26.02.2009
Y'a toujours un quai...

Toujours à vouloir aller plus loin
Toujours à regarder vers ailleurs…
Pourtant t’avais de l’or au bout des doigts,
pourtant t’avais de l’or dans la voix.
Y’a toujours des pourtant mon ami,
des pourtant toujours freinés par la vie.
Il y a des voies de chemins de fer
qui aguichent tes rêves solitaires.
Des rames qui te conduisent pour perpète
dans les songes anarchiques de ta quête.
Dans tes nuits, tu remontes les wagons
qui te ballotent dans leur doux ronron.
Odeur de cuir et de tabac froid,
la dame t’empêtre dans tes émois.
Le jour, tu marches entre les rails, rêveur.
Tu comptes les traverses, sans erreur.
Ou tu regardes droit vers l’horizon
qui te promet un tas d’autres versions.
Toujours à vouloir aller plus loin
Toujours à regarder vers ailleurs…
Souvent t’enrages à t’en péter les dents
et tu sanglotes tel un petit enfant.
Tu t’imagines fixant le prochain train
droit dans les phares, un ultime destin.
Alors tu continues à t’engager
chaque fois plus loin sur la voie ferrée.
Tu découvres de nouveaux paysages
à mesure que tu avances en âge.
Le mystère bataille contre la candeur,
la liberté dévoile sa noirceur.
La raison l’emporte sur le frisson
et te révulse le cœur en moisson.
Tu sais qu’un jour tu regretteras
de ne pas avoir aiguillé tes pas
vers le quai désert qui t’appelait,
vers la vieille loco qui toussotait.
Toujours à vouloir aller plus loin
Toujours à regarder vers ailleurs…
Tommie
A celui qui m'a inspiré ce texte et qui se reconnaitra ;-)
00:24 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
Rêves fugaces

Parfois la solitude se fait encore plus pesante,
enveloppant de ses tentacules la pénible attente
née de rêves déments par lesquels tu te laisses berner,
dans une crise folle de désirs et d’avidité.
Il suffit d’un mot réconfortant, d’un sourire sincère,
pour réveiller la naïveté rangée sur l’étagère.
Alors le cœur tachycarde, la pensée logorrhéique,
le désespoir s’empêtre dans des airs euphoriques,
qui anéantissent la prudence et les bonnes raisons
qui t’ont plongé dans l’éloignement et la rude prison.
Un semblant de vie prend le pas sur l’anéantissement,
un souffle de fraicheur dissipe le renoncement.
Tu te laisses envahir, pour quelques minutes ou quelques jours,
par un possible réinventé dégainant sans détours,
derrière un masque coloré, des effluves de parfums
envahissants, comme la clarté des petits matins.
Ton esprit troublé est partant pour une grande aventure
tissée dans les fils barbelés de tes propres parjures.
Et puis tu retombes brusquement du vent qui t’embrassait,
au moment même où tu comprends que le rêve était surfait.
Un éclair de lucidité te gifle en pleine face,
te dégomme lamentablement en haut de tes échasses.
Tu retournes à ton coma en reposant les pieds sur terre,
tu regrettes le doux songe qui t’a sorti de ta misère.
Tommie
00:20 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Mon graal
![1-picture1[1].gif](http://geometrievariable.hautetfort.com/media/00/00/925220469.gif)
Je m'en retourne à la recherche de mon graal
pour quelques semaines.
Yoann, Kris, Nath, Katell, Béatrice, ...
vous allez me manquer.
David : tu n'as pas une compo à faire et à chanter ? ;-)
Docky : ah Docky ! Mon presque frère de mésaventure ;-))
Je vous embrasse tous.
A dans quelques temps.
Je laisse un dernier poème...
00:13 Publié dans Allo, SOS amitié ... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
24.02.2009
Des ronds dans l'eau

Au bord du canal, un drôle de ballet.
Un homme en cavale, pas loin de plonger.
Il prend son élan, fait des petits bonds,
hésite un instant… part à reculons.
Et puis recommence, nouvel exercice,
un, deux, trois, se lance… et stoppe l’hélice !
A quoi joue t-il donc ? Faire peur aux poissons ?
Mais on n’a pas peur sous cet horizon !
Ils s’impatientent, nageoires en extension,
et l’encouragent, proches de l’implosion.
L’homme est un peu couard, à n’oser sauter.
Rien ne l’empêche de prendre l’escalier !
Maintenant, c’est un bel attroupement
et des bouches bien rondes en suspens.
Vue la saison, il y a peu de chances
que de natation, il tente l’expérience.
Et voilà qu’il recommence… puis s’arrête.
Il s’assoit. Aie ! En plein sur une arrête.
Il se met à pleuvoir, lui à pleurer.
Il renifle. L’assistance est médusée.
On s’agite des écailles, dans les ronds.
On en a connu des plus moribonds !
Des qui ne se mettaient pas au supplice
à trop regarder vers le précipice.
« C’est pas pour cette fois ! » crient-ils en partant.
« C’est pas pour cette fois ! » miaule t-il en mouchant.
Il se met debout et tourne le dos,
et les poissons retournent sucer des os.
Il faudra qu’il se décide à sauter
lorsque la réserve sera épuisée !
Tommie
00:28 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
18.02.2009
Une vie de damnés

On les avait tirés du liquide amniotique,
du paradis où ils flemmardaient, extatiques.
On avait vivement aiguisé leurs esprits
en les exposant aux lumières de la vie.
Des cris et des sourires comme des cicatrices
plongeaient leurs regards dans d’infinis précipices.
Ils s’accommodaient au noir avec précaution,
sentant là le danger de la domination.
Ils avaient appris à s’équiper de béquilles
pour absorber les chocs, esquiver les torpilles.
Ils trouvaient refuge à l’ombre de leurs secrets,
un empire de folie où ils s’enlisaient.
On les trouvait trop actifs ou trop effacés.
Ils étaient juste à la recherche du feu sacré
qui les embarquerait vers une autre planète
sur laquelle ils règneraient en anachorètes.
Les années passaient, ils grandissaient. Solitaires.
Et commençait à gronder en eux le tonnerre.
Ils n’allaient pas tarder à voir les démons,
impatients, fin prêts à sortir de leurs gonds.
Ils entraient là dans une nouvelle souffrance,
celle qui s’immisce par la porte de la conscience.
La vraie confrontation aux autres et à leur monde
allait soulever des vagues de mauvaises ondes.
Tels des étoiles filantes, ils allaient fuir,
encore et toujours, impuissants à se construire
un semblant de vie remplissant les bonnes cases,
trop accaparés à gérer leurs métastases.
Ils ne demandaient pas plus que d’être acceptés
comme de simples hommes avec une infirmité.
On les considérait comme des inactifs
incapables de fournir l’effort productif.
Au mieux, on les voyait comme des parasites
se plaisant à profiter de leur flémingite.
Au pire on avait peur et on les haïssait
de souiller le paysage idyllique, surfait.
Alors on se contentait de leur faire aumône
de quelques piécettes pour les tenir dans leur zone,
en prenant soin de bien rester indifférents
à leur survie misérable, à leurs sentiments.
Et personne n’irait à leur enterrement
sinon un membre de la famille, un soignant,
avec lequel ils ont accroché à l’asile
dans les pires moments, quand ils étaient plus fragiles.
Tommie
21:05 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
15.02.2009
Le temps figé

Le temps s’arrête. D’un coup tout se fige.
Les aiguilles des horloges n’avancent plus, comme prises par le givre.
Les clochers des églises et des cathédrales se sont tus. Dieu avec.
Fini le gling-gling des tiroirs-caisses et de la monnaie sur le zinc.
Les cafés refroidissent. Les bières ne moussent plus. Les steak-frites ne sentent plus.
Les rictus restent idiots aux lèvres des métaphysiciens de comptoirs.
Pour une fois, les enfants pourraient traverser la rue sans risquer de se faire butter.
Les petites vieilles aussi. Et puis jouer au parc en toute tranquillité.
Leur innocence préservée des vautours planant autour de leur virginité.
Les feuilles mortes cessent de tourbillonner, entre ciel et terre. L’hiver ne viendra pas.
Les pauvres auraient moins souffert, mais ils ne le savent pas. C’est dommage.
On ne chantera pas « aujourd’hui on n’a plus le droit », en remplissant les caddies, de moins en moins.
Aux urgences, le panaris ne lance plus, et dans le box réa un cœur reste en suspend. On attend son tour patiemment.
Dans les étages, les infirmières sont entre deux courses. Les patients n’attendent pas en râlant.
On ne souffre plus. On ne soigne plus. On ne meure plus. Tout le monde à droit à une pause.
Entre République et Bastille, le défilé pose pour la photo. Les CRS, au repos, gardent leurs bombes lacrymos.
« Sarkozy au piloris, ta réforme… ». Le porte-voix n’a plus de souffle. Les bouches retiennent leurs cris.
Des poings restent levés, des têtes restent baissées. L’étudiant côtoie l’ouvrier, et la rage des casseurs qui ne cassent plus.
Aux assemblées nationales et internationales, on dirait qu’on était au courant.
Ca s’ennuie, ça baille, ça s’étire, ça ronfle même avant. Nos représentants doivent être devins.
D’ailleurs, les trois quarts ne se sont pas déplacés. Ils ont pris le temps de bien s’installer à la maison.
Dans les usines, les machines sont à l’arrêt. Leurs esclaves n’entendent plus le bruit
qui emplit leur quotidien. Les mains ne s’affairent plus. Les petits chefs n’espionnent plus.
Les patrons n’exploitent plus. Les actionnaires cessent de réclamer encore plus.
Au croisement des rues Giraudeau et Bastié, les pneus ne crissent plus, les tôles froissées ne grincent plus.
Une rigole d’essence stagne, le sang se coagule. L’enfant démantibulé projeté ne retombe pas.
Les badauds sont médusés. Un ange passe qui ne peut rien décider. La mort est suspendue.
En salle de travail, une petite tête brune vient d’apparaitre, mais n’ira pas plus loin.
Ca tombe plutôt bien : En un quart de seconde il a vu défiler sa destinée, et il n’a pas aimé.
Faut pas prendre bébé pour un couillon. Alors merci, mais non merci.
Un missile vient de toucher Gaza. Les victimes sont figées, la bouche ouverte sur un cri.
Le sang a jailli, à grands flots, mais il n’a pas eu le temps de s’écouler.
Ni les corps de s’écrouler. C’est pourtant pas haut un enfant…
Tommie
NB : c'est un peu expérimental mon truc là, pas vraiment une réussite ;-(
20:58 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
09.02.2009
Délirium pas mince
![5326[1].jpg](http://geometrievariable.hautetfort.com/media/02/02/623420654.jpg)
L'apocalypse dans leurs yeux
faisait écho à la fureur
qui jaillissait comme un aveu,
comme exutoire à la frayeur.
Tout ce monde là dans leurs oreilles
hurlait comme mille Lucifer,
jetant les démons en sommeil
à travers toutes les meurtrières.
Ils étaient un, ils étaient cent
à louvoyer derrière leur dos,
à ramper en se pourléchant,
à lorgner sur leurs petits os.
Fonçant alors comme un bélier
ils rassemblaient tout leur courage,
pour affronter tous ces guerriers,
tous ces fauves d'un autre âge.
Gesticulant comme de beaux diables,
leurs poings crasseux mis en avant,
ils défonçaient même les tables
qu'ils auraient jurées de sang.
Alors ils se faisaient plaquer
par des gaillards en blouse blanche,
qui tentaient de les rassurer
tout en leur bloquant les hanches.
Un liquide miraculeux
venait se planter dans leur fesse,
dernier rempart cafardeux
faisant office de caresse.
Tommie
01:56 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
03.02.2009
Tapioca

C'est pas Byzance cette histoire là,
un vrai cauchemar éveillé.
Chaqu' fois qu' j'y pense j'y crois pas,
tellement je suis malmenée.
J' ne peux pas tout vous raconter,
on n'aurait pas assez de temps.
Et j' voudrais pas vous effrayer,
vous voir partir en un instant.
C'est vrai que les histoires des autres
on veut bien s'en mêler un peu.
Mais pas question que l'on s'y vautre,
ça devient vite eczémateux.
Je pourrais l'écrire cette histoire,
en faire une autobiographie.
Mais ça frise'rait le dépotoir,
on crierait à la mythomanie !
Alors je la garde pour moi,
bien au chaud dans mes entrailles.
OK, c'est sûr, ça me rudoie
et je n' suis pas toujours de taille.
A défaut d'en faire un roman
je me dévoile à petits pas.
Pour ne pas être malséant
je n' vous crache pas mon tapioca.
Tommie
20:56 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : slam-poésie
28.01.2009
Obsession

