaient plaquer

par des gaillards en blouse blanche,

qui tentaient de les rassurer

tout en leur bloquant les hanches.

 

Un liquide miraculeux

venait se planter dans leur fesse,

dernier rempart cafardeux

faisant office de caresse.

 

 

          Tommie

03.02.2009

Tapioca

Soleil-Sun.jpg

 

 

C'est pas Byzance cette histoire là,

un vrai cauchemar éveillé.

Chaqu' fois qu' j'y pense j'y crois pas,

tellement je suis malmenée.

 

J' ne peux pas tout vous raconter,

on n'aurait pas assez de temps.

Et j' voudrais pas vous effrayer,

vous voir partir en un instant.

 

C'est vrai que les histoires des autres

on veut bien s'en mêler un peu.

Mais pas question que l'on s'y vautre,

ça devient vite eczémateux.

 

Je pourrais l'écrire cette histoire,

en faire une autobiographie.

Mais ça frise'rait le dépotoir,

on crierait à la mythomanie !

 

Alors je la garde pour moi,

bien au chaud dans mes entrailles.

OK, c'est sûr, ça me rudoie

et je n' suis pas toujours de taille.

 

A défaut d'en faire un roman

je me dévoile à petits pas.

Pour ne pas être malséant

je n' vous crache pas mon tapioca.

 

 

                  Tommie

28.01.2009

Obsession

lampes-crepuscules-aurore-autres-ciel-chessy-france-561792255-909182.jpg

 

 

Ce soir il faisait doux et pluvieux

et je ne suis pas rentrée trop tard.

J'avais l'esprit un peu cafardeux

derrière mon verre, dans ce petit bar.

 

Il y avait un vrai brouhaha.

C'est fou ce que le monde est bruyant.

A moins que c'la ne vienne de moi,

de n' pouvoir supporter tous ces gens.

 

Alors j'ai scotché mes écoutilles

et me suis renfermée un peu plus.

J'ai ressorti mes bonnes vieilles béquilles

qui m'aident à me sentir moins perdue.

 

Je n'ai plus entendu que la pluie,

qui semblait battre contre mon coeur.

Mon coeur qui replongeait dans sa nuit,

l'averse faisant rigoles de pleurs.

 

J'ai repensé à ce jour étrange,

ou plutôt à ces quelques minutes,

où j'ai bien cru devenir un ange

pour en terminer avec ma chute.

 

J'avais lâché prise sur mon corps,

je n' sentais plus que mon cou serré.

Je respirais d'un souffle de stentor

de l'air qui pouvait encore passer.

 

Je n'avais plus un esprit, mais une âme !

Un doux voile recouvrait ma vie,

j'étais aspirée comme une flamme,

j'amorçais mon voyage vers l'infini.

 

Mes yeux ouverts ne voyaient que du noir,

je me sentais évanescence.

Je m'éteignais comme le jour en soir,

je m'apprêtais à perdre connaissance.

 

Et puis l'erreur est arrivée,

avec cet homme aux gestes surs.

Comme un pantin désarticulé

j'ai assisté à la déchirure.

 

Mais toujours je me souviendrai

de ce moment de béatitude,

où la délivrance j'ai frôlée de près,

qui a conforté ma solitude.

 

J'ai payé et suis rentrée chez moi.

Dans les rues aux pavés luisants

j'étais triste et sereine à la fois.

Parce que disparaître, je savais comment.

 

              Tommie

25.01.2009

Y'en a qu'en meurent...

x1pNWjjkHJ3o_z5FRLBvYU2jCWeHpFu3I7BBL_rraMoXxNZrnlazTrPBZQteYT1C6v2xwZc7j4LC9PQ9c8AuKu-mnoMtPDKw7ut3c4CiekHUVM[1].jpg

 

Y'en a qui crient

y'en a qui pleurent

y'en a qui prient

y'en a qu'en meurent ...

 

Dans les asiles c'est la misère,

ça sent l'urine et la phobie.

Y demeurer est un calvaire

pour qui n'a pas perdu l'esprit.

 

Les aliénés mettent tout leur coeur

à pratiquer sans mode d'emploi

le jeu macabre de l'horreur

capable de les tuer d'effroi.

 

Dans la folie qui les accable

y'a parfois la lucidité,

qui gesticule comme un beau-diable,

qui balance la réalité.

 

Ils se la prennent en pleine face

et se retrouvent totalement nus.

Quel est cet être dans la glace

qui leur parait tout biscornu ?

 

Ils encaissent mal leur échec

à vivre dans ce monde là,

alors qu'ils donneraient ongles et bec

pour se sortir de ce fatras.

 

Mais la folie est la plus forte

qui vient les reprendre en main,

qui dans leur délire les emporte

pour retrouver leur vrai chemin.

 

Y'en a qui crient

y'en a qui pleurent

y'en a qui prient

y'en a qu'en meurent...

 

 

              Tommie

22.01.2009

Des larmes (pour un devenir)

 

Personnages-Characters1.jpg

 

 

Les larmes contenues de l'enfance,

qui perdurèrent à l'adolescence,

livrent en plein toute leur quintessence

quand l'adulte prend enfin conscience.

 

Conscience qu'il s'est laissé étouffer

par ceux qui, dans leur perversité,

l'ont empèché de s'éveiller

à un monde de potentialités.

 

Il ne faisait pas bon prendre part

à l'animosité dont on se pare,

lorsque dans la haine on s'égare

pour mieux s'engager dans la bagarre.

 

Mais que faisait-il au beau milieu

ce petit être merveilleux,

qui retenait les larmes dans ses yeux

de peur qu'on le sache malheureux ?

 

Personne ne le voyait souffrir,

à un univers secret se convertir.

Et à défaut de pouvoir s'enfuir

être un perdant en devenir.

 

Car on ne gagne pas une guerre

contre des autres la colère,

alors qu'on est privé de repères

entre les tirs nourris des adversaires.

 

Aujourd'hui il vit mal

dans un monde un peu bancal

qui pourrait lui être fatal

s'il devait perdre son idéal.

 

            Tommie

17.01.2009

Pied de nez

GetAttachment.jpg

 

 

Par delà les flammes mouvantes de ton coeur,

par delà les stries rougeâtres de ta douleur,

tu voles en ricanant dans de drôles de volutes

où les sourires sont dessinés à l'uppercut,

les yeux rincés, délavés, par des nuits trop longues,

les mains agrippées à de jeunes formes oblongues.

 

Ouais, tu te marres à en chialer comme un tordu

en voyant leurs faces blèmes fixant le pendu.

Tu peux te vanter de leur avoir fait la nique

en t'offrant une superbe et ultime trique,

chouette cadeau de départ en apothéose

pour celui qui rêvait tant de métamorphose.

 

Mais c'est une gloire qui ne dure qu'un instant,

le temps que l'on décroche ton corps doucement.

Et déjà on pense à toi comme à une horreur,

ton corps froid et souillé qui révulse le coeur.

Dans les regards, la haine et la pitié se mêlent

ignorant que tu signais là ton label.

 

Soudain ton rire de fou devient sarcastique,

crachant ton statut devenu anecdotique.

Fallait-il qu'ils soient véritablement matheux

pour ne pas voir là la facture de tes jeux ?

Ne voyaient-ils pas les stigmates de ta lutte

gravés au cutter à chaque pas de ta chute ?

 

Puis tout à coup ta morbide rancoeur s'éteint.

Par une lumière douce et claire de petit matin

ton âme se laisse dériver et aspirer,

comme si la plus belle des filles venait t'aguicher.

Ton rire effrayant cesse et ton esprit s'éclaire,

d'un salut irrévérencieux tu te libères...

 

              Tommie

13.01.2009

Les recalés

GetAttachment2.jpg

 

 

Dans les coins sombres comme sous la terre,

pissant au pied des révèbères,

des ombres telles des panthères

se gaussent de fuir la lumière.

 

Ils sont un comme ils seraient cent

à louvoyer à chaque instant,

à renifler l'odeur du sang

qui coule dans leurs affluents.

 

Ils détestent toutes les couleurs,

qui ravivent en eux la douleur

du temps où elles servaient de leurres

conduisant au grand computer.

 

Ils n'ont pas répondu à l'appel

des sirènes servies à la pelle.

Ils ont détesté qu'on les hèle

pour le passage à la javel.

 

Ils ont rapidement compris

qu'ils n'étaient bons que pour la pluie,

que leur domaine serait la nuit

qui leur accorderait sursis.

 

Quand par malheur ils sont visibles,

on les baygonne comme des nuisibles,

dans une haine incoercible

qui les confine à l'inaudible.

 

Ils vivent pareils à des transfuges,

errant de repaires en refuges,

n'acceptant pas qu'on les méjuge,

se protégeant de tout grabuge.

 

Leur vérité c'est le danger

qui les poursuit comme l'épée.

Ils craignent sans cesse de plonger

dans les abîmes, privés d'apnée.

 

            Tommie

12.01.2009

R. BOHRINGER Le bord intime des rivières

bordintime.jpg

Quelques années après " C'est beau une ville la nuit ", Borhinger nous offre le prolongement, entre poésie et autobiographie.

Comme il l'écrit, il n'est pas un "gars de la syntaxe", il est " de la syncope, du bouleversement intime ". Et son phrasé est unique : phrases sans verbe ou pas terminées, au lecteur de combler les vides. Les silences éclaboussent et créent des pauses dans le torrent des mots. Il écrit comme il parle, il parle comme il ressent, il ressent comme il vibre ou souffre.

Une souffrance aussi criante que son amour pour la vie. Et la quête du bonheur, déconcertant, abrupte, parfois proche du précipice. Avec l'âge, le bonhomme s'est assagi, et nous invite au calme apparent du bord intime d'une rivière. Son écriture est plus maitrisée, plus ordonnée, la beauté et la violence des images toujours aussi prenantes.

Plus que jamais, il y a les Paulo. Le Paulo d'en haut, parti trop tôt, et auquel il s'adresse sans cesse, et les Paulo d'en bas, qui traversent son existence, pour un temps ou pour toujours. Il évoque son amour des femmes - qu'il respecte tant -, le calvaire de la drogue, son amour pour le blues, qui lui colle comme une seconde peau, son admiration pour les boxeurs (pas la boxe), et sa découverte de l'Afrique et du désert. Une Afrique qui, on le sait, ne le quittera plus puisqu'il a obtenu la nationnalité sénégalaise, et tourne avec son groupe de musiciens africains. Le griot blanc, c'est son surnom là bas, dans l'émouvante et cruelle Afrique...

 

Extraits :

- " Paulo, c'est Paulo. Celui qui est parti trop vite. Trop haut. Celui qui manquera toujours. Et puis il y a le Paulo qui vit. Le Paulo d'en bas. Celui qui frétille comme un gardon. Paulo d'en haut, y'a des fois où je te vois dans le noir, dans les torrents, dans la lumière. Y'a des bouts de toi. Le Paulo d'en bas il aime la vie. C'est la vie qui se fout de lui. L'amour y'a des fois. Y'a des fois pas.

Je te jure Paulo, si tu revenais, je te referais plus le coup du saxo qui a du chagrin. A moins que ça te fasse encore marrer. C'est peut-être pour ça qu'on s'est tant aimés. Tous les coups on se les refaisait sans cesse. Un truc d'Indien. Jamais mort Paulo. Jamais définitivement disparu. "

 

- " Il neige sur Turin. Les putes partent au boulot. On se regarde dans le fond des yeux. Chacun va faire son show.

Si Mamie me voyait. Elle comprendrait pas. Ma Mamie. Elle comprendrait pas que j'aime ces gens-là. Que j'ai besoin de vivre dans des couloirs mal éclairés avec le son d'un sax qui viendrait de la pièce du bout. Que j'ai besoin de pousser la porte. De m'asseoir sur le lit pourri. Que j'ai besoin de la voix de la petite pute qui dit : A tout à l'heure, faites pas les cons ! Comme dans une vraie maison. Que j'ai besoin d'être cassé de fatigue dans une caisse comme si j'étais chanteur de blues. Comme si j'étais le meilleur. Celui qui a le plus souffert. Celui qu'une fille splendide attend quelque part. Le jour où il saura chanter le blues. "

 

- " Agadès qui s'endort. Agadès qui se réveille. Petit jour africain. Les poules picorent sans bande-son. Y'a des Noirs en uniforme. Agadès perdue au milieu des sables. Agadès la bleue.

A cinq heures à la porte d'Agadès. A la porte du désert qui balaie la piste. Entouré de gamins qui tendent la main. Des petits malins comme les tiens. La misère qui grouille. C'est gai. Clic-clac fait le photographe pas japonais. Dans le genre : Allez loin. Prenez la température des alizés. Parfum. Revenez sidérés.

Le gros camion-citerne. Les gros zincs des rupins saoudiens.

Dès que tu sors du hangard, t'as déjà du sable dans le passeport. Tu voudrais que tous tes Paulo vivent ce moment-là. "

 

- " Je vous regardais de loin. Les flammes du feu vous rapprochaient. Le nid en plein désert. Romantique Papytoufou. Emerveillé de ce voyage inespéré au milieu d'une vie de labeur. Il est devenu l'ami de la tribu. L'homme qu'on respecte. Les Touaregs prenaient soin de lui. L'air de rien. Que personne ne vienne troubler le rêve étoilé de l'homme au cheveux blanc.

Ils s'amusaient avec douceur de ce rêve dont ils étaient les maîtres. Papy Georges s'endormait. C'était tout bleu.

Alors je faisais le clown. J'imitais les animaux au milieu des étoiles. On riait. "

 

- " Les mots, arriver à les foutre sur papier. Y'a des fois en pleine trajectoire, à fond la caisse dans la phrase, t'éclates, tu déjantes, et cette foutue phrase cahote dans l'herbage pour finir comme une conne loin du rivage.

Je pars en voyage. Devant mon clavier. Mon bel ordinateur de mémoire. Ma boîte à songes. Ma belle gonzesse obsédante. J'irai au hasard de l'animateur. L'organisateur sans visage.

Je suis pas un gars de la syntaxe. Je suis de la syncope. Du bouleversement intime. Je me fous du verbe et de son complément. Faut pas faire le malin avec les mots. Faut les aimer. Ca file du bonheur, les mots.

Je veux écrire pour être avec les autres. Ceux que j'ai connus. Ceux que je veux connaitre. Ceux que je ne connaîtrai jamais. Je veux écrire pour être meilleur humain. Pour éviter la disgrâce. "

10.01.2009

Deux-trois minutes d'extase

imagereflet015yl.gif

 

 

Aux confins de la lande du silence,

où le soleil s'éteint, où les vents s'essoufflent,

se cache un monde à la jolie constance,

offrant des horizons de paix - camoufle.

 

On s'y rend par des chemins tortueux,

c'est là la seule condition au passage.

Il faut savoir ce qu'est être malheureux,

un peu comme une séance de rattrapage.

 

On trouve là un repos bienfaisant

où la pensée cesse de se retourner

comme l'estomac au creux de l'océan.

On s'installe pour une autre traversée.

 

On part pour un voyage en solitaire

à travers les méandres de l'esprit.

On se laisse aspirer par d'autres sphères,

s'écouler vers d'inconnus infinis.

 

De l'apesanteur le corps se délivre

comme happé par la force d'un grand vide.

Images et sensations de pantins ivre

ou d'une nouvelle espèce d'androïdes.

 

C'est le refuge ultime des addicts,

un peu comme la méditation des sages,

où l'on tente d'échapper à la vindicte

en évitant tous les télescopages.

 

                    Tommie

06.01.2009

Une vie gâchée

velos-lyon-france-3175927997-956661.jpg

 

 

 La peine ne cause plus, elle s'est tue.

A force de soliloquer, elle s'est lassée.

Personne ne l'écoutait, ni ne l'entendait.

Elle en avait des choses à dire, sans mentir.

Mais l'enfant trop calme, sans vacarme,

ne suscitant pas l'émoi, en resta coi.

 

Il trouva alors refuge, comme un transfuge,

dans un univers secret, où il survivrait

plutôt mal que bien, pas serein.

Il aurait bien hurlé, mais il était muselé

par la peur et l'injustice, au supplice.

On ne voyait pas qu'on lui faisait du mal, abyssal.

 

Enfin adulte et responsable, mais friable,

il continua la survie, sans envies.

Rendu médiocre par le conditionnement, sans élan,

il se rendit où il cru bon, à fond,

et se ramassa une grosse gamelle, cruelle.

Ce monde là aussi n'était pas pour lui.

 

Les maux d'antan avaient fait leur cheminement,

et venaient le saccager, citron pressé.

Peu à peu il prit conscience de sa déviance

et tenta de se remettre sur le droit chemin, en vain.

Jusqu'à ce qu'il sut qu'il ne se débarrasserait plus

de la maladie qui avait grandi avec et malgré lui.

 

                  Tommie

01.01.2009

Allo la Terre

y1pWdBbdoKAPmwN_I1dfRj8ABgn5X3sOVHzz6wNkKB6_OZRfGmH32kipP41hFe5InM6_gk5eDEe4IM.jpg

 

 

Je suis allée sur la Lune

des nuits où elle m'aguichait.

Et j'en ai eu pour mes thunes

du spectacle qu'elle m'offrait.

 

J'y ai vu la planète Terre,

que l'on surnomme l'orange bleue,

dans une drôle d'atmosphère,

comme un voile cafardeux.

 

Dedans cette brume épaisse,

j'ai senti l'infecte odeur

de la poisse et de la graisse

des hydrocarbures, l'horreur.

 

Dans cette couverture chaude

j'ai bien failli étouffer.

En plein dans mes maraudes

l'air se montrait saturé.

 

J'ai passé cette frontière

pour y voir de plus près,

et un monde de lumières

de mille néons s'exhibait.

 

Dans la nuit illuminée,

un sommeil perverti

par les enseignes allumées,

pour mieux nier la myopie.

 

Des boutiques et plein de pubs

de luxe faisant miroiter.

Il faut bien qu'on nous entube

pour nous faire plus consommer.

 

Mais la nuit qui peut bien les voir ?

Les dépressifs insomniaques

et ceux qui couchent sur le trottoir ?

Quelle société démoniaque !

 

Et puis la fumée des usines

m'a attaquée aux yeux.

Des usines à plein régime

et des travailleurs nuiteux.

 

La grande course au profit,

rythmée par les gyrophares,

ne roule jamais au ralenti

comme l'alcool dans les bars.

 

Et puis y'avait des fêtes,

pour mieux traquer l'ennui,

pour faire tourner les têtes

histoire de croire à la belle vie.

 

J'ai vu toute la misère

qu'on ne pouvait dissimuler.

Des paumés marqués au fer

et les sirènes des pompiers.

 

Le contraste m'a choquée

des classes qui s'affrontaient.

Des humains robotisés

qui en oubliaient la paix.

 

En redescendant sur Terre

je ne trouvais plus mes mots.

Alors que je menais ma propre guerre

sous de sacrés oripeaux.

 

              Tommie

Bonne année ???

fete[1].gif

Une année vient de trépasser.

Une nouvelle vient prendre le relais.

Et rien ne va réellement changer.

 

Maux et galères continuent à se succéder,

dans l'indifférence d'une société saturée

sous le joug d'un petit dictateur zélé.

 

L'homme est réduit à l'état d'objet,

que l'on peut tourmenter à souhait

et dans la merde le laisser un peu plus macérer.

 

BONNE ANNEE A TOUS

malgré tout

 

Je vous souhaite de ne pas voir vos problèmes s'aggraver,

à défaut de ne pouvoir les rêgler.

Profitez bien des petites joies que vous vivrez.

Vous pourrez toujours vous les rappeler

lorsque les vents auront tourné.

Puissent les mots un peu nous soulager,

la poésie comme travestissement de la réalité (hey Docky :)

Pour certains c'est une nécessité...

30.12.2008

Un temps à ne pas sortir un agneau

 x1pjzF2-RYhxRXrJO45sxbGsjJECD8nQ2EbwpbcX2nXBdH8RPzRULW_MzMoQ5U3RCcBwGZxVC1Df0lCe_8AD_NqAEApDNeAPgIrBFH5wHdZ6cb8CSfyEbSBdw.jpg

 

 

Derrière les portes, derrière les murs,

dans les furtifs entrebâillements,

on entend de vaches murmures,

un peu comme des sifflements.

 

Ça balance d'opinions toutes faites

en pures inventions médisantes.

Ça vous ferait prendre perpète

ou mieux s'il y avait la coupante.

 

Chez les homo sapiens pas bien,

guère plus haut que chez l'australo

qui n' bouffait pas de l'étouffe-chrétien

sous la menace des fachos.

 

C'est là la belle évolution

de l'humain à la queue en panache,

de faire souffrir le trublion

qui passe trop près de sa hache.

 

Alors il n'est jamais de bon ton

de manifester son désaccord,

ou de siffler un nouveau son,

de proposer un autre abord.

 

On serait pourtant bien meilleurs

en associant nos savoir-faire.

Et puis ça mettrait des couleurs

qui nous éloigneraient de l'enfer.

 

                   Tommie

23.12.2008

Noël

loupdansbouleaneigegq3.gif

 

 

JOYEUX  NOËL  A  TOUS

 FIDELES  OU  PASSANTS DU HASARD

Sensuel

Montage_Photo-Touching_Up-20603.jpg

 

 

Pourvu que jamais ne cessent

tes caresses

ni tes mots doux

susurrés dans mon cou.

 

Nos jeux de frôlements

figent l'instant

où de charnelles

nous en ferons de belles.

 

Donne-moi ta chaleur

ou je meurs

et dans tes yeux

je veux voir l'amoureux.

 

Sur mon corps dénudé

pose un baiser

fameux prélude

à la béatitude.

 

Capture mes blancs seins

entre tes mains

et goulument

savoure les longtemps.

 

Puis ose l'intrépide

comble le vide

délivre l'homme

d'érotisme consomme.

 

 

              Tommie

20.12.2008

L'écrivaillon

1118006272117.jpg

 

 

Je n'ai plus de rêves et j'suis qu'un écrivaillon

qui croit se la jouer sur du papier brouillon.

J' pousse pas la plume, non, c'est le feutre qui racle,

qui essaie en vain de contourner ma débâcle.

 

J'ai la chance d'avoir pour écrire beaucoup de temps,

mais j' le gaspille comme la tempête souffle les vents,

à dormir et à rassembler tous mes esprits

qui, il faut le savoir, fonctionnent au ralenti.

 

J'suis pas de ce monde et c' n'est pas une sinécure

de m'épancher sur la feuille d'une belle écriture.

Car il ne suffit pas d'aligner quelques rimes

pour accoucher de vers ciselés à la lime.

 

Pourtant en mon sein le besoin profond m'entaille

m'écorche, m'agrippe, me capture et me tenaille

de rédiger sur la page en rouge sur blanc

l'étendue des émotions qui bouillent dans mon sang.

 

                          Tommie

Choupinette

GetAttachment3.jpg
Bonjour !
Je m'appelle Dixy, j'ai 3 mois, et je suis un teckel à poils durs.
Je suis la petite dernière de la famille (j'ai eu le temps de connaitre cette pauvre Téquila).
Je suis absoluement adorable, joueuse, coquine, caline, vive, intelligente... Bref, j'ai toutes les qualités !!!
J'adore sortir tous les jouets et les éparpiller autour de mon coussin, mais j'avoue avoir une préférence pour les chaussons et les chaussures (que je traine difficilement, lol).
Mon éducation a commencé, et on dit de moi que je me débrouille pas mal, que je suis prometteuse.
J'aime bien le grand Tom, mais je dois m'en méfier car il a mauvais caractère avec moi, et il m'a même mordu une fois. Je le suis tout de même partout, surtout dans le jardin où je dois faire des sauts de cabri pour courir dans l'herbe.
Je m'amuse bien, et je crois que je vais être heureuse dans ma nouvelle famille (Tommie me fais plein de calins en cachette de Tom, pour ne pas le rendre jaloux)...

16.12.2008

Les maudits mots

 book.png

 

Les mots qu'il faudraient dire ne sont pas ceux qui sortent.

C'est que dans notre esprit ils prennent d'autres portes.

C' n'est pas par distraction ni par diplomatie,

c'est plutôt parce que les vrais mots on les oublie.

 

Les mots - cajole qui pansent la souffrance

en perte de vitesse, sont en errance.

On leur préfère des mots durs et abrupts

qui rappellent qu'on n'a pas l' droit à la chute.

 

Le mot plaisir est dev'nu indécent

tant la misère a pris son plein élan.

Le désespoir se fait encore timide

à trop guider la lame vers la carotide.

 

A force de sing'ries, en déclin l'humour.

On lui préfère un vulgaire bien balourd.

Du sexe, de la vach'rie et du scato,

la délicatesse se perd dans les gros-mots.

 

Bien-sûr, les mots - verdicts choquent encore

tant sont tabous la maladie et la mort.

Quand on n' comprend pas on s' voile la face,

dénies et banalités cachent les grimaces.

 

Les mots qui parlent d'amour et d'amitié

sont trop utilisés ou galvaudés.

A quoi bon avoir tant d'amis sur Face book

si derrière le virtuel se cachent de vrais boucs ?

 

Alors moi je prends bien garde à mes mots

pour ne pas être complice de ce chaos,

mais il faut pour c'la qu'on me laisse le temps

de connaitre et d'appréhender les gens.

 

 

                     Tommie

Pousinette

001.JPG
Adieu petite Téquila...
La vie a été injuste avec toi, t'imposant un cancer insoignable dans ta 6ème année.
Le vétérinaire a mis fin à ton agonie hier soir.
Tu n'étais pas seule, nous étions là pour accompagner ton dernier voyage...

11.12.2008

Tempête

12183.jpg

C'est jour de tempête

dehors il fait grand vent

et au-dessus de ma tête

grondent les sentiments.

 

La mer déchaînée s'entête

à cogner les rochers

comme cogne dans ma tête

la douleur de la saignée.

 

Le sang en tempête

écume en vagues déferlantes

ça explose et ça pète

de sombres pensées claquantes.