Ce soir il faisait doux et pluvieux
et je ne suis pas rentrée trop tard.
J'avais l'esprit un peu cafardeux
derrière mon verre, dans ce petit bar.
Il y avait un vrai brouhaha.
C'est fou ce que le monde est bruyant.
A moins que c'la ne vienne de moi,
de n' pouvoir supporter tous ces gens.
Alors j'ai scotché mes écoutilles
et me suis renfermée un peu plus.
J'ai ressorti mes bonnes vieilles béquilles
qui m'aident à me sentir moins perdue.
Je n'ai plus entendu que la pluie,
qui semblait battre contre mon coeur.
Mon coeur qui replongeait dans sa nuit,
l'averse faisant rigoles de pleurs.
J'ai repensé à ce jour étrange,
ou plutôt à ces quelques minutes,
où j'ai bien cru devenir un ange
pour en terminer avec ma chute.
J'avais lâché prise sur mon corps,
je n' sentais plus que mon cou serré.
Je respirais d'un souffle de stentor
de l'air qui pouvait encore passer.
Je n'avais plus un esprit, mais une âme !
Un doux voile recouvrait ma vie,
j'étais aspirée comme une flamme,
j'amorçais mon voyage vers l'infini.
Mes yeux ouverts ne voyaient que du noir,
je me sentais évanescence.
Je m'éteignais comme le jour en soir,
je m'apprêtais à perdre connaissance.
Et puis l'erreur est arrivée,
avec cet homme aux gestes surs.
Comme un pantin désarticulé
j'ai assisté à la déchirure.
Mais toujours je me souviendrai
de ce moment de béatitude,
où la délivrance j'ai frôlée de près,
qui a conforté ma solitude.
J'ai payé et suis rentrée chez moi.
Dans les rues aux pavés luisants
j'étais triste et sereine à la fois.
Parce que disparaître, je savais comment.
Tommie
22:24 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
25.01.2009
Y'en a qu'en meurent...
![x1pNWjjkHJ3o_z5FRLBvYU2jCWeHpFu3I7BBL_rraMoXxNZrnlazTrPBZQteYT1C6v2xwZc7j4LC9PQ9c8AuKu-mnoMtPDKw7ut3c4CiekHUVM[1].jpg](http://geometrievariable.hautetfort.com/media/02/01/790518637.jpg)
Y'en a qui crient
y'en a qui pleurent
y'en a qui prient
y'en a qu'en meurent ...
Dans les asiles c'est la misère,
ça sent l'urine et la phobie.
Y demeurer est un calvaire
pour qui n'a pas perdu l'esprit.
Les aliénés mettent tout leur coeur
à pratiquer sans mode d'emploi
le jeu macabre de l'horreur
capable de les tuer d'effroi.
Dans la folie qui les accable
y'a parfois la lucidité,
qui gesticule comme un beau-diable,
qui balance la réalité.
Ils se la prennent en pleine face
et se retrouvent totalement nus.
Quel est cet être dans la glace
qui leur parait tout biscornu ?
Ils encaissent mal leur échec
à vivre dans ce monde là,
alors qu'ils donneraient ongles et bec
pour se sortir de ce fatras.
Mais la folie est la plus forte
qui vient les reprendre en main,
qui dans leur délire les emporte
pour retrouver leur vrai chemin.
Y'en a qui crient
y'en a qui pleurent
y'en a qui prient
y'en a qu'en meurent...
Tommie
16:44 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
22.01.2009
Des larmes (pour un devenir)

Les larmes contenues de l'enfance,
qui perdurèrent à l'adolescence,
livrent en plein toute leur quintessence
quand l'adulte prend enfin conscience.
Conscience qu'il s'est laissé étouffer
par ceux qui, dans leur perversité,
l'ont empèché de s'éveiller
à un monde de potentialités.
Il ne faisait pas bon prendre part
à l'animosité dont on se pare,
lorsque dans la haine on s'égare
pour mieux s'engager dans la bagarre.
Mais que faisait-il au beau milieu
ce petit être merveilleux,
qui retenait les larmes dans ses yeux
de peur qu'on le sache malheureux ?
Personne ne le voyait souffrir,
à un univers secret se convertir.
Et à défaut de pouvoir s'enfuir
être un perdant en devenir.
Car on ne gagne pas une guerre
contre des autres la colère,
alors qu'on est privé de repères
entre les tirs nourris des adversaires.
Aujourd'hui il vit mal
dans un monde un peu bancal
qui pourrait lui être fatal
s'il devait perdre son idéal.
Tommie
21:13 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
17.01.2009
Pied de nez

Par delà les flammes mouvantes de ton coeur,
par delà les stries rougeâtres de ta douleur,
tu voles en ricanant dans de drôles de volutes
où les sourires sont dessinés à l'uppercut,
les yeux rincés, délavés, par des nuits trop longues,
les mains agrippées à de jeunes formes oblongues.
Ouais, tu te marres à en chialer comme un tordu
en voyant leurs faces blèmes fixant le pendu.
Tu peux te vanter de leur avoir fait la nique
en t'offrant une superbe et ultime trique,
chouette cadeau de départ en apothéose
pour celui qui rêvait tant de métamorphose.
Mais c'est une gloire qui ne dure qu'un instant,
le temps que l'on décroche ton corps doucement.
Et déjà on pense à toi comme à une horreur,
ton corps froid et souillé qui révulse le coeur.
Dans les regards, la haine et la pitié se mêlent
ignorant que tu signais là ton label.
Soudain ton rire de fou devient sarcastique,
crachant ton statut devenu anecdotique.
Fallait-il qu'ils soient véritablement matheux
pour ne pas voir là la facture de tes jeux ?
Ne voyaient-ils pas les stigmates de ta lutte
gravés au cutter à chaque pas de ta chute ?
Puis tout à coup ta morbide rancoeur s'éteint.
Par une lumière douce et claire de petit matin
ton âme se laisse dériver et aspirer,
comme si la plus belle des filles venait t'aguicher.
Ton rire effrayant cesse et ton esprit s'éclaire,
d'un salut irrévérencieux tu te libères...
Tommie
23:29 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
13.01.2009
Les recalés

Dans les coins sombres comme sous la terre,
pissant au pied des révèbères,
des ombres telles des panthères
se gaussent de fuir la lumière.
Ils sont un comme ils seraient cent
à louvoyer à chaque instant,
à renifler l'odeur du sang
qui coule dans leurs affluents.
Ils détestent toutes les couleurs,
qui ravivent en eux la douleur
du temps où elles servaient de leurres
conduisant au grand computer.
Ils n'ont pas répondu à l'appel
des sirènes servies à la pelle.
Ils ont détesté qu'on les hèle
pour le passage à la javel.
Ils ont rapidement compris
qu'ils n'étaient bons que pour la pluie,
que leur domaine serait la nuit
qui leur accorderait sursis.
Quand par malheur ils sont visibles,
on les baygonne comme des nuisibles,
dans une haine incoercible
qui les confine à l'inaudible.
Ils vivent pareils à des transfuges,
errant de repaires en refuges,
n'acceptant pas qu'on les méjuge,
se protégeant de tout grabuge.
Leur vérité c'est le danger
qui les poursuit comme l'épée.
Ils craignent sans cesse de plonger
dans les abîmes, privés d'apnée.
Tommie
21:54 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
12.01.2009
R. BOHRINGER Le bord intime des rivières

Quelques années après " C'est beau une ville la nuit ", Borhinger nous offre le prolongement, entre poésie et autobiographie.
Comme il l'écrit, il n'est pas un "gars de la syntaxe", il est " de la syncope, du bouleversement intime ". Et son phrasé est unique : phrases sans verbe ou pas terminées, au lecteur de combler les vides. Les silences éclaboussent et créent des pauses dans le torrent des mots. Il écrit comme il parle, il parle comme il ressent, il ressent comme il vibre ou souffre.
Une souffrance aussi criante que son amour pour la vie. Et la quête du bonheur, déconcertant, abrupte, parfois proche du précipice. Avec l'âge, le bonhomme s'est assagi, et nous invite au calme apparent du bord intime d'une rivière. Son écriture est plus maitrisée, plus ordonnée, la beauté et la violence des images toujours aussi prenantes.
Plus que jamais, il y a les Paulo. Le Paulo d'en haut, parti trop tôt, et auquel il s'adresse sans cesse, et les Paulo d'en bas, qui traversent son existence, pour un temps ou pour toujours. Il évoque son amour des femmes - qu'il respecte tant -, le calvaire de la drogue, son amour pour le blues, qui lui colle comme une seconde peau, son admiration pour les boxeurs (pas la boxe), et sa découverte de l'Afrique et du désert. Une Afrique qui, on le sait, ne le quittera plus puisqu'il a obtenu la nationnalité sénégalaise, et tourne avec son groupe de musiciens africains. Le griot blanc, c'est son surnom là bas, dans l'émouvante et cruelle Afrique...
Extraits :
- " Paulo, c'est Paulo. Celui qui est parti trop vite. Trop haut. Celui qui manquera toujours. Et puis il y a le Paulo qui vit. Le Paulo d'en bas. Celui qui frétille comme un gardon. Paulo d'en haut, y'a des fois où je te vois dans le noir, dans les torrents, dans la lumière. Y'a des bouts de toi. Le Paulo d'en bas il aime la vie. C'est la vie qui se fout de lui. L'amour y'a des fois. Y'a des fois pas.
Je te jure Paulo, si tu revenais, je te referais plus le coup du saxo qui a du chagrin. A moins que ça te fasse encore marrer. C'est peut-être pour ça qu'on s'est tant aimés. Tous les coups on se les refaisait sans cesse. Un truc d'Indien. Jamais mort Paulo. Jamais définitivement disparu. "
- " Il neige sur Turin. Les putes partent au boulot. On se regarde dans le fond des yeux. Chacun va faire son show.
Si Mamie me voyait. Elle comprendrait pas. Ma Mamie. Elle comprendrait pas que j'aime ces gens-là. Que j'ai besoin de vivre dans des couloirs mal éclairés avec le son d'un sax qui viendrait de la pièce du bout. Que j'ai besoin de pousser la porte. De m'asseoir sur le lit pourri. Que j'ai besoin de la voix de la petite pute qui dit : A tout à l'heure, faites pas les cons ! Comme dans une vraie maison. Que j'ai besoin d'être cassé de fatigue dans une caisse comme si j'étais chanteur de blues. Comme si j'étais le meilleur. Celui qui a le plus souffert. Celui qu'une fille splendide attend quelque part. Le jour où il saura chanter le blues. "
- " Agadès qui s'endort. Agadès qui se réveille. Petit jour africain. Les poules picorent sans bande-son. Y'a des Noirs en uniforme. Agadès perdue au milieu des sables. Agadès la bleue.
A cinq heures à la porte d'Agadès. A la porte du désert qui balaie la piste. Entouré de gamins qui tendent la main. Des petits malins comme les tiens. La misère qui grouille. C'est gai. Clic-clac fait le photographe pas japonais. Dans le genre : Allez loin. Prenez la température des alizés. Parfum. Revenez sidérés.
Le gros camion-citerne. Les gros zincs des rupins saoudiens.
Dès que tu sors du hangard, t'as déjà du sable dans le passeport. Tu voudrais que tous tes Paulo vivent ce moment-là. "
- " Je vous regardais de loin. Les flammes du feu vous rapprochaient. Le nid en plein désert. Romantique Papytoufou. Emerveillé de ce voyage inespéré au milieu d'une vie de labeur. Il est devenu l'ami de la tribu. L'homme qu'on respecte. Les Touaregs prenaient soin de lui. L'air de rien. Que personne ne vienne troubler le rêve étoilé de l'homme au cheveux blanc.
Ils s'amusaient avec douceur de ce rêve dont ils étaient les maîtres. Papy Georges s'endormait. C'était tout bleu.
Alors je faisais le clown. J'imitais les animaux au milieu des étoiles. On riait. "
- " Les mots, arriver à les foutre sur papier. Y'a des fois en pleine trajectoire, à fond la caisse dans la phrase, t'éclates, tu déjantes, et cette foutue phrase cahote dans l'herbage pour finir comme une conne loin du rivage.
Je pars en voyage. Devant mon clavier. Mon bel ordinateur de mémoire. Ma boîte à songes. Ma belle gonzesse obsédante. J'irai au hasard de l'animateur. L'organisateur sans visage.
Je suis pas un gars de la syntaxe. Je suis de la syncope. Du bouleversement intime. Je me fous du verbe et de son complément. Faut pas faire le malin avec les mots. Faut les aimer. Ca file du bonheur, les mots.
Je veux écrire pour être avec les autres. Ceux que j'ai connus. Ceux que je veux connaitre. Ceux que je ne connaîtrai jamais. Je veux écrire pour être meilleur humain. Pour éviter la disgrâce. "
02:16 Publié dans autobiographie et récits apparentés | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
10.01.2009
Deux-trois minutes d'extase

Aux confins de la lande du silence,
où le soleil s'éteint, où les vents s'essoufflent,
se cache un monde à la jolie constance,
offrant des horizons de paix - camoufle.
On s'y rend par des chemins tortueux,
c'est là la seule condition au passage.
Il faut savoir ce qu'est être malheureux,
un peu comme une séance de rattrapage.
On trouve là un repos bienfaisant
où la pensée cesse de se retourner
comme l'estomac au creux de l'océan.
On s'installe pour une autre traversée.
On part pour un voyage en solitaire
à travers les méandres de l'esprit.
On se laisse aspirer par d'autres sphères,
s'écouler vers d'inconnus infinis.
De l'apesanteur le corps se délivre
comme happé par la force d'un grand vide.
Images et sensations de pantins ivre
ou d'une nouvelle espèce d'androïdes.
C'est le refuge ultime des addicts,
un peu comme la méditation des sages,
où l'on tente d'échapper à la vindicte
en évitant tous les télescopages.
Tommie
21:38 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
06.01.2009
Une vie gâchée

La peine ne cause plus, elle s'est tue.
A force de soliloquer, elle s'est lassée.
Personne ne l'écoutait, ni ne l'entendait.
Elle en avait des choses à dire, sans mentir.
Mais l'enfant trop calme, sans vacarme,
ne suscitant pas l'émoi, en resta coi.
Il trouva alors refuge, comme un transfuge,
dans un univers secret, où il survivrait
plutôt mal que bien, pas serein.
Il aurait bien hurlé, mais il était muselé
par la peur et l'injustice, au supplice.
On ne voyait pas qu'on lui faisait du mal, abyssal.
Enfin adulte et responsable, mais friable,
il continua la survie, sans envies.
Rendu médiocre par le conditionnement, sans élan,
il se rendit où il cru bon, à fond,
et se ramassa une grosse gamelle, cruelle.
Ce monde là aussi n'était pas pour lui.
Les maux d'antan avaient fait leur cheminement,
et venaient le saccager, citron pressé.
Peu à peu il prit conscience de sa déviance
et tenta de se remettre sur le droit chemin, en vain.
Jusqu'à ce qu'il sut qu'il ne se débarrasserait plus
de la maladie qui avait grandi avec et malgré lui.
Tommie
22:01 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
01.01.2009
Allo la Terre