 

L'esprit malin s'entête

contre la force du monde

contre le souffle de bête

la fronde fétide et immonde.

 

          Tommie

 

02.12.2008

Un air léger

x1pN1mp8dKYgTHgKiuI6Xyb0o-Fdrjpil9FlfD8oG-LW8MKUkmoq7kylWilTt0Aof76roBqtYiGOAnwGSOMnmfi4O6U0VoHMxbJGPFTL15FKZY.jpg

 

 

File le vent file l'oiseau,

filent les rêves au fil de l'eau.

L'oiseau s'entête à voler haut.

 

Cesse de courir stoppe le temps,

il est grand temps d'être fainéant.

Vas-y tout doux clopin-clopant.

 

Sifflote un air l'air de rien,

l'air s'engouffre dans ton sein.

Pourvu que l'air reste sain !

 

Ouvre ta vie ouvre ton coeur,

contre la vie il y a la peur.

Ignore la pour ton bonheur.

 

Tend une main et serre un poing,

le poing se perd dans la main.

Point de colère pour demain.

 

 

            Tommie

26.11.2008

Mon premier recueil

HPIM0461.JPG

Une période sombre vient de s'achever. Une autre ( sera t-elle moins difficile moralement ? ) démarre, avec de nouveaux textes un peu différents.

Pour marquer le coup, j'ai pris mes poèmes les moins mauvais pour les mettre sous forme de livre ( quelque chose d'assez archaïque ), une façon comme une autre de se faire plaisir !!! Et je vous en présente le résultat ( malheureusement, les couleurs sont mal passées à la numérisation ).

J'aimerais tant que le prochain " livre " contienne des poèmes et des slam-poèmes suffisamment bons et intéressants pour que je tente l'aventure auprès d'éditeurs...

Nouvelles du front

autres-forets-banff-canada-1174311940-1089127.jpg

Sur le front c'est l'accalmie

la vie qui va au ralenti

le starter poussé sur off

pas courir à la catastrophe.

 

De toute façon y'a pas le choix

le vautour est sur la proie

qui voudrait bien l'éventrer

son dernier souffle lui faire cracher.

 

Les nuits sont fraîches mais la sueur

vient inonder dans la douleur

un chambard, un salmigondis

de sentiments peu travestis.

 

Quand les soupirs se font bruyants

c'est pas seulement d'alanguissement

c'est que pèse la mélancolie

qui toute entière te ternit.

 

Souvent ça rêve de solitude

pour cacher l'inaptitude

à affronter le monde malin

qui ne laisse place qu'au quotidien.

 

Sur la plage des enfants courent

qui ne savent pas ce qu'ils encourent

à confier leur innocence

à une société sans patience.

 

Pendant ce temps les grands rivalisent

à qui prendra la maîtrise

pour mieux passer à l'astringent

les rêves des futurs perdants.

 

Pousser pas trop c'est tout fragile

ça chancelle et ça vacille

au moindre coup de vent grognon

ça arrache tous les moignons.

 

Heureusement il y a Sherlock

celui chez qui on se déloque

celui là au moins n'a pas peur

de voir en face la noirceur.

 

         Tommie

23.11.2008

Le calme n'est jamais acquis

2498.jpg
 
 

     Les vagues viennent mourir à mes pieds

     comme un long soupir d'alanguissement

guidé par la lune leur mouvement

     rappelle le roulis de mes pensées.

 

     Les galets patiemment polis

     me font trébucher souvent

     comme s'ils se voulaient avertissement

     que ce calme n'est pas infini.

 

     Je laisse le vide m'envahir

     mais de leurs grand cris stridents

     les mouettes et les goélands

     tentent de me faire réagir.

 

     De leur ballet aérien sans fin

     ils hurlent que ce n'est qu'un instant

     de droit au ralentissement

     que faire surface il faudra bien.

 

                  Tommie

16.11.2008

L'improbabilité d'un couple

5311.jpg

Ecrit à l'atelier d'écriture, avec comme directive d'utiliser les mots notés par moi même lors de l'écoute de plusieurs morceaux de musique (cri, pureté, couple, underground, gitans, nostalgie, désert, tribut).

 

 

Viens me rejoindre dans mes abîmes

mon amoureux mon anonyme

j'entends ton cri, ton éponyme

approche toi mon cacochyme.

 

Ensemble tentons de nous sauver

laissons nos corps se frôler

entre sommeil et pureté

dans l'underground de nos pensées.

 

Mêlons notre tristesse

comme les gitans leur allégresse

et si la nostalgie nous blesse

de rêve ce n'est pas la pièce.

 

Dans le désert de leurs vies

les solitaires suivent la nuit

fuyant la foule qui les ternit

leur tribut au fond s'ennuit.

 

          Tommie 

10.11.2008

Cette sacrée bonne boîte à idées

 

 

5327[1].jpg

 

 

 

Ca sent le renfermé dans la boîte à idées

comme une odeur de vomi, de déjà servi

on a beau touiller, ça nous revient toujours au nez

ça brasse, ça vire, ça r'foule, comme une machinerie.

 

Pourtant la boîte à idées, sacrée invention

est sensé faire tournoyer et pétiller

tout un manège de pensées et d'émotions

qui font pour la vie le tiroir à enchanter.

 

Mais seulement voilà, y'en a un nombre certain

qu'arrivent pas à la gérer leur boîte à idées

qui la voient se troubler et qui s'disent : putain

c'est pas vrai la mienne ne va jamais s'arrêter !

 

C'est une maladie bien trop envahissante

pour se réjouir de la voir autant s'activer

car en fait c'est un plein d'obsessions bien pesantes

qui tournent à en faire dang'reusement vaciller.

 

              Tommie

 

08.11.2008

Voxane

Voxane veille...07.2006.JPG

 

Au revoir Voxane.

Ta fin fut triste, douloureuse, et bien trop précoce.

Tes maitres te pleureront encore longtemps.

05.11.2008

Sondage

Pensez vous que mes petits écrits pourraient être qualifiés de slam-poésie, et que je pourrais les "déclamer" sur une scène slam ?

Je sais que la principale rêgle du slam-poésie est de dire des textes ayant des rimes, et de ne pas faire de mise en scène. J'ai tout de même écrit à la fédération française de slam-poésie pour leur en demander un peu plus, et surtout pour m'indiquer s'il existe des scènes slam dans ma région.

J'aimerais bien assister à ces soirées, et qui sait, y participer. C'est pourquoi votre avis m'interresse fort.

Alors fidèles lecteurs à vos coms, sans hypocrisie ni gentillesse. Quant aux passants qui passent, ce serait bien que pour une fois ils postent aussi !!!

Par avance, merci à ceux qui se manifesteront en donnant leur opinion, et merde aux autres...

30.10.2008

blog ou pas blog ?

Blog en cours de réflexion !!!

Pour plagier l'excélent Bashung, " j'ai des doutes " sur les notions de partage et d'échange...

J'ai des doutes sur l'intéret et l'utilité de ce blog...

J'ai des doutes sur la qualité de ce blog...

J'ai des doutes sur la continuation ou non de ce blog...

No comment, pour pas changer.

27.10.2008

L'invisibilité du mal

dhrak_dessin_aout04_3dec006.jpg

 

                     Toi dont chaque pas est pesé

                     toi dont la trame est hachurée

                     toi dont les larmes sont assèchées

                     toi au désir annihilé...

 

                     Qui donc peut bien comprendre

                     la difficulté de n'être

                     que sur le fil de la crête

                     plus chancelant qu'une ombre.

 

                     Comment affronter les regards

                     de ceux qui croient savoir,

                     et ils sont nombreux,

                     qu'il suffit de vouloir.

 

                     Toi qui luttes contre tes pulsions

                     quand elles entrainent vers la destruction

                     alors qu'un esprit mal informé

                     te passe au jugement dernier.

 

                     " Marche ou crève " est une devise

                     qui ne laisse pas chance à la vie

                     et qui oh combien divise

                     ceux qui n'ont pas le même esprit.

 

                     Parceque le grand mal est invisible

                     on n'y croit pas et l'on fusille

                     le peu de souffle qui subsiste

                     dans le coeur atrophié de l'infirme.

 

                                 Tommie

 

                      Ecrit sous le coup de la colère et du désespoir. Deux sentiments destructeurs difficiles à gérer...

24.10.2008

Boris VIAN L'herbe rouge

225300135x.jpgL'ingénieur Wolf et son assistant Saphir Lazuli ont créé une machine - pour le compte de la municipalité - qui a la capacité de vous faire revivre votre passé et vos angoisses, puis de vous les faire oublier une fois sorti. Wolf, après un premier passage dans ce monde souterrain, ne peut s'empècher de recommencer, jusqu'à ce qu'il aille au bout du parcours des souvenirs et de l'oubli, courrant ainsi à sa perte.

Pendant ce temps, Lazuli, qui lui ne tente pas l'expérience de la machine, se retrouve confronté à un homme qui apparaît chaque fois qu'il s'apprête à prouver son amour et son désir à l'insouciante et fraiche Folavril. Un homme, ou un spectre, qui se volatilise dès son oeuvre de sape accomplie. Qui est cet homme qu'il est le seul à voir et dont il ne supporte pas la présence ? Jusqu'où ces visions le mèneront-il ?

Le Sénateur Dupont, le chien de la maison, n'a qu'un seul désir : avoir un wapiti pour lui seul. Wolf exhausse son voeux, et le Sénateur découvre la plénitude, et ses conséquences désastreuses.

Les femmes de la maison, Lil et Folavril, assistent, impuissantes à la métamorphose de tout ce petit monde...

                                   ---------------------------------------------------------

 

Un court roman bien agréable à lire si l'on est sensible au style fantastique, magique, onirique, de Vian.Une histoire qui vous pique de curiosité et qu'on lit d'une traite avec grand plaisir.

Mais les termes abordés - psychanalise, conditionnement, insatisfaction, manque de désir, indifférence, ...- sont à mon goût bien trop peu exploités et développés. On ne fait que les disserner, rapidement, sans approche plus profonde. Comme si Vian se contentait de lancer des pistes au lecteur, sensé lire entre les lignes et se renseigner plus avant de lui-même. Et cela m'a laissé grandement sur ma faim, avec une grosse pointe de déception. Trop souvent au cours de ma lecture, je me suis dit : "ben il se foule pas, il pourrait aller plus loin".

                                 ----------------------------------------------------------

 Wolf, aux prises avec son pessimisme suicidaire, son narcissisme et son incommunicabilité, ne s'adapte pas à la vie d'adulte, ne supporte pas les tensions du passé et est incapable de se projeter dans l'avenir.

Souvenirs intimes, crises personnelles et relationnelles, parodie de psychanalise, voyage dans le temps et l'au-delà, tissent le fil de l'histoire, composent une réflexion angoissante et drôle à la fois, associant satire et psychologie, comique et tragique.

L'herbe rouge nous présente un monde totalement double. Lieux, décors, temps, personnages, expériences physiques et introspection, contrastes. Deux mondes se croisent, se touchent, se mèlent, s'emmèlent : le réel et le fictionnel, la vie et la mort.

A l'inverse de la science-fiction de ses contemporains et de ses prédecesseurs (Wells, Verne ...) qui emporte d'un univers stable et cohérent vers un monde étrange, imaginaire,futuriste ou fantastique, Vian joue l'inversion : le monde réel, ordinaire, est fantastique et insolite, onirique et loufoque ; les voyages science-fictionnels de Wolf dans la machine mènent à la vérité de Wolf, son propre microcosme intérieur, le vrai de l'individu.

On retrouve avec plaisir l'originalité du monde de Vian. Des couleurs aux objets, des loisirs à la fanfare, de la luxure au sadisme, du chien qui parle au wapiti-esclave ..., on nage en plein dans l'univers onirique et fabuleux de ses romans.

Vian marque également uns différence entre hommes et femmes. Non de façon sexiste, mais pour cerner dans l'incidence de la nature et de l'éducation des sexes les tensions opposées, les tentatives contraires des êtres pour se comprendre eux-mêmes, les autres et le monde, leurs capacités inégales de résister et de survivre, d'être heureux ou non.

Alors que le chien, comblé par la possession du wapiti, s'enfonce dans le gâtisme de la satisfaction totale et destructrice, Wolf poursuit la quête de son identité et de la perfection au nom de la conscience. Lazuli, lui, est plutôt aux prises avec une mauvaise conscience qui le hante, et dont l'homme-spectre qui le poursuit symbolise un bloquage relationnel et sexuel. Et tous trois parviennent au même résultat : la mort.

Les personnages féminins incarnent la part positive et optimiste du monde. Elles ont tous les bonheurs des sens, sont naturelles et généreuses. Dénuées d'égocentrisme, elles échappent à la prison morale, et rebondissent toujours vers la liberté. Elles préservent leur vie, contrairement à la vocation suicidaire de l'homme.

Vian rêgle des comptes personnels et sociaux dans ce roman. Lui donnant une valeur universelle, il offre un échappatoire humouristique à un constat pessimiste sur l'homme et son univers. La satire explose les rites de la société organisée en une caricature grotesque au bilan désastreux. La psychanalise n'est pas épargnée, Vian restant très sceptique envers toute théorie globalisante ou totalitaire, et ce, malgré la mode "psy" depuis les années 40.

Finalement, le seul paradis réel pour Vian-Wolf semble être l'enfance telle qu'elle est évoquée dans le roman, tant que les parents et l'école n'interviennent pas.

                         --------------------------------------------

Extraits :

- " _ Qu'est-ce que tu as ? dit-il.

Son reflet fit un geste d'ignorance.

_ De quoi tu as envie ? dit encore Wolf. L'air n'est pas mauvais, par ici.

Sa main s'approcha du mur et manoeuvra l'interrupteur. La pièce, d'un coup, tomba dans le noir. Seule l'image de Wolf restait éclairée. Elle prenait sa lumière d'ailleurs.

_ Qu'est-ce que tu fais pour t'en sortir ? continua Wolf. Et pour te sortir de quoi, d'ailleurs ?

Le reflet soupira. Un soupir de lassitude. Wolf se mit à ricaner.

_ C'est ça, plains-toi. Rien ne marche en somme. Tu vas voir mon bonhomme. Je vais entrer dans cette machine.

Son image parut assez ennuyée.

_ Ici, dit Wolf, qu'est-ce je vois ? Des brumes, des yeux, des gens... des poussières sans densité... et puis ce sacré ciel comme un diaphragme.

_ Reste tranquile, dit nettement le reflet. Pour ainsi dire, tu nous casses les pieds.

_ C'est décevant, hein ? railla Wolf. Tu as peur que je ne sois déçu quand j'aurai tout oublié ? Il vaut mieux être déçu que d'espérer dans le vague. De toute façon, il faut savoir. Pour une fois que l'occasion se présente... Mais réponds donc, bougre !...

Son vis-à-vis restait muet, désaprobateur.

_ Et la machine ne m'a rien coûté, dit Wolf. Tu te rends compte ? C'est ma chance. La chance de ma vie, voui. Je la laisserais passer ? Pas question. Une solution qui vous démolit vaut mieux que n'importe quelle incertitude. T'es pas d'accord ? "

                           --------------------------------------------

- " Mais savez-vous , Monsieur Brul, que c'est ignoble, d'imposer à des enfants une régularité d'habitudes qui dure seize ans ? Le temps est faussé, Monsieur Brul. Le vrai temps n'est pas mécanique, divisé en heures, toutes égales... le vrai temps est subjectif... on le porte en soi... Levez-vous à sept heures tous les matins... Déjeunez à midi, couchez-vous à neuf heures... et jamais vous n'aurez une nuit à vous... jamais vous ne saurez qu'il y a un moment, comme la mer s'arrête de descendre et reste, un temps, étale, avant de remonter, où la nuit et le jour se mêlent et se fondent, et forment une barre de fièvre pareille à celle que font les fleuves à la rencontre de l'océan. On m'a volé seize ans de nuit, Monsieur Brul. On m'a volé ça... entre autres... On m'a volé mon but, Monsieur Brul. On m'a fait croire , en sixième, que passer en cinquième devait être mon seul propos... en première, il m'a fallu le bachot... et ensuite un diplôme... Oui, j'ai cru que j'avais un but, Monsieur Brul ...et je n'avais rien... J'avançais dans un couloir sans commencement, sans fin, à la remorque d'imbéciles, précédant d'autres imbéciles. On roule la vie dans des peaux d'ânes comme on met dans des cachets les poudres amères, pour vous les faire avaler sans peine... mais voyez-vous, Monsieur Brul, je sais maintenant que j'aurais aimé le vrai goût de la vie. "

                         -------------------------------------------

 

 

Abstinence

x1pN1mp8dKYgTHgKiuI6Xyb0oF6oGzkidVlxcFIRHbWspe7LyHpmhv37NJJ8ealIjteGaqp0lzvg_HXnKMbRahkCzE0jFmFEooGnRILYbckggxmHCAkg75tLA.jpg

 

 

Pourquoi je préfère la lumière éteinte

dans le long déroulement de nos étreintes

quand je rêverais de voir ta peau peinte

aux lueurs de bougies aux douces teintes ?

 

Suis-je seulement un peu séduisante

sous la caresse de tes mains avenantes

parcourant mes coubes de bien-portante

aux fines ' fragrances bien compromettantes ?

 

Dans l'doute je préfère ne plus te rejoindre

dans mes rêves tu n'apparais plus le moindre

inutile de t'imaginer me ceindre

c'est fou, je n'parviens même plus à m'en plaindre.

 

Alors si j'porte des pyjamas d'pépé

c'est p'être pour cacher ma féminité

et pour qu'on oublie de me regarder

comme si j'avais quelqu' secret inavoué.

 

Et quand je me lève la tête en vrac

avec le cheveux gras et tout patatrac

y'a pas d'problème puisque mon chien il craque

et me fait ses yeux langoureux de braque.

 

              Tommie

 

 

19.10.2008

Au fond de la ruelle

9.jpg

 

 

Au fond de la ruelle

une ombre qui s'affaisse

une sacrée belle gamelle

qui à pour sûr blesse.

 

Au fond de la ruelle

c'est la misère qui rampe

dans ses relents de fiel

qui jusqu'aux os la trempent.

 

Au fond de la ruelle

elle peine à se relever

comme prise par le sommeil

ou bien paralysée.

 

Au fond de la ruelle

écrasée par le jour

battue par le soleil

elle ferait bien d'mi-tour.

 

Au fond de la ruelle

la douleur la saigne

c'est l'heure du réveil

cete espèce de teigne.

 

         Tommie

11.10.2008

Le rouge gâché

HPIM0422.JPG

 

 

Des gouttes rouge velours

perlent douces de tes plaies

pour un aller sans retour

sur ta peau pâle, ces traits.

 

Te blesser est une cure

un lent apprivoisement

de la douleur qui endure

pour un jour le morcellement.

 

Oh, vif rubis de sang

quelle vie transportes-tu là

qui ne sait tenir son rang

qui blasphème ton éclat ?

 

Tu ne fut jamais matrice

d'espoirs et d'infini

mince ! comme ta vie fut triste

à couler pour la survie.

 

Aujourd'hui on te titille

pour un jeu d'apprentissage

on te fait couler en billes

avant le grand vernissage.

 

             Tommie

 

       dessin : Tommie

08.10.2008

Attention les yeux...

Et je vais voir ailleurs, encore plus loin, ailleurs.JPG

 

... 13 nouveaux dessins dans l'album du même nom. Post spécial pour masochistes !!!

Bon, en fait, ce sont les dessins que j'ai fait lors de ma dernière hospi. Je suis arrivée avec mon matos et mes vieilles feuilles canson aux couleurs pas possible, avec le défi de réussir à les marier correctement avec un dessin. Pari réussi !!! En tout cas pour cette partie du travail. Parceque pour ce qui est du talent, ben y'en a toujours pas  ;-(

Maso, amuse-toi bien  ;-)

Alors il vit ce qu'il avait engendré...

HPIM0433.JPG

 

Deux nouvelles sculptures dans l'album photos du même nom.

Attention : niveau grand débutant !!! Mais moi y'en a être très généreuse, y'en a partager même le pire  ;-)

07.10.2008

Le silence du hochet

 
 Personnages-Characters1.jpg1.jpg
                  Rouge filament de l'ampoule
                  halo jaune cafardeux
                  deux amants serrés en boule
                  doux relents d'amour soyeux.
                     
                  Tout lâché rien emporté
                  pour oublier la douleur
                  fuir ce parfum sucré
                  qui leur labourait le coeur.
 
                  De hasards en errances
                  au bord du chavirement
                  ils ont tenté leur chance
                  cru à un revirement.
 
                  Ereintés par la tristesse
                  ils ont échoué dans cet hôtel
                  piteux comme leur détresse
                  laissé couler la bielle.
 
                  Un dernier pacte d'amour
                  les a ainsi emportés
                  un flot rouge couleur velours
                  contre leurs lèvres un hochet.
 
                  Souvenir de l'enfant mort
                  qui dans son berceau gisait
                  alors qu'approchait l'aurore
                  et ses seins gourmands de lait.
 
 
                              Tommie

01.10.2008

Taguée !!!

weblog.jpg

 

Ben voilà, je me suis fait taguée !!! Par cette charmante Kris (http://krisdeblog.hautetfort.com), qui n'a rien trouvé de mieux pour m'enquiquiner  ;-(

Mais finalement, ça m'amuse un peu, et je me dis que faire tourner une chaîne comme celle-ci... Faut arrêter de se prendre trop au sérieux de temps en temps. Alors jouons le jeu  ;-)

Pour ceux qui ne connaîtraient pas la rêgle du jeu :

1- le gagnant (tagué) doit mettre le logo (ci-dessus)sur son blog

2- il doit afficher le lien de la personne qui lui décerne

3- il doit désigner 7 autres blogs qui méritent de recevoir également ce prix

4- il doit indiquer les liens de ces blogs

5- il doit laisser un message sur le blog du primé pour l'avertir.

 

Alors, voilà donc mes blogs préférés (c'est facile, je n'en visite que très peu, faute de temps) :

- Katell , au cabaret sainte lilith. Dame de coeur émotive et passionnée, elle consacre son blog à Hubert-Félix Thiéfaine. Mine de connaissances sur tout ce qui gravite autour d'Hubert : personnages, mythologie, influences littéraires..., on en apprend bien souvent. Mais Kat nous gratifie également de ses autres coups de coeur, coup de blues, coups de gueule, coups de doute..., et j'aime bien son côté ado quand elle nous parle de sa boite à trésors, de son tee-shirt Thiéfaine qu'elle va oser ou pas mettre au boulot... Bref, j'adore !!!

- Yoann , l'animal bluesymental, qui consacre, lui aussi, son blog à Thiéfaine. Mais lui joue surtout sur la vidéo, nous permettant de voir ou revoir des lives de l'artiste, en concert ou à la radio, parfois même à la télé. Yoann offre là un superbe écran à l'artiste quasi ignoré des médias. En tout cas, moi j'y trouve un tas de docs que je ne verrais pas ailleurs (je ne cherche pas beaucoup non plus). Bref, pour voir et entendre du Thiéfaine, c'est chez Yoann et pas ailleurs !!!  Un lien sur son blog vous conduira vers le forum, bien vivant, dont Yoann est le webmaster, rien que ça  ;-)

- Vince , chez lui pas de parlotte, que du visuel. Il manie les pixels comme moi ma fourchette. C'est un grand plaisir pur les yeux de faire défiler (pas trop vite) les photos-montages qu'il réalise. Ses sujets favoris : Thiéfaine, la nature, ses propres créations picturales. Très doué, il a créé des logos super chouettes pour le blog de Yoann. Il m'a été difficile de choisir lequel pour mon propre tee-shirt... Vince est un garçon très sensible et généreux, ce qui ne gâte rien.

- Kris , la vilaine qui m'a taguée. Son blog est "ouvert", comme l'est l'esprit de Kris. Il n'a pas de ligne directrice, Kris poste tout ce qui lui vient à l'esprit : lecture, musique, ciné, coups de coeur ou coups de gueule..., chaque jour est différent. Un fil rouge cependant : l'atelier d'écriture, que j'adore mais que je n'arrive jamais à suivre faute d'inspiration. Mais Kris, elle, n'en manque pas. Elle a toujours quelque chose à nous faire partager, et c'est un plaisir que je ne boude pas.

- Plumette , sa page nous invite à redecouvrir les poèmes des Grands (Baudelaire, Rimbaud, et les autres). Mais ce que je préfère, ce sont ses propes compositions, qui montrent un esprit incisif, sensible, et une plume facile. Plumette nous offre également des vidéos musicales (de tout style). Nath, que j'ai la chance d'avoir rencontrée en vrai, est une fille adorable.

- Foxy , depuis peu en égo trip transit, consacre désormais son blog principal à Thiéfaine. Encore un ? vous me direz. Certe, mais encore d'une façon différente. Foxy décortique chaque texte d'Hubert avec une perspicacité et une intelligence évidente. Et pour ne rien gâter, sa plume est fluide et légère. Seul problème pour moi : ce qu'il écrit est tellement pas con que je ne sais plus quels coms laisser. Je me sens ridicule et inculte...

- JPADPS , journal de bord d'une jeune prof d'allemand dynamique mais pas sadique, JPADPS nous entraîne en direct de la salle de cours, en salle des profs, à la cafétaria. Une plume très drôle qui captive. On attend la chute avec impatience,et on n'est jamais déçu. Mais JPADPS n'est pas qu'ue prof. C'est aussi une jeune femme de son temps, avec ses doutes et ses enthousiasmes, et qui nous en fait part. JPADPS est arrivée 2ème (section littérature) au concours de blogs de Romans en 2007. Rien de moins !!!

 

Voilà pour mes sept favoris. Solidésir aurait dû se trouver dans ce classement. Mais cet idiot-bête referme ses blogs à peine les a t-il ouverts. Pas de bol, Solidésir nous offrait de forts textes plein de sensibilité et de rage. Souvent un peu hermétiques pour moi, mais si bien écrits qu'ils m'emportaient je ne sais où...

 

Mon travail de taguée est maintenant achevé. Il ne me reste plus qu'à aller taguer Katell, qui va détester ça !!!

 

27.09.2008

Camés

1338041101.jpg

 

     Eclair de lune dans les caniveaux

     l'heure du réveil pour les noctambules

     aux cheveux hirsutes et aux oripeaux

     qui en dessous cachent leurs fistules.

 

     Rasant les murs et l'oeil aux aguets

     les poings dans les fouilles sur leur oseille

     ils cherchent le frère qui va les aider

     à triper et atteindre leur soleil.

 

     Dans un coin sombre de trottoir

     ils dégainent outils et marchandise

     pour une trouble traversée du miroir

     sensée les arracher à leur hantise.

 

     La tête explosée, le corps avachi

     ils s'en retournent vers leur repaire

     où les attendent les affres de leur vie

     et demain tout sera à refaire.

 

              Tommie

22.09.2008

Ombre et lumière

291523003.jpg

 

     Où se cache la lumière

     féconde et salvatrice

     qui devrait me réchauffer

     de ses rayons en pluie ?

 

     Serait-elle trop fière

     pour se faire protectrice

     et daigner se pencher

     sur ma peine infinie ?

 

    Serait-elle guerrière

    et à l'esprit patrice

    pour ne pas considérer

    mon âme démunie ?

 

    Erige t-elle des barrières

    pour épargner sa matrice

    évinçant les plus noyés

    dans leurs pleurs de maudits ?

 

    A moins que sous les gouttières

    toujours se réfugient

    les dingues et les paumés

    qui restent dans la nuit.

 

            Tommie

15.09.2008

Serge BRUSSOLO Le Chien de Minuit

51N95A3E66L__SL500_AA240_.jpgParcequ'il n'a pas voulu jouer jusqu'au bout le contrat malhonnête que sa maison d'édition lui avait imposé, David se fait virer, sans pouvoir prétendre à aucun droit. Il se retrouve alors à la rue, SDF. La rue et son cortège de violences. Il s'allie alors avec Ziggy, ex surfeur, qui lui apprend les rudiments de la survie.
Mais, à Los Angeles, on survit mieux sur les toits des buildings que dans la rue. David et Ziggy vont alors devoir faire leurs preuves pour être acceptés dans le gang de Mokes, chacun avec ses propres armes, ses propres talents. Ce qui n'est pas évident pour David l'intello pas sportif et plutôt trouillard.
Mais il est un toit que tous les gangs convoitent : celui du 1224 Horton Street, au luxueux complexe de loisirs, sur lequel le concierge, Dodstone, veille avec un zèle jusqu'auboutiste. Un zèle qui réduit en bouillie tous ceux qui ont essayé de laisser leur signature après avoir escaladé les 40 étages de l'immeuble.
Alors, du toit d'en face, Mokes et son gang espionnent et se préparent à relever le défi. Ziggy y a également repéré la belle Lorrie, qui est parfaite. Parfaite pour mourir sous son unique balle, telle une oeuvre d'art...
                             --------------------------------------------
Prix du roman d'aventure en 1994, Le chien de minuit nous conduit dans l'univers urbain infernal de l'Amérique d'aujourd'hui. Une critique acerbe de l'Amérique des yuppies, des friqués, qui refusent de voir ce qui se passe sous leur nez.
Le premier roman de Brussolo que j'ai découvert, un certain 11/12/98, à l'occasion d'une fête du livre, où pour un acheté on s'en voyait attribuer un autre gratos.
Une découverte bien sympa je dois dire. Le chien de minuit m'a donné envie d'en lire d'autres, et, de façon boulimique, j'en ai dévoré une bonne trentaine. Des romans tous différents, qui vont du thriller à la science-fiction, dans lesquels Brussolo démontre une imagination sans limite.
Une lecture facile (mais bien écrite) qui chaque fois m'a tenue de bout en bout. Une oeuvre pour amateurs de suspense, de violence, de mondes étranges ou inconnus, de personnages torturés ou hantés par une quête ou une obsession...
                               ---------------------------------------------
Extraits :
- " De manière assez ironique, cette propension à la rêverie qu'on lui avait tant reprochée au cours des années écoulées, avait permis à David de trouver sa place dans la rue, et une place privilégiée. Du jour au lendemain il était sorti du nombre et l'on s'était mis à avoir des égards pour lui. Il était celui qui remplaçait radio et télévision, celui qui, par la magie de sa voix, meublait les heures de solitude et d'ennui. Ziggy avait immédiatement perçu les avantages qu'on pourrait tirer de ce don. Il était devenu le manager de David. Ainsi il avait instauré les séances payantes. Si l'on voulait écouter David, on se devait de donner quelque chose : deux cigarettes, un peu de nourriture, une pièce de monnaie. Il fallait payer son ticket d'entrée, comme il aimait à le répéter. Les vagabonds acceptaient sans trop rechigner tant la magie du conteur était puissante à leurs yeux, tant elle leur permettait, l'espace d'une heure ou deux, d'oublier leur triste condition. "
                                     -----------------------------------
- " David ne trouvait pas très rassurant que tous les gangs installés au sommet des immeubles fussent au courant de ce qu'il allait faire ce soir... mais d'autre part personne ne connaissait sa véritable identité - même Ziggy n'avait jamais su son nom - on pouvait donc considérer que son incognito était préservé.
Il s'engagea dans l'escalier d'incendie, les jambes en coton. Les gants de toile réglementaire buvait la sueur de ses paumes, ce qui lui évitait d'avoir à s'essuyer trop fréquemment les mains sur un mouchoir. Pinto le précédait, en silence. Sa mission consistait à s'installer dans la cabine téléphonique faisant face au 1224 et à former le numéro de l'immeuble dès que l'équipe de nettoyage franchirait le seuil du hall.
De mauvaises idées trottaient dans la tête de David. Il imaginait Pinto, chuchotant dans le micro :
- Hé ! Monsieur Dogstone : ça recommence, ils vous envoient un autre type. Déguisé en balayeur. Il va se planquer sur le toit pour vous attendre.
D'ailleurs n'était-ce pas de cette manière que les choses s'étaient passées le soir où Ziggy avait trouvé la mort ? David serra les mâchoires à s'en faire mal et fixa le dos du voyou. Est-ce que Pinto était capable d'une telle saloperie ? Pourquoi pas ? Il n'avait manifestement guère apprécié la façon dont les deux nouveaux l'avaient éclipsé. Quand David aurait disparu à son tour, les choses redeviendraient comme avant. "
                                 -----------------------------------
- " La journée du lendemain fut plus éprouvante encore. La chaleur grimpa très vite entre les parois de l'appartement, et le volet de fer, bombardé par les rayons du soleil, devint si chaud qu'on ne pouvait y poser la main sans se brûler. C'était à croire qu'un incendie couvait derrière ce rempart de tôle articulé.
David estima qu'au plus fort de l'après-midi, la chaleur ambiante dépasserait les soixante degrés.
Lorrie émergea de la chambre vêtue du même maillot de bain que la veille. Ses cheveux en désordre collaient sur ses joues et son front. Elle fit quelques pas et se laissa tomber dans un fauteuil. Son premier geste consista à saisir une tasse pour puiser dans la cuvette d'eau. Elle but le liquide tiède comme s'il s'agissait d'une bière fraiche, n'en laissant pas perdre une goutte. David serra les dents. Le stratagème du concierge fonctionnait à merveille. Il lui avait suffi de tourner un robinet sur une vanne d'alimentation pour installer une annexe de la Vallée de la Mort dans l'un des appartement du trentième étage. "

Serge BRUSSOLO

brussolo_salon.jpg

Né à Paris en 1951, Serge Brussolo connaît une enfance tourmentée. Puis il fait des études de lettres et de psychologie. Il écrit très tôt ses premiers textes, mais ses débuts sont laborieux. Ecrivant dans d'obscures chambres de bonnes, il trouve son inspiration dans sa propre misère et son environnement familial perturbé. La noirceur de ses premiers récits vont alors donner le ton à son style pour toujours.

Au début, les éditeurs ne lui accordent que mépris, en raison de son style - qui, bien que proche du fantastique ou de la science-fiction - n'entre dans aucun genre établi. Mais il s'accroche, persévère, car il ne peut pas envisager l'avenir sans l'écriture.

Il entre dans le monde de l'édition par la petite porte, celle des fanzines de l'époque. Son premier texte publié sera "L'Evadé" paru en 1972 dans "l'aube enclavée".
Une autre nouvelle FUNNYWAY, parue pour la première fois en 1978 obtient le grand prix de la science-fiction française. Suivent alors un grand nombre de romans, souvent primés, toujours dans le genre " fantastique/science-fiction ", publiés chez Anticipation et Présence du futur.
Plus tard, il abandonne la science-fiction  pour se consacrer à d’autres formes narratives, notamment le thriller et le roman historique. Dans son premier thriller, "Le nuisible", on trouve tous les ingrédients de ses futurs romans à suspense. Pour maintenir sa liberté de création, il travaille avec plusieurs éditeurs qu'il met en concurrence, grâce aux succès de ses ventes.
Doué d’une imagination prolifique, auteur populaire tout en étant hors normes, Brussolo s’impose également par son sens de la dérision.

Durant l'année 2000, il est nommé Directeur littéraire aux éditions du masque. Sa production pour adultes se ralentit, il décide de se consacrer essentiellement à l'écriture de livres pour la jeunesse.

La sortie de la série "Peggy Sue et les fantômes" marque un nouveau tournant dans sa carrière. Progressivement, il semble retrouver le goût de la S.-F. mais en version jeunesse.
source : sergebrussolo.free.fr

07.09.2008

Liberté

97376365.jpg

 

     Au bout du bout de mes dix doigts

     y'a la liberté qui se dessine

     qui tente malgré mon peu de foi

     de déverrouiller la machine.

 

     C'est comme un feu qui couverait

     impatient de prendre flamme

     pour cautériser les plaies

     qui encombrent et polluent mon âme.

 

     La liberté d'un devenir

     plus adéquat avec moi-même

     où je pourrai enfin m'ouvrir

     et découvrir combien je m'aime.

 

     Des possibles réinventés

     des "si" qui deviennent "oui"

     une explosion de facultés

     et le désir de l'infini.

 

     L'esprit et le coeur grands ouverts

     parcourir de nouveaux espaces

     sortir de cette bulle de verre

     se lover dans ma nouvelle place.

 

               Tommie

 

              photo-montage : Vince

22.07.2008

Combat

644528775.JPG

 

     Dans mes oreilles un étrange bourdonnement

     le rappel peut-être de mon enfermement

     dans la pire prison que sont les sentiments.

 

     A force de traîner et de s'abandonner

     le désespoir s'empare d'un territoire miné

     où le moindre faux pas peut tout faire exploser.

 

     Là où certains ont échoué d'autres essaient de revivre

     affrontant leurs démons à s'en rendre ivres

     ne laissant pas au hasard le droit d'être libres.

 

     Croix d'bois ou croix d'fer se mentir est un enfer

     où l'on ne gagne qu'à se faire bouffer par les vers

     de ceux bien poisseux qui grouillent au cimetierre.

 

     Mais quand de l'âme le mal sournois s'empara

     il fut oh combien facile de baisser les bras

     tant on sentait la tâche difficile au combat.

 

                       Tommie

Poèmes de la nuit

    

466-3.gif
 Pedro Meca raconte l'histoire de La Moquette, ses objectifs, la désocialisation et la stigmatisation. Et surtout l'intérêt de l'atelier d'écriture.      L'importance des mots, parfois très enfouis, la créativité, l'ouverture. Comme un voyage à l'intérieur de soi. Ce qui permet l'acte d'écrire, comme réunir les morceaux éparpillés de l'homme en souffrance. Nommer les choses, se décharger du poids de l'existence, témoigner, être vu et entendu, donner... L'écriture comme "mise au monde".
La deuxième partie est constituée de poèmes, écrits par les personnes accueillies à l'atelier. Certe, on n'entre pas ici dans un cercle rimbaldien (et c'est tant mieux !). Des poèmes sans prétention, où la simplicité et la sincérité ont plus de valeur que le talent reconnu de nos grands poètes.
On oublie vite de compter les pieds et de vérifier les rimes. On s'imprègne de ces rêveries, de cette tendresse, de cette solitude, de ces espoirs, de ces détresses, de ces lieux merveilleux dont on rêve.
Tout d'abord on est touché, aussi parcequ'on sait que ce sont des SDF qui ont écrits cela. Puis en relisant, au hasard des pages, on finit par trouver cela joli, un peu magique. On essaie presque de mettre un visage sur chaque auteur, on essaie de retenir les prénoms. Il y a les poèmes qu'on a aimés d'emblée, et puis les autres, qui, dès la deuxième lecture nous accrochent un peu plus. Et puis finalement on éprouve une grande tendresse pour tous...
La troisième partie est constituée de "pensées", des phrases entendues et notées à la volée. Des pensées presque philosophiques, souvent drôles.
" Chercher le sommeil ? A quoi bon le chercher si une fois trouvé on tombe dedans ! "
" Ca volait bas dans ma tête, normal ! L'estomac avait pris la place du cerveau."
" C'est avec l'âge que le temps perdu vous interpelle et que la nostalgie vous tire les larmes."
" Insomnie, je t'en prie, oublie-moi au moins un seul instant."
" Putain d'échelle, y'a toujours un barreau qui casse !."
 " Comme je n'ai pas demandé à venir patauger dans cette Histoire, si j'ai une tombe, qu'on grave dessus : "on ne m'y reprendra plus".
LE VAGABON
Il marche dans la ville,
il marche sur mon coeur,
ses pas sont invisibles,
ils ne vont pas chez moi.
Il parle dans la ville
à d'autres gens que moi,
ses mots sont inutiles,
je ne les entends pas.
Il passe par des portes
que je ne connais pas,
d'autres que moi l'invitent,
il n'entre pas chez moi.
Il dort dans d'autres lits
que je ne connais pas,
il rêve d'autres rêves
qui ne sont pas pour moi.
Anne
AUTRE MONDE
Dans un shaker chromé
j'ai mis quelques brins d'herbe,
deux, trois feuilles d'azalée
et un oeuf d'oiseau serbe.
J'ai un peu agité,
mis un rayon de lune,
quelques tours j'ai touillé,
mis un noyau de prune.
J'ai fait cuire à feu doux
avec une grande pincée de joie,
une noisette d'amour fou,
et du raisin d'Artois.
J'ai laissé refroidir
nappé d'un peu de patience,
enfin, pour le garnir,
quelques paillettes de chance.
C'est une recette à moi
pour un gâteau sympa,
pour un monde où la loi serait :
d'abord aime-toi.
Alain
TOI QUE J'AIME A JAMAIS
Quand je ne saurai plus
ni mon nom, ni mon âge,
quand je serai perdue
bien trop loin des rivages
où vole la pensée,
Toi, je ne t'oublierai pas.
Quand les sables mouvants
enfouiront ma mémoire,
quand ma chair et mon sang
refuseront de croire
à la vie qui s'en va,
Toi, je ne t'oublierai pas.
Quand je serai sans mots,
quand je serai sans voix,
quand je serai sanglots,
quand je serai sans moi
aux portes du néant,
Toi, je ne t'oublierai pas.
Quand je serai poussière
ou colombe ou renard,
quand je serai lumière,
quand je serai mémoire
et oubli à la fois,
Toi que j'aime à jamais
Toi, je ne t'oublierai pas. 
Martine

Pedro Meca, Les Compagnons de La Nuit

466-2.gif

 PEDRO MECA

On ne peut pas le rater avec sa silhouette de buveur de bière — car on ne peut l’imaginer buvant des jus de fruits ou des liqueurs pour dames dans les bars qu’il hante —, sa gueule de métèque et ses yeux qui savent regarder… Il est connu comme le loup blanc de tous les nuitards de Saint-Michel — il ne dit pas « noctambules », il dit « nuitards », nuance — et au-delà, dans tout Paris, à Marseille, Bordeaux, Barcelone et maintenant en Amérique latine d’où il revient… Il est né Basque, à Pampelune, Espagne, pauvre parmi les pauvres, élevé par un couple de vieux, très vieux, qui lui ont appris le partage, même quand il n’y avait que la misère à partager. À dix-sept ans il rejoint sa mère naturelle à Bordeaux — il ne la connaît quasiment pas — et après quatre années de trafic et de bamboche, il rencontre un prêtre avec lequel il se lie d’amitié et qui lui révèle sa vocation : il sera dominicain.

Mais atypique il restera, dominicain ou pas. À la fin du noviciat, il demande à un frère comment il l’imagine, dans vingt ans. « Aussi bien chartreux que maquereau » répond le frère. Et Pedro de constater : « Sans doute ai-je toujours, par la suite, oscillé entre ces deux vocations ». Il est tout de même ordonné prêtre en 1962 et, dès sa première messe, dans son village, il annonce la couleur : rouge, comme le vin qu’il renverse sur sa robe blanche, comme le chiffon qu’il agite devant le taureau, à la fête, juste après la messe, comme son engagement politique : contre Franco et pour les ouvriers grévistes…. Résolument il s’est engagé sur le chemin qui sera toujours le sien : « (se) mettre au service de la pauvreté ». Il entre dans une semi-clandestinité mais attire toute une population intéressée par cette Église qu’il est en train de créer avec quelques camarades, une « Église de la rue ». Le militantisme et le religieux se nourrissant l’un de l’autre, Pedro s’implique dans les forces d’opposition qui luttent contre le franquisme et se retrouve sur les tribunes et dans les cortèges aux quatre coins de l’Europe. Pourtant, il ne veut pas rester à vie ce « moine de la politique » comme on commence à le qualifier, lui et quelques autres. Il ne veut surtout pas devenir un « vieux militant reconverti dans le souvenir ». Il veut revenir au plus près des choses, au plus près des gens. Il veut, comme lorsqu’il était enfant, retourner dans la rue. Pour cela, il devient éducateur spécialisé.

Ce sont alors les rencontres décisives, le travail au Cloître, la création des Compagnons de la nuit. Lui qui confesse « vouloir venger son enfance » dit aussi que c’est la vie plus que l’école qui lui a appris à avoir une relation éducative avec les autres. Il dit encore que : « dans le fond, (son) travail c’est d’avoir les pieds dans la merde et de venir la faire sentir à d’autres ». Il croit moins aux dispositifs et aux aides de toute sorte qu’au regard que l’on porte sur autrui et préfère développer l’humanité des relations car « se donner un peu, ne donner rien que soi-même peut aider à mettre les gens debout ».

M.R.

LES COMPAGNONS DE LA NUIT

Jusqu’en 1983 une équipe d’éducateurs — mêlés aux barmans — va donc développer une action de prévention originale, conciliant la relation personnelle — surtout dans les temps calmes de la journée — et la gestion plus communautaire, le soir, quand il y a foule et que le bruit, les conflits et l’agressivité risquent de devenir incontrôlables. Ce lieu chaleureux et violent tout à la fois, vulnérable, régulièrement visité par la police, dénoncé par certains et convoité par d’autres, ferme ses portes en 83.

Pedro Meca décide alors de continuer son action sur le quartier, d’abord uniquement avec quelques bénévoles puis, grâce à la création des Compagnons de la Nuit, avec un, puis deux salariés. C’est une nouvelle période qui s’ouvre où, pendant sept ans, les Compagnons vont se faire connaître des nuitards, investir aussi bien les rues que les bistros, toujours disponibles et à l’écoute, moins préoccupés de « résultats » — ils savent combien cette notion est difficile à définir en prévention — que de se trouver là, au cœur de la nuit, tout simplement. Car ils ne sont pas nombreux, à « se trouver là » et les lieux de rencontre, en dehors des bars — mais encore faut-il pouvoir s’y payer un verre — restent en fin de compte le dépôt ou le SAMU… ! Ce constat, l’expérience du Cloître, les « migrations » des populations d’un quartier à l’autre, incitent alors les Compagnons  à monter un nouveau projet, celui d’un endroit convivial et ouvert à tous, à tous les nuitards quel que soit leur statut social. Il faudra un certain temps pour le faire aboutir mais, en 1991, La Moquette est enfin posée, entre Luxembourg et Panthéon, dans cette rue Gay-Lussac si chargée d’histoire . La Moquette est une grande pièce, en sous-sol, avec des chaises et des tables, quelques ta-bleaux aux murs et puis voilà. Le couloir par lequel on entre, au rez-de-chaussée, est lieu de passage, où l’on peut s’isoler du groupe, avoir un aparté avec un éducateur, hésiter… Au début, La Moquette était ouverte toute la nuit (du moins jusqu’au petit matin), à la disposition de ceux qui passaient et qui, problème, ne faisaient pas que passer mais s’installaient, en nombre, avec les animaux… Cela devenait difficile à gérer et risquait de détourner le lieu de sa vocation. L’équipe a donc reconsidéré les choses, prit acte des aspirations et des propositions des uns et des autres et l’accueil se fait maintenant jusqu’à minuit et demi, heure à laquelle, après un café ou un thé partagés, chacun rente chez soi, ou retourne à la rue. Car La Moquette n’est pas un foyer, pas un endroit où on « dépanne » un tel pour la nuit. La Moquette a des heures d’ouverture et de fermeture, tout comme les professionnels qui s’y trouvent ont des horaires de travail. Ils sont actuellement six salariés , dont Pedro qui, inlassablement, se partage entre les Quartier latin et le vaste monde… Frédéric Signoret, responsable des Compagnons, parle avec une conviction communicative de cette expérience qui, dit-il : « est une tentative de trouver au travail social un fondement qui ne soit pas confondu avec une action sociale. De ce point de vue, La Moquette se situe au degré zéro de l’Action so-ciale. » En effet, à l’encontre de la ma-jorité des « lieux sociaux », La Moquette n’a rien à proposer de tangible : pas d’aide financière, pas d’hébergement, pas de repas… Il n’y a pas là un refus des dispositifs d’aides et, d’ailleurs, l’assistante sociale ou les éducateurs répondront toujours à une demande, mais ce sera dans un échange, une perspective, et en dehors de la soirée… La démarche consistera alors essentiellement à permettre aux gens de se repérer, de faire des expériences, sans les mettre en situation d’être comptable au travailleur social de leur réussite ou de leur échec.

Quant à la soirée, elle est différente chaque jour de la semaine. De par les gens qui la partagent, bien sûr, mais aussi par les activités qui sont proposées — atelier d’écriture, conférences-débats, rencontres, anniversaires et fêtes…—, activités dont chacun est libre de se saisir ou pas (voir encadré). Mais, plus que ces activités, c’est la non catégorisation du public qui fait l’intérêt de l’endroit. Pas plus qu’il n’y a de « prestations », il n’y a de spécificité. Monique Calon, éducatrice, remarque que l’on crée en principe des lieux pour des catégories : les jeunes, les vieux, les malades mentaux, les alcooliques… « Ici, dit-elle, on cherche à faire cohabiter tout le monde. Quelle que soit la personne qui rentre, elle a sa place ». Il faut reconnaître pourtant que le pari n’est pas encore totalement gagné. Certes, des gens de différents horizons — social, géographique, philosophique pourrait-on dire — se retouvent dans la salle du sous-sol. Certes, il est parfois bien difficile de deviner si un tel est SDF ou ADF — suivant la terminologie des Compagnons — et c’est tant mieux ; il n’en reste pas moins que si les travailleurs sociaux sont très nombreux dans les rangs des ADF — et c’est encore tant mieux — les citoyens lambda restent minoritaires et ont du mal à franchir le seuil. Pourtant, c’est par eux que pourra évoluer le rapport entre ceux du dehors et ceux du dedans, encore que, comme le souligne Paul Blanquart dans son document de travail, rappelant la réplique de « La haine » (« Nous sommes enfermés dehors »), les deux notions soient de plus en plus difficiles à cerner. Il n’empêche : pour les Compagnons, il faut briser cette relation unique « cas social - travailleur social » et agir sur le regard disqualifiant que la société porte sur les gens en difficulté. « Le travailleur social est-il là uniquement pour répondre à une commande de la société en ce qui concerne les gens en grande misère, s’interroge Frédéric Signoret, pour travailler à leur réinsertion, leur mieux-être etc. N’y a-t-il pas là une délégation, forcément insatisfaisante puisqu’ainsi la société ne se sent pas vraiment concernée ? » Espace de rencontre et d’échanges, La Moquette veut devenir « un transformateur, un laboratoire de la démocratie pour la société à faire venir ». Et, en écho à ces paroles de Pedro Meca, celles de Paul Banquart : « Voilà qui distingue en profondeur La moquette de l’habituel travail social, qui la rend porteuse d’une redéfinition de celui-ci, contemporaine des actuels défis. »

Mireille Roques

(1) Le Cloître était propriété de l’abbé Pierre qui a ensuite créé l’association.

(2) Les Compagnons de la Nuit La Moquette - 15 rue Gay-Lussac 75005 Paris - Tél. 01 43 54 72 07

(3) Deux responsables (Pedro Meca plus particulièrement chargé des « relations extérieures » et Frédéric Signoret à l’interne), deux éducateurs, une assistante sociale, un animateur. L’équipe s’appuie également sur une douzaine de bénévoles.

(4) SDF : sans domicile fixe ADF : avec domicile fixe

(5) Paul Blanquart : « L‘originalité de La Moquette et son essaimage » - juin 1998.

source : Le lien social.com

19.07.2008

Presque de retour

     Ca y est enfin, je suis sortie de la clinique. 3 mois, ça commençait à faire long, mais c'était bien nécessaire !

     La suite des évènements ? Ben je lâche tout !!! Boulot, appart, ville. Je vais profiter des quelques 2 ans et demi de longue maladie pour me reconstruire. Prendre le temps d'apprendre à gérer ma maladie, m'autoriser à me faire plaisir, et essayer de faire des formations par correspondance.Ben ouais quoi, faut bien penser à l'avenir. Parceque la psy et l'hosto c'est fini à tout jamais, beurkkkkkk.