Je suis allée sur la Lune
des nuits où elle m'aguichait.
Et j'en ai eu pour mes thunes
du spectacle qu'elle m'offrait.
J'y ai vu la planète Terre,
que l'on surnomme l'orange bleue,
dans une drôle d'atmosphère,
comme un voile cafardeux.
Dedans cette brume épaisse,
j'ai senti l'infecte odeur
de la poisse et de la graisse
des hydrocarbures, l'horreur.
Dans cette couverture chaude
j'ai bien failli étouffer.
En plein dans mes maraudes
l'air se montrait saturé.
J'ai passé cette frontière
pour y voir de plus près,
et un monde de lumières
de mille néons s'exhibait.
Dans la nuit illuminée,
un sommeil perverti
par les enseignes allumées,
pour mieux nier la myopie.
Des boutiques et plein de pubs
de luxe faisant miroiter.
Il faut bien qu'on nous entube
pour nous faire plus consommer.
Mais la nuit qui peut bien les voir ?
Les dépressifs insomniaques
et ceux qui couchent sur le trottoir ?
Quelle société démoniaque !
Et puis la fumée des usines
m'a attaquée aux yeux.
Des usines à plein régime
et des travailleurs nuiteux.
La grande course au profit,
rythmée par les gyrophares,
ne roule jamais au ralenti
comme l'alcool dans les bars.
Et puis y'avait des fêtes,
pour mieux traquer l'ennui,
pour faire tourner les têtes
histoire de croire à la belle vie.
J'ai vu toute la misère
qu'on ne pouvait dissimuler.
Des paumés marqués au fer
et les sirènes des pompiers.
Le contraste m'a choquée
des classes qui s'affrontaient.
Des humains robotisés
qui en oubliaient la paix.
En redescendant sur Terre
je ne trouvais plus mes mots.
Alors que je menais ma propre guerre
sous de sacrés oripeaux.
Tommie
00:36 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Bonne année ???
![fete[1].gif](http://geometrievariable.hautetfort.com/media/02/01/494899791.gif)
Une année vient de trépasser.
Une nouvelle vient prendre le relais.
Et rien ne va réellement changer.
Maux et galères continuent à se succéder,
dans l'indifférence d'une société saturée
sous le joug d'un petit dictateur zélé.
L'homme est réduit à l'état d'objet,
que l'on peut tourmenter à souhait
et dans la merde le laisser un peu plus macérer.
BONNE ANNEE A TOUS
malgré tout
Je vous souhaite de ne pas voir vos problèmes s'aggraver,
à défaut de ne pouvoir les rêgler.
Profitez bien des petites joies que vous vivrez.
Vous pourrez toujours vous les rappeler
lorsque les vents auront tourné.
Puissent les mots un peu nous soulager,
la poésie comme travestissement de la réalité (hey Docky :)
Pour certains c'est une nécessité...
00:33 Publié dans Allo, SOS amitié ... | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
30.12.2008
Un temps à ne pas sortir un agneau

Derrière les portes, derrière les murs,
dans les furtifs entrebâillements,
on entend de vaches murmures,
un peu comme des sifflements.
Ça balance d'opinions toutes faites
en pures inventions médisantes.
Ça vous ferait prendre perpète
ou mieux s'il y avait la coupante.
Chez les homo sapiens pas bien,
guère plus haut que chez l'australo
qui n' bouffait pas de l'étouffe-chrétien
sous la menace des fachos.
C'est là la belle évolution
de l'humain à la queue en panache,
de faire souffrir le trublion
qui passe trop près de sa hache.
Alors il n'est jamais de bon ton
de manifester son désaccord,
ou de siffler un nouveau son,
de proposer un autre abord.
On serait pourtant bien meilleurs
en associant nos savoir-faire.
Et puis ça mettrait des couleurs
qui nous éloigneraient de l'enfer.
Tommie
21:08 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
23.12.2008
Noël

JOYEUX NOËL A TOUS
FIDELES OU PASSANTS DU HASARD
19:01 Publié dans Allo, SOS amitié ... | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Sensuel

Pourvu que jamais ne cessent
tes caresses
ni tes mots doux
susurrés dans mon cou.
Nos jeux de frôlements
figent l'instant
où de charnelles
nous en ferons de belles.
Donne-moi ta chaleur
ou je meurs
et dans tes yeux
je veux voir l'amoureux.
Sur mon corps dénudé
pose un baiser
fameux prélude
à la béatitude.
Capture mes blancs seins
entre tes mains
et goulument
savoure les longtemps.
Puis ose l'intrépide
comble le vide
délivre l'homme
d'érotisme consomme.
Tommie
18:49 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : slam-poésie
20.12.2008
L'écrivaillon

Je n'ai plus de rêves et j'suis qu'un écrivaillon
qui croit se la jouer sur du papier brouillon.
J' pousse pas la plume, non, c'est le feutre qui racle,
qui essaie en vain de contourner ma débâcle.
J'ai la chance d'avoir pour écrire beaucoup de temps,
mais j' le gaspille comme la tempête souffle les vents,
à dormir et à rassembler tous mes esprits
qui, il faut le savoir, fonctionnent au ralenti.
J'suis pas de ce monde et c' n'est pas une sinécure
Car il ne suffit pas d'aligner quelques rimes
pour accoucher de vers ciselés à la lime.
Pourtant en mon sein le besoin profond m'entaille
m'écorche, m'agrippe, me capture et me tenaille
de rédiger sur la page en rouge sur blanc
l'étendue des émotions qui bouillent dans mon sang.
Tommie
18:07 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Choupinette

18:05 Publié dans Allo, SOS amitié ... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16.12.2008
Les maudits mots

Les mots qu'il faudraient dire ne sont pas ceux qui sortent.
C'est que dans notre esprit ils prennent d'autres portes.
C' n'est pas par distraction ni par diplomatie,
c'est plutôt parce que les vrais mots on les oublie.
Les mots - cajole qui pansent la souffrance
en perte de vitesse, sont en errance.
On leur préfère des mots durs et abrupts
qui rappellent qu'on n'a pas l' droit à la chute.
Le mot plaisir est dev'nu indécent
tant la misère a pris son plein élan.
Le désespoir se fait encore timide
à trop guider la lame vers la carotide.
A force de sing'ries, en déclin l'humour.
On lui préfère un vulgaire bien balourd.
Du sexe, de la vach'rie et du scato,
la délicatesse se perd dans les gros-mots.
Bien-sûr, les mots - verdicts choquent encore
tant sont tabous la maladie et la mort.
Quand on n' comprend pas on s' voile la face,
dénies et banalités cachent les grimaces.
Les mots qui parlent d'amour et d'amitié
sont trop utilisés ou galvaudés.
A quoi bon avoir tant d'amis sur Face book
si derrière le virtuel se cachent de vrais boucs ?
Alors moi je prends bien garde à mes mots
pour ne pas être complice de ce chaos,
mais il faut pour c'la qu'on me laisse le temps
de connaitre et d'appréhender les gens.
Tommie
21:23 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : slam-poésie
Pousinette
21:20 Publié dans Allo, SOS amitié ... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
11.12.2008
Tempête

C'est jour de tempête
dehors il fait grand vent
et au-dessus de ma tête
grondent les sentiments.
La mer déchaînée s'entête
à cogner les rochers
comme cogne dans ma tête
la douleur de la saignée.
Le sang en tempête
écume en vagues déferlantes
ça explose et ça pète
de sombres pensées claquantes.
L'esprit malin s'entête
contre la force du monde
contre le souffle de bête
la fronde fétide et immonde.
Tommie
18:35 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
02.12.2008
Un air léger

File le vent file l'oiseau,
filent les rêves au fil de l'eau.
L'oiseau s'entête à voler haut.
Cesse de courir stoppe le temps,
il est grand temps d'être fainéant.
Vas-y tout doux clopin-clopant.
Sifflote un air l'air de rien,
l'air s'engouffre dans ton sein.
Pourvu que l'air reste sain !
Ouvre ta vie ouvre ton coeur,
contre la vie il y a la peur.
Ignore la pour ton bonheur.
Tend une main et serre un poing,
le poing se perd dans la main.
Point de colère pour demain.
Tommie
21:58 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
26.11.2008
Mon premier recueil
Une période sombre vient de s'achever. Une autre ( sera t-elle moins difficile moralement ? ) démarre, avec de nouveaux textes un peu différents.
Pour marquer le coup, j'ai pris mes poèmes les moins mauvais pour les mettre sous forme de livre ( quelque chose d'assez archaïque ), une façon comme une autre de se faire plaisir !!! Et je vous en présente le résultat ( malheureusement, les couleurs sont mal passées à la numérisation ).
J'aimerais tant que le prochain " livre " contienne des poèmes et des slam-poèmes suffisamment bons et intéressants pour que je tente l'aventure auprès d'éditeurs...
16:19 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Nouvelles du front

Sur le front c'est l'accalmie
la vie qui va au ralenti
le starter poussé sur off
pas courir à la catastrophe.
De toute façon y'a pas le choix
le vautour est sur la proie
qui voudrait bien l'éventrer
son dernier souffle lui faire cracher.
Les nuits sont fraîches mais la sueur
vient inonder dans la douleur
un chambard, un salmigondis
de sentiments peu travestis.
Quand les soupirs se font bruyants
c'est pas seulement d'alanguissement
c'est que pèse la mélancolie
qui toute entière te ternit.
Souvent ça rêve de solitude
pour cacher l'inaptitude
à affronter le monde malin
qui ne laisse place qu'au quotidien.
Sur la plage des enfants courent
qui ne savent pas ce qu'ils encourent
à confier leur innocence
à une société sans patience.
Pendant ce temps les grands rivalisent
à qui prendra la maîtrise
pour mieux passer à l'astringent
les rêves des futurs perdants.
Pousser pas trop c'est tout fragile
ça chancelle et ça vacille
au moindre coup de vent grognon
ça arrache tous les moignons.
Heureusement il y a Sherlock
celui chez qui on se déloque
celui là au moins n'a pas peur
de voir en face la noirceur.
Tommie
00:07 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : slam-poésie
23.11.2008
Le calme n'est jamais acquis

Les vagues viennent mourir à mes pieds
comme un long soupir d'alanguissement
guidé par la lune leur mouvement
rappelle le roulis de mes pensées.
Les galets patiemment polis
me font trébucher souvent
comme s'ils se voulaient avertissement
que ce calme n'est pas infini.
Je laisse le vide m'envahir
mais de leurs grand cris stridents
les mouettes et les goélands
tentent de me faire réagir.
De leur ballet aérien sans fin
ils hurlent que ce n'est qu'un instant
de droit au ralentissement
que faire surface il faudra bien.
Tommie
12:56 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16.11.2008
L'improbabilité d'un couple

Ecrit à l'atelier d'écriture, avec comme directive d'utiliser les mots notés par moi même lors de l'écoute de plusieurs morceaux de musique (cri, pureté, couple, underground, gitans, nostalgie, désert, tribut).
Viens me rejoindre dans mes abîmes
mon amoureux mon anonyme
j'entends ton cri, ton éponyme
approche toi mon cacochyme.
Ensemble tentons de nous sauver
laissons nos corps se frôler
entre sommeil et pureté
dans l'underground de nos pensées.
Mêlons notre tristesse
comme les gitans leur allégresse
et si la nostalgie nous blesse
de rêve ce n'est pas la pièce.
Dans le désert de leurs vies
les solitaires suivent la nuit
fuyant la foule qui les ternit
leur tribut au fond s'ennuit.
Tommie
00:40 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
10.11.2008
Cette sacrée bonne boîte à idées
![5327[1].jpg](http://geometrievariable.hautetfort.com/media/01/02/377314192.jpg)
Ca sent le renfermé dans la boîte à idées
comme une odeur de vomi, de déjà servi
on a beau touiller, ça nous revient toujours au nez
ça brasse, ça vire, ça r'foule, comme une machinerie.
Pourtant la boîte à idées, sacrée invention
est sensé faire tournoyer et pétiller
tout un manège de pensées et d'émotions
qui font pour la vie le tiroir à enchanter.
Mais seulement voilà, y'en a un nombre certain
qu'arrivent pas à la gérer leur boîte à idées
qui la voient se troubler et qui s'disent : putain
c'est pas vrai la mienne ne va jamais s'arrêter !
C'est une maladie bien trop envahissante
pour se réjouir de la voir autant s'activer
car en fait c'est un plein d'obsessions bien pesantes
qui tournent à en faire dang'reusement vaciller.
Tommie
14:52 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.11.2008
Voxane
Au revoir Voxane.
Ta fin fut triste, douloureuse, et bien trop précoce.
Tes maitres te pleureront encore longtemps.
14:42 Publié dans Allo, SOS amitié ... | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
05.11.2008
Sondage
Pensez vous que mes petits écrits pourraient être qualifiés de slam-poésie, et que je pourrais les "déclamer" sur une scène slam ?
Je sais que la principale rêgle du slam-poésie est de dire des textes ayant des rimes, et de ne pas faire de mise en scène. J'ai tout de même écrit à la fédération française de slam-poésie pour leur en demander un peu plus, et surtout pour m'indiquer s'il existe des scènes slam dans ma région.
J'aimerais bien assister à ces soirées, et qui sait, y participer. C'est pourquoi votre avis m'interresse fort.
Alors fidèles lecteurs à vos coms, sans hypocrisie ni gentillesse. Quant aux passants qui passent, ce serait bien que pour une fois ils postent aussi !!!
Par avance, merci à ceux qui se manifesteront en donnant leur opinion, et merde aux autres...
20:56 Publié dans Allo, SOS amitié ... | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
30.10.2008
blog ou pas blog ?
Blog en cours de réflexion !!!
Pour plagier l'excélent Bashung, " j'ai des doutes " sur les notions de partage et d'échange...
J'ai des doutes sur l'intéret et l'utilité de ce blog...
J'ai des doutes sur la qualité de ce blog...
J'ai des doutes sur la continuation ou non de ce blog...
No comment, pour pas changer.
20:57 Publié dans Allo, SOS amitié ... | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
27.10.2008
L'invisibilité du mal

Toi dont chaque pas est pesé
toi dont la trame est hachurée
toi dont les larmes sont assèchées
toi au désir annihilé...
Qui donc peut bien comprendre
la difficulté de n'être
que sur le fil de la crête
plus chancelant qu'une ombre.
Comment affronter les regards
de ceux qui croient savoir,
et ils sont nombreux,
qu'il suffit de vouloir.
Toi qui luttes contre tes pulsions
quand elles entrainent vers la destruction
alors qu'un esprit mal informé
te passe au jugement dernier.
" Marche ou crève " est une devise
qui ne laisse pas chance à la vie
et qui oh combien divise
ceux qui n'ont pas le même esprit.
Parceque le grand mal est invisible
on n'y croit pas et l'on fusille
le peu de souffle qui subsiste
dans le coeur atrophié de l'infirme.
Tommie
Ecrit sous le coup de la colère et du désespoir. Deux sentiments destructeurs difficiles à gérer...
20:36 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
24.10.2008
Boris VIAN L'herbe rouge
L'ingénieur Wolf et son assistant Saphir Lazuli ont créé une machine - pour le compte de la municipalité - qui a la capacité de vous faire revivre votre passé et vos angoisses, puis de vous les faire oublier une fois sorti. Wolf, après un premier passage dans ce monde souterrain, ne peut s'empècher de recommencer, jusqu'à ce qu'il aille au bout du parcours des souvenirs et de l'oubli, courrant ainsi à sa perte.
Pendant ce temps, Lazuli, qui lui ne tente pas l'expérience de la machine, se retrouve confronté à un homme qui apparaît chaque fois qu'il s'apprête à prouver son amour et son désir à l'insouciante et fraiche Folavril. Un homme, ou un spectre, qui se volatilise dès son oeuvre de sape accomplie. Qui est cet homme qu'il est le seul à voir et dont il ne supporte pas la présence ? Jusqu'où ces visions le mèneront-il ?
Le Sénateur Dupont, le chien de la maison, n'a qu'un seul désir : avoir un wapiti pour lui seul. Wolf exhausse son voeux, et le Sénateur découvre la plénitude, et ses conséquences désastreuses.
Les femmes de la maison, Lil et Folavril, assistent, impuissantes à la métamorphose de tout ce petit monde...
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Un court roman bien agréable à lire si l'on est sensible au style fantastique, magique, onirique, de Vian.Une histoire qui vous pique de curiosité et qu'on lit d'une traite avec grand plaisir.
Mais les termes abordés - psychanalise, conditionnement, insatisfaction, manque de désir, indifférence, ...- sont à mon goût bien trop peu exploités et développés. On ne fait que les disserner, rapidement, sans approche plus profonde. Comme si Vian se contentait de lancer des pistes au lecteur, sensé lire entre les lignes et se renseigner plus avant de lui-même. Et cela m'a laissé grandement sur ma faim, avec une grosse pointe de déception. Trop souvent au cours de ma lecture, je me suis dit : "ben il se foule pas, il pourrait aller plus loin".
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Wolf, aux prises avec son pessimisme suicidaire, son narcissisme et son incommunicabilité, ne s'adapte pas à la vie d'adulte, ne supporte pas les tensions du passé et est incapable de se projeter dans l'avenir.
Souvenirs intimes, crises personnelles et relationnelles, parodie de psychanalise, voyage dans le temps et l'au-delà, tissent le fil de l'histoire, composent une réflexion angoissante et drôle à la fois, associant satire et psychologie, comique et tragique.
L'herbe rouge nous présente un monde totalement double. Lieux, décors, temps, personnages, expériences physiques et introspection, contrastes. Deux mondes se croisent, se touchent, se mèlent, s'emmèlent : le réel et le fictionnel, la vie et la mort.
A l'inverse de la science-fiction de ses contemporains et de ses prédecesseurs (Wells, Verne ...) qui emporte d'un univers stable et cohérent vers un monde étrange, imaginaire,futuriste ou fantastique, Vian joue l'inversion : le monde réel, ordinaire, est fantastique et insolite, onirique et loufoque ; les voyages science-fictionnels de Wolf dans la machine mènent à la vérité de Wolf, son propre microcosme intérieur, le vrai de l'individu.
On retrouve avec plaisir l'originalité du monde de Vian. Des couleurs aux objets, des loisirs à la fanfare, de la luxure au sadisme, du chien qui parle au wapiti-esclave ..., on nage en plein dans l'univers onirique et fabuleux de ses romans.
Vian marque également uns différence entre hommes et femmes. Non de façon sexiste, mais pour cerner dans l'incidence de la nature et de l'éducation des sexes les tensions opposées, les tentatives contraires des êtres pour se comprendre eux-mêmes, les autres et le monde, leurs capacités inégales de résister et de survivre, d'être heureux ou non.
Alors que le chien, comblé par la possession du wapiti, s'enfonce dans le gâtisme de la satisfaction totale et destructrice, Wolf poursuit la quête de son identité et de la perfection au nom de la conscience. Lazuli, lui, est plutôt aux prises avec une mauvaise conscience qui le hante, et dont l'homme-spectre qui le poursuit symbolise un bloquage relationnel et sexuel. Et tous trois parviennent au même résultat : la mort.
Les personnages féminins incarnent la part positive et optimiste du monde. Elles ont tous les bonheurs des sens, sont naturelles et généreuses. Dénuées d'égocentrisme, elles échappent à la prison morale, et rebondissent toujours vers la liberté. Elles préservent leur vie, contrairement à la vocation suicidaire de l'homme.
Vian rêgle des comptes personnels et sociaux dans ce roman. Lui donnant une valeur universelle, il offre un échappatoire humouristique à un constat pessimiste sur l'homme et son univers. La satire explose les rites de la société organisée en une caricature grotesque au bilan désastreux. La psychanalise n'est pas épargnée, Vian restant très sceptique envers toute théorie globalisante ou totalitaire, et ce, malgré la mode "psy" depuis les années 40.
Finalement, le seul paradis réel pour Vian-Wolf semble être l'enfance telle qu'elle est évoquée dans le roman, tant que les parents et l'école n'interviennent pas.
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Extraits :
- " _ Qu'est-ce que tu as ? dit-il.
Son reflet fit un geste d'ignorance.
_ De quoi tu as envie ? dit encore Wolf. L'air n'est pas mauvais, par ici.
Sa main s'approcha du mur et manoeuvra l'interrupteur. La pièce, d'un coup, tomba dans le noir. Seule l'image de Wolf restait éclairée. Elle prenait sa lumière d'ailleurs.
_ Qu'est-ce que tu fais pour t'en sortir ? continua Wolf. Et pour te sortir de quoi, d'ailleurs ?
Le reflet soupira. Un soupir de lassitude. Wolf se mit à ricaner.
_ C'est ça, plains-toi. Rien ne marche en somme. Tu vas voir mon bonhomme. Je vais entrer dans cette machine.
Son image parut assez ennuyée.
_ Ici, dit Wolf, qu'est-ce je vois ? Des brumes, des yeux, des gens... des poussières sans densité... et puis ce sacré ciel comme un diaphragme.
_ Reste tranquile, dit nettement le reflet. Pour ainsi dire, tu nous casses les pieds.
_ C'est décevant, hein ? railla Wolf. Tu as peur que je ne sois déçu quand j'aurai tout oublié ? Il vaut mieux être déçu que d'espérer dans le vague. De toute façon, il faut savoir. Pour une fois que l'occasion se présente... Mais réponds donc, bougre !...
Son vis-à-vis restait muet, désaprobateur.
_ Et la machine ne m'a rien coûté, dit Wolf. Tu te rends compte ? C'est ma chance. La chance de ma vie, voui. Je la laisserais passer ? Pas question. Une solution qui vous démolit vaut mieux que n'importe quelle incertitude. T'es pas d'accord ? "
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- " Mais savez-vous , Monsieur Brul, que c'est ignoble, d'imposer à des enfants une régularité d'habitudes qui dure seize ans ? Le temps est faussé, Monsieur Brul. Le vrai temps n'est pas mécanique, divisé en heures, toutes égales... le vrai temps est subjectif... on le porte en soi... Levez-vous à sept heures tous les matins... Déjeunez à midi, couchez-vous à neuf heures... et jamais vous n'aurez une nuit à vous... jamais vous ne saurez qu'il y a un moment, comme la mer s'arrête de descendre et reste, un temps, étale, avant de remonter, où la nuit et le jour se mêlent et se fondent, et forment une barre de fièvre pareille à celle que font les fleuves à la rencontre de l'océan. On m'a volé seize ans de nuit, Monsieur Brul. On m'a volé ça... entre autres... On m'a volé mon but, Monsieur Brul. On m'a fait croire , en sixième, que passer en cinquième devait être mon seul propos... en première, il m'a fallu le bachot... et ensuite un diplôme... Oui, j'ai cru que j'avais un but, Monsieur Brul ...et je n'avais rien... J'avançais dans un couloir sans commencement, sans fin, à la remorque d'imbéciles, précédant d'autres imbéciles. On roule la vie dans des peaux d'ânes comme on met dans des cachets les poudres amères, pour vous les faire avaler sans peine... mais voyez-vous, Monsieur Brul, je sais maintenant que j'aurais aimé le vrai goût de la vie. "
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00:20 Publié dans Roman, nouvelles ( science-fiction, fantastique, é | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Abstinence

Pourquoi je préfère la lumière éteinte
dans le long déroulement de nos étreintes
quand je rêverais de voir ta peau peinte
aux lueurs de bougies aux douces teintes ?
Suis-je seulement un peu séduisante
sous la caresse de tes mains avenantes
parcourant mes coubes de bien-portante
aux fines ' fragrances bien compromettantes ?
Dans l'doute je préfère ne plus te rejoindre
dans mes rêves tu n'apparais plus le moindre
inutile de t'imaginer me ceindre
c'est fou, je n'parviens même plus à m'en plaindre.
Alors si j'porte des pyjamas d'pépé
c'est p'être pour cacher ma féminité
et pour qu'on oublie de me regarder
comme si j'avais quelqu' secret inavoué.
Et quand je me lève la tête en vrac
avec le cheveux gras et tout patatrac
y'a pas d'problème puisque mon chien il craque
et me fait ses yeux langoureux de braque.
Tommie
00:12 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
19.10.2008
Au fond de la ruelle

Au fond de la ruelle
une ombre qui s'affaisse
une sacrée belle gamelle
qui à pour sûr blesse.
Au fond de la ruelle
c'est la misère qui rampe
dans ses relents de fiel
qui jusqu'aux os la trempent.
Au fond de la ruelle
elle peine à se relever
comme prise par le sommeil
ou bien paralysée.
Au fond de la ruelle
écrasée par le jour
battue par le soleil
elle ferait bien d'mi-tour.
Au fond de la ruelle
la douleur la saigne
c'est l'heure du réveil
cete espèce de teigne.
Tommie
20:10 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
11.10.2008
Le rouge gâché
Des gouttes rouge velours
perlent douces de tes plaies
pour un aller sans retour
sur ta peau pâle, ces traits.
Te blesser est une cure
un lent apprivoisement
de la douleur qui endure
pour un jour le morcellement.
Oh, vif rubis de sang
quelle vie transportes-tu là
qui ne sait tenir son rang
qui blasphème ton éclat ?
Tu ne fut jamais matrice
d'espoirs et d'infini
mince ! comme ta vie fut triste
à couler pour la survie.
Aujourd'hui on te titille
pour un jeu d'apprentissage
on te fait couler en billes
avant le grand vernissage.
Tommie
dessin : Tommie
20:38 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
08.10.2008
Attention les yeux...
... 13 nouveaux dessins dans l'album du même nom. Post spécial pour masochistes !!!
Bon, en fait, ce sont les dessins que j'ai fait lors de ma dernière hospi. Je suis arrivée avec mon matos et mes vieilles feuilles canson aux couleurs pas possible, avec le défi de réussir à les marier correctement avec un dessin. Pari réussi !!! En tout cas pour cette partie du travail. Parceque pour ce qui est du talent, ben y'en a toujours pas ;-(
Maso, amuse-toi bien ;-)
16:27 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Alors il vit ce qu'il avait engendré...
Deux nouvelles sculptures dans l'album photos du même nom.
Attention : niveau grand débutant !!! Mais moi y'en a être très généreuse, y'en a partager même le pire ;-)
00:20 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
07.10.2008
Le silence du hochet

21:32 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
01.10.2008
Taguée !!!