    Je pars vivre en Normandie, en pleine campagne, à 20 bornes de la mer. Mes parents me laissent m'installer dans leur super grenier. Hey, y'a pas de quoi se moquer, retour chez papa-maman... Financièrement ça va être la galère sans boulot, et puis vivre seule est inenvisageable pour le moment. Pis j'ai toujours eu l'intention de me rapprocher d'eux pour leurs vieux jours, quand ils seront moins autonomes. Alorssssss ....

   Bon, je ne suis pas encore revenue vraiment sur mon blog ni sur les votres. Forcément, jusqu'en septembre je vais être bien occupée par le déménagement et les travaux d'installation. Mais je ne vous oublie pas et pense à vous souvent...

   Bises, et à bientôt tous  ;-)

06.07.2008

Apocalypse bientôt

50791582.jpg

 

     Le ciel commencera par rougir

     du feu sacré des dieux en colère

     et l'atmosphère lourde de s'épaissir

     d'une moiteur chargée de poussière.

 

     Des tourbillons de terre étouffants

     s'élèveront d'un sol fissuré

     assèché par la force des vents

     déchainés soufflant de tous côtés.

 

     Puis tomberont les pluies acides

     d'un ciel virant au noir et sans soleil

     aveuglant ceux qui d'un regard vide

     se croiront encore en plein sommeil.

 

     La rumeur courra dans les villes

     qu'il s'agit du dernier jugement

     que devraient se sauver les plus vils

     responsables de ce malheur forcément.

 

     De partout les cages s'ouvriront

     sous l'avidité des animaux

     qui de vengeance se pourlècheront

     de pouvoir faire craquer quelques os.

 

     Eux seuls savaient et s'impatientaient

     que sonne l'heure du bouleversement

     qui de liberté les soûlerait

     dans de grandes émanations de sang.

 

     Les hommes se mettront à claquer des dents

     par peur de la facture à payer

     des crimes qu'ils ont commis impunément

     quand ils prenaient tout pour des jouets.

 

     Quand la terre sera débarrassée

     des humains et de leurs oripeaux

     reine nature pourra s'apaiser

     et recommencer tout le boulot.

 

                Tommie

 

          Image : V. Van Gogh

 

A qui perd gagne

275173565.jpg

 

     Au fond de mes entrailles

     circulant comme une onde

     le désir me tenaille

     de m'effacer du monde.

 

     Aller par les chemins

     torturés de mon âme

     épancher mon chagrin

     jouer à qui perd gagne.

 

     Trouver un bon asile

     qui voudra me garder

     pour une vie plus tranquille

     sans soucis ni regrets.

 

     Franchir la frontière

     ténue de la folie

     pour ne plus être en guerre

     m'enterrer dans ma nuit.

 

     Et ne plus ruminer

     les affres de l'av'nir

     me sentir soulagée

     de ne plus réfléchir.

 

             Tommie

 

        Image : Nicolas de Staël

01.06.2008

SNIFFFFF .........

De passage sur le PC pour quelques minutes. Visiblement, à la vue du peu de coms laissés, ce blog n'interresse pas grand monde !!!

Quel avenir dois-je lui réserver s'il n'interresse que moi ???????????????????????????????????

Je m'en retourne à ma clinique bien déçue ...

22.04.2008

Encore un départ

Je repars me faire soigner pour quelques semaines. Les fidèles doivent commencer par y être habitués !!!

A bientôt, vous me manquez déjà, sniff............................. 

Les morts et les bigottes

1567588622.jpg

 

     Du fond de leurs abîmes

     les morts ne cessent de rire

     de ceux qui paient la dîme

     pour assurer l'av'nir.

 

     Ils prient un drôle de type

     qu'ils n'ont vu qu'en fantasme

     pour pas choper la grippe

     ou pardonner l'orgasme.

 

     Sûr qu'on ne plaisante pas

     avec le péché

     faut suivre pas à pas

     c'que dit monsieur l'curé.

 

    Et quand par malheur

    ils rêvent d'une paire de fesses

    ils courrent avec horreur

    se laver à confesse.

 

    Alors au fond du gouffre

    pour sûr qu'ils se panent

    lorsque ça sent le soufre

    en dessous des soutanes.

 

    C'est la fête aux bigottes

    auquelles on fait payer

    leur manque de jugeotte

    le poids de ces secrets.

 

          Tommie

Smally

1610104754.JPG

 

     Mon amie ma fidèle

     qu'ai-je pu te faire subir ?

     Mes souvenirs s'emmèlent

     c'est ce qu'il y a de pire.

 

    Qui prit soin de toi

    tous ces jours de misère

    quand je n'étais pas là

    quand je n'touchais plus terre ?

 

    Comment ressentais-tu

    ces tremblements de terre

    dans mon âme perdue

    qui glissait vers l'enfer ?

 

    Tu m'as pardonnée je crois

    dans ton dernier soupir

    ton p'tit corps dans mes bras

    oh, comme j'ai pu souffrir.

 

               Tommie

Rue des pins

59827546.png

 

          Dans l'air du temps

          et l'air de rien

          comme un enfant

          comme un vaurien

          chemin faisant

          cahan cahin

          cheveux aux vents

          chemise de lin

          effrontément

          malin malin

          en remontant

          la rue des pins

          les pieds brûlants

          semelles en moins

          se délestant

          d'un peu d'un rien

          s'en rejoignant

          de douces mains

          et rêvassant

          de ses blancs seins ...

 

                 Tommie

18.04.2008

Partir

893327984.jpg

 

     Partir au delà de l'horizon

     jusqu'où le regard porte et se perd

     là où la terre trace un dernier sillon

     comme un salut bref de l'univers.

 

     Partir pour ne jamais revenir

     pas même en rêve ni en cauchemar

     lâcher jusqu'au moindre souvenir

     se diriger vers un autre phare.

 

     Partir sans baluchon ni bagage

     à la conquête d'une nouvelle histoire

     débarrassé de sa lourde cage

     libéré de tous les vieux déboires.

 

     Partir, s'envoler d'un pied leste

     se laisser diriger par les vents

     économiser le moindre geste

     et évoluer en dehors du temps.

 

              Tommie

08.04.2008

Tout est pardonné

1857937469.gif

 

On le croit dans les nuages                         

l'esprit libre au gré du vent                            

que rien ne lui fait ombrage                           

qu'il rêve comme un innocent.                    

 

A l'atelier il fabrique                                     

au potager il donne vie                               

comme avec des mains magiques                  

créatrices à l'infini.                                    

 

Il ne dit rien, il cache tout                             

comme un vaurien, ou comme un fou.          

 

Ses silences en disent long                       

et taisent ses bégaiements                          

quand il s'agit de faire front                        

d'oublier ses peurs d'enfant.                   

 

Le mensonge est sa défense                       

et dans ses yeux la panique                       

dénonce l'ignorance                                     

et sa marque de fabrique.                            

 

Il ne dit rien, il cache tout                          

comme un vaurien, ou comme un fou.  

 

 

     D'un regard inquisiteur

     qui balaie comme un scanner

     elle vous foudroie en plein coeur

     comme une acerbe mégère.

 

     Elle vous aime sous conditions

     avec ses propres critères

     elle juge la situation

     depuis ses espoirs de mère.

 

     Dans sa souffrance et sa misère

     elle est en errance, cherche des repères.

 

     Ses enfants sont sa richesse

     même s'ils ne sont pas conformes

     et quoiqu'ils fassent la blessent

     en n'entrant pas dans ses normes.

 

     Mais son amour est plus fort

     et la mènent à concéder

     à arrondir ses bords

     pour sa tendresse montrer.

 

     Dans sa souffrance et sa misère

     elle est en errance, cherche des repères.

 

                          Tommie        

 

                                                

01.04.2008

Les amoureux

1674306290.jpg

 

     Au fond de leurs yeux d'agate

     y'a toutes les promesses du monde

     pas moyen que le temps se gâte

     ils naviguent sur la même onde.

 

     Ils ont le soleil pour eux seuls

     la pluie ne les atteind jamais

     ils ont l'air de gais écureuils

     qui ne font que ce qui leur plaît.

 

          Les amoureux ...

 

     Ils ont au fond de leurs deux coeurs

     un lien indiscible qui les tient

     ils ne s'aiment pas en amateurs

     c'est la passion qui les étreint.

 

     Ils traversent les coups du sort

     main dans la main et sans souci

     plus rien ne peut leur faire du tord

     tellement ils s'aiment à l'infini.

 

          Les amoureux...

 

                Tommie

 

 pour toi Yoann, et ta dulcinée  ;-)

John IRVING Le monde selon Garp

1021545078.jpg
     Jenny Fields, jeune infirmière dans un hôpital de Boston pendant la seconde guerre mondiale, est fermement décidée à avoir un enfant, mais sans le père qui va avec (elle hait la concupiscence). Elle finit par trouver le père idéal en la personne d'un soldat mourant qui, juste avant son dernier soupir, lui offre une superbe et ultime érection. Ainsi est conçu S.T. Garp (S.T. comme sergent- tirailleur), que tout le monde appellera toujours Garp, tout court.
     Garp est élevé dans le cocon rassurant de l'infirmerie de Steering, collège pour fils de riches (et fils du personnel) dans lequel Jenny s'est faite embauchée. Ainsi, entre naïveté et tendresse, Garp va grandir et découvrir l'amour, la lutte, la littérature. Son diplôme en poche, il décide de devenir écrivain, pour la belle Helen, la fille de l'entraineur de lutte.
     Au cours de l'année sabbatique que Jenny et Garp s'offrent à Vienne (Autriche), dans le but que Garp s'ouvre au monde et trouve l'inspiration, Garp découvre lui-même la concupiscence, et Jenny écrit ses "mémoires". A leur retour aux Etats Unis, son ouvrage est publié et obtient un succès retentissant qui divise les critiques, faisant de Jenny l'involontaire égérie du mouvement féministe montant des années 70.
     Jenny organise sa nouvelle vie dans la demeure familiale devenue refuge pour femmes en détresse. Garp épouse Helen et devient père au foyer, écrivain à l'occasion, et prend parfois une maîtresse. C'est un éternel angoissé, qui aimerait mettre à l'abri de toute la cruauté du monde ses enfants et ses proches. Mais malgré sa bonne volonté, il ne peut tout contrôler, et de péripéties en catastrophes, il va devoir affronter la vraie vie...
     ________________________________________
     Le monde selon Garp est un roman (aux parfums autobiographiques) impossible à résumer. Il n'y a pas d'intrigue et Irving ne raconte pas des histoires, mais des vies. Et dans ce monde, tout va le plus souvent de travers.
     On soupçonne qu'il va arriver quelque chose, le pire, mais ce n'est jamais où, quand, ni comment on l'avait imaginé. Et la chute est rude.
Irving prépare l'inévitable, sans en avoir l'air. Un détail par-ci par-là, et d'un coup l'engrenage s'emballe, souvent rocambolesque. Pris à contre pied, on passe de l'expectative inquiète à une poignante nostalgie, lorsque le drame laisse derrière lui le chagrin.
     Souvent, les choses reviennent. On rit d'un gag, d'un quipropos, et puis on l'oublie. Et puis un jour il revient. Car tout revient. Dans un autre ton, un autre temps. Et ce qui a pu être loufoque et désopilant devient grave, et inversement.
     Le monde selon Garp nous rappelle également qu'on a beau mettre des barrières pour se protéger du monde extérieur, la violence surgit souvent non du dehors, mais de notre intérieur même.
     Garp, comme sa mère, traque la concupiscence. Il rôde, et il a le flair pour ça. Et pour cause : l'odeur est sur lui et il n'a pas son pareil pour se retrouver dans ce genre d'imbroglios.
     Homme au foyer, Garp adopte la cause des femmes, et ses écrits sont sans pitié. Et, paradoxalement, en montrant la violence qu'on fait subir aux femmes, il exhibe l'ignoble fantasmatique qu'il dénonce. Cette violence qu'il voudrait éradiquer jusqu'en lui-même.
     Irving utilise Garp comme un vecteur des angoisses de l'écrivain, desservant ainsi une petite étude sur le métier d'écrivain et la notion de fiction.
     Garp se révèle aussi le catalyseur des angoisses de la société de son époque. Comme une éponge, il emmagasine la peur et les travers de ses concitoyens.
     Du fait de son éducation, Garp est relativement naïf, et n'ayant pas été corrompu par la société durant son enfance, en a oublié d'apprendre à mentir. Garp est également incompris dans ses intentions, et sera toujours la victime d'une fausse image que les gens se font de lui, tout comme sa mère.
    
     Irving dépeint ici un monde cruel, violent et cynique. Mais il sait faire passer la pilule : un humour souvent féroce, et l'amour et la tendresse qui ne quittent jamais les principaux personnages, malgré les épreuves.
     Un bon roman ? Sans doute que oui. Moi, il m'a tenu de bout en bout, entre loufoquerie et gravité, amusement et inquiétude. Un pavé à lire, mais on a du mal à le lacher, pour connaitre la suite, et puis on se dit : il en reste pour demain !!!
     _________________________________________ 
Extraits : le choix est cruel !!!
     - " Ayant ainsi expédié l'indispensable, Cushie commença à se déshabiller. Garp se déshabillait lui aussi lorsque, tout à coup, elle lui demanda.
- Allons, où est-il ?
Garp paniqua. Où était quoi ? Il lui semblait pourtant qu'elle l'avait bien en main.
- Où il est ton machin ? le somma Cushie, en tiraillant ce que Garp croyait être son machin.
- Quoi ? demanda Garp.
- Oh, alors ça ! s'exclama Cushie. T'en a pas apporté ? Garp se demandait ce qu'il aurait dû apporter.
- Quoi ? répéta-t-il.
- Oh, Garp ! fit Cushie. T'as pas pris de préservatif ?
Il la regarda d'un air d'excuse. Ce n'était qu'un enfant qui avait vécu toute sa vie en compagnie de sa mère, et le seul préservatif qu'il eût jamais vu avait été enfilé sur la poignée de la porte de leur appartement de l'annexe par un vaurien du nom de Meckler - depuis longtemps diplômé et disparu pour courir à sa perte. "
----------------
- " On lui accorda qu'elle disait ce qu'il fallait et au moment où il fallait, mais Jenny Fields, assise toute blanche dans son uniforme d'infirmière - dans le restaurant où John Wolf n'invitait que ses auteurs favoris - , se sentait gênée par le mot féminisme. Elle ne savait pas trop ce qu'il signifiait, mais le mot évoquait irrésistiblement pour elle l'hygiène intime des femmes et le traitement Valentine. Après tout, elle avait fait ses débuts comme infirmière. Elle déclara avec timidité qu'elle croyait seulement avoir fait le bon choix en ce qui concernait sa vie personnelle, et, dans la mesure où son choix n'avait guère été bien accueilli, elle s'était sentie poussée à dire quelque chose pour le défendre. Ironiquement, une bande de jeunes excitées de l'université de Floride, à Tallahassee, saluèrent, elles, le choix de Jenny avec un grand enthousiasme : et elles déclenchèrent une petite controverse en complotant pour se faire engrosser. Pendant quelques temps à New York, et parmi les femmes à l'esprit original, ce syndrome fut baptisé " faire un Jenny Fields ".
-------------
- " - Tu n'as jamais entendu parler d'Ellen James ?
- Non, avoua Garp.
- Eh bien, il y a maintenant toute une association de femmes à cause de ce qui est arrivé à Ellen James .
- Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
- Quand elle avait onze ans, elle a été violée, par deux hommes, dit Jenny. Ensuite, ils lui ont coupé la langue pour qu'elle ne puisse dire à personne qui ils étaient ni ce à quoi ils ressemblaient. Seulement ces imbéciles ignoraient qu'une enfant de onze ans est capable d'écrire. Ellen James rédigea une description très minutieuse des hommes; ils furent arrêtés, jugés et condamnés. En prison, ils furent tous deux assassinés.
- Bon sang ! Et voilà Ellen James ? chuchota-t-il, en désignant la grande femme taciturne avec un respect tout nouveau.
Jenny leva une fois de plus les yeux au ciel :
- Non. C'est un membre de l'association Ellen James. Ellen James est encore une enfant; une petite fille blonde toute menue.
- Tu veux dire que les membres de cette association Ellen James se baladent partout sans parler, comme si c'était elles qui n'avaient plus de langue ?
- Non, je veux dire qu'elles n'ont pas de langue, dit Jenny. Les membres de l'association Ellen James se font trancher la langue. Pour protester contre ce qui est arrivé à Ellen James.
- Oh, bonté divine ! s'exclama Garp en contemplant la grande femme avec un regain de répugnance.
[...]
Garp était destiné à revoir les Ellen-Jamesiennes. Bien que bouleversé par ce qu'avait subi Ellen James, il n'éprouvait que de la répugnance pour ces imitatrices, ces adultes aigries qui abordaient toujours les gens en leur tendant une carte. La carte disait en gros ceci :
                     Salut, je m'appelle Martha. Je suis une Ellen-Jamesienne.
                     Savez-vous ce qu'est une Ellen-Jamesienne ?
Et si les gens n'en savaient rien, on leur tendait une autre carte.
Les Ellen-Jamesiennes représentaient, pour Garp, le genre de femmes qui transformaient sa mère en célébrité et cherchaient à l'exploiter dans l'intérêt de leurs croisades grossières.
- Je vais te dire quelque chose au sujet de ces femmes, maman, dit-il un jour à Jenny. De toute façon, probable qu'elles n'étaient pas capables de dire autre chose que des conneries ; probable que, de toute leur vie, elles n'ont pas eu une seule chose valable à dire - si bien qu'elles n'ont pas sacrifié grand-chose en renonçant à leur langue ; en fait, je parie que ça leur épargne de se fourrer dans des pétrins épouvantables. Si tu vois ce que je veux dire.
- Ce n'est pas la compassion qui t'étouffe, fit Jenny.
- J'ai des masses de compassion -pour Ellen James.
- Ces femmes ont souffert, elles aussi, d'autres façons. C'est la raison qui les pousse à vouloir se rapprocher les unes des autres.
- Et à s'infliger encore de nouvelles souffrances, maman.
- Le viol est le problème de toutes les femmes, dit Jenny.
Garp détestait plus que tout au monde entendre sa mère discourir de "toutes les femmes". Exemple, se disait-il, de théorie démocratique poussée jusqu'à son extrème le plus absurde.
- C'est aussi le problème de tous les hommes, maman. Suppose que, la prochaine fois qu'il y aura un viol, je me coupe la bitte et que je me l'accroche autour du cou. Dis-moi, tu trouverais ça édifiant ?
- Nous sommes en train de parler de gestes sincères, fit Jenny.
- Nous sommes en train de parler de gestes stupides, fit Garp.
----------------
- " Garp interpella la silhouette, un monsieur digne d'un certain âge, avec une moustache blanche, qui, se retournant, gratifia Garp d'un regard à ce point rempli de stupéfaction et de honte que Garp eut la certitude d'être tombé sur le satyre. Fonçant à travers les ronces et les arbustes qui ployaient comme des fouets, il se précipita sur l'homme, qui, surpris en train de pisser, se hâtait de ranger ses attributs dans son pantalon. Il avait tout à fait l'air d'un homme surpris en train de faire quelque chose de répréhensible.
- J'étais seulement... commença l'homme, mais déjà Garp était sur lui et, lui fourrant sa barbe raide en plein sous le nez, se mit à le renifler comme un chien de chasse.
- Si c'est vous, mon salaud, je vais le sentir !mença Garp.
L'homme s'écarta, craintif, terrorisé par cette brute à demi nue, mais Garp, lui saisissant les deux poignets, les remonta vivement pour les renifler de près. Il renifla plusieurs fois, et l'homme poussa un cri, comme s'il redoutait que Garp ne le morde.
- Ne bougez pas ! intima Garp. C'est vous qui avez fait le coup ? Où sont les vêtements de l'enfant ?
- Je vous en prie ! piailla l'homme. Je voulais seulement me soulager.
Il n'avait pas eu le temps de refermer sa braguette et Garp lui lorgnait l'entrecuisse d'un oeil soupçonneux.
"Rien ne sent comme l'odeur du sexe, écrivit Garp. C'est une odeur impossible à camoufler, aussi forte et facile à reconnaître que l'odeur de la bière."
Aussi Garp, là, en plein bois, se laissa-t-il tomber à genoux et, dégrafant la ceinture de l'homme, il lui ouvrit brutalement le pantalon et lui descendit d'une secousse son caleçon jusqu'au chevilles ; il comtempla les attributs du malheureux à demi mort de frayeur.
- Au secours ! hurla le vieux monsieur.
Garp renifla un bon coup et l'homme s'effondra au milieu des arbustes ; puis, titubant comme une marionnette attachée sous les aisselles, il fonça comme un fou au milieu d'un fourré dont les troncs minces et les branches serrées lui évitèrent de tomber. "
-------------------
- " Pourquoi est-ce que tu n'y vas pas à pied, Duncan ?
- Pourquoi ? fit Duncan, exaspéré.
Pour que tu ne te retrouves pas avec la colonne vertébrale brisée si une bagnole conduite par un jeune chauffard, ou un ivrogne terrassé par une crise cardiaque, vient à te renverser dans la rue, se dit Garp - pour que ton torse, ton torse si chaud, si adorable, ne se fracasse pas contre le trottoir, pour que ton crâne merveilleux n'éclate pas en deux quand tu atterriras sur le pavé, et pour qu'une bande d'abrutis ne viennent pas t'envelopper dans une vieille couverture comme si tu étais un petit animal égaré ramassé dans le caniveau. Là-dessus, les cons de banlieusards se ramènent et essaient de deviner à qui il appartient (" Aux gens de la maison vert et blanc, là-bas, à l'angle d'Elm et de Dodge Street, je crois bien"). Et puis quelqu'un te ramène, tire la sonnette et me dit : " Euh, désolé !" Et, le doigt tendu vers la masse informe jetée sur la banquette arrière, demande : " Il est à vous ?"
Pourtant Garp se borna à dire :
- Oh, bon, va Duncan, prends-le, ton vélo. Mais sois prudent !
Il regarda Duncan traverser la rue, pédaler jusqu'au carrefour, regarder prudemment avant de prendre le tournant (Brave gosse ! T'as vu comme il a pris soin de tendre le bras - mais peut-être était-ce seulement à mon bénéfice.)
-----------------
- " Cette fois, lorsque le téléphone sonna, Garp eut conscience qu'Helen, qui émergeait du sommeil, se serrait contre lui. Lorsqu'il décrocha, Helen lui avait coincé la jambe entre ses deux genoux et serrait de toutes ses forces - comme pour se cramponner à la vie et à la sécurité que symbolisait pour elle le corps de son mari. Garp se livra mentalement à un rapide pointage. Walt était à la maison, et dormait. Duncan aussi ; il n'était pas chez Ralph.
Helen se disait : C'est mon père ; son coeur. Certaines fois elle se disait : On a finit par retrouver ma mère et par l'identifier. Dans une morgue.
Et Garp se disait : Maman a été assassinée. Ou elle a été enlevée et ses ravisseurs exigent une rançon - des hommes qui n'accepteront rien de moins que le viol public de quarante vierges pour libérer la célèbre féministe, saine et sauve. Et ils exigeront, en outre, la vie de mes enfants, et ainsi de suite.
C'était Roberta Muldoon, ce qui suffit à convaincre Garp que la victime ne pouvait être que Jenny Fields. Mais la victime était Roberta.
- Il m'a plaquée, geignait Roberta, son énorme voix gonflée de larmes. Il m'a balancée. Moi ! Vous vous rendez compte ?
- Seigneur ! Roberta, dit Garp.
- Oh, avant de devanir une femme, je ne savais pas à quel point les hommes peuvent être salauds, dit Roberta.
- C'est Roberta, chuchota Garp à Helen, pour qu'elle se détende. Son amant s'est fait la paire. "
---------------
- " Toute sa vie, Duncan Garp associerait le bruit de la mer au souvenir de cette convalescence. Sa grand-mère se chargeait de lui changer son pansement ; le trou qui avait abrité autrefois l'oeil de Duncan ne cessait de suinter. Ni son père ni sa mère ne pouvaient supporter le spectacle de cette orbite vide, mais Jenny savait depuis longtemps que, à force de contempler les plaies bien en face, on finit par ne plus les voir. Ce fut en compagnie de sa grand-mère, Jenny Fields, que Duncan vit son premier oeil de verre.
- Tu vois ça ? fit Jenny. C'est gros et c'est marron ; pas tout à fait aussi joli que ton oeil gauche, mais tu n'auras qu'à te débrouiller pour que les filles remarquent d'abord le gauche.
Ce n'était pas un argument tellement féministe, elle s'en doutait, mais Jenny affirmait qu'elle était avant tout infirmière.
Lorsque Duncan, coincé entre les deux sièges, avait été projeté en avant, il avait eu l'oeil arraché ; sa chute avait été bloquée net par la tige nue du levier de vitesse. Le bras droit de Garp avait jailli, mais trop tard, entre les deux sièges ; Duncan était passé dessous, se crevant l'oeil droit, et fracturant trois doigts de sa main droite, qui s'étaient coincée dans le mécanisme de la ceinture de sécurité. "
----------------
- " Helen était peut-être la seule à savoir pourquoi il ne pouvait pas (pour l'instant) écrire. Sa théorie sur ce sujet devait par la suite être exposée par le critique A. J. Harms, qui expliqua que l'oeuvre de Garp se trouvait progressivement affaiblie par les rapports de plus en plus étroits qu'elle présentait avec son histoire personnelle : " A mesure qu'il devenait de plus en plus autobiographique, le champ de son oeurvre se faisait plus étroit ; et, en outre, il se sentait moins à l'aise pour écrire. On aurait dit qu'il savait que son travail exigeait de lui des efforts de plus en plus pénibles - la torture de la mémoire -, mais, à tout point de vue, cette oeuvre était de plus en plus mince et dépourvue d'imagination. Garp avait perdu la liberté d'imaginer véritablement la vie, trahissant du même coup la promesse qu'il avait faite à lui-même, et aussi à nous tous, avec une oeuvre aussi brillante que La Pension Grillparzer." Selon Harms, Garp ne pouvait désormais être authentique qu'en puisant dans le souvenir - processus d'instinct de l'imagination -, ce qui était non seulement néfaste pour lui sur le plan psychologique, mais encore beaucoup moins fécond.
[...]
Chaque fois que Garp tentait d'écrire, il ne voyait devant lui que les faits mornes et sans envergure de sa vie personnelle ; le parking tout gris du New Hampshire, l'immobilité du petit corps de Walt, les vestes bigarrées et les casquettes rouges des chasseurs - et le fanatisme asexué et rigoriste de Pooh Percy. Ces images ne menaient nulle part. Il passait énormément de temps à bricoler dans sa nouvelle maison."