Ben voilà, je me suis fait taguée !!! Par cette charmante Kris (http://krisdeblog.hautetfort.com), qui n'a rien trouvé de mieux pour m'enquiquiner ;-(
Mais finalement, ça m'amuse un peu, et je me dis que faire tourner une chaîne comme celle-ci... Faut arrêter de se prendre trop au sérieux de temps en temps. Alors jouons le jeu ;-)
Pour ceux qui ne connaîtraient pas la rêgle du jeu :
1- le gagnant (tagué) doit mettre le logo (ci-dessus)sur son blog
2- il doit afficher le lien de la personne qui lui décerne
3- il doit désigner 7 autres blogs qui méritent de recevoir également ce prix
4- il doit indiquer les liens de ces blogs
5- il doit laisser un message sur le blog du primé pour l'avertir.
Alors, voilà donc mes blogs préférés (c'est facile, je n'en visite que très peu, faute de temps) :
- Katell , au cabaret sainte lilith. Dame de coeur émotive et passionnée, elle consacre son blog à Hubert-Félix Thiéfaine. Mine de connaissances sur tout ce qui gravite autour d'Hubert : personnages, mythologie, influences littéraires..., on en apprend bien souvent. Mais Kat nous gratifie également de ses autres coups de coeur, coup de blues, coups de gueule, coups de doute..., et j'aime bien son côté ado quand elle nous parle de sa boite à trésors, de son tee-shirt Thiéfaine qu'elle va oser ou pas mettre au boulot... Bref, j'adore !!!
- Yoann , l'animal bluesymental, qui consacre, lui aussi, son blog à Thiéfaine. Mais lui joue surtout sur la vidéo, nous permettant de voir ou revoir des lives de l'artiste, en concert ou à la radio, parfois même à la télé. Yoann offre là un superbe écran à l'artiste quasi ignoré des médias. En tout cas, moi j'y trouve un tas de docs que je ne verrais pas ailleurs (je ne cherche pas beaucoup non plus). Bref, pour voir et entendre du Thiéfaine, c'est chez Yoann et pas ailleurs !!! Un lien sur son blog vous conduira vers le forum, bien vivant, dont Yoann est le webmaster, rien que ça ;-)
- Vince , chez lui pas de parlotte, que du visuel. Il manie les pixels comme moi ma fourchette. C'est un grand plaisir pur les yeux de faire défiler (pas trop vite) les photos-montages qu'il réalise. Ses sujets favoris : Thiéfaine, la nature, ses propres créations picturales. Très doué, il a créé des logos super chouettes pour le blog de Yoann. Il m'a été difficile de choisir lequel pour mon propre tee-shirt... Vince est un garçon très sensible et généreux, ce qui ne gâte rien.
- Kris , la vilaine qui m'a taguée. Son blog est "ouvert", comme l'est l'esprit de Kris. Il n'a pas de ligne directrice, Kris poste tout ce qui lui vient à l'esprit : lecture, musique, ciné, coups de coeur ou coups de gueule..., chaque jour est différent. Un fil rouge cependant : l'atelier d'écriture, que j'adore mais que je n'arrive jamais à suivre faute d'inspiration. Mais Kris, elle, n'en manque pas. Elle a toujours quelque chose à nous faire partager, et c'est un plaisir que je ne boude pas.
- Plumette , sa page nous invite à redecouvrir les poèmes des Grands (Baudelaire, Rimbaud, et les autres). Mais ce que je préfère, ce sont ses propes compositions, qui montrent un esprit incisif, sensible, et une plume facile. Plumette nous offre également des vidéos musicales (de tout style). Nath, que j'ai la chance d'avoir rencontrée en vrai, est une fille adorable.
- Foxy , depuis peu en égo trip transit, consacre désormais son blog principal à Thiéfaine. Encore un ? vous me direz. Certe, mais encore d'une façon différente. Foxy décortique chaque texte d'Hubert avec une perspicacité et une intelligence évidente. Et pour ne rien gâter, sa plume est fluide et légère. Seul problème pour moi : ce qu'il écrit est tellement pas con que je ne sais plus quels coms laisser. Je me sens ridicule et inculte...
- JPADPS , journal de bord d'une jeune prof d'allemand dynamique mais pas sadique, JPADPS nous entraîne en direct de la salle de cours, en salle des profs, à la cafétaria. Une plume très drôle qui captive. On attend la chute avec impatience,et on n'est jamais déçu. Mais JPADPS n'est pas qu'ue prof. C'est aussi une jeune femme de son temps, avec ses doutes et ses enthousiasmes, et qui nous en fait part. JPADPS est arrivée 2ème (section littérature) au concours de blogs de Romans en 2007. Rien de moins !!!
Voilà pour mes sept favoris. Solidésir aurait dû se trouver dans ce classement. Mais cet idiot-bête referme ses blogs à peine les a t-il ouverts. Pas de bol, Solidésir nous offrait de forts textes plein de sensibilité et de rage. Souvent un peu hermétiques pour moi, mais si bien écrits qu'ils m'emportaient je ne sais où...
Mon travail de taguée est maintenant achevé. Il ne me reste plus qu'à aller taguer Katell, qui va détester ça !!!
09:39 Publié dans Allo, SOS amitié ... | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
27.09.2008
Camés

Eclair de lune dans les caniveaux
l'heure du réveil pour les noctambules
aux cheveux hirsutes et aux oripeaux
qui en dessous cachent leurs fistules.
Rasant les murs et l'oeil aux aguets
les poings dans les fouilles sur leur oseille
ils cherchent le frère qui va les aider
à triper et atteindre leur soleil.
Dans un coin sombre de trottoir
ils dégainent outils et marchandise
pour une trouble traversée du miroir
sensée les arracher à leur hantise.
La tête explosée, le corps avachi
ils s'en retournent vers leur repaire
où les attendent les affres de leur vie
et demain tout sera à refaire.
Tommie
14:23 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22.09.2008
Ombre et lumière

Où se cache la lumière
féconde et salvatrice
qui devrait me réchauffer
de ses rayons en pluie ?
Serait-elle trop fière
pour se faire protectrice
et daigner se pencher
sur ma peine infinie ?
Serait-elle guerrière
et à l'esprit patrice
pour ne pas considérer
mon âme démunie ?
Erige t-elle des barrières
pour épargner sa matrice
évinçant les plus noyés
dans leurs pleurs de maudits ?
A moins que sous les gouttières
toujours se réfugient
les dingues et les paumés
qui restent dans la nuit.
Tommie
11:16 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
15.09.2008
Serge BRUSSOLO Le Chien de Minuit
Parcequ'il n'a pas voulu jouer jusqu'au bout le contrat malhonnête que sa maison d'édition lui avait imposé, David se fait virer, sans pouvoir prétendre à aucun droit. Il se retrouve alors à la rue, SDF. La rue et son cortège de violences. Il s'allie alors avec Ziggy, ex surfeur, qui lui apprend les rudiments de la survie.16:29 Publié dans Thrillers, polars | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Serge BRUSSOLO

Au début, les éditeurs ne lui accordent que mépris, en raison de son style - qui, bien que proche du fantastique ou de la science-fiction - n'entre dans aucun genre établi. Mais il s'accroche, persévère, car il ne peut pas envisager l'avenir sans l'écriture.
| Il entre dans le monde de l'édition par la petite porte, celle des fanzines de l'époque. Son premier texte publié sera "L'Evadé" paru en 1972 dans "l'aube enclavée". Une autre nouvelle FUNNYWAY, parue pour la première fois en 1978 obtient le grand prix de la science-fiction française. Suivent alors un grand nombre de romans, souvent primés, toujours dans le genre " fantastique/science-fiction ", publiés chez Anticipation et Présence du futur. |
Doué d’une imagination prolifique, auteur populaire tout en étant hors normes, Brussolo s’impose également par son sens de la dérision.
Durant l'année 2000, il est nommé Directeur littéraire aux éditions du masque. Sa production pour adultes se ralentit, il décide de se consacrer essentiellement à l'écriture de livres pour la jeunesse.
La sortie de la série "Peggy Sue et les fantômes" marque un nouveau tournant dans sa carrière. Progressivement, il semble retrouver le goût de la S.-F. mais en version jeunesse.
16:28 Publié dans Biographies et particularités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
07.09.2008
Liberté

Au bout du bout de mes dix doigts
y'a la liberté qui se dessine
qui tente malgré mon peu de foi
de déverrouiller la machine.
C'est comme un feu qui couverait
impatient de prendre flamme
pour cautériser les plaies
qui encombrent et polluent mon âme.
La liberté d'un devenir
plus adéquat avec moi-même
où je pourrai enfin m'ouvrir
et découvrir combien je m'aime.
Des possibles réinventés
des "si" qui deviennent "oui"
une explosion de facultés
et le désir de l'infini.
L'esprit et le coeur grands ouverts
parcourir de nouveaux espaces
sortir de cette bulle de verre
se lover dans ma nouvelle place.
Tommie
photo-montage : Vince
11:44 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
22.07.2008
Combat
Dans mes oreilles un étrange bourdonnement
le rappel peut-être de mon enfermement
dans la pire prison que sont les sentiments.
A force de traîner et de s'abandonner
le désespoir s'empare d'un territoire miné
où le moindre faux pas peut tout faire exploser.
Là où certains ont échoué d'autres essaient de revivre
affrontant leurs démons à s'en rendre ivres
ne laissant pas au hasard le droit d'être libres.
Croix d'bois ou croix d'fer se mentir est un enfer
où l'on ne gagne qu'à se faire bouffer par les vers
de ceux bien poisseux qui grouillent au cimetierre.
Mais quand de l'âme le mal sournois s'empara
il fut oh combien facile de baisser les bras
tant on sentait la tâche difficile au combat.
Tommie
20:06 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Poèmes de la nuit

20:02 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Pedro Meca, Les Compagnons de La Nuit

PEDRO MECA
On ne peut pas le rater avec sa silhouette de buveur de bière — car on ne peut l’imaginer buvant des jus de fruits ou des liqueurs pour dames dans les bars qu’il hante —, sa gueule de métèque et ses yeux qui savent regarder… Il est connu comme le loup blanc de tous les nuitards de Saint-Michel — il ne dit pas « noctambules », il dit « nuitards », nuance — et au-delà, dans tout Paris, à Marseille, Bordeaux, Barcelone et maintenant en Amérique latine d’où il revient… Il est né Basque, à Pampelune, Espagne, pauvre parmi les pauvres, élevé par un couple de vieux, très vieux, qui lui ont appris le partage, même quand il n’y avait que la misère à partager. À dix-sept ans il rejoint sa mère naturelle à Bordeaux — il ne la connaît quasiment pas — et après quatre années de trafic et de bamboche, il rencontre un prêtre avec lequel il se lie d’amitié et qui lui révèle sa vocation : il sera dominicain.
Mais atypique il restera, dominicain ou pas. À la fin du noviciat, il demande à un frère comment il l’imagine, dans vingt ans. « Aussi bien chartreux que maquereau » répond le frère. Et Pedro de constater : « Sans doute ai-je toujours, par la suite, oscillé entre ces deux vocations ». Il est tout de même ordonné prêtre en 1962 et, dès sa première messe, dans son village, il annonce la couleur : rouge, comme le vin qu’il renverse sur sa robe blanche, comme le chiffon qu’il agite devant le taureau, à la fête, juste après la messe, comme son engagement politique : contre Franco et pour les ouvriers grévistes…. Résolument il s’est engagé sur le chemin qui sera toujours le sien : « (se) mettre au service de la pauvreté ». Il entre dans une semi-clandestinité mais attire toute une population intéressée par cette Église qu’il est en train de créer avec quelques camarades, une « Église de la rue ». Le militantisme et le religieux se nourrissant l’un de l’autre, Pedro s’implique dans les forces d’opposition qui luttent contre le franquisme et se retrouve sur les tribunes et dans les cortèges aux quatre coins de l’Europe. Pourtant, il ne veut pas rester à vie ce « moine de la politique » comme on commence à le qualifier, lui et quelques autres. Il ne veut surtout pas devenir un « vieux militant reconverti dans le souvenir ». Il veut revenir au plus près des choses, au plus près des gens. Il veut, comme lorsqu’il était enfant, retourner dans la rue. Pour cela, il devient éducateur spécialisé.
Ce sont alors les rencontres décisives, le travail au Cloître, la création des Compagnons de la nuit. Lui qui confesse « vouloir venger son enfance » dit aussi que c’est la vie plus que l’école qui lui a appris à avoir une relation éducative avec les autres. Il dit encore que : « dans le fond, (son) travail c’est d’avoir les pieds dans la merde et de venir la faire sentir à d’autres ». Il croit moins aux dispositifs et aux aides de toute sorte qu’au regard que l’on porte sur autrui et préfère développer l’humanité des relations car « se donner un peu, ne donner rien que soi-même peut aider à mettre les gens debout ».
M.R.
LES COMPAGNONS DE LA NUIT
Jusqu’en 1983 une équipe d’éducateurs — mêlés aux barmans — va donc développer une action de prévention originale, conciliant la relation personnelle — surtout dans les temps calmes de la journée — et la gestion plus communautaire, le soir, quand il y a foule et que le bruit, les conflits et l’agressivité risquent de devenir incontrôlables. Ce lieu chaleureux et violent tout à la fois, vulnérable, régulièrement visité par la police, dénoncé par certains et convoité par d’autres, ferme ses portes en 83.
Pedro Meca décide alors de continuer son action sur le quartier, d’abord uniquement avec quelques bénévoles puis, grâce à la création des Compagnons de la Nuit, avec un, puis deux salariés. C’est une nouvelle période qui s’ouvre où, pendant sept ans, les Compagnons vont se faire connaître des nuitards, investir aussi bien les rues que les bistros, toujours disponibles et à l’écoute, moins préoccupés de « résultats » — ils savent combien cette notion est difficile à définir en prévention — que de se trouver là, au cœur de la nuit, tout simplement. Car ils ne sont pas nombreux, à « se trouver là » et les lieux de rencontre, en dehors des bars — mais encore faut-il pouvoir s’y payer un verre — restent en fin de compte le dépôt ou le SAMU… ! Ce constat, l’expérience du Cloître, les « migrations » des populations d’un quartier à l’autre, incitent alors les Compagnons à monter un nouveau projet, celui d’un endroit convivial et ouvert à tous, à tous les nuitards quel que soit leur statut social. Il faudra un certain temps pour le faire aboutir mais, en 1991, La Moquette est enfin posée, entre Luxembourg et Panthéon, dans cette rue Gay-Lussac si chargée d’histoire . La Moquette est une grande pièce, en sous-sol, avec des chaises et des tables, quelques ta-bleaux aux murs et puis voilà. Le couloir par lequel on entre, au rez-de-chaussée, est lieu de passage, où l’on peut s’isoler du groupe, avoir un aparté avec un éducateur, hésiter… Au début, La Moquette était ouverte toute la nuit (du moins jusqu’au petit matin), à la disposition de ceux qui passaient et qui, problème, ne faisaient pas que passer mais s’installaient, en nombre, avec les animaux… Cela devenait difficile à gérer et risquait de détourner le lieu de sa vocation. L’équipe a donc reconsidéré les choses, prit acte des aspirations et des propositions des uns et des autres et l’accueil se fait maintenant jusqu’à minuit et demi, heure à laquelle, après un café ou un thé partagés, chacun rente chez soi, ou retourne à la rue. Car La Moquette n’est pas un foyer, pas un endroit où on « dépanne » un tel pour la nuit. La Moquette a des heures d’ouverture et de fermeture, tout comme les professionnels qui s’y trouvent ont des horaires de travail. Ils sont actuellement six salariés , dont Pedro qui, inlassablement, se partage entre les Quartier latin et le vaste monde… Frédéric Signoret, responsable des Compagnons, parle avec une conviction communicative de cette expérience qui, dit-il : « est une tentative de trouver au travail social un fondement qui ne soit pas confondu avec une action sociale. De ce point de vue, La Moquette se situe au degré zéro de l’Action so-ciale. » En effet, à l’encontre de la ma-jorité des « lieux sociaux », La Moquette n’a rien à proposer de tangible : pas d’aide financière, pas d’hébergement, pas de repas… Il n’y a pas là un refus des dispositifs d’aides et, d’ailleurs, l’assistante sociale ou les éducateurs répondront toujours à une demande, mais ce sera dans un échange, une perspective, et en dehors de la soirée… La démarche consistera alors essentiellement à permettre aux gens de se repérer, de faire des expériences, sans les mettre en situation d’être comptable au travailleur social de leur réussite ou de leur échec.
Quant à la soirée, elle est différente chaque jour de la semaine. De par les gens qui la partagent, bien sûr, mais aussi par les activités qui sont proposées — atelier d’écriture, conférences-débats, rencontres, anniversaires et fêtes…—, activités dont chacun est libre de se saisir ou pas (voir encadré). Mais, plus que ces activités, c’est la non catégorisation du public qui fait l’intérêt de l’endroit. Pas plus qu’il n’y a de « prestations », il n’y a de spécificité. Monique Calon, éducatrice, remarque que l’on crée en principe des lieux pour des catégories : les jeunes, les vieux, les malades mentaux, les alcooliques… « Ici, dit-elle, on cherche à faire cohabiter tout le monde. Quelle que soit la personne qui rentre, elle a sa place ». Il faut reconnaître pourtant que le pari n’est pas encore totalement gagné. Certes, des gens de différents horizons — social, géographique, philosophique pourrait-on dire — se retouvent dans la salle du sous-sol. Certes, il est parfois bien difficile de deviner si un tel est SDF ou ADF — suivant la terminologie des Compagnons — et c’est tant mieux ; il n’en reste pas moins que si les travailleurs sociaux sont très nombreux dans les rangs des ADF — et c’est encore tant mieux — les citoyens lambda restent minoritaires et ont du mal à franchir le seuil. Pourtant, c’est par eux que pourra évoluer le rapport entre ceux du dehors et ceux du dedans, encore que, comme le souligne Paul Blanquart dans son document de travail, rappelant la réplique de « La haine » (« Nous sommes enfermés dehors »), les deux notions soient de plus en plus difficiles à cerner. Il n’empêche : pour les Compagnons, il faut briser cette relation unique « cas social - travailleur social » et agir sur le regard disqualifiant que la société porte sur les gens en difficulté. « Le travailleur social est-il là uniquement pour répondre à une commande de la société en ce qui concerne les gens en grande misère, s’interroge Frédéric Signoret, pour travailler à leur réinsertion, leur mieux-être etc. N’y a-t-il pas là une délégation, forcément insatisfaisante puisqu’ainsi la société ne se sent pas vraiment concernée ? » Espace de rencontre et d’échanges, La Moquette veut devenir « un transformateur, un laboratoire de la démocratie pour la société à faire venir ». Et, en écho à ces paroles de Pedro Meca, celles de Paul Banquart : « Voilà qui distingue en profondeur La moquette de l’habituel travail social, qui la rend porteuse d’une redéfinition de celui-ci, contemporaine des actuels défis. »
Mireille Roques
(1) Le Cloître était propriété de l’abbé Pierre qui a ensuite créé l’association.
(2) Les Compagnons de la Nuit La Moquette - 15 rue Gay-Lussac 75005 Paris - Tél. 01 43 54 72 07
(3) Deux responsables (Pedro Meca plus particulièrement chargé des « relations extérieures » et Frédéric Signoret à l’interne), deux éducateurs, une assistante sociale, un animateur. L’équipe s’appuie également sur une douzaine de bénévoles.
(4) SDF : sans domicile fixe ADF : avec domicile fixe
(5) Paul Blanquart : « L‘originalité de La Moquette et son essaimage » - juin 1998.
source : Le lien social.com
19:58 Publié dans Biographies et particularités | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
19.07.2008
Presque de retour
Ca y est enfin, je suis sortie de la clinique. 3 mois, ça commençait à faire long, mais c'était bien nécessaire !
La suite des évènements ? Ben je lâche tout !!! Boulot, appart, ville. Je vais profiter des quelques 2 ans et demi de longue maladie pour me reconstruire. Prendre le temps d'apprendre à gérer ma maladie, m'autoriser à me faire plaisir, et essayer de faire des formations par correspondance.Ben ouais quoi, faut bien penser à l'avenir. Parceque la psy et l'hosto c'est fini à tout jamais, beurkkkkkk.
Je pars vivre en Normandie, en pleine campagne, à 20 bornes de la mer. Mes parents me laissent m'installer dans leur super grenier. Hey, y'a pas de quoi se moquer, retour chez papa-maman... Financièrement ça va être la galère sans boulot, et puis vivre seule est inenvisageable pour le moment. Pis j'ai toujours eu l'intention de me rapprocher d'eux pour leurs vieux jours, quand ils seront moins autonomes. Alorssssss ....
Bon, je ne suis pas encore revenue vraiment sur mon blog ni sur les votres. Forcément, jusqu'en septembre je vais être bien occupée par le déménagement et les travaux d'installation. Mais je ne vous oublie pas et pense à vous souvent...
Bises, et à bientôt tous ;-)
22:29 Publié dans Allo, SOS amitié ... | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
06.07.2008
Apocalypse bientôt

Le ciel commencera par rougir
du feu sacré des dieux en colère
et l'atmosphère lourde de s'épaissir
d'une moiteur chargée de poussière.
Des tourbillons de terre étouffants
s'élèveront d'un sol fissuré
assèché par la force des vents
déchainés soufflant de tous côtés.
Puis tomberont les pluies acides
d'un ciel virant au noir et sans soleil
aveuglant ceux qui d'un regard vide
se croiront encore en plein sommeil.
La rumeur courra dans les villes
qu'il s'agit du dernier jugement
que devraient se sauver les plus vils
responsables de ce malheur forcément.
De partout les cages s'ouvriront
sous l'avidité des animaux
qui de vengeance se pourlècheront
de pouvoir faire craquer quelques os.
Eux seuls savaient et s'impatientaient
que sonne l'heure du bouleversement
qui de liberté les soûlerait
dans de grandes émanations de sang.
Les hommes se mettront à claquer des dents
par peur de la facture à payer
des crimes qu'ils ont commis impunément
quand ils prenaient tout pour des jouets.
Quand la terre sera débarrassée
des humains et de leurs oripeaux
reine nature pourra s'apaiser
et recommencer tout le boulot.
Tommie
Image : V. Van Gogh
16:44 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
A qui perd gagne

Au fond de mes entrailles
circulant comme une onde
le désir me tenaille
de m'effacer du monde.
Aller par les chemins
torturés de mon âme
épancher mon chagrin
jouer à qui perd gagne.
Trouver un bon asile
qui voudra me garder
pour une vie plus tranquille
sans soucis ni regrets.
Franchir la frontière
ténue de la folie
pour ne plus être en guerre
m'enterrer dans ma nuit.
Et ne plus ruminer
les affres de l'av'nir
me sentir soulagée
de ne plus réfléchir.
Tommie
Image : Nicolas de Staël
16:42 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
01.06.2008
SNIFFFFF .........
De passage sur le PC pour quelques minutes. Visiblement, à la vue du peu de coms laissés, ce blog n'interresse pas grand monde !!!
Quel avenir dois-je lui réserver s'il n'interresse que moi ???????????????????????????????????
Je m'en retourne à ma clinique bien déçue ...
18:01 Publié dans Allo, SOS amitié ... | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
22.04.2008
Encore un départ
Je repars me faire soigner pour quelques semaines. Les fidèles doivent commencer par y être habitués !!!
A bientôt, vous me manquez déjà, sniff.............................
07:34 Publié dans Allo, SOS amitié ... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Les morts et les bigottes

Du fond de leurs abîmes
les morts ne cessent de rire
de ceux qui paient la dîme
pour assurer l'av'nir.
Ils prient un drôle de type
qu'ils n'ont vu qu'en fantasme
pour pas choper la grippe
ou pardonner l'orgasme.
Sûr qu'on ne plaisante pas
avec le péché
faut suivre pas à pas
c'que dit monsieur l'curé.
Et quand par malheur
ils rêvent d'une paire de fesses
ils courrent avec horreur
se laver à confesse.
Alors au fond du gouffre
pour sûr qu'ils se panent
lorsque ça sent le soufre
en dessous des soutanes.
C'est la fête aux bigottes
auquelles on fait payer
leur manque de jugeotte
le poids de ces secrets.
Tommie
07:31 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Smally
Mon amie ma fidèle
qu'ai-je pu te faire subir ?
Mes souvenirs s'emmèlent
c'est ce qu'il y a de pire.
Qui prit soin de toi
tous ces jours de misère
quand je n'étais pas là
quand je n'touchais plus terre ?
Comment ressentais-tu
ces tremblements de terre
dans mon âme perdue
qui glissait vers l'enfer ?
Tu m'as pardonnée je crois
dans ton dernier soupir
ton p'tit corps dans mes bras
oh, comme j'ai pu souffrir.
Tommie
07:30 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Rue des pins

Dans l'air du temps
et l'air de rien
comme un enfant
comme un vaurien
chemin faisant
cahan cahin
cheveux aux vents
chemise de lin
effrontément
malin malin
en remontant
la rue des pins
les pieds brûlants
semelles en moins
se délestant
d'un peu d'un rien
s'en rejoignant
de douces mains
et rêvassant
de ses blancs seins ...
Tommie
07:25 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.04.2008
Partir

Partir au delà de l'horizon
jusqu'où le regard porte et se perd
là où la terre trace un dernier sillon
comme un salut bref de l'univers.
Partir pour ne jamais revenir
pas même en rêve ni en cauchemar
lâcher jusqu'au moindre souvenir
se diriger vers un autre phare.
Partir sans baluchon ni bagage
à la conquête d'une nouvelle histoire
débarrassé de sa lourde cage
libéré de tous les vieux déboires.
Partir, s'envoler d'un pied leste
se laisser diriger par les vents
économiser le moindre geste
et évoluer en dehors du temps.
Tommie
03:21 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
08.04.2008
Tout est pardonné

On le croit dans les nuages
l'esprit libre au gré du vent
que rien ne lui fait ombrage
qu'il rêve comme un innocent.
A l'atelier il fabrique
au potager il donne vie
comme avec des mains magiques
créatrices à l'infini.
Il ne dit rien, il cache tout
comme un vaurien, ou comme un fou.
Ses silences en disent long
et taisent ses bégaiements
quand il s'agit de faire front
d'oublier ses peurs d'enfant.
Le mensonge est sa défense
et dans ses yeux la panique
dénonce l'ignorance
et sa marque de fabrique.
Il ne dit rien, il cache tout
comme un vaurien, ou comme un fou.
D'un regard inquisiteur
qui balaie comme un scanner
elle vous foudroie en plein coeur
comme une acerbe mégère.
Elle vous aime sous conditions
avec ses propres critères
elle juge la situation
depuis ses espoirs de mère.
Dans sa souffrance et sa misère
elle est en errance, cherche des repères.
Ses enfants sont sa richesse
même s'ils ne sont pas conformes
et quoiqu'ils fassent la blessent
en n'entrant pas dans ses normes.
Mais son amour est plus fort
et la mènent à concéder
à arrondir ses bords
pour sa tendresse montrer.
Dans sa souffrance et sa misère
elle est en errance, cherche des repères.
Tommie
23:59 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
01.04.2008
Les amoureux

Au fond de leurs yeux d'agate
y'a toutes les promesses du monde
pas moyen que le temps se gâte
ils naviguent sur la même onde.
Ils ont le soleil pour eux seuls
la pluie ne les atteind jamais
ils ont l'air de gais écureuils
qui ne font que ce qui leur plaît.
Les amoureux ...
Ils ont au fond de leurs deux coeurs
un lien indiscible qui les tient
ils ne s'aiment pas en amateurs
c'est la passion qui les étreint.
Ils traversent les coups du sort
main dans la main et sans souci
plus rien ne peut leur faire du tord
tellement ils s'aiment à l'infini.
Les amoureux...
Tommie
pour toi Yoann, et ta dulcinée ;-)
06:55 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
John IRVING Le monde selon Garp