John IRVING

20a1cd11b155171371e69cdaf8ad2caf.jpg

John Winslow Irving (né le 2 mars 1942) est un romancier américain et scénariste récompensé par un Academy Award.

John Irving est né à Exeter (New Hampshire), dans des circonstances qui ont depuis alimenté les thèmes et l'action de plusieurs de ses romans : sa mère Helen, une descendante des Winslow, l'une des plus anciennes et plus distinguées familles de Nouvelle-Angleterre, l'a mis au monde hors des liens du mariage, en refusant de dévoiler l'identité du père de l'enfant. Helen Winslow s'est plus tard mariée avec Colin F. Irving, professeur à la prestigieuse Phillips Exeter Academy. John Winslow devint alors John Irving, prenant le nom de son père adoptif. Jusqu'au milieu du XXe siècle, il ne chercha jamais à découvrir l'identité de son père biologique : "J'avais déjà un père", disait-il. Il apprit beaucoup plus tard, à 60 ans, le nom de son géniteur, John Blunt Sr., alors que celui-ci était déjà décédé. Le fait de n'avoir pas connu son père a été à l’origine de son dernier livre, Je te retrouverai, et a marqué beaucoup de ses œuvres, les femmes y élevant souvent leurs enfants seules. Étant né durant la seconde guerre mondiale, les blessés de guerre se sont beaucoup manifestés dans ses livres comme en témoigne L’œuvre de Dieu, la part du Diable. John Irving fit ses études à Exeter, où il fut un étudiant médiocre, à cause d'une dyslexie alors non diagnostiquée, mais un lutteur exceptionnel. L'émancipation de la femme, la lutte et la vie universitaire en Nouvelle-Angleterre occupent une place importante dans ses romans, en particulier dans Le Monde selon Garp et Une Prière pour Owen. Le cadre principal de ces deux romans est celui de la Phillips Exeter Academy

Pendant ses études à Exeter, John Irving fut conseillé par Frederick Buechner, romancier et célèbre théologien presbytérien et George Bennett, professeur de littérature, qui plus tard l’aidèrent à accéder au Iowa Writers' Workshop (Atelier des écrivains de l'Iowa), le plus prestigieux des programmes de diplômés en littérature américains, à l'époque le seul du genre. John Irving étudia brièvement à l'université de Pittsburg et obtint finalement son diplôme de l’université du New Hampshire. Dans l’Iowa, John Irving étudia au côté des futurs romanciers Gail Godwin, John Casey, and Donald Hendrie, Jr., entre autres. Il fut alors conseillé par Kurt Vonnegut, Jr..

En 1963, il obtient une bourse pour aller étudier à l’étranger et c’est à Vienne en Autriche que John Irving rencontra sa première femme Shyla Leary, étudiante en histoire de l’art. Ils se marièrent après que Shyla est tombée enceinte et auront finalement 2 garçons, Colin (1965) et Brendam (1969), avant de divorcer au milieu des années 80. John Irving se remarie alors avec son agent Janet Turnbull, avec laquelle il aura un troisième fils, Everett.

Premiers écrits :

La carrière de John Irving démarra à l’âge de 26 ans avec la publication de son premier roman, Liberté pour les ours. Le livre fut relativement bien accueilli par la critique mais ne fut pas un succès d’édition. Ses deuxième et troisième romans L'Épopée du buveur d'eau et Un Mariage poids moyen furent accueillis de la même manière. Frustré par le manque de promotion de ses romans assuré par sa première maison d’édition Random House, il choisit d’offrir son quatrième roman Le Monde selon Garp, partiellement autobiographique, (1978) à Dutton Books qui lui promet un effort marketing plus important. Le roman fut un best-seller international et un phénomène culturel. Il fut plus tard porté à l’écran par George Roy Hill dans un film mettant en scène Robin Williams dans le rôle de Garp et Glenn Close dans celui de sa mère. John Irving y fait une brève apparition lors de l’un des matchs de lutte universitaire de Garp.

L'importance de Garp :

Garp transforma John Irving, obscur écrivain universitaire, en un romancier connu de tous, garantissant un best-seller pour toutes ses publications ultérieures. Garp fut suivi de Hotel New Hampshire (1981) plutôt mal accueilli par la critique et comme pour Garp, un film en fut rapidement adapté, réalisée par Tony Richardson avec à l’affiche Jodie Foster, Rob Lowe, et Beau Bridges.

En 1985, il publia L'Œuvre de Dieu, la Part du Diable, une épopée surprenante, centrée sur un orphelinat du Maine (État). Le roman explore sans détour le sujet controversé de l’avortement et est certainement le meilleur exemple de l’influence de Charles Dickens sur l’œuvre de John Irving. Il poursuit en 1989 avec Une Prière pour Owen, une autre épopée d’une famille de la Nouvelle-Angleterre autour du thème de la dévotion. Encore une fois, l’action prend place dans un pensionnat de Nouvelle-Angleterre, John Irving puisant son inspiration pour ses personnages dans ses influences habituelles, notamment Le Tambour de Günter Grass, La Lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne, et dans l’œuvre de Dickens. Pour la première fois, John Irving s’intéresse aux conséquences de la Guerre du Viêt Nam – particulièrement à la conscription, John Irving ayant échappé à l’appel pour le Viêt Nam suite à la naissance de son premier fils. Owen Meany devient la meilleure vente de John Irving depuis Garp, et est aujourd’hui fréquemment présent dans les listes de lecture des étudiants américains.

Plus récemment :

John Irving revient chez Random House pour son livre suivant Un enfant de la balle (1994). Sans doute son livre le plus compliqué et difficile, qui lui vaut le rejet de la critique mais un nouveau succès d’édition, comme le sera La quatrième main publié en 2001. Entre ces deux romans, Une veuve de papier (1998) sera beaucoup mieux accueilli par la critique. Le dernier roman de John Irving Until I Find You a été publié en juillet 2005. Il a récemment été traduit en français sous le titre Je te retrouverai.

En juin 2005, The New York Times publia un article qui révèle que son dernier roman contient deux éléments de sa vie personnelle qu’il n’avait pas révélés jusque là : un abus sexuel, commis à l’âge de 11 ans par une femme plus âgée et l’arrivée récente dans sa vie de son père biologique…

En 1999, après presque 10 ans d’écriture, le scénario de John Irving pour L'Œuvre de Dieu, la Part du Diable aboutit à un film réalisé par Lasse Hallström et mettant en scène Michael Caine, Tobey Maguire, Charlize Theron, et Delroy Lindo. John Irving y fait également une apparition dans le rôle d’un chef de gare. En 2004, Une veuve de papier a été porté à l’écran sous le nom The Door in the Floor, avec Jeff Bridges et Kim Basinger.

La publication du Le Monde selon Garp lui ayant assuré sa fortune personnelle, John Irving a pu se concentrer uniquement à l’écriture de ses fictions comme à une vocation, acceptant de temps à autres des postes d’enseignement, et de lutteur à travers l’équipe universitaire de son fils. En plus de ses romans, il a également publié Trying to Save Piggy Sneed (1993), un recueil comprenant une brève biographie et quelques nouvelles non publiées et Mon cinéma (2003), son compte-rendu du long processus menant à l’élaboration du scénario de L'Œuvre de Dieu, la Part du Diable.

Aujourd’hui, il partage son temps entre ses résidences dans le Vermont, à Toronto, et New York.

Oeuvres :

  • Liberté pour les ours ! (1968, Setting Free the Bears)
  • L'Épopée du buveur d'eau (1972, The Water-Method Man)
  • Un mariage poids moyen (1974, The 158-Pound Marriage)
  • Le Monde selon Garp (1978, The World According to Garp)
  • L'Hôtel New Hampshire (1981, The Hotel New Hampshire)
  • L'Œuvre de Dieu, la Part du Diable (1985, The Cider House Rules)
  • Une prière pour Owen (1989, A Prayer for Owen Meany)
  • Trying to Save Piggy Sneed (1993)  ; en partie traduit en français sous le titre Les rêves des autres
  • Un enfant de la balle (1994, A son of the circus)
  • La Petite Amie imaginaire (1977)
  • Le Rêve des autres (1998)
  • Une veuve de papier (1998, A Widow For One Year)
  • La Quatrième Main (2001, The Fourth Hand)
  • Mon cinéma (2003, My movie Business, a Memoir)
  • Je te retrouverai (2005 Until I Find You)

 

                 source : Wikipédia

17.03.2008

Mater cauchemar 2

213789446.jpg

 

     La terreur courait en moi comme mille cafards

     dont les fines pattes m'écorchaient de l'intérieur

     mutilant mes entrailles en de multiples parts

     et lestant mon âme de fulgurantes douleurs.

 

     Le temps était venu de déployer mes ailes

     ligotées par toutes ces années d'acidité

     où tu explosais en fétides relents de fiel

     qui m'étouffaient à ne plus pouvoir respirer.

 

     Aliénée par la cruauté et l'injustice

     je ne savais trop comment me dépatouiller

     sortir de cet enfer sans trop de préjudices

     alors que je tremblais comme un chien effrayé.

 

     Te maudire et baver ne me suffisait plus

     je fuyais pour te tuer et me faire renaitre

     te lançant au passage quelques regards tendus

     qui signifiaient que je n'étais plus de ta chair.

 

     Mais ma révolte bien trop tardive a fait chou

     quand je dus affronter tes railleries humiliantes

     et tes yeux affutés et perçants de hibou

     me plaquèrent rudement telle une déferlante.

 

                   Tommie

 

          Image : Domi Colin  "cri"

11.03.2008

Mater cauchemar

1198074227.jpg

 

     De tes yeux exorbités transpirant de haine

     jaillissait le venin de ta folie matrice

     qui tentait de m'atteindre à m'en faire perdre haleine

     dans un tourbillon de tourmente destructrice.

 

     Dans ta bouche tordue d'un rictus malfaisant

     les mots se faisaient flêches acérées en feu

     pour venir me transperser à grands coups violents

     de ton verbiage acerbe dont tu fais cruel jeu.

 

     De ton corps émanait un halo de jouissance

     dont le rayonnement venait brûler mes plaies

     c'était effrayant de sentir cette toute puissance

     vouée à une terrible vengeance qui me glaçait.

 

     J'entendais la tempête dans ta voix persiflante

     elle tournait, tournait, envahissait mon esprit

     de pensées moribondes aux refrains obsédants

     je hurlais mais la panique étouffait mes cris.

 

     Il aurait fallu que mes yeux soient des miroirs

     pour te renvoyer le danger en pleine face

     et te crucifier sur l'autel de ta gloire

     qui ne peut accueillir que ta maudite race.

 

                      Tommie

10.03.2008

B 22

28997335.JPG

 

     A la B 22

     y'a une fille qui galère

     qui flipe en moins de deux

     et qui a besoin d'air.

 

     A la B 22

     y'a une âme à sauver

     transpercée par un pieu

     qui pourrait s'infecter.

 

     A la B 22

     y'a une drôle d'atmosphère

     des relents courageux

     pour mener une guerre.

 

     A la B 22

     dès le soleil levé

     ça a beau être miteux

     ça s'met à travailler.

 

     A la B 22

     malgré la misère

     ça fait le simple voeux

     de sortir de l'enfer.

 

     A la B 22

     ça voudrait s'relever

     mais ça reste piteux

     de s'voir se traîner.

 

     A la B 22

     ça cherche des repères

     pour se sentir mieux

     découvrir le mystère.

 

    A la B 22

    ça s'met à espérer

    que tout s'ra moins affreux

    que ça va s'terminer...

 

        Tommie

 

    OK, c'est pas transcendant, mais j'aime bien le titre, ça sonne comme un obus !!!

    

Tommie... le retour

Me revoilà !!! Bonne nouvelle ? Ok, pas de commentaires...

Huit semaines d'absence, dont sept passées dans une clinique à essayer de me requiquer un peu. Pas sûre du résultat, le temps le dira...

Je vous ramène un album photos de l'endroit où j'étais (mais nan, y'a pas de monstres formolisés dans des bocaux ni de scalpels tous sanglants). Calme et quiétude propices au repos des neurones et du corps...

Durant cette période, j'ai écrit 13 petits textes, que vous découvrirez petit à petit. Plus ou moins bons, plus ou moins inspirés... tant pis.

J'ai fait aussi un dessin et une sculpture (ma première), visibles dans l'album. Ca ne vaut rien, mais je vous sais indulgeants...

D'ailleurs, je vais faire aussi un album "mes sculptures" car je viens de me souvenir que j'ai modelé un éléphant en... 1993 !!! Et je l'ai toujours.

Vous m'avez tous manqué ... un peu ... Ben oui, j'avais les neurones un peu occupés à se démèler. Le plus dur, au retour, c'est de rattraper tout le retard accumulé dans la lecture de vos blogs respectifs, s'en est affolant.

Contente de vous retrouver  ;-)

07.01.2008

A nous deux seuls

4bf9edc027033c665197db2360e1a42b.jpg

 

          Demain, à l'horizon

          de tes cheveux en bataille

          j'effacerai ton nom

          pour mieux te lire en braille.

 

         Noyés dans la masse

         de ce quai bouillonnant

         il n'y aura plus trace

         de nos malheurs d'antan.

 

        Tu viendras te livrer

        nu et sans armes

        à toute l'avidité

        contenue dans mes larmes.

 

               Nous serons seuls

               nous serons deux

               à nous deux seuls

               nous serons Dieu...

 

        Dans ce tohu bohu

        tout deviendra silence

        dans ton regard perdu

        je projet'rai mes trances.

 

       Tes yeux se plongeront

       dans mes abîmes d'agate

       mes doigts t'accrocheront

       de peur que tu ne partes.

 

       Nos lèvres en frôlements

       se gorgeront de fièvre

       nos souffles en se mêlant

       feront flamber la sève.

 

               Nous serons seuls

               nous serons deux

               à nous deux seuls

               nous serons Dieu...

 

                     Tommie

 

     

 

      

Encore une pause blog

Depuis quelques temps ce blog est en panne d'inspiration ;-(  La faute à mon état de santé qui ne va pas fort...

Alors je vais m'absenter 3 ou 4 semaines pour me soigner, en tout cas essayer d'aller mieux. J'espère que cette hospitalisation me sera bénéfique, et que je reviendrai plus en forme, avec de nouvelles lectures à vous faire partager, et de nouveaux petits textes plus inspirés...

A bientôt.

En attendant, je vous mets le dernier texte que j'ai écrit. C'est pas terrible, mais vous êtes habitués  ;-)

13.12.2007

Rêve d'amour

dcb79cdf78dc492317245eeb6419f596.jpg

 

Au bord de la rivière

me rafraichir les pieds

tout brûlants de fièvre

d'avoir trop traîné.

 

Au bord de la rivière

me laisser aller

à l'onde solitaire

où coulent mes pensées.

 

Au bord de la rivière

me prendre à espérer

que serait salutaire

la douceur des baisers.

 

Des baisers doux légers

empruntés et timides

par peur de brusquer

ce coeur un peu humide.

 

Humide d'avoir pleurer

trop souvent à son tour

de n'pas s'être encanaillé

aux parfums de l'amour.

 

Un amour fort et fou

aux couleurs écarlates

qui balancerait tout

d'un grand coup de savate.

 

Au bord de la rivière

j'me suis prise à rêver...

 

      Tommie

08.12.2007

Jean-Christophe GRANGE Le concile de pierre

7dd2c637b225388906da9118bc6fe901.gifDiane Thiberge, jeune éthologue de 30 ans à l'esprit rationnel, parvient, après de longues démarches, à adopter un garçonnet dans un orphelinat thaîlandais, enfant qu'elle prénomme Lucien. Traumatisée durant son adolescence par une mystérieuse agression, Diane s'était en effet résolue à ne jamais avoir d'amant.

Mais à peine Diane et Lucien commencent-ils à se découvrir, qu'un terrible accident de voiture plonge Lucien dans un coma profond. Et alors que l'état de celui-ci le conduit vers une mort certaine, un étrange médecin allemand apparait, qui, grâce à une occulte séance d'accupuncture parvient à sauver l'enfant. Mais le médecin allemand, auquel personne n'a fait appel, est assassiné la nuit même dans les murs de l'hopital.

En proie au doute, Diane, dans l'attente du réveil de Lucien, commence à enquêter sur les réelles origines de son fils, et les causes exactes de l'accident. Prête à tout pour découvrir la vérité, Diane va devoir affronter des tueurs implacables dans ses recherches qui la conduiront jusqu'au coeur de la taîga mongole, découvrant les véritables origines de Lucien et le passé mystérieux d'un site nucléaire à l'abandon, au fin fond de la Sibérie, qui abritait un laboratoire de parapsychologie aux pratiques atroces...

__________________________

Comme à son habitude, Grangé parvient toujours à surprendre et maintenir l'attention du lecteur. Dès le 1er chapitre, le suspens laisse augurer une intrigue complexe riche en rebondissements.

Les évènements s'enchainent à un rythme soutenu. Seuls 5 chapitres en fin de roman ralentissent un peu pour permettre au lecteur de saisir la complexité de l'intrigue et le rôle exact de chacun des personnages.

Le glissement vers le paranormal et le fantastique est progressif. Si la 1ère partie du roman évoque à peine les médecines parallèles à travers l'accupuncture, la 2ème partie s'attarde sur les pouvoirs psi de certains personnages (hypnose, psychokinèse). Le glissement vers le paranormal est bien entendu freiné par le rationnalisme de Diane, mais la 3ème partie explore finalement ce versant en présentant les chamans, la magie tsévène, et le fantastique atteint son paroxysme dans le combat final.

_________________________

Selon moi, un excélent thriller si l'on accepte d'entrer dans le jeu du paranormal. Esprits trop rationnalistes s'abstenir, risque d'allergie !!!

_________________________

Extraits :

- " _ Lorsque que vous regardez une rivière, vous voyez l'eau, l'écume, les herbes qui s'agitent parmi les flots, mais vous ne voyez pas le principal : le courant, le mouvement, la vie du cours d'eau...Qui oserait prétendre que le corps humain ne fonctionne pas de la même façon ? Qui oserait dire dire que, sous la complexité de la circulation sanguine, des pulsations cardiaques, des sécrétions chimiques, il n'existe pas un seul courant qui anime tout ela : l'énergie vitale ?

Elle niait encore de la tête. L'homme n'était plus qu'à quelques centimètres. Leur dialogue prenait une résonnance de confessionnal :

_ Les rivières ont leur source, leurs réseaux souterrains, invisibles au regard. La vie humaine possède elle aussi ses origines secrètes, ses nappes phréatiques. Toute une géographie profonde qui échappe à la science moderne mais qui s'organise à l'intérieur de notre corps.

Diane demeurait immobile, le visage plongé dans l'ombre. Ce que l'homme ignorait, c'est qu'elle connaissait ce discours : combien de fois avait-elle entendu ses maîtres de wing-chun déblatérer sur le chi, l'énergie vitale, le yin et le yang et tous ces trucs ! Mais elle n'était pas cliente. Au contraire, son triomphe, sur les tatamis, démontrait à ses yeux la vacuité de ces thèses : on pouvait être une championne de boxe shaolin et se moquer totalement de ces valeurs. Pourtant la voix s'insinuait dans sa conscience. "

_________

- " L'anthropologue conclut :

- cet enfant porte un message.

Il ajouta, d'une voix timide où vibrait la peur :

- Un message qui a été gravé au feu et qui est, disons le mot, "programmé" pour apparaître en cas de fièvre, grâce à la chaleur qui émane du corps de l'enfant. C'est totalement... incroyable. En fait, le seul moyen de déchiffrer cette date, c'est la fièvre de Lucien.

Diane n'écoutait plus les explications. Ses propres réponses explosaient dans sa conscience. Elle était sûre que le second Lucien portait les mêmes brûlures. Les " Lüü-Si-An " arboraient, au bout des doigts, une date, qui n'apparaissait qu'au moment de leur transe. Ils étaient des Messagers. Mais à qui était destinée cette date ? Et que signifiait-elle?

En un tour d'esprit, elle formula la première réponse : sans aucun doute, cette date était destinée à des hommes tels que Rolf van Kaen, Philippe Thomas et Eugen Talikh. Des hommes qui avaient appartenu à l'équipe du tokamak et qui attendaient ce message pour revenir sur les lieux de leur passé. "

__________

- " - Ce silence, comment vous l'expliquez ?

Kamil haussa les épaules.

- A vrai dire, il peut tout signifier. Soit que les chercheurs n'ont absolument rien trouvé, pas même de quoi rédiger un rapport. Soit, au contraire, qu'ils ont effectué des découvertes significatives. Des découvertes qui méritaient qu'on les dissimule.

Diane comprit qu'elle possédait la réponse à cette question. Oui : quelque chose d'important avait été découvert dans ce laboratoire. Quelque chose qui concernait non seulement la nature des facultés psi, mais qui permettait de les développer.

Elle n'avait pas oublié les prodiges qui avaient ponctués ces dernières semaines. Un accupuncteur qui sauvait un enfant condamné par la médecine traditionnelle. Un psychologue qui ouvrait une boucle de métal par la seule force de son esprit. Et maintenant Eugen Talikh, qui manifestait une véritable clairvoyance en matière de phénomènes cosmiques. Comment ne pas penser que ces hommes, entre 1969 et 1972, avaient découvert dans leur laboratoire une technique qui leur permettait d'isoler et de maîtriser les forces occultes de l'homme ? Comment ne pas imaginer qu'ils partageaient, depuis trente ans, ce secret unique ? "

___________

- " La chaman était là, maintenant, toute proche. La bête entre ses poings hurlait toujours, dressant des crocs affûtés, véhéments. La vieille approcha le monstre de la brûlure. Diane baissa les yeux vers son ventre saupoudré de talc. Sous les traînées blanches, la peau s'était gonflée, gaufrée, craquant déjà par endroits sous la poussée irréversible de la putréfaction. En un ultime cambrement, elle voulut s'échapper mais la stupéfaction la paralysa.

La sorcière venait de plaquer l'animal sur sa plaie, écrasant le corps de fourrure sur les chaires purulentes. En un déclic, les yeux du rongeurs se voilèrent d'une pellicule écarlate - un film de sang. La chaman passait et repassait la boule de poils sur la plaie avec acharnement, obstination - une espèce d'application forcenée.

Telle était l'obscure logique de l'intervention : la magicienne cherchait à effacer les stigmates de l'atome à l'aide du rongeur. Elle utilisait l'animal comme une éponge de souffrance, un aimant curateur qui allait balayer les marques du feu et aspirer la mort.

Alors tout se déroula en quelques secondes. "

______________________________

Jean-Christophe GRANGE

4c15a12ddfd8c9a1a7e6f7ffde016819.jpg

Jean-Christophe Grangé est un journaliste, grand reporter international, écrivain, scénariste né le 15 juillet 1961 à Paris. Il est l'un des rares écrivains français dans le domaine du thriller à s'être fait un nom aux États-Unis.

Après une maîtrise de lettres à la Sorbonne (axée sur Gustave Flaubert) , il devient rédacteur publicitaire, puis travaille pour une agence de presse. En 1989, à 28 ans, il devient grand reporter international, travaillant pour des magazines aussi divers que Paris-Match, le Sunday Times ou le National Geographic.

Puis il devient journaliste free-lance (à son propre compte) en créant la société L & G. À partir de ce moment là, il se débrouillera pour monter financièrement tous ses voyages lui-même. Les reportages qui en seront issus, le mèneront aux quatre coins du monde et constitueront, plus tard, une importante source d'inspiration pour ses écrits littéraires. C'est au cours de cette période qu'il obtiendra deux récompenses importantes dans le monde journalistique : le Prix Reuter (1991) et le Prix World Press (1992).

En 1994, il écrit son premier roman Le Vol des cigognes, plus remarqué par les critiques littéraires (qui vantent son « imagination féconde ») que par le grand public. Toutefois, son second roman paru en 1998, les Rivières pourpres, ne passera pas inaperçu. Le succès auprès du public se confirmera d'ailleurs en 2000, année où le roman est adapté au cinéma.

En cette même année 2000 parait Le Concile de Pierre, en 2003, il publie L'Empire des loups et en 2004 sort La Ligne noire. Au niveau des ventes, le succès ne se dément pas.

Parallèlement à sa carrière de romancier, il continue a travailler pour le cinéma : outre le scénario original des rivières pourpres déjà cité, il a également écrit celui de Vidocq(de Jean-Christophe Comar dit "Pitof" - 2001) et a collaboré à toutes les réalisations ou projets tirés de ses romans.

Alors qu'il déclare ne plus vouloir faire de scénarios originaux pour le cinéma, il s'est lancé dans l'écriture d'une histoire originale pour une bande dessinée La Malédiction de Zener(de Philippe Adamov)

Il écrit actuellement une trilogie de romans sur la « compréhension du mal sous toutes ses formes », commencée par La Ligne noire en 2004.

Le deuxième volet de cette trilogie est intitulé Le Serment des Limbeset est sorti en mars 2007 (Editions Albin Michel).