06:39 Publié dans Roman, nouvelles (divers) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
John IRVING
John Winslow Irving (né le 2 mars 1942) est un romancier américain et scénariste récompensé par un Academy Award.
John Irving est né à Exeter (New Hampshire), dans des circonstances qui ont depuis alimenté les thèmes et l'action de plusieurs de ses romans : sa mère Helen, une descendante des Winslow, l'une des plus anciennes et plus distinguées familles de Nouvelle-Angleterre, l'a mis au monde hors des liens du mariage, en refusant de dévoiler l'identité du père de l'enfant. Helen Winslow s'est plus tard mariée avec Colin F. Irving, professeur à la prestigieuse Phillips Exeter Academy. John Winslow devint alors John Irving, prenant le nom de son père adoptif. Jusqu'au milieu du XXe siècle, il ne chercha jamais à découvrir l'identité de son père biologique : "J'avais déjà un père", disait-il. Il apprit beaucoup plus tard, à 60 ans, le nom de son géniteur, John Blunt Sr., alors que celui-ci était déjà décédé. Le fait de n'avoir pas connu son père a été à l’origine de son dernier livre, Je te retrouverai, et a marqué beaucoup de ses œuvres, les femmes y élevant souvent leurs enfants seules. Étant né durant la seconde guerre mondiale, les blessés de guerre se sont beaucoup manifestés dans ses livres comme en témoigne L’œuvre de Dieu, la part du Diable. John Irving fit ses études à Exeter, où il fut un étudiant médiocre, à cause d'une dyslexie alors non diagnostiquée, mais un lutteur exceptionnel. L'émancipation de la femme, la lutte et la vie universitaire en Nouvelle-Angleterre occupent une place importante dans ses romans, en particulier dans Le Monde selon Garp et Une Prière pour Owen. Le cadre principal de ces deux romans est celui de la Phillips Exeter Academy
Pendant ses études à Exeter, John Irving fut conseillé par Frederick Buechner, romancier et célèbre théologien presbytérien et George Bennett, professeur de littérature, qui plus tard l’aidèrent à accéder au Iowa Writers' Workshop (Atelier des écrivains de l'Iowa), le plus prestigieux des programmes de diplômés en littérature américains, à l'époque le seul du genre. John Irving étudia brièvement à l'université de Pittsburg et obtint finalement son diplôme de l’université du New Hampshire. Dans l’Iowa, John Irving étudia au côté des futurs romanciers Gail Godwin, John Casey, and Donald Hendrie, Jr., entre autres. Il fut alors conseillé par Kurt Vonnegut, Jr..
En 1963, il obtient une bourse pour aller étudier à l’étranger et c’est à Vienne en Autriche que John Irving rencontra sa première femme Shyla Leary, étudiante en histoire de l’art. Ils se marièrent après que Shyla est tombée enceinte et auront finalement 2 garçons, Colin (1965) et Brendam (1969), avant de divorcer au milieu des années 80. John Irving se remarie alors avec son agent Janet Turnbull, avec laquelle il aura un troisième fils, Everett.
La carrière de John Irving démarra à l’âge de 26 ans avec la publication de son premier roman, Liberté pour les ours. Le livre fut relativement bien accueilli par la critique mais ne fut pas un succès d’édition. Ses deuxième et troisième romans L'Épopée du buveur d'eau et Un Mariage poids moyen furent accueillis de la même manière. Frustré par le manque de promotion de ses romans assuré par sa première maison d’édition Random House, il choisit d’offrir son quatrième roman Le Monde selon Garp, partiellement autobiographique, (1978) à Dutton Books qui lui promet un effort marketing plus important. Le roman fut un best-seller international et un phénomène culturel. Il fut plus tard porté à l’écran par George Roy Hill dans un film mettant en scène Robin Williams dans le rôle de Garp et Glenn Close dans celui de sa mère. John Irving y fait une brève apparition lors de l’un des matchs de lutte universitaire de Garp.
En 1985, il publia L'Œuvre de Dieu, la Part du Diable, une épopée surprenante, centrée sur un orphelinat du Maine (État). Le roman explore sans détour le sujet controversé de l’avortement et est certainement le meilleur exemple de l’influence de Charles Dickens sur l’œuvre de John Irving. Il poursuit en 1989 avec Une Prière pour Owen, une autre épopée d’une famille de la Nouvelle-Angleterre autour du thème de la dévotion. Encore une fois, l’action prend place dans un pensionnat de Nouvelle-Angleterre, John Irving puisant son inspiration pour ses personnages dans ses influences habituelles, notamment Le Tambour de Günter Grass, La Lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne, et dans l’œuvre de Dickens. Pour la première fois, John Irving s’intéresse aux conséquences de la Guerre du Viêt Nam – particulièrement à la conscription, John Irving ayant échappé à l’appel pour le Viêt Nam suite à la naissance de son premier fils. Owen Meany devient la meilleure vente de John Irving depuis Garp, et est aujourd’hui fréquemment présent dans les listes de lecture des étudiants américains.
John Irving revient chez Random House pour son livre suivant Un enfant de la balle (1994). Sans doute son livre le plus compliqué et difficile, qui lui vaut le rejet de la critique mais un nouveau succès d’édition, comme le sera La quatrième main publié en 2001. Entre ces deux romans, Une veuve de papier (1998) sera beaucoup mieux accueilli par la critique. Le dernier roman de John Irving Until I Find You a été publié en juillet 2005. Il a récemment été traduit en français sous le titre Je te retrouverai.
En juin 2005, The New York Times publia un article qui révèle que son dernier roman contient deux éléments de sa vie personnelle qu’il n’avait pas révélés jusque là : un abus sexuel, commis à l’âge de 11 ans par une femme plus âgée et l’arrivée récente dans sa vie de son père biologique…
En 1999, après presque 10 ans d’écriture, le scénario de John Irving pour L'Œuvre de Dieu, la Part du Diable aboutit à un film réalisé par Lasse Hallström et mettant en scène Michael Caine, Tobey Maguire, Charlize Theron, et Delroy Lindo. John Irving y fait également une apparition dans le rôle d’un chef de gare. En 2004, Une veuve de papier a été porté à l’écran sous le nom The Door in the Floor, avec Jeff Bridges et Kim Basinger.
La publication du Le Monde selon Garp lui ayant assuré sa fortune personnelle, John Irving a pu se concentrer uniquement à l’écriture de ses fictions comme à une vocation, acceptant de temps à autres des postes d’enseignement, et de lutteur à travers l’équipe universitaire de son fils. En plus de ses romans, il a également publié Trying to Save Piggy Sneed (1993), un recueil comprenant une brève biographie et quelques nouvelles non publiées et Mon cinéma (2003), son compte-rendu du long processus menant à l’élaboration du scénario de L'Œuvre de Dieu, la Part du Diable.
Aujourd’hui, il partage son temps entre ses résidences dans le Vermont, à Toronto, et New York.
Oeuvres :
- Liberté pour les ours ! (1968, Setting Free the Bears)
- L'Épopée du buveur d'eau (1972, The Water-Method Man)
- Un mariage poids moyen (1974, The 158-Pound Marriage)
- Le Monde selon Garp (1978, The World According to Garp)
- L'Hôtel New Hampshire (1981, The Hotel New Hampshire)
- L'Œuvre de Dieu, la Part du Diable (1985, The Cider House Rules)
- Une prière pour Owen (1989, A Prayer for Owen Meany)
- Trying to Save Piggy Sneed (1993) ; en partie traduit en français sous le titre Les rêves des autres
- Un enfant de la balle (1994, A son of the circus)
- La Petite Amie imaginaire (1977)
- Le Rêve des autres (1998)
- Une veuve de papier (1998, A Widow For One Year)
- La Quatrième Main (2001, The Fourth Hand)
- Mon cinéma (2003, My movie Business, a Memoir)
- Je te retrouverai (2005 Until I Find You)
source : Wikipédia
06:27 Publié dans Biographies et particularités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.03.2008
Mater cauchemar 2

La terreur courait en moi comme mille cafards
dont les fines pattes m'écorchaient de l'intérieur
mutilant mes entrailles en de multiples parts
et lestant mon âme de fulgurantes douleurs.
Le temps était venu de déployer mes ailes
ligotées par toutes ces années d'acidité
où tu explosais en fétides relents de fiel
qui m'étouffaient à ne plus pouvoir respirer.
Aliénée par la cruauté et l'injustice
je ne savais trop comment me dépatouiller
sortir de cet enfer sans trop de préjudices
alors que je tremblais comme un chien effrayé.
Te maudire et baver ne me suffisait plus
je fuyais pour te tuer et me faire renaitre
te lançant au passage quelques regards tendus
qui signifiaient que je n'étais plus de ta chair.
Mais ma révolte bien trop tardive a fait chou
quand je dus affronter tes railleries humiliantes
et tes yeux affutés et perçants de hibou
me plaquèrent rudement telle une déferlante.
Tommie
Image : Domi Colin "cri"
10:40 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
11.03.2008
Mater cauchemar

De tes yeux exorbités transpirant de haine
jaillissait le venin de ta folie matrice
qui tentait de m'atteindre à m'en faire perdre haleine
dans un tourbillon de tourmente destructrice.
Dans ta bouche tordue d'un rictus malfaisant
les mots se faisaient flêches acérées en feu
pour venir me transperser à grands coups violents
de ton verbiage acerbe dont tu fais cruel jeu.
De ton corps émanait un halo de jouissance
dont le rayonnement venait brûler mes plaies
c'était effrayant de sentir cette toute puissance
vouée à une terrible vengeance qui me glaçait.
J'entendais la tempête dans ta voix persiflante
elle tournait, tournait, envahissait mon esprit
de pensées moribondes aux refrains obsédants
je hurlais mais la panique étouffait mes cris.
Il aurait fallu que mes yeux soient des miroirs
pour te renvoyer le danger en pleine face
et te crucifier sur l'autel de ta gloire
qui ne peut accueillir que ta maudite race.
Tommie
01:25 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
10.03.2008
B 22
A la B 22
y'a une fille qui galère
qui flipe en moins de deux
et qui a besoin d'air.
A la B 22
y'a une âme à sauver
transpercée par un pieu
qui pourrait s'infecter.
A la B 22
y'a une drôle d'atmosphère
des relents courageux
pour mener une guerre.
A la B 22
dès le soleil levé
ça a beau être miteux
ça s'met à travailler.
A la B 22
malgré la misère
ça fait le simple voeux
de sortir de l'enfer.
A la B 22
ça voudrait s'relever
mais ça reste piteux
de s'voir se traîner.
A la B 22
ça cherche des repères
pour se sentir mieux
découvrir le mystère.
A la B 22
ça s'met à espérer
que tout s'ra moins affreux
que ça va s'terminer...
Tommie
OK, c'est pas transcendant, mais j'aime bien le titre, ça sonne comme un obus !!!
22:45 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Tommie... le retour
Me revoilà !!! Bonne nouvelle ? Ok, pas de commentaires...
Huit semaines d'absence, dont sept passées dans une clinique à essayer de me requiquer un peu. Pas sûre du résultat, le temps le dira...
Je vous ramène un album photos de l'endroit où j'étais (mais nan, y'a pas de monstres formolisés dans des bocaux ni de scalpels tous sanglants). Calme et quiétude propices au repos des neurones et du corps...
Durant cette période, j'ai écrit 13 petits textes, que vous découvrirez petit à petit. Plus ou moins bons, plus ou moins inspirés... tant pis.
J'ai fait aussi un dessin et une sculpture (ma première), visibles dans l'album. Ca ne vaut rien, mais je vous sais indulgeants...
D'ailleurs, je vais faire aussi un album "mes sculptures" car je viens de me souvenir que j'ai modelé un éléphant en... 1993 !!! Et je l'ai toujours.
Vous m'avez tous manqué ... un peu ... Ben oui, j'avais les neurones un peu occupés à se démèler. Le plus dur, au retour, c'est de rattraper tout le retard accumulé dans la lecture de vos blogs respectifs, s'en est affolant.
Contente de vous retrouver ;-)
19:04 Publié dans Allo, SOS amitié ... | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
07.01.2008
A nous deux seuls

Demain, à l'horizon
de tes cheveux en bataille
j'effacerai ton nom
pour mieux te lire en braille.
Noyés dans la masse
de ce quai bouillonnant
il n'y aura plus trace
de nos malheurs d'antan.
Tu viendras te livrer
nu et sans armes
à toute l'avidité
contenue dans mes larmes.
Nous serons seuls
nous serons deux
à nous deux seuls
nous serons Dieu...
Dans ce tohu bohu
tout deviendra silence
dans ton regard perdu
je projet'rai mes trances.
Tes yeux se plongeront
dans mes abîmes d'agate
mes doigts t'accrocheront
de peur que tu ne partes.
Nos lèvres en frôlements
se gorgeront de fièvre
nos souffles en se mêlant
feront flamber la sève.
Nous serons seuls
nous serons deux
à nous deux seuls
nous serons Dieu...
Tommie
00:24 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Encore une pause blog
Depuis quelques temps ce blog est en panne d'inspiration ;-( La faute à mon état de santé qui ne va pas fort...
Alors je vais m'absenter 3 ou 4 semaines pour me soigner, en tout cas essayer d'aller mieux. J'espère que cette hospitalisation me sera bénéfique, et que je reviendrai plus en forme, avec de nouvelles lectures à vous faire partager, et de nouveaux petits textes plus inspirés...
A bientôt.
En attendant, je vous mets le dernier texte que j'ai écrit. C'est pas terrible, mais vous êtes habitués ;-)
00:23 Publié dans Allo, SOS amitié ... | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
13.12.2007
Rêve d'amour