Reportage de presse :

1990

  • Calcutta, Capitale de l'enfer. Portrait d'une ville en déroute.(1)
  • Nomades, les passagers de la terre. Une année avec les derniers peuples nomades dans le monde.(3)

1991

  • Péril en la forêt.Les problèmes de déforestation à travers des macro-photographies des feuilles (Prix Reuter 1991).
  • Voyage d'automne. La migration des cigognes suivie par satellite (A l'origine d'un documentaire de 52 minutes, réalisé par Antoine de Maximy en 1998).(1)

1992

  • La ballade du cormoran.Les pêcheurs Paï utilisant les cormorans dressés au Yunnan, en Chine interdite (Prix World Press).
  • Mississippi. Portrait d'une Amérique profonde.Du Minnesota à la Louisiane : les peuples et les problèmes du grand fleuve américain.
  • Les ailes de la forêt. Chasse, trafic, élevage des papillons à travers le monde.(5)

1993

  • Les enfants de la mafia. Sicile : l'utilisation des enfants par la Mafia.(4)(5)
  • Le bunker des souris. Allemagne : le plus grand laboratoire d'expériences animales.
  • Le piège de cristal.Au Groënland, l'expédition des glacionautes à 170m sous la glace.(2)
  • Les géants de la bravoure.En Espagne, le quotidien des nains toréadors.
  • Le voyage fantastique. Le corps humain en 3D.(3)

1994

  • Les suffragettes de Dieu. Rencontre avec les premières femmes prêtres anglaises.
  • Michaël Schumacher, 24 heures d'un champion. Reportage exclusif avec le nouveau Dieu de la F1.
  • Pleins feux sur le soleil.Les images inédites du satellite japonais Yokkhoh sur les éruptions solaires.
  • Les médecines du mystère.Hypnose, magnétothérapie, acupuncture, médecines parallèles.(3)
  • Les seigneurs des îles. Les milliardaires vivant sur des îles.
  • S.O.S. paranormal. Le tour du monde des phénomènes paranormaux.

1995

  • Le trésor caché de Prusse.Des partitions originales de Bach, Mozart, cachées par des nazis dans un monastère en Pologne.
  • Le monde selon X.Plongée au cœur de l'invisible pour le centenaire des rayons X.
  • Le roi cinéaste.Portrait de Norodom Sihanouk.
  • La renaissance d'Angkor. La restauration d'Angkor sur informatique.
  • Les chevaux de sable. De mystérieux chevaux sauvages sur l'Île de Sable, dans l'Atlantique.
  • Voyage au centre du cerveau. Cartographie du cerveau.(4)
  • Cap sur l'Homme bionique. Les systèmes électronique et informatiques intégrés au corps humain.(4)
  • Pharaons noirs, retour vers le passé.Reportage numérique destiné à reconstruire les pyramides de la civilisation koushite.
  • (1) Reportages utilisés pour le roman Le Vol des cigognes.
  • (2) Reportage utilisé pour le roman Les Rivières pourpres.
  • (3) Reportages utilisés pour le roman Le Concile de Pierre.
  • (4) Reportages utilisés pour le roman L'Empire des loups.
  • (5) Reportages utilisés pour le roman La Ligne noire.

Bibliographie :

  • Le Vol des cigognes, Albin Michel, 1994 
    inspiré par le reportage “Voyages d'automne” qui traite du suivi par satellite de la migration des cigognes. Paru en Livre de Poche en 1999
  • Les Rivières pourpres, Albin Michel, 1998
    Adapté au cinéma en 2000. Paru en Livre de Poche en février 2001.
  • Le Concile de Pierre, Albin Michel, 2000
    Adapté au cinéma en 2006. Paru en Livre de Poche en février 2002.
  • L'Empire des loups, Albin Michel, 2003
    Adapté au cinéma en avril 2005.
  • La Ligne noire, Albin Michel, 2004
  • Le Serment des Limbes, Albin Michel, 2007

Scénarios et collaborations pour le cinéma :

  • Les Rivières pourpres (2000) - crédité pour le roman du même nom dont le film est inspiré et pour le scénario original (co-écrit avec Mathieu Kassovitz)
  • Vidocq (2001) - crédité pour le scénario original (co-écrit avec "Pitof")
  • Les Rivières pourpres 2 - Les anges de l'apocalypse (2004) - le scénariste est Luc Besson, mais Jean-Christophe Grangé est crédité pour son roman Les Rivières pourpres qui a inspiré les personnages du film.
  • L'Empire des loups (2005) - crédité pour le roman du même nom.
  • Le concile de Pierre (2006) - Le réalisateur sera Guillaume Nicloux (aussi crédité pour le scénario, avec Stéphane Cabel). Jean-Christophe Grangé est crédité pour le livre du même nom

Scénarios pour la bande dessinée :

La Malédiction de Zener, avec Philippe Adamov (dessin), Albin Michel, coll. « BD Haute Tension » :

  1. Sybille, 2004.
  2. Le Clan des Embaumeurs, 2006.

Projets : 

Romans :

S'inscrivant dans une trilogie sur le "mal" ( bien que les histoires des trois livres soient indépendantes ) commencée avec La Ligne noire et poursuivie avec Le Serment des Limbes, un troisième roman devrait voir le jour. Selon l'auteur, il s'agira d' "une remontée vers le Mal primitif et préhistorique".

Cinéma :

Le Concile de Pierre (Guillaume Nicloux), avec Monica Bellucci et Catherine Deneuve. Date de sortie : 15 Novembre 2006.

L'Empire des Loups (Chris Nahon, avec Jean Reno. Date de sortie : 2005

Le Vol des cigognes. Une adaptation est envisagée. Jean-Christophe Grangé en aurait déjà écrit le scénario original. Le cinéaste Gilles Mimouni serait intéressé par la réalisation du film.

Les Rivières Pourpres (Mathieu Kassovitz) Avec Jean Reno, Vincent Cassel, Nadia Farès Date de sortie : 27 Septembre 2000

 

         source : Wikipédia

04.12.2007

Les larmes de la lune, version musicale

f3fafdf825a694137e462204de7f9b87.jpg

 

Ca y est, les larmes de la lune, mises en musique par David, sont en ligne !!! Et c'est un ravissement pour mes oreilles  ;-))

Mille merci à David, qui a su remanier le texte avec finesse, et composer une mélodie tout à fait appropriée. Sa voix est parfaite (comme d'habitude). Le tout donne un résultat très réjouissant qui m'envoute totalement. J'arrive même à entendre pleuvoir les larmes de la lune !!!

Le clip est réalisé avec quelques images que je lui ai envoyées, et rend très bien l'amosphère du texte. A la fin, la petite Emma Starosta (2 ans) offre une bouffée rafraichissante d'innocence (merci petite princesse), qui n'est pas sans rappeler un certain Lucas Thiéfaine dans la ballade d'un certain Géronimo Cohen ;-)

Je suis vraiment ravie de pouvoir vous faire partager cette collaboration et le talent de David. J'espère que vous y prendrez autant de plaisir que moi  ;-))

Sur Youtube : http://fr.youtube.com/watch?v=4FZ2yPhJJj8

Sur dailymotion : http://www.dailymotion.com/search/hft45/video/x3nxua_les-...

Sur le blog de l'animal bluesymental (merci pour ton amitié Yoann) : http://bluesymental.blogspot.com/ (tout en bas de la page)

24.11.2007

Les larmes de la lune (version longue)

43a7651bdb9e1187944140fbcd849ee3.jpg

 

Les larmes de la lune,

blanches et frigorifiées,

viennent inonder les dunes

des âmes cabossées.

 

Au-dessous ça s'affole

de ce drôle de déluge,

ça hurle et ça console,

ça dénonce la démiurge.

 

Perdus dans le chaos

de ces vies embrumées

ça espère un écho

qui vienne rassurer.

 

     La lune n'y peut rien :

     c'est son labeur de reine

     que de tisser ces liens

     de souligner les peines.

 

Sous cette pluie cosmique

aux allures de tombeaux,

on frise le comique

à les voir en lambeaux.

 

Sous cette acidité

ça tendrait bien le poing,

mais ça reste frisqué

à fouiller dans les coins.

 

Dans ces esprits transis

la vie est une impasse,

une cacophonie

qui transperse et dépasse.

 

     La lune n'y peut rien :

     c'est son labeur de reine

     que de tisser ces liens

     de souligner les peines.

 

          Tommie

18.11.2007

Silence

C'est le silence qui t'a envahi

malgré toutes ces pensées ennemies

et dans ton crâne un pus qui magmate

dans ton esprit une vraie débacle.

 

La souffrance te serre dans ses bras

si fort que tu n' peux plus respirer

cette souffrance aux effluves de sang

quand tu mords ta main pour n' pas hurler.

 

C'est le silence qui s'impose ici-bas

où fragile comme un petit enfant

tu te recroqu'villes dans tes tourments

espérant le sommeil qui te sauvera.

 

Mais la maligne fourmille en toi

et distille son venin sournois

elle est si forte qu' c'est elle qui te porte

à la corde où tu te balanc'ras.

 

C'est le silence qui soudain s'abat

des cris retenus qui étourdissent

des larmes qu'on ne contient pas

et des lambeaux d'âmes qui s'enfuient ...

 

         A Jean-Luc.

 

             Tommie

15.11.2007

Chape de plomb

68f33a0a49ff743a586825ddd227bdee.jpg

 

La brume est tombée d'un coup

comme un mauvais présage,

réinventant le vaudou

à l'oeil expert du sage.

 

Comme une chape de plomb

elle a recouvert l'espace,

elle a décliné son nom

aux humains en pleine face.

 

Ces idiots n'ont rien compris

au malheur qui s'abattait,

ils ont regardé cette nuit

comme si tout ils ignoraient.

 

Fallait-il qu'ils soient sûr d'eux

pour ne pas disserner là

la facture de leurs jeux,

la trace noire de leurs pas.

 

            Tommie

Voilà, c'est le der des ders que j'avais en réserve ;-(

 

Albert CAMUS L' Etranger

     Meursault, héros et narrateur du livre, est un modeste employé dans l'Algérie française. Sa vie se résume à son travail, aux bains de mer, aux flaneries, à ses quelques relations de voisinage, et à Marie, qu'il rencontre le lendemain de l'enterrement de sa mère.

Il "expose" plus qu'il ne raconte, sa vie au jour le jour, sans émotion ni critique : l'enterrement de sa mère, sa rencontre puis sa relation intime avec Marie (dont il ne se sent pas amoureux), son voisin Raymond (dont il accepte l'amitié parcequ'il n'a pas de raison de la refuser)... Une vie simple et ordinaire où il ne se passe rien qui le passionne ni lui déplaise.

Jusqu'au jour où il tue un Arabe de 5 coups de pistolet. Sans le vouloir, sans animosité, parceque les circonstances n'ont pas joué en sa faveur. Meursault va alors passer 11 mois en prison, à attendre son procès, dans une quasi indifférence. 11 mois durant lesquels il va peu à peu repenser à sa vie, essayer de comprendre comment il est arrivé là. Le déroulement du procès et le verdict vont réveiller un autre Meursault...

________________________

La première partie du roman est, d'un point de vue style, volontairement ennuyeuse. Ennuyeuse comme la vie de Meursault, qui coule sans émotion ni anicroche, de façon hasardeuse. Ennuyeuse pour mieux marquer que cette existence n'a pas de sens, qu'elle n'est guidée que par une sorte de fatalité. Un exposé sans relief fait par un personnage décalé vis-à-vis du monde, des autres et de lui-même, sans espoir mais pas résignée non plus. Meursault qui incarne l'homme absurde (ou plutôt la nudité de l'homme devant l'absurde). La vie de Meursault et le style littéraire employé agissent comme un révélateur de ce que Camus veut transmettre : l'homme absurde ne peut que décrire, vivre au niveau de l'existence pure, recommencer à chaque instant, sans durée, sans "liaison".

La deuxième partie, à partir du meurtre de l'Arabe, permet enfin au lecteur de se réveiller. Meursault, emprisonné, en attente du procès puis du verdict, se retrouve obligé de réfléchir à sa vie et à son sens. Incapable de se défendre et de s'expliquer car ne connaissant ni le mensonge ni la "broderie", il est totalement incompris et passe pour un meurtrier sans âme qui n'a même pas montré d'émotion lors de l'enterrement de sa mère ! Monte alors en lui la révolte, et la réconciliation avec le monde et lui-même. La révolte qui, pour Camus, est la seule position possible pour l'homme face à l'absurde (contrairement au "suicidé" qui lui renonce).

_______________________

Si l'on supporte l'ennui de la première partie du roman, on ne regrette pas d'en lire la deuxième. Avec le regret peut-être de ne pas avoir lu avant "Le mythe de Sysiphe", essai dans lequel Camus théorise sur l'absurdité. Le regret de ne pas saisir là toutes les subtilités du roman. A moins de considérer le roman comme une introduction nécessaire pour aborder l'essai...

Avec le sentiment parfois, peut-être, de ressembler à Meursault, quand une certaine indifférence nous envahit, quand on enchaine les jours et les nuits machinalement, sans pouvoir donner un sens attrayant à cette vie qui ne nous satisfait que rarement...

_______________________

Extraits : 

- " Cela me permettrait de vivre à Paris et aussi de voyager une partie de l'année. " Vous êtes jeune, et il me semble que c'est une vie qui doit vous plaire." J'ai dit que oui mais que dans le fond cela m'était égal. Il m'a demandé alors si je n'étais pas interressé par un changement de vie. J'ai répondu qu'on ne changeait jamais de vie, qu'en tout cas toutes se valaient et que la mienne ici ne me déplaisait pas du tout. Il a eu l'air mécontent, m'a dit que je répondais toujours à côté, que je n'avais pas d'ambition et que cela était désastreux dans les affaires. Je suis retourné travailler alors. J'aurais préféré  ne pas le mécontenter, mais je ne voyais pas de raison de changer ma vie. En y réfléchissant, je n'étais pas malheureux. Quand j'étais étudiant, j'avais beaucoup d'ambitions de ce genre. Mais quand j'ai dû abandonner mes études, j'ai très vite compris que tout cela était sans importance réelle.

Le soir, Marie est venue me chercher et m'a demandé si je voulais me marier avec elle. J'ai dit que cela m'était égal et que nous pourrions le faire si elle le voulait. Elle a voulu savoir alors si je l'aimais. J'ai répondu comme je l'avais déjà fait une fois, que cela ne signifiait rien mais que sans doute je ne l'aimais pas. " Pourquoi m'épouser alors ?" a-t-elle dit. Je lui ai expliqué que cela n'avait aucune importance et que si elle le désirait, nous pouvions nous marier. D'ailleurs, c'était elle qui le demandait et moi je me contentais de dire oui. "

 

- " A la fin, je me souviens seulement que, de la rue et à travers tout l'espace des salles et des prétoires, pendant que mon avocat continuait à parler, la trompette d'un marchand de glace a résonné jusqu'à moi. J'ai été assailli des souvenirs d'une vie qui ne m'appartenait plus, mais où j'avais trouvé les plus pauvres et les plus tenaces de mes joies : des odeurs d'été, le quartier que j'aimais, un certain ciel du soir, le rire et les robes de Marie. Tout ce que je faisais d'inutile en ce lieu m'est alors remonté à la gorge, et je n'ai eu qu'une hâte, c'est qu'on en finisse et que je retrouve ma cellule avec le sommeil. C'est à peine si j'ai entendu mon avocat s'écrier, pour finir, que les jurés ne voudraient pas envoyer à la mort un travailleur honnête perdu par une minute d'égarement, et demander les circonstances atténuantes pour un crime dont je traînais déjà, comme le plus sûr des châtiments, le remord éternel. La cour a suspendu l'audience et l'avocat s'est assis d'un air épuisé. Mais ses collègues sont venus vers lui pour lui serrer la main. J'ai entendu : " Magnifique, mon cher. " L'un d'eux m'a même pris à témoin : " Hein ? " m'a-t-il dit. J'ai acquiescé, mais mon compliment n'était pas sincère, parceque j'étais trop fatigué. "

Albert CAMUS

3f2a751cb9a798c42e8fd8d3cbc5ea9f.jpgCamus, Albert (1913-1960), écrivain français, auteur de l’Étranger et de la Peste, l’un des principaux acteurs de la vie intellectuelle française de l’après-guerre.

Né en Algérie dans une famille très modeste, orphelin de père, Albert Camus commence des études de philosophie au cours desquelles il fait la connaissance du professeur Jean Grenier, qui l’influencera beaucoup et lui fera découvrir Nietzsche. Atteint de la tuberculose, il ne peut achever ses études, mais soutient cependant en 1936 un diplôme d’études supérieures, « métaphysique chrétienne et néoplatonisme ». Parallèlement, il participe à des projets dramatiques, adaptant ou jouant des pièces de théâtre.

Un intellectuel engagé :

Lors de son bref passage au Parti communiste (1935-1937), il fonde et anime la troupe du Théâtre du Travail avec l’ambition de mettre les œuvres dramatiques classiques et contemporaines à la portée d’un public défavorisé. Il anime ensuite une autre compagnie, le Théâtre de l’Équipe, et publie sa première œuvre, l’Envers et l’Endroit (1937), une compilation d’essais littéraires sur des sujets assez divers où apparaissent, déjà, les grands thèmes de la maturité : la mort, le soleil, la Méditerranée, l’isolement, le destin de l’Homme, le rapprochement entre désespoir et bonheur, etc. Deux ans plus tard paraît Noces, qui mêle l’essai philosophique à la poésie lyrique.

À partir de 1938, Camus embrasse le journalisme, d’abord à Alger (Alger républicain, Soir républicain), puis à Paris (Paris-Soir), où il s’établit définitivement en 1942. C’est là que paraissent simultanément et dans la clandestinité le roman l’Étranger et l’essai le Mythe de Sisyphe (1942) ; deux œuvres remarquées qui exposent la philosophie de Camus et s’inscrivent dans ce que lui-même appelle le « cycle de l’absurde » (cycle que viendront par la suite compléter les pièces le Malentendu, 1944, et Caligula, 1945). Réformé pour raisons de santé en 1939, Camus joue un rôle très actif dans la Résistance, au sein du mouvement Combat. À la Libération, et jusqu’en 1947, il est le rédacteur en chef du journal Combat, aux côtés de Pascal Pia. Il se met aussi au service des grandes causes humanitaires internationales.

Il n’en poursuit pas moins son œuvre littéraire à un rythme soutenu avec, notamment, la création de ses pièces le Malentendu (1944) et Caligula (1945), puis la publication de son roman la Peste (1947), qui inaugure le cycle de la révolte et de la solidarité, dont font partie l’État de siège (1948) et les Justes (1949), mais surtout l’Homme révolté (1951). Ce dernier essai est à l’origine de la rupture définitive entre Camus et Jean-Paul Sartre, puisqu’il souligne clairement les divergences des deux écrivains sur la question de l’engagement.

En 1952, Albert Camus démissionne de son poste à l’UNESCO pour marquer sa réprobation devant la passivité de cette institution à l’égard de l’Espagne franquiste. Par la suite, en 1956, il s’engage de nouveau en tentant d’intervenir en faveur d’une trêve dans la guerre d’Algérie.

Il publie ensuite la Chute (1956), où il revient sur sa rupture avec l’existentialisme, ainsi qu’un recueil de nouvelles, l’Exil et le Royaume (1957) ; deux œuvres d’où émanent plus que jamais la nostalgie d’une altérité oubliée. La même année, il reçoit le prix Nobel de littérature pour « avoir mis en lumière les problèmes se posant de nos jours à la conscience des Hommes ». Le 4 janvier 1960, alors qu’il travaille à un autre roman, le Premier Homme (posthume, 1994), il se tue dans un accident de voiture.

Philosophie de l'absurde :

Les romans, les essais et les pièces de théâtre de Camus sont marqués par sa réflexion philosophique et politique.

L’Étranger (1942), l’un de ses premiers ouvrages, se caractérise par un style extrêmement neutre — une écriture « blanche » — et méthodiquement descriptif. Le héros et narrateur, Meursault, un employé de bureau, y semble « étranger » à lui-même ; dépourvu de sentiments vis-à-vis des êtres et des situations, il donne l’impression d’agir de manière machinale. La lumière, le soleil, la chaleur semblent être la cause d’une soudaine précipitation des événements : sur une plage, à la suite d’une bagarre, il tue un homme de cinq coups de revolver, sans pouvoir fournir de véritable raison à son acte. C’est précisément dans ce décalage entre l’individu et le monde que se situe la dimension absurde de la condition humaine.

L’absurde comme réalité inhérente à la condition humaine est le thème central de la philosophie que Camus développe dans un premier temps. Le Mythe de Sisyphe, essai sur l’absurde, publié la même année que l’Étranger, aborde cette même idée d’un point de vue théorique : comme Sisyphe, condamné à pousser éternellement son rocher, l’Homme est voué à subir un enchaînement automatique d’expériences absurdes. Mais c’est paradoxalement dans la prise de conscience de cette situation qu’il se libère car, délivré de toute illusion, il peut alors chercher le bonheur en profitant du temps présent. Ainsi, à la fin de l’Étranger, dans sa cellule, la nuit précédant son exécution, Meursault, devenu conscient et libre, profite intensément des derniers instants de sa vie.

L'homme révolté :

Même si le monde n’a pas de sens, l’Homme ne saurait se passer d’une éthique ni renoncer à l’action. C’est donc l’engagement que Camus explore dans un second temps, en particulier dans son roman la Peste (1947). À Oran, dans les années quarante, des rats porteurs de la peste sont découverts et, dès la mort des premières victimes, les habitants placés en quarantaine et confrontés à leur sort présentent différentes formes de réaction : panique, indifférence, mysticisme ou résignation. Le docteur Rieux, bientôt rejoint par d’autres volontaires, décide de résister ; son petit groupe s’organise alors pour soulager la souffrance et combattre le fléau. Dans ce récit symbolique, la peste est naturellement un emblème du mal sous toutes ses formes ; mais elle agit aussi comme un révélateur qui met l’Homme face à lui-même, l’incitant au renoncement ou à la révolte.

La réflexion sur le thème de la révolte, commencée dans la Peste, est développée dans l’essai l’Homme révolté (1951). Camus y explique que la révolte naît spontanément dès que quelque chose d’humain est nié, opprimé ; elle s’élève, par exemple, contre la tyrannie et la servitude. Parce que la révolte n’est pas un principe abstrait, mais l’action nécessairement limitée d’un individu, elle représente, pour Camus, la seule « valeur médiatrice » permettant de dépasser — provisoirement — l’absurde.

11.11.2007

Loin des cris

40f5fee6c2591b9705886209af81429e.gif

 

     Loin des maux d'ici

     loin de tous ces cris,

     j'aimerais m'enfuir,

     ne jamais revenir.

 

     Lâcher ce spectacle

     qui toujours me tacle,

     ne plus me gameller

     en m'emmêlant les pieds.

 

     Devenir sourde

     quand claque la lourde

     derrière le fardeau

     qui courbe mon dos.

 

     Me laisser emporter

     par le dernier baiser

     celui de la peur

     qui fauche mon coeur.

 

     Car toutes ces visions

     ne sont pas illusions,

     et tout me porte à croire

     qu' ça reste sans espoir.

 

     Loin des maux d'ici

     loin de tous mes cris...

 

            Tommie

 

     illustration: Munch "le cri"

Juste un reste qui traînait depuis un petit moment  ;-(

Yves JAMAIT concert du 09/11/2007

c7e16c09d9e3a609b6e6dee156e49534.jpgAprès avoir été sctochés par Jamait aux Francofolies cet été, Yoann et moi avions hâte de le retrouver ce soir là. Accompagné de Nath, Yoann est descendu de sa banlieue pour partager cette fête ensemble. Et nous n'avons pas été déçus. Ce fut une soirée formidable, suivie d'une séance de dédicaces où Jamait et ses musiciens se sont montrés très avenants.

Mais comme depuis quelques semaines je manque d'inspiration et de mots, même pour les choses les plus simples, je suis incapable d'écrire une bafouille digne de ce nom sur cette soirée formidable.

Alors je vous invite à aller sur le blog de Matfanus (un tourangeau que nous avons eu le plaisir de rencontrer sur place) qui en a fait un beau résumé : http://matfanus.blogspot.com/2007/11/yves-jamait-toujours...

Sinon, il y a mon vieux  compte-rendu "un 14 juillet aux Francofolies" dans la catégorie "chansons, musiques, concerts", où vous pourrez retrouver différents liens vers des vidéos de Jamait...

Nath, je suis très heureuse d'avoir pu te rencontrer enfin et d'avoir partagé avec toi un peu de moi. Yoann, c'est toujours un plaisir de te retrouver...

 

 

01.11.2007

Amélie NOTHOMB Hygiène de l'assassin

Prétextat Tach, 83 ans et prix Nobel de littérature, va mourir. Cinq journalistes sont sélectionnés par son secrétaire pour réaliser les dernières interviews. Mais Tach est un véritable monstre : obèse et écoeurant, misanthrope, raciste, misogyne, prétentieux, pervers, cruel, cynique... et va s'amuser à humilier et épouvanter les quatre premiers journalistes, à les en rendre malades.

La cinquième journaliste, Nina, arrive avec des intentions toutes autres que celles de ses confrères. Elle a une idée derrière la tête, et forte de l'expérience des quatre premiers, s'arme de courage et d'une tactique toute différente. Elle est fermement décidée à entretenir Tach uniquement de son dernier roman, paru inachevé : "Hygiène de l'assassin"; roman qui cache un secret terrible vieux de 65 ans.

Dans une formidable joute verbale, Tach et Nina vont s'affronter comme des bêtes furieuses, chacun usant largement de ses armes, fussent-elles cruelles et perverses, la fin justifiant les moyens. Et peu à peu, Nina va obtenir ce qu'elle veut : la vérité et les détails sur ce qu'il s'est passé alors que Tach était adolescent, et qu'il n'a pas dévoilé "officiellement" dans Hygiène de l'assassin". Et écraser et humilier à son tour cet être odieux...

________________

Au travers du véritable combat qui va opposer Nina et Tach pour la découverte de la vérité, ce sont plusieurs thèmes qui vont être abordés : la misogynie, la mauvaise foi, les contradictions, la métaphore, l'inconscient. Et par là même, le rôle de la littérature. Une littérature que Tach a utilisé dans l'espoir d'être reconnu pour ce qu'il est vraiment, mais qui a échoué, considérant qu'il n'a pas été lu par de vrais lecteurs, tels Nina, qui elle a su voir, au travers de ce que les autres ont considéré comme des métaphores, le vrai Prétextat Tach.

_______________

Un roman qui tient de bout en bout, que l'on a pas envie de lacher avant la fin. Tout d'abord surpris par l'attitude odieuse de Tach envers les quatre premiers journalistes, on se soûle de la joute avec Nina, comme si l'on se vengeait soi-même de cette cruauté. Une joute au rythme effréné, qui emporte dans la folie de Tach et dans l'intelligence et la perspicacité de Nina. Une Nina au vocabulaire et aux arguments justes et incisifs.

Instructif, divertissant, étonnant, emballant... horrible et fou...

______________

Extraits :

- " - Allons, tu en rajoutes !

    - Au contraire, je ne trouverai jamais d'expression assez forte. Si vous aviez vu sa colère finale ! Je n'ai jamais vu colère si effrayante : à la fois subite et parfaitement maîtrisée. De la part de ce gros tas, je me serais attendu à des rougeurs, des boursouflures, des difficultés à respirer, des transpirations haineuses. Pas du tout, la fulgurance de cette rage n'avait d'égale que sa frigidité. La voix avec laquelle il m'a ordonné de sortir ! Dans mes fantasmes, c'est ainsi que parlaient les empereurs chinois quand ils commandaient une décollation immédiate. "

_____

- " - Peut-être. Entre temps, je sens que je vais m'amuser. J'adore écraser les gens, désarçonner la mauvaise foi dont vous êtes tous les suppôts. Et il y a un exercice qui me fait particulièrement jouir : humilier les femelles prétentieuses, les merdeuses dans votre genre.

    - Moi, mon divertissement de prédilection, c'est dégonfler les grosses baudruches satisfaites d'elles-mêmes.

    - Ce que vous venez de dire est tellement typique de votre époque. Aurais-je affaire à un moulinet à slogans ?

    - Ne vous inquiètez pas, monsieur Tach : vous aussi, par votre hargne réactionnaire, par votre racisme ordinaire, vous êtes typique de notre époque. Vous étiez fier, n'est-ce pas, de vous croire anachronique ? Vous ne l'êtes pas du tout. Historiquement, vous n'êtes même pas original : chaque génération a eu son imprécateur, son monstre sacré dont la gloire reposait uniquement sur la terreur qu'il inspirait aux âmes naïves. Est-il nécessaire de vous dire combien cette gloire-là est fragile et qu'on vous oubliera ? Vous aviez raison d'affirmer que personne ne vous lit. A présent, votre grossièreté et vos injures rappellent au monde votre existence ; quand vos cris se seront tus, plus personne ne vous lira. Et ce sera tant mieux. "

_____

- " - Mais si . Vous savez, il y a toujours une poignée de désoeuvrés, de végétariens, de critiques novices, d'étudiants masochistes ou encore de curieux qui vont jusqu'à lire les livres qu'ils achètent. C'était ces gens-là que je voulais expérimenter. Je voulais prouver que je pouvais impunément écrire les pires horreurs à mon sujet : cet acte d'autoaccusation, comme vous le formuliez avec justesse, est rigoureusement authentique. Oui, mademoiselle, vous aviez raison d'un bout à l'autre : dans ce bouquin, aucun détail n'est inventé. On pourrait bien sûr trouver des excuses aux lecteurs : personne ne sait rien de mon enfance, ce n'est pas le premier bouquin affreux que j'écris, comment imaginer que j'aie pu être si divinement beau, etc. Mais moi, j'affirme que ces excuses ne tiennent pas. Connaissez-vous la critique que j'ai lue dans un journal, il y a vingt-quatre ans, concernant Hygiène de l'assassin ? " Un conte de fées riche de symboles, une métaphore onirique du péché originel et, par là, de la condition humaine." Quand je vous disais qu'on me lisait sans me lire ! Je peux me permettre d'écrire les vérités les plus risquées, on n'y verra jamais que des métaphores. "

________________________________

 

Amélie NOTHOMB

4f4629a02b4a08498ba4f497e9ce63e8.jpgFille de l'ambassadeur et écrivain belge Patrick Nothomb, Amélie Nothomb est née au Japon, dans la ville de Kobé, le 13 août 1967. Profondément imprégnée par la culture nippone, celle-ci peut en effet se vanter d'être parfaitement bilingue dès l'âge de cinq ans. La jeune fille passe son enfance à suivre son père, de la Chine à la Birmanie en passant par New York ; une destinée d'expatriée et un sentiment de solitude qui l'incitent, petit à petit, à se replier sur elle-même.

Le débarquement en Belgique à l'âge de 17 ans, dans la patrie familiale, amplifie encore son mal-être. Se sentant rejetée dans sa nouvelle université où elle poursuit des études gréco-latines, elle découvre une culture et un mode de vie occidentaux qui lui avaient alors totalement échappés ; le choc est brutal.

C'est à partir de cette période qu'Amélie Nothomb commence à écrire, sans prétendre toutefois encore pouvoir vivre de sa plume. Elle continue en effet à chercher sa voie professionnelle, ce qui l'amène à retourner quelques temps au Japon. Auteur déjà de plus d'une vingtaine de manuscrits personnels, Amélie Nothomb décide de se lancer et publie à 25 ans son premier roman, Hygiène de l'assassin (1992), qui marque également son premier succès.

Véritable phénomène littéraire, la jeune femme enchaîne les publications à raison d'un livre par an, qui connaissent tous une impressionnante carrière commerciale. Le public apprécie le style romanesque et décalé de la jeune femme, toujours accompagné d'un humour subtil, mais qui le place directement face à ses pulsions intérieures. Parfois autobiographiques (Métaphysique des tubes) ou purement fictionnels (Les Catilinaires), ses romans sont nourris d'expériences personnelles mais qui pourraient être partager par tous.

Pour ne rien gâcher, l'excentricité de l'écrivain en font une invitée privilégiée des médias, la jeune femme n'hésitant pas à arborer des chapeaux extravagants ou un maquillage vif. Elle accompagne parfois ses prestations de quelques phrases percutantes, comme lors de l'émission Apostrophes où elle avait révélé à Bernard Pivot qu'elle se délectait de fruits pourris.

Stupeur et tremblements (1999) marque un tournant dans la carrière de la jeune femme. Déjà en raison de son triomphe (plus de 500 000 exemplaires vendus, son plus gros succès actuel, couronné par le Grand prix du roman de l'Académie Française), mais aussi vis-à-vis de la perception de son métier d'écrivain. Plus sage, plus discrète, Amélie Nothomb se défend dès lors d'une certaine extravagance passée et fuit les médias hors-période de promotion. Celle-ci préfère désormais se concentrer sur son travail (au moins quatre heures par jour, et ce dès quatre heures du matin) et partir sur les routes à la rencontre de ses lecteurs.

Ses livres sont parfois transposés au cinéma, comme Hygiène de l'assassin en 1998 et Stupeur et tremblements en 2003, et pour lequel Sylvie Testud reçoit le César de la Meilleure actrice. Il faudra patienter quelques mois encore pour connaître le successeur d'Antechrista, mais on peut d'ores et déjà vous dire que le manuscrit est prêt. En effet, Amélie Nothomb écrit environ trois livres par an, mais décide à chaque fois de n'en publier qu'un seul. Et de disparaître à nouveau ensuite.

 


Le site officiel d'Amélie Nothomb
 

mademoisellenothomb.free.fr

  Source : http://www.linternaute.com/sortir/auteurs/nothomb

27.10.2007

Métronome

fb3dd744d8d462255d7f8d788314cc9c.jpg

 

     Le froid enveloppe la nuit

     d'un silence assourdissant,

     et la lenteur monotone

     n'en finit pas de hurler.

 

     De hurler qu'elle cherche la vie,

     un instinct plus trépidant,

     un tout autre métronome

     qui vienne la ressuciter.

 

     La peine tombe avec la pluie,

     lourde et sans encombrement,

     comme une logorrhée pochtrone

     qui ne cesse de soûler.

 

     La peur débarque l'ennui

     avec ses démons exigeants

     qui ruminent et ramonent

     et empèchent le raisonnement.

 

              Tommie

De retour

Après quatre semaines d'absence, me voici de retour sur la blogosphère. Un retour tout en douceur, épuisement et surbooking obligent !!!

Cette cure de jouvence fut épuisante mais utile. Maintenant, je dois continuer ce que j'y ai appris et mis en route. Une nouvelle hygiène de vie qui demande du temps et beaucoup d'efforts, et me rend donc moins disponible pour le web. Malheureusement. Mais je dois me tenir à mes objectifs (un vrai défi) pour des raisons évidentes de santé.

Le toubib m'avait prévenue que cette cure serait épuisante. Et c'est vrai que moi, la noctambule, j'étais couchée à 22h, et qu'après une semaine de "convalescence" et de réorganisation de mon quotidien, je suis sur les rotules !!!

Durant ces quatre semaines, je n'ai rien lu ni rien écrit, snif. J'espère donc que la reprise du boulot (lundi soir) me verra me replonger dans les livres et retrouver peut-être un peu d'inspiration...

En attendant, pour alimenter un peu ce blog, il me reste un livre et deux-trois textes que j'avais gardés en réserve.

Merci à tous pour les coms d'encouragement que vous m'avez laissés. Ils m'ont reconfortée lorsque je les ai lu durant la perm de quelques heures dont j'ai pu bénéficier en fin de deuxième semaine...

14.10.2007

La tête, la tête ...

c203b590432bdb9cfcda41ea13e2849c.jpg

La tête dans les mains

pour pleurer pour baver

la tête qu'on soutient

pour pas la voir tomber.

 

     La tête, la tête, affreusement malmenée...

 

La tête dans les mains

pour étouffer les cris

l'angoisse du destin

qui appelle et se rit.

 

     La tête, la tête, patiemment triturée...

 

La tête dans les mains

pour ne plus voir passer

les cauch'mars du matin

les rêves inachevés.

 

     La tête, la tête, toute blackaboulée...

 

La tête dans les mains

pour ne plus voir en face

la figure du chagrin

les larmes qu'on efface.

 

      La tête, la tête, dramatiquement fanée...

 

La tête dans les mains

qui ne veulent pas griffer

l'image du Malin

dans le miroir brisé.

 

     La tête, la tête, toute défigurée...

 

La tête dans les mains

qu'on ne peut plus souffrir

du soir au lendemain

et qu'il faudrait ravir.

 

     La tête, la tête, toute transfigurée...

 

              Tommie

30.09.2007

Pause blog

Je m'absente quelques petites semaines (combien exactement je ne sais pas) pour aller faire une cure de jouvence. Rien de grave rassurez-vous, mais il faut parfois reprendre son corps un peu en main pour ne pas laisser certains problèmes s'aggraver, et repartir d'un meilleur pied.

Là où je vais il y aura peut-être un PC et un accès internet, ce qui me permettra de ne pas prendre trop de retard dans la lecture de vos blogs. Mais ne rêvons pas...

Même si mes journées là-bas seront bien occupées, j'espère trouver le temps, et surtout l'inspiration, pour écrire quelques petits textes, et lire quelques romans dont je pourrai vous parler.

C'est terrible, je crois que je suis accro au web et à ses habitants...

A bientôt les fidèles !!!

27.09.2007

Les larmes de la lune

6f9fa804ba1888570b6b439b449a88b5.jpg

 Les larmes de la lune,

blanches et frigorifiées,

viennent inonder les dunes

des âmes cabossées.

 

Au-dessous ça s'affole

de ce drôle de déluge,

ça hurle et ça console,

ça dénonce le démiurge.

 

La lune n'y peut rien:

c'est son labeur de reine

que de tisser ces liens,

de souligner les peines.

 

         Tommie

 

 

R. BOHRINGER C'est beau une ville la nuit

56e43d5b59c7b4396cb131149281fdcb.jpgPas vraiment une autobiographie ce livre. Je dirais plutôt des tranches de vie, racontées ça et là, au gré des souvenirs et des humeurs. Mais racontées sans l'être vraiment non plus. Des petits bouts d'histoires, des petits bouts de parcours, des gros bouts d'émotions surtout. Avec en toile de fond la souffrance, l'errance, l'alcool, la drogue, les femmes, la grand-mère, Romane. Et l'écriture, le besoin et le bonheur de jouer avec le verbe.

Une capacité à aller de souffrances en souffrances, et à, malgré tout, continuer à voir la beauté là où elle se trouve, dans ses formes les plus simples. La capacité à voir, à ressentir, ce que les autres vont jusqu'à ignorer même lorsqu'ils passent à côté. Une capacité à voir la vie telle qu'elle est, dans sa laideur la plus crue parfois, dans sa beauté la plus éblouissante d'autres fois, mais surtout le désir effréné de vivre en fin de compte. Bohringer écrit là un récit impossible à résumé. Une histoire à tiroirs multiples, des bouts mis bout à bout, sans souci réel de chronologie ni de précision...

_____

 Bohringer écrit comme il parle. Une prose toute en spontanéité, toute en vérité. Il utilise ses propres rêgles de narration et de ponctuation, pour mieux marquer son rythme et sa pensée. Son langage est parfois cru, jamais vulgaire ni choquant. Même lorsqu'il parle de sa bite ou des femmes, je n'y vois aucun manque de respect, aucune "machismomisogynie". C'est toujours avant tout son coeur, celui qui vibre ou s'éteint, qui parle. Qui parle ou qui chante. Quelques chansons bien trouvées...

_____

En fait, ce livre , je ne l'ai pas lu. Je l'ai écouté, parfois chanté. C'est la voix de Bohringer qui résonnait. Sa voix profonde et éclatante, qui interpelle. Du fond de la nuit, du fond de l'abîme...

Hey ! Paulo ! Oui, c'est à toi que je parle. Ecoute mon poème bordel. C'est ma vie, la tienne peut-être aussi. Viens, j'te paie un coup, moi j'boirai de l'eau. On parlera des femmes et des Indiens, et de New-York, et de jazz aussi. Aller mon Paulo, on va l'aimer cette vie à la gueule de chien...

Je conclurai par une seule phrase : lisez ce bouquin !!! (moi je lirai le suivant, pour sûr).

________________________

Extraits :

- " Mais déjà, comme en été, un nuage noir faisait frissonner les pans éclatant des champs.

    C'est comme cela que les poètes découvrent les traces de leur destin.

    C'est dans ces traces qu'ils trouvent les signes de leurs défaites humaines.

    Alors ils courent volontairement à leur perte, pour accélérer le mouvement afin de vivre plus vite leurs chagrins. "

__________

- " [...]

     Dans le fond des bars /

     Quand je buvais /

     Il y avait son souvenir qui me frôlait /

     Ou qui me frappait comme un poignard /

     Sorti du noir /

     Il y avait mon ventre déchiré / sans espoir /

    Qui s'accrochait au bar /

    Il y avait mes paulos / mes frères rêveurs / mes fêlures /

    Il y avait leurs rires / leur douceur /

    Comme des fleurs /

    [...]"

___________

- " Elle est la vie. Ils m'abandonnent. Et moi petit à petit je me recroqueville dans ma plaie. Dans ma maladie. J'ai pissé dans mon froc en plein embouteillage l'autre jour. Je me suis pas retenu. Comme ça. J'ai même pas pleuré. J'avais rejoint mon état naturel. Animal sale.

    Mon corps est suspendu comme l'esprit. Toujours plus haut. Avec des visages, tous les visages que je rencontrais, sans voix. Comme si une paroi de verre me séparait d'eux. Je ne communique plus. La liaison est rompue. Plus envie. Pendant un moment j'ai beaucoup marmonné. Sans arrêt. N'importe où. J'ai disparu au fond de l'horizon. [...] "

___________

- " "Ta fille depuis ce matin à quatre pattes va chercher tous ses jouets dans le salon pour les mettre devant ta porte."

      La môme regarde son tas et me balance un sourire d'Indien.

      Un sourire millénaire. Un sourire qui vient de si loin, qu'une seconde je décroche de la terre. Je quitte le sol.

      Avec les yeux qui font comme des myosotis brisés. Je rentre dans la prunelle et le paysage n'est qu'amour.      Comme une clarté soudaine. Comme sur les photos quand l'Indien te pardonne ta misère de pauvre Blanc. De pauvre Blanc qui ne sait rien. Qui ne sait rien du vent et de ses odeurs. Qui ne sait rien des chevaux fous et de leurs mystérieuses colères. Qui ne sait rien des femmes et de leurs silences.

     Je t'aime ma fille. Viens. Je vais t'emmener voir les primevères. Mamie fait une valise. Je téléphone à mon pote, un vieux pote bassiste. Il habite à la campagne. Il vient me chercher. "

___________

- " J'ai commencé à écrire à New York. Une pièce de théatre où il était question de pureté. Plus les jours passaient. Plus j'aimais cette ville. [...] Je vivais mille vies. Mille vies plus belles, mille vies plus sourdes. Comme si j'avais une nichée de moineaux au creux de la poitrine. Je palpitais à l'infini. J'ai écrit chaque jour. Chaque nuit. Avec acharnement. Avec trois ou quatre c au mot locomotives comme si j'avais voulu dans le même mot rajouter les wagons. [...] Et le clavier ronronnait. D'un doigt je traçais ma quête, ne revenant jamais sur un mot. "

__________

- " Toujours vivre dans une cale au milieu d'un trésor inventé. De l'Inde du Sud au Grand Nord emmitouflé. Des tavernes exaltantes de destins brisés, de petit matin immortel où l'éthylisme rend prince indompté. Tout n'est qu'invention. Oui je crois en moi. A de rares instants je pense même qu'il est bien temps que j'existe. Et puis parfois je trouve cela d'une banalité effrayante. En fait, aucune importance. Vite respirer. Encore et encore. Me broyer les poumons de l'oxyde de vie. Me vautrer des deux côtés, me ritueler d'huile odorante, me refaire la peau à coup de nouvelle vie. Ne rien savoir et tout humer. Je n'ai d'envie que d'entendre mon coeur battre. "

Richard BOHRINGER

0ce1f9329a0a76462654f5f5e7eedee8.jpgRichard Bohringer est né le 16 janvier 1942 à Moulin.

Sa mère étant partie rejoindre son père en Allemagne après la guerre, il va grandir chez sa grand-mère, porte de Saint-Cloud, à Paris. A 6 ans, il est atteint aux yeux et va rester aveugle pendant un an et demi. Puis il se retrouve à l'hôpital maritime de Berck-sur-Mer où il restera deux ans immobilisé dans un lit, pour soigner une forte scoliose et une décalsification osseuse. Il sortira en 1952 et rentrera chez sa grand-mère.

Il erre près des studios de cinéma de Billancourt et devient le chauffeur de Peter O'Toole pendant le tournage de "What's new Pussycat ?" ... Nuit étoilée chez Castel... Richard passera la quasi totalité de sa jeunesse à Saint-Germain-des-Prés où il se promène volontier, et se plaît à découvrir les danceurs, le jazz dans les caves, ses idoles John Coltrane et Charlie Parker. Et l'un des plus grands rockeurs des années 60 : Vince Taylor, qui va lui demander de faire sa première partie. Richard sera "Richard Blues". Il chauffe la salle comme un lion enragé, fait le boeuf en première partie, et Vince peut enchainer sans aucun souci après lui. Le QG de Richard, c'est le Rock'n roll Circus. C'est ici qu'il croise un habitué, alors inconnu : Jim Morisson. Richard va passer deux ans à refaire le monde aux côtés de celui qui sera l'âme des Doors.

Il rencontre aussi Claude Nougaro dans les années 60 (parti dans les grandes prairies rejoindre les grands Indiens). Richard le suit dans ses concerts depuis les coulisses puis va lire ses premiers textes dans la cuisine de Claude, rue des Thermes.

Son premier métier, mécanicien dans un petit atelier où il répare des motos, lui offre ses premiers salaires. Mais il dance le Be Bop au club Saint Germain pour 15 balles la nuit... Mais pour ramener l'argent pour manger et avoir une vie plus décente, il se tourne vers le métier d'acteur dans lequel il entre "par effraction". Comme il le dit "si j'avais été plus courageux, je serais monté sur un ring", mais son seul combat s'est fini sur KO au bout de trente secondes.

Richard a été journaliste, et ses nouvelles furent publiées par Jacques Lanzmann. Il a été aussi scénariste de bandes dessinées.

Il écrit sa première pièce de théatre " Zorglub " en 1966 et " Les girafes " en 67. C'est d'ailleurs en 1967 qu'il fit une overdose d'héroïne. Conduit aux urgences, l'interne de garde rédige son avis de décès... Il deviendra son pote.

En 1970, son premier rôle de cinéma dans "La maison" de Gérard Brach. Mais son véritable début il le doit à Charles Matton qui le fait tourner dans "L'italien des roses" en 1972. En 1979, il fait ses premiers pas dans la musique, produit par Claude Zidi.

Outre les succès au cinéma où Richard tourne comme un fou furieux, "Diva", "Le grand chemin", "Une époque formidable", il se plaît à tourner des multitudes de rôles dans des premiers films de jeunes réalisateurs. Il dédit son César du meilleur second rôle dans "L'addition" à Jean-Pierre Rassam, et son César du meilleur acteur dans "Le grand chemin" à Michel Auclair, son père "adoptif".

Ses passions le rejoingnent. Il écrit "C'est beau une ville la nuit", best-seller vendu à plus d'un million trois cent mille exemplaires, puis "Le bord intime des rivières", dans les années 90. Autre passion : le rugby. Il sera le vice-président du Rugby Club Hyérois (division 2) avec pour objectif le retour en première division dès la saison 95-96.

"C'est beau une ville la nuit" devient une émission hebdomadaire sur Europe 2 (et deviendra aussi un film), où il lit les textes des auditeurs "garennes". C'est enfin sur scène que Richard portera haut ce voyage mystique de toutes ses tripes avec les musiciens du groupe "alternatif" One Take puis Aventures. Leur premier concert à Bastia, en totale improvisation, leur a ouvert la porte d'une tournée phénoménale. Le soir même, Johnny Hallyday appelle Richard pour le félicité de ce succès.

Richard n'en est pas à sa première expérience musicale, il avait déjà enregistré les albums "Richard Bohringer" et "Errance" et participé aux albums de Jean-Jacques Milteau ("Quand j'rentre le soir"...) et Paul Personne ("Où est l'paradis ?").

Il a obtenu la nationalité sénégalaise en 2002, un retour aux sources évident pour le griot blanc...

 

                     Source : http://myspace.com/richardbohringer

25.09.2007

Le vent de la liberté

d789bb2f9d4fffc6881ac3b28e42db4b.jpg

 

Les souvenirs en bandoulière, les larmes refoulées,

aller par les petits chemins, suivre les cours d'eau.

Avancer tête haute et sans jamais courber le dos,

pour venir carillonner au vent de la liberté.

 

Dans l'onde placide aux reflets d'un soleil rougeoyant,

quand alentours les gorges d'or s'arrêtent de chanter,

longuement se mirer, chercher le moindre changement

à ce regard triste qu'une étincelle pourrait flamber.

 

Sous un arbre généreux à l'élégante pureté,

loin des bâtards silences d'un sombre et douloureux souci,

en de douces rêveries se réjouir, s'évader,

s'étendre et s'alanguir dans des fragrances infinies.

 

            Tommie

Heinrich BÖLL

Böll, Heinrich (1917-1985), nouvelliste et romancier allemand, prix Nobel et figure marquante de la littérature d'après-guerre, qui peignit une fresque sans concession de l'Allemagne moderne.

Né à Cologne le 21 décembre 1917, Heinrich Böll fut une victime du nazisme : enrôlé au service du Travail peu après avoir obtenu son baccalauréat, en 1937, il fut ensuite appelé sous les drapeaux pendant la Seconde Guerre mondiale. Il combattit en France, en Pologne et en Russie, puis fut capturé par les Américains. Interné dans un camp de prisonniers aux États-Unis, il fut libéré à la fin de la guerre. Il rentra à Cologne où, comme beaucoup d'Allemands, il tenta de reconstruire sa patrie et de recommencer à vivre dans de nouvelles structures et avec d'autres valeurs. Ces événements devaient évidemment conditionner fortement la thématique de ses œuvres présentes et futures : au début des années 1950, Böll était déjà un auteur reconnu, et vendait suffisamment de ses nouvelles à la presse pour pouvoir vivre de sa plume.

Dans son œuvre, Böll privilégia non seulement la critique du nazisme et de la guerre, mais aussi celle de la société allemande de l'après-guerre. Ruinée et désorientée après la défaite, puis matérialiste et consumériste, celle-ci lui semblait affronter péniblement le problème de la culpabilité et se montrer peu encline à faire son examen de conscience.

Les premières œuvres de Böll, telles que les nouvelles sélectionnées dans le recueil Le train était à l'heure (1949) ou dans Voyageur, viens-tu vers ... (1950), traitent de l'absurde et de l'horreur de la guerre, et abordent la question de la culpabilité. Son premier roman, Où étais-tu, Adam ? (1951), présente diverses situations de conflit où sont mises en évidence les forces sociales et politiques qui pèsent sur les gens ordinaires. Le roman suivant, Rentrez chez vous, Bogner (1953) marque en revanche le début d'une série d'ouvrages où Böll évoque les difficultés de l'Allemagne de l'après-guerre, et où il dépeint la vague de matérialisme déferlant sur un pays marqué par la défaite. Vint ensuite les Deux Sacrements (1959), chronique familiale où l'auteur confronte nazisme et humanisme. Böll persista dans la voie de la critique sociale, prenant pour thème non plus la guerre et ses conséquences immédiates, mais la réalité du pays en train de se construire et de se projeter dans l'avenir, c'est-à-dire la nouvelle République Fédérale d'Allemagne. Ainsi en est-il de la Grimace (1963), critique de l'État moderne, des fonctionnaires et de la bourgeoisie capitaliste. C'est aussi le cas de l'Honneur perdu de Katharina Blum (1974), un texte polémique dirigé contre les abus de pouvoir de la presse et de la justice. Cette histoire fut adaptée au cinéma par Volker Schlöndorff en 1975. Le roman Portrait de groupe avec dame, publié en 1971, trace un tableau panoramique de la vie en Allemagne, depuis la Première Guerre mondiale jusqu'aux années 1970, en suivant les traces d'un personnage innocent, presque insignifiant, Léni. Ce texte, rédigé dans un style journalistique, a été salué comme l'œuvre maîtresse de Böll.

Heinrich Böll fut récompensé en 1972 par le prix Nobel de littérature pour avoir apporté un nouveau souffle à la littérature allemande. Il mourut le 16 juillet 1985.

H. BÖLL L'honneur perdu de Katharina Blum

     Katharina Blum, jeune gouvernante d'intérieur sérieuse, honnête et irréprochable à tous niveaux, va voir sa vie bouleversée en l'espace de cinq jours: A Cologne, le soir du mercredi 20 février 1974, premier jour du carnaval, elle se rend chez sa marraine pour dancer. Elle y rencontre le beau Ludwig Götten et termine, amoureuse, la nuit avec lui - incroyable exception-. Au matin, la police envahit son petit appartement, à la recherche de Götten, soupçonné d'être un gangster "gauchiste"...

     Le livre s'attache à décortiquer précisemment tous les évènements - interrogatoires, perquisitions, emplois du temps, articles de journaux, etc - de "l'affaire Katharina Blum", jusqu'au dimanche, jour où elle abat le journaliste Werner Tötges. Cinq jours durant lesquels Katharina va voir sa vie et sa moralité roulées dans la fange, à travers les articles de Tötges dans le quotidien " Le journal", feuille de chou spécialisée dans le harcèlement et la calomnie.

     Le sous titre du livre, "comment peut naître la violence et où elle peut conduire", résume à lui seul la démarche de Böll. Aucun suspens dans l'histoire, tous les faits sont donnés d'emblée. Il sagit de montrer comment une femme perd son honneur sans le mériter par le simple, mais implacable, délire journalistique d'une certaine presse, jusqu'à en arriver au meurtre. Comment l'on peut passer de l'innocence radicale et de la pureté même, au crime ? Comment le mensonge, la haine, la violence verbale peuvent-ils engendrer la violence physique ? Comment la violence naît-elle de la violence ?

   ___________________________________

Contexte :

     Cette histoire est une attaque , plus qu'une réponse, à ce que Böll subit lui-même au cours de l'année 72. En effet, il fut victimes des injures et calomnies de la presse à sensation allemande qui ne lui pardonnait pas d'avoir dénoncé les mensonges qu'elle répandait et le climat de violence qu'elle entretenait à propos de la bande à Baader. Epoque où cette presse là avait l'habitude de mettre automatiquement forfaits et violences sur le dos des anarchistes, à faire de la bande à Baader le bouc émissaire de faits et de fautes dont l'évolution et les structures de la société d'alors était responsable (source: Yves Bonnefoy).

   __________________________________

Mon avis :

     Une lecture qui m'a tenue de bout en bout, non pour le suspens (inexistant) mais pour chercher la moindre faille "criminelle" chez Katharina. Faille que je n'ai évidemment pas trouvée puisquelle n'existe pas !!! Je me suis surprise à entrer dans la peau de la malheureuse héroïne, à subir les injustices et les mensonges, à prendre toute cette descente en enfer en pleine poire. J'en retiens qu'il ne fait pas bon être suspect ou témoin, et encore moins innocent. Que si les interrogatoires de police, les perquisitions, et la mise à nu de la vie privée sont des moments très pénibles à passer, le mensonge,et la diffamation étalés pour un public avide pourrait, moi aussi, me mettre dans cette position où la violence devient la seule défense, la seule issue, la seule réponse... 

   __________________________________

Extraits :

- " Photo gigantesque et caractères non moins gigantesques. KATHARINA BLUM, LA BONNE AMIE D'UN GANGSTER, REFUSE DE DONNER LES NOMS DE SES VISITEURS. Ludwig Götten, le bandit et assassin recherché depuis un an et demi, aurait pu être arrêté hier si sa bonne amie, une employée de maison nommée Katharina Blum, n'avait couvert sa fuite et effacé toute trace de son passage. La police présume que la femme Blum est depuis assez longtemps déjà mêlée à la conjuration. (Suite page 2, colonnes 3 et 4).

    En deuxième page Blorna put voir à quel degré LE JOURNAL avait travesti ses propos : la jeune femme "intelligente et réservée" était devenue "froide et calculatrice", tandis que de sa déclaration générale sur la criminalité, LE JOURNAL avait déduit que Katharina "était tout à fait capable de commettre un crime".

   "Le curé de Gemmelsbroich nous a déclaré : "Je la crois capable de tout. Son père était un communiste inavoué et sa mère, que par charité j'ai pendant un certain temps employée comme femme de ménage, a volé du vin de messe et célébré des orgies dans la sacristie avec ses amants."

   " Depuis deux ans la femme Blum recevait régulièrement chez elle des visiteurs. Son appartement était-il le quartier général d'une bande organisée, servait-il de cache d'armes ? La police poursuit son enquête et le ministère public travaille d'arrache-pied. La suite au prochain numéro. COMME TOUJOURS LE JOURNAL RESTE EN PREMIERE LIGNE ! Nos lecteurs trouveront dans l'édition de demain l'ensemble des informations tissant la toile de fond de cette affaire."

             ____________

- " Ensuite, toujours dans l'espoir de détourner Katharina de cette lecture du JOURNAL à laquelle elle se cramponnait, elle avait demandé à son collègue Hüften de la remplacer quelques minutes, le temps d'aller chercher d'autres journaux dont les articles rendaient compte d'une manière tout à fait objective de l'implication de Katharina Blum dans l'affaire Götten et de son interrogatoire. C'était en troisième ou quatrième page de brefs comptes rendus où le nom de la jeune femme n'était même pas imprimé en toutes lettres ; on y parlait d'elle que comme d'une certaine Katharina B., gouvernante. Dans la Umschau par exemple seul un écho de dix lignes - sans photo naturellement - relatait la malheureuse implication dans l'affaire Götten d'une jeune femme rigoureusement intègre. En dépit de leur nombre - l'auxiliaire en avait rapporté une bonne dizaine - ces feuilles n'avaient pas réussi à réconforter Katharina qui s'était simplement exclamée : " Mais qui donc lit ce genre de journaux ? Tous les gens que je connais lisent LE JOURNAL !"

           ____________

- " La police et le ministère public sont-ils vraiment disposés à croire un aussi ignominieux individu que ce Götten lorsqu'il a la prétention de disculper entièrement Katharina Blum ? LE JOURNAL se doit de soulever une fois encore la question : nos méthodes d'interrogatoire ne sont-elles pas trop douces ? Sommes nous donc tenus à tant d'humanité à l'égard de tels monstres ? "

    Sous les photographies des Blorna et de leur villa : " C'est dans cette maison que Katharina Blum, qui jouissait de l'entière confiance de M° Blorna et de son épouse, travaillait seule, sans surveillance aucune, de 7 h du matin à 4 h 30 de l'après-midi. On n'ose imaginer tout ce qui a bien pu s'y passer pendant que les Blorna vaquaient sans méfiance à leurs occupations professionnelles. Mais ne se doutaient-ils vraiment de rien ? Au dire des voisins, ils entretenaient avec Katharina Blum des rapports très amicaux sinon même intimes. Nous passerons ici sur certaines insinuations étrangères à l'affaire. Mais lui sont-elles vraiment étrangères ? Quel fut en effet le rôle joué par Mme Gertrud Blorna qui dans les annales d'une école technique supérieure fort estimée figure aujourd'hui encore sous le nom de "Trude la Rouge" ? Comment Götten a-t-il pu s'enfuir de chez Katharina Blum alors qu'il avait la police aux trousses ? Et qui connaissait jusque dans ses moindres détails le plan du grand ensemble " La résidence du bord de l'eau", sinon Mme Blorna ? "

    ___________________________________________________

21.09.2007

Un p'tit coeur

9fd7da1cf9392ec908b07eac691a01e4.jpg

Je suis un petit coeur

tout ému et sensible

qui battait pour une soeur

au fond de sa poitrine.

 

J'en ai pris bien des coups

tout au long de sa vie

mais j'ai tenu le coup

et je n'ai pas failli.

 

Mais ce ne fut pas simple

de battre à l'unisson

quand venaient des complaintes

de son âme bougon.

 

Quand battu par le sort

il fallait résister

et tenir le score

du nombres de ses plaies.

 

Aujourd'hui je suis libre

de tout engagement

et une autre poitrine

j'attends impatiemment.

 

J'aimerais une fille

allègre et toute fraiche

pour une vie plus tranquille

allégée de ces flèches.

 

Je deviendrai pour elle

la matrice de ses rêves

lui donnerai des ailes

ferai couler la sève.

 

Mais il faudrait voir

à ne pas trop traîner

je n'aime pas le noir

où je suis enfermé.

 

      Tommie

19.09.2007

Une lumière à la fenêtre

355c5fce63367375dbe67e4d9f521bd9.jpg

Une lumière à la fenêtre, tu es là tu es rentrée.

Mais quel est ce mal-être qui m'empèche d'y aller ?

Je tourne, je vire, j'hésite, je me suis tellement trompé.

C'est le doute qui m'habite, c'est l'heure de vérité.

J'ai les idées qui s'embrouillent sur ce trottoir trempé.

Serait-ce là une trouille que je ne peux dominer ?

 

Et si je ne rentrais pas, si je me laissais aller ?

Et si j'écoutais mes pas, qui me disent de me barrer ...

 

Une dernière canette, pour contourner l'anxiété.

Encore une cigarette, pour laisser le temps passer.

En fait j'suis plutôt ravi de m'être fait larguer.

C'est ainsi qu'il m'est permi de reprendre ma liberté.

Je sais que je suis un lâche, mais pour ma tranquilité

Ca me facilite la tâche, ça m'arrange d'être un raté.

 

Et si je ne rentrais pas, si je me laissais aller ?

Et si j'écoutais mes pas, qui me disent de me barrer ...

 

            Tommie

 

    Peinture: "Le Beaucet" de Claude Bellaton

René BARJAVEL La nuit des temps

     Une expédition scientifique internationnale découvre en Antarctique les vestiges d'une civilisation vieille de 900 000 ans. Une civilisation loin d'être primitive, puisque les habitants de Gondawa vivaient dans l'harmonie la plus totale, à l'abri de tout besoin. En effet, ils possèdaient le savoir qui leur permettait de tout obtenir à partir du Rien ! Une civilisation que les terriens d'aujourd'hui vont découvrir au travers du couple de "survivants" qui a été sauvé grâce à la cryogénie.

Elea et Coban: les deux élus pour renaitre à la vie lorsque la Terre serait de nouveau habitable, après sa pollution et ses destructions lors de la guerre contre les belliqueux d'Enisoraï. Elea parcequ'elle était la plus parfaite physiquement, moralement et intellectuellement; Coban parcequ'il était le plus abouti dans la sagesse et la connaissance, notamment de l'équation de Zoran, clef de toute la vie.

Mais Elea, l'élue, était déjà unie à l'homme qu'elle aimait plus que tout, son double, son complément : Païkan ...

Face à la découverte d'un tel potentiel de puissance et de résolution des problèmes de la condition humaine actuelle, comment vont réagir les scientifiques et les "penseurs" sur place, les peuples du monde entier, les gouvernements de toute la planète ? Sauront-ils enfin s'unir pour le bien de tous ? ...

__________________________________________________________________

     On peut distinguer trois thèmes principaux dans ce roman, qui sont l'amour, la solitude, et la bêtise humaine.

- L'amour submerge tout le livre:

* Celui entre Elea et Païkan, si pur et inconditionnel, que seule la mort peut les séparer, que la vie n'est pas imaginable par l'un sans l'autre. Un amour d'autant plus parfait qu'il est passé par la "Désignation" (cérémonie qui désigne, en Gondawa, l'âme soeur de chaque personne, sans erreur possible).

* L'amour de Simon pour Elea. Un amour impossible car Elea ne pense qu'à Païkan. Un amour à sens unique, immédiat, que Simon mettra à profit pour protéger Elea, sans ressentir la moindre amertume. Un amour qu'Elea comprendra malgré tout, elle qui placera toute sa confiance et son innocence en Simon.

* L'amour, enfin, entre les peuples. Des peuples tentés de se rassembler, se reconnaitre, dans l'amour entre Elea et Païkan. Et au plus près d'Elea, les acteurs de la mission scientifique, qui, tels Hoover l'américain et Léonova la russe, finissent par s'aimer, tout du moins s'apprécier, malgré toutes leurs différences.

- La solitude:

* Il y a la solitude d'Elea bien-sûr, séparée de force de Païkan, et qui 900 000 ans plus tard se retrouve projetée dans une autre civilisation dont les valeurs et les coutumes sont totalement différentes.

* Mais il y a surtout la solitude de Simon, qui dès le premier regard tombe éperdument amoureux d'Elea, et dès le début sait que cet amour ne se concrétisera jamais. Chacun de ses propos est marqué par une profonde solitude et une touche de désespoir. Il est transpercé autant de douleur que d'amour. Mais jamais il ne montre de dépit, tout entier acquis à la cause d'Elea, pret à la défendre contre tout et tous. Une solitude renforcée par le fait qu'il la comprend mieux que les autres, qu'il ne la quitte jamais.

- La bêtise et la folie humaine:

C'est la folie des hommes (surtout ceux d'Enisoraï) qui détruisit Gondawa, allant jusqu'à polluer la surface de toute la Terre et la décaller de 40° de son axe. Et c'est elle à nouveau qui met en péril tout le savoir que détient Coban, l'équation de Zoran, alors que l'humanité aurait pu être sauvée.

Barjavel prend garde de désigner quiconque (personne ou nation) pour le vol du savoir, pour justement que la folie des hommes, et donc de la planète toute entière soit, une fois de plus, la coupable. Alors que l'humanité détenait la solution à la fin de ses souffrances, sa soif de pouvoir et sa folie la conduit à détruire tout espoir, par sa propre faute.

___________________________________________________________________

     J'ai aimé cette lecture moins que la première fois, il y a une quinzaine d'années. Peut-être parcequ'ayant perdu mon côté fleur bleue, j'ai été moins touchée et "tenue" par les différentes histoires d'amour (et de solitude amoureuse). Par contre, j'ai apprécié ce que je n'avais même pas capté à l'époque, à savoir "l'internationalisme" de la folie humaine, la cupidité, la soif de pouvoir.   C'est aussi une approche tout en douceur de la science-fiction, idéale pour la ménagère de 50 ans, qui n'accrocherait pas avec les robotes, les martiens, les esprits démoniaques.   Une histoire peut-être trop démodée pour les jeunes ados aguerris aux mangas et autres jeux vidéos ultra speeds...

___________________________________________________________________

Extraits:

- " Dans notre isolement de glace, nous avions oublié les haines misérables et stupides du monde. Elles s'étaient encore enflées et raidies pendant ces trois années. Leur monstrueuse imbécilité évoquait pour moi des chiens énormes enchaînés les uns en face des autres, chacun tirant sur sa chaîne en râlant de fureur et ne pensant qu'à la rompre pour aller égorger le chien d'en face. Sans raison. Simplement parce que c'est un autre chien. Ou, peut-être, parce qu'il en a peur ..."

 

- " Je le savais.  

    Je regardais tes lèvres. Je les ai vues trembler d'amour au passge de son nom.

    Alors j'ai voulu te séparer de lui, tout de suite, brutalement, que tu saches que c'était fini, depuis le fond des temps, qu'il ne restait rien de lui, pas même un grain de poussière quelque part mille fois emporté par les marées et les vents, plus rien de lui et plus rien du reste, plus rien de rien... Que tes souvenirs étaient tirés du vide. Du néant. Que derrière toi il n'y avait plus que le noir, et que la lumière, l'espoir, la vie étaient ici dans notre présent, avec nous.

    J'ai tranché derrière toi avec une hache.

    Je t'ai fait mal.

    Mais toi, la première, en prononçant son nom, tu m'avais broyé le coeur."

 

- " Pourtant nous sommes tous pareils ... Nous avons quelque chose en commun qui est plus fort que nos différences: c'est le besoin de connaître. Les littérateurs appellent ça l'amour de la science. Moi, j'appelle ça la curiosité. Quand elle est servie par l'intelligence, c'est la plus grande qualité de l'homme. Nous appartenons à toutes les disciplines scientifiques, à toutes les nations, à toutes les idéologies. Vous n'aimez pas que je sois un Russe communiste. Je n'aime pas que vous soyez de petits capitalistes impérialistes lamentables et stupides, empêtrés dans la glu d'un passé social en train de pourrir. Mais je sais, et vous savez que tout ça est dépassé par notre curiosité. Vous et moi, nous voulons savoir. Nous voulons connaître l'Univers dans tous ses secrets, les plus grands et les plus petits. Et nous savons déjà une chose, c'est que l'homme est merveilleux, et que les hommes sont pitoyables, et que chacun de notre côté, dans notre morceau de connaissance et dans notre nationalisme misérable, c'est pour les hommes que nous travaillons. Ce qu'il y a à connaître ici est fantastique. Et ce que nous pouvons en tirer pour le bien des hommes est inimaginable. Mais si nous laissons intervenir nos nations, avec leur idiotie séculaire, leurs généraux, leurs ministres et leurs espions, tout est foutu ! "

 

 

 

 

 

  

René BARJAVEL

Barjavel naît le 24 janvier 1911 à Nyons (Drôme). Son père boulanger, mobilisé pour la guerre, sa mère le remplaçant, elle n'a que peu de temps à lui consacrer, et l'enfant seul découvre la nature et s'émerveille de ses prodiges. Il se plonge dans la littérature, grandit dans l'amour d'une mère happée par le travail, et l'affection de sa cousine Nini. Ce regard d'enfant grave dans sa mémoire des souvenirs intenses qu'il répercute dans son autobiographie La charrette bleue. Sa mère meurt en 1922, des suites de la maladie du sommeil. Cette disparition précose laissera l'enfant de onze ans désemparé. 

     Si Barjavel disait n'avoir gardé aucune mélancolie de son enfance, c'est parcequ'il n'en a pas tout perdu, du bonheur incessant de vivre jusqu'aux images fortes des choses les plus simples, qui sont miraculeuses et éternelles. Il s'est
attaché à ne pas en perdre la naïveté qui préserve du mal-être de l'âge adulte. Toute occasion lui est propice à cultiver son bonheur.
     A l'école il se montre médiocre élève, voué à la succession de son père. Abel Boisselier, professeur de Français,
remarque ses qualités dans cette matière et l'exorte à continuer ses études. Son père ne peut les lui assurer, et le professeur en fait son proger et le recueille. René le suit lorsqu'il est nommé proviseur à Cusset et il devient
pensionnaire. Le baccalauréat qu'il obtient en 1927 clôt ses études qu'il ne peut poursuivre faute de moyens financiers. A dix-huit ans, il est embauché au quotidien Le progrès de l'Allier, et commence sa carrière de journaliste. Il rencontre l'éditeur Denoël au cours d'une interview et celui-ci l'embauche. Il arrive donc à Paris en 1935. Il gravit les échelons de la hiérarchie pour finir directeur littéraire.
     Marié en 1936, père de Renée et de Jean dans les deux années qui suivent, il forge, avec les maladies qui assaillent
les deux enfants, ses grands thèmes sur la Vie et la decine, ceux de La faim du tigre. Il vit mal la guerre qu'il fait dans les Zouaves, et développe un penchant antimilitariste. Il est révolté par l'esclavage du soldat et la bêtise militaire.
De retour à Paris, il publie son premier roman Ravage. Il vit, seul, la libération de la capitale où s'affrontent les allemands en fuite, les jeunes idéalistes du maquis, et les voisins devenus justiciés. Il n'échappe pas à la vague de suspicion qui agite les pensées de l'époque, mais ses amis écrivains le blanchissent des accusations de collaboration
portées contre lui. Robert Denoël n'a pas cette chance, et lorsque le comité d'épuration le démet de ses fonctions, Barjavel dirige de fait la maison d'édition jusqu'à l'assassinat de l'éditeur le 2 décembre 1945.
     Après la guerre, il mêle les activités de journaliste, de critique, de romancier et de scénariste. La tuberculose et ses lacunes financières l'empêchent de réaliser Barrabas, pour qui Dieu ne fut qu'un temps. Adaptateur, dialoguiste, le cinéma n'en gardera pas un passage marquant, malgré son empreinte profonde dans de nombreux films, dont les
 Don Camillo, Les misérables (de Jean-Paul Le Chanois), Les chiffonniers d'Emmaüs, Le mouton à cinq pattes, Le guépard, etc. Avec La faim du tigre, il croit couronner sa carrière, le ton et la conclusion en garde cette marque, mais c'est Demain le Paradis, autrement plus optimiste qui termine l'oeuvre de l'auteur qui aura vécu un formidable renou-
veau depuis cet essai.
     Avec La nuit des temps, paru en 1968, démarre sa carrière de grand écrivain populaire. Il se fait chroniqueur au Journal du dimanche, et parachève son oeuvre dans l'esprit qui surpassera désormais toutes les inclinaisons
pessimistes, celui de l'espoir.
     Il décède le 24 novembre 1985. Sans avoir apporté les réponses aux grandes questions et angoisses de La faim du tigre, qui ne l'ont jamais quitté, il a néammoins bâti tout un modèle de vie, retrouvé l'émerveillement de son enfance et, auteur philanthropique parmi tous, adopté une position tolérante et de compassion.
   ____________________
     Barjavel, le grand ancien de la science-fiction française
     A l'époque (1942) où il publie ses deux premiers romans fantastiques, Barjavel fait figure de précurseur dans le désert qu'est alors la SF française. Quand paraissent pendant l'occupation Le voyageur imprudent et Ravage, la SF n'existe quasiment pas en France. On parle de "roman extraordinaire".
Barjavel ignore les extra-terrestres, les robots, les super-héros, les voyages spatiaux en fusée ou les "martiens" répugnants. Pourtant il y développe déjà des idées typiques du déferlement des années 50 : apocalypse, fin du monde, voyage dans le temps, retour à la barbarie et autres catastrophes imputables à la technologie envahissante.
     Barjavel est aussi un écrivain de son temps. On a parfois voulu discerner dans Ravage un écho de l'idée pétainiste du retour à la terre et de la méfiance envers l'urbanisation. Il se verra à cet égard reprocher sa signature dans différents journaux de la collaboration tels Je suis partout et Gringoire. Il abandonna néammoins rapidement cette veine collaborationniste suite au succès de Ravage. Il y décrit, avec un sens aigu de la satire, une civilisation technologique du XXIème siècle (2052), ramenée au néolithique par la disparition soudaine de l'électricité, qui brutalement met fin au machinisme. Une effroyable décomposition sociale s'ensuit, où la brutalité et la loi du plus fort resurgissent dans les mégapoles en proie aux flammes et à la famine : on est en plein film catastrophe avant la lettre.
     Si Barjavel semble nettement se méfier du progrès, la suite de son oeuvre a pourtant montré qu'il n'était pas opposé au progrès (la scène finale de Ravage apparait comme une satire de l'obscurantisme). On comprend les réticences d'un homme de la terre devant l'exode rural qui allait s'intensifier jusque dans les années 70 et transformer la société française de manière irréversible. Ravage n'est-il pas dédié par l'auteur "à mes grand-père paysans" ?
     Le voyageur imprudent est bien moins engagé, c'est un chef-d'oeuvre de poésie pure et de cruauté humoristique, qui précède en outre les années 50 dans l'exposition de ce qu'on appelle le "paradoxe temporel".
     Avec Le diable l'emporte (1948), la SF barjavelienne s'américanise un peu, puisque le thème de la 3ème guerre mondiale, au sortir d'un conflit effroyable terminé dans les flammes atomiques porteuses de fin du monde, sera l'un des favoris de la SF américaine, dans un monde vivant désormais sous la menace d'une apocalypse guerrière russo-
américaine.
     Barjavel ira jusqu'à envisager que l'humanité s'est dotée de la bombe atomique par instinct malthusien de limitation de l'explosion démographique, thèse exposée dans La faim du tigre sur un ton philosophique voltairien au "second degré" dévastateur.
     Les années 60 verront Barjavel très en phase, plus ou moins consciemment, avec les idées de mai 68 (Les chemins de Katmandou) qu'il évoque même avant qu'elles ne s'expriment, dans La nuit des temps (où le thème de la guerre totale est de nouveau exploité), ainsi que dans Le grand secret où l'on découvre un Barjavel nettement favorable à la libération sexuelle et plutôt libertaire.
     Il est aussi un des rares auteurs de SF à avoir traité de manière approfondie et spéculative le thème de l'immortalité.
Dans Lettre ouverte aux vivants qui veulent le rester, il prend clairement position contre le nuléaire civil.
Néammoins, on ne peut le classer politiquement ( voir les rapports entre la russe Léonova et l'américain Hoover dans La nuit des temps).
     D'un point de vue stylistique, Barjavel surnage nettement au-dessus de la production de SF, française ou non. C'est l'un des rares auteurs à n'avoir pas considéré la SF comme une littérature indigne de la qualité exigée de la littérature "standard", et de ce point de vue, les auteurs de SF qui peuvent se comparer à lui sont peu nombreux.
                                             Souce : Wikipédia

17.09.2007

Une goutte d'eau

9cbe6bc1c7908c141b01e23c788fdb55.jpg

 

Je ne suis qu'une goutte d'eau

un peu salée c'est vrai,

qui coule le long de ta peau,

un peu navrée je sais.

 

On ne m'a pas donné le choix

de l'oeil d'où m'écouler,

mais il me plaît que ce soit toi

que je vienne caresser.

 

Même si je ne sais pas pourquoi,

où ton malheur est né,

je ne t'abandonnerai pas,

toi et moi sommes liés.

 

Considère-moi comme un cadeau,

je purifie les plaies.

Il n'est pas de regard plus beau

que celui qui transmet.

 

        Tommie

 

  Photo: Vince (merci, elle est superbe)