Au bord de la rivière
me rafraichir les pieds
tout brûlants de fièvre
d'avoir trop traîné.
Au bord de la rivière
me laisser aller
à l'onde solitaire
où coulent mes pensées.
Au bord de la rivière
me prendre à espérer
que serait salutaire
la douceur des baisers.
Des baisers doux légers
empruntés et timides
par peur de brusquer
ce coeur un peu humide.
Humide d'avoir pleurer
trop souvent à son tour
de n'pas s'être encanaillé
aux parfums de l'amour.
Un amour fort et fou
aux couleurs écarlates
qui balancerait tout
d'un grand coup de savate.
Au bord de la rivière
j'me suis prise à rêver...
Tommie
22:14 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
08.12.2007
Jean-Christophe GRANGE Le concile de pierre
Diane Thiberge, jeune éthologue de 30 ans à l'esprit rationnel, parvient, après de longues démarches, à adopter un garçonnet dans un orphelinat thaîlandais, enfant qu'elle prénomme Lucien. Traumatisée durant son adolescence par une mystérieuse agression, Diane s'était en effet résolue à ne jamais avoir d'amant.
Mais à peine Diane et Lucien commencent-ils à se découvrir, qu'un terrible accident de voiture plonge Lucien dans un coma profond. Et alors que l'état de celui-ci le conduit vers une mort certaine, un étrange médecin allemand apparait, qui, grâce à une occulte séance d'accupuncture parvient à sauver l'enfant. Mais le médecin allemand, auquel personne n'a fait appel, est assassiné la nuit même dans les murs de l'hopital.
En proie au doute, Diane, dans l'attente du réveil de Lucien, commence à enquêter sur les réelles origines de son fils, et les causes exactes de l'accident. Prête à tout pour découvrir la vérité, Diane va devoir affronter des tueurs implacables dans ses recherches qui la conduiront jusqu'au coeur de la taîga mongole, découvrant les véritables origines de Lucien et le passé mystérieux d'un site nucléaire à l'abandon, au fin fond de la Sibérie, qui abritait un laboratoire de parapsychologie aux pratiques atroces...
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Comme à son habitude, Grangé parvient toujours à surprendre et maintenir l'attention du lecteur. Dès le 1er chapitre, le suspens laisse augurer une intrigue complexe riche en rebondissements.
Les évènements s'enchainent à un rythme soutenu. Seuls 5 chapitres en fin de roman ralentissent un peu pour permettre au lecteur de saisir la complexité de l'intrigue et le rôle exact de chacun des personnages.
Le glissement vers le paranormal et le fantastique est progressif. Si la 1ère partie du roman évoque à peine les médecines parallèles à travers l'accupuncture, la 2ème partie s'attarde sur les pouvoirs psi de certains personnages (hypnose, psychokinèse). Le glissement vers le paranormal est bien entendu freiné par le rationnalisme de Diane, mais la 3ème partie explore finalement ce versant en présentant les chamans, la magie tsévène, et le fantastique atteint son paroxysme dans le combat final.
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Selon moi, un excélent thriller si l'on accepte d'entrer dans le jeu du paranormal. Esprits trop rationnalistes s'abstenir, risque d'allergie !!!
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Extraits :
- " _ Lorsque que vous regardez une rivière, vous voyez l'eau, l'écume, les herbes qui s'agitent parmi les flots, mais vous ne voyez pas le principal : le courant, le mouvement, la vie du cours d'eau...Qui oserait prétendre que le corps humain ne fonctionne pas de la même façon ? Qui oserait dire dire que, sous la complexité de la circulation sanguine, des pulsations cardiaques, des sécrétions chimiques, il n'existe pas un seul courant qui anime tout ela : l'énergie vitale ?
Elle niait encore de la tête. L'homme n'était plus qu'à quelques centimètres. Leur dialogue prenait une résonnance de confessionnal :
_ Les rivières ont leur source, leurs réseaux souterrains, invisibles au regard. La vie humaine possède elle aussi ses origines secrètes, ses nappes phréatiques. Toute une géographie profonde qui échappe à la science moderne mais qui s'organise à l'intérieur de notre corps.
Diane demeurait immobile, le visage plongé dans l'ombre. Ce que l'homme ignorait, c'est qu'elle connaissait ce discours : combien de fois avait-elle entendu ses maîtres de wing-chun déblatérer sur le chi, l'énergie vitale, le yin et le yang et tous ces trucs ! Mais elle n'était pas cliente. Au contraire, son triomphe, sur les tatamis, démontrait à ses yeux la vacuité de ces thèses : on pouvait être une championne de boxe shaolin et se moquer totalement de ces valeurs. Pourtant la voix s'insinuait dans sa conscience. "
_________
- " L'anthropologue conclut :
- cet enfant porte un message.
Il ajouta, d'une voix timide où vibrait la peur :
- Un message qui a été gravé au feu et qui est, disons le mot, "programmé" pour apparaître en cas de fièvre, grâce à la chaleur qui émane du corps de l'enfant. C'est totalement... incroyable. En fait, le seul moyen de déchiffrer cette date, c'est la fièvre de Lucien.
Diane n'écoutait plus les explications. Ses propres réponses explosaient dans sa conscience. Elle était sûre que le second Lucien portait les mêmes brûlures. Les " Lüü-Si-An " arboraient, au bout des doigts, une date, qui n'apparaissait qu'au moment de leur transe. Ils étaient des Messagers. Mais à qui était destinée cette date ? Et que signifiait-elle?
En un tour d'esprit, elle formula la première réponse : sans aucun doute, cette date était destinée à des hommes tels que Rolf van Kaen, Philippe Thomas et Eugen Talikh. Des hommes qui avaient appartenu à l'équipe du tokamak et qui attendaient ce message pour revenir sur les lieux de leur passé. "
__________
- " - Ce silence, comment vous l'expliquez ?
Kamil haussa les épaules.
- A vrai dire, il peut tout signifier. Soit que les chercheurs n'ont absolument rien trouvé, pas même de quoi rédiger un rapport. Soit, au contraire, qu'ils ont effectué des découvertes significatives. Des découvertes qui méritaient qu'on les dissimule.
Diane comprit qu'elle possédait la réponse à cette question. Oui : quelque chose d'important avait été découvert dans ce laboratoire. Quelque chose qui concernait non seulement la nature des facultés psi, mais qui permettait de les développer.
Elle n'avait pas oublié les prodiges qui avaient ponctués ces dernières semaines. Un accupuncteur qui sauvait un enfant condamné par la médecine traditionnelle. Un psychologue qui ouvrait une boucle de métal par la seule force de son esprit. Et maintenant Eugen Talikh, qui manifestait une véritable clairvoyance en matière de phénomènes cosmiques. Comment ne pas penser que ces hommes, entre 1969 et 1972, avaient découvert dans leur laboratoire une technique qui leur permettait d'isoler et de maîtriser les forces occultes de l'homme ? Comment ne pas imaginer qu'ils partageaient, depuis trente ans, ce secret unique ? "
___________
- " La chaman était là, maintenant, toute proche. La bête entre ses poings hurlait toujours, dressant des crocs affûtés, véhéments. La vieille approcha le monstre de la brûlure. Diane baissa les yeux vers son ventre saupoudré de talc. Sous les traînées blanches, la peau s'était gonflée, gaufrée, craquant déjà par endroits sous la poussée irréversible de la putréfaction. En un ultime cambrement, elle voulut s'échapper mais la stupéfaction la paralysa.
La sorcière venait de plaquer l'animal sur sa plaie, écrasant le corps de fourrure sur les chaires purulentes. En un déclic, les yeux du rongeurs se voilèrent d'une pellicule écarlate - un film de sang. La chaman passait et repassait la boule de poils sur la plaie avec acharnement, obstination - une espèce d'application forcenée.
Telle était l'obscure logique de l'intervention : la magicienne cherchait à effacer les stigmates de l'atome à l'aide du rongeur. Elle utilisait l'animal comme une éponge de souffrance, un aimant curateur qui allait balayer les marques du feu et aspirer la mort.
Alors tout se déroula en quelques secondes. "
______________________________
03:32 Publié dans Thrillers, polars | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Jean-Christophe GRANGE
Jean-Christophe Grangé est un journaliste, grand reporter international, écrivain, scénariste né le 15 juillet 1961 à Paris. Il est l'un des rares écrivains français dans le domaine du thriller à s'être fait un nom aux États-Unis.
Après une maîtrise de lettres à la Sorbonne (axée sur Gustave Flaubert) , il devient rédacteur publicitaire, puis travaille pour une agence de presse. En 1989, à 28 ans, il devient grand reporter international, travaillant pour des magazines aussi divers que Paris-Match, le Sunday Times ou le National Geographic.
Puis il devient journaliste free-lance (à son propre compte) en créant la société L & G. À partir de ce moment là, il se débrouillera pour monter financièrement tous ses voyages lui-même. Les reportages qui en seront issus, le mèneront aux quatre coins du monde et constitueront, plus tard, une importante source d'inspiration pour ses écrits littéraires. C'est au cours de cette période qu'il obtiendra deux récompenses importantes dans le monde journalistique : le Prix Reuter (1991) et le Prix World Press (1992).
En 1994, il écrit son premier roman Le Vol des cigognes, plus remarqué par les critiques littéraires (qui vantent son « imagination féconde ») que par le grand public. Toutefois, son second roman paru en 1998, les Rivières pourpres, ne passera pas inaperçu. Le succès auprès du public se confirmera d'ailleurs en 2000, année où le roman est adapté au cinéma.
En cette même année 2000 parait Le Concile de Pierre, en 2003, il publie L'Empire des loups et en 2004 sort La Ligne noire. Au niveau des ventes, le succès ne se dément pas.
Parallèlement à sa carrière de romancier, il continue a travailler pour le cinéma : outre le scénario original des rivières pourpres déjà cité, il a également écrit celui de Vidocq(de Jean-Christophe Comar dit "Pitof" - 2001) et a collaboré à toutes les réalisations ou projets tirés de ses romans.
Alors qu'il déclare ne plus vouloir faire de scénarios originaux pour le cinéma, il s'est lancé dans l'écriture d'une histoire originale pour une bande dessinée La Malédiction de Zener(de Philippe Adamov)
Il écrit actuellement une trilogie de romans sur la « compréhension du mal sous toutes ses formes », commencée par La Ligne noire en 2004.
Le deuxième volet de cette trilogie est intitulé Le Serment des Limbeset est sorti en mars 2007 (Editions Albin Michel).
- Calcutta, Capitale de l'enfer. Portrait d'une ville en déroute.(1)
- Nomades, les passagers de la terre. Une année avec les derniers peuples nomades dans le monde.(3)
- Péril en la forêt.Les problèmes de déforestation à travers des macro-photographies des feuilles (Prix Reuter 1991).
- Voyage d'automne. La migration des cigognes suivie par satellite (A l'origine d'un documentaire de 52 minutes, réalisé par Antoine de Maximy en 1998).(1)
- La ballade du cormoran.Les pêcheurs Paï utilisant les cormorans dressés au Yunnan, en Chine interdite (Prix World Press).
- Mississippi. Portrait d'une Amérique profonde.Du Minnesota à la Louisiane : les peuples et les problèmes du grand fleuve américain.
- Les ailes de la forêt. Chasse, trafic, élevage des papillons à travers le monde.(5)
- Les enfants de la mafia. Sicile : l'utilisation des enfants par la Mafia.(4)(5)
- Le bunker des souris. Allemagne : le plus grand laboratoire d'expériences animales.
- Le piège de cristal.Au Groënland, l'expédition des glacionautes à 170m sous la glace.(2)
- Les géants de la bravoure.En Espagne, le quotidien des nains toréadors.
- Le voyage fantastique. Le corps humain en 3D.(3)
- Les suffragettes de Dieu. Rencontre avec les premières femmes prêtres anglaises.
- Michaël Schumacher, 24 heures d'un champion. Reportage exclusif avec le nouveau Dieu de la F1.
- Pleins feux sur le soleil.Les images inédites du satellite japonais Yokkhoh sur les éruptions solaires.
- Les médecines du mystère.Hypnose, magnétothérapie, acupuncture, médecines parallèles.(3)
- Les seigneurs des îles. Les milliardaires vivant sur des îles.
- S.O.S. paranormal. Le tour du monde des phénomènes paranormaux.
- Le trésor caché de Prusse.Des partitions originales de Bach, Mozart, cachées par des nazis dans un monastère en Pologne.
- Le monde selon X.Plongée au cœur de l'invisible pour le centenaire des rayons X.
- Le roi cinéaste.Portrait de Norodom Sihanouk.
- La renaissance d'Angkor. La restauration d'Angkor sur informatique.
- Les chevaux de sable. De mystérieux chevaux sauvages sur l'Île de Sable, dans l'Atlantique.
- Voyage au centre du cerveau. Cartographie du cerveau.(4)
- Cap sur l'Homme bionique. Les systèmes électronique et informatiques intégrés au corps humain.(4)
- Pharaons noirs, retour vers le passé.Reportage numérique destiné à reconstruire les pyramides de la civilisation koushite.
- (1) Reportages utilisés pour le roman Le Vol des cigognes.
- (2) Reportage utilisé pour le roman Les Rivières pourpres.
- (3) Reportages utilisés pour le roman Le Concile de Pierre.
- (4) Reportages utilisés pour le roman L'Empire des loups.
- (5) Reportages utilisés pour le roman La Ligne noire.
- Le Vol des cigognes, Albin Michel, 1994 inspiré par le reportage “Voyages d'automne” qui traite du suivi par satellite de la migration des cigognes. Paru en Livre de Poche en 1999
- Les Rivières pourpres, Albin Michel, 1998 Adapté au cinéma en 2000. Paru en Livre de Poche en février 2001.
- Le Concile de Pierre, Albin Michel, 2000 Adapté au cinéma en 2006. Paru en Livre de Poche en février 2002.
- L'Empire des loups, Albin Michel, 2003 Adapté au cinéma en avril 2005.
- La Ligne noire, Albin Michel, 2004
- Le Serment des Limbes, Albin Michel, 2007
Scénarios et collaborations pour le cinéma :
- Les Rivières pourpres (2000) - crédité pour le roman du même nom dont le film est inspiré et pour le scénario original (co-écrit avec Mathieu Kassovitz)
- Vidocq (2001) - crédité pour le scénario original (co-écrit avec "Pitof")
- Les Rivières pourpres 2 - Les anges de l'apocalypse (2004) - le scénariste est Luc Besson, mais Jean-Christophe Grangé est crédité pour son roman Les Rivières pourpres qui a inspiré les personnages du film.
- L'Empire des loups (2005) - crédité pour le roman du même nom.
- Le concile de Pierre (2006) - Le réalisateur sera Guillaume Nicloux (aussi crédité pour le scénario, avec Stéphane Cabel). Jean-Christophe Grangé est crédité pour le livre du même nom
Scénarios pour la bande dessinée :
La Malédiction de Zener, avec Philippe Adamov (dessin), Albin Michel, coll. « BD Haute Tension » :
- Sybille, 2004.
- Le Clan des Embaumeurs, 2006.
Romans :
S'inscrivant dans une trilogie sur le "mal" ( bien que les histoires des trois livres soient indépendantes ) commencée avec La Ligne noire et poursuivie avec Le Serment des Limbes, un troisième roman devrait voir le jour. Selon l'auteur, il s'agira d' "une remontée vers le Mal primitif et préhistorique".
Cinéma :
Le Concile de Pierre (Guillaume Nicloux), avec Monica Bellucci et Catherine Deneuve. Date de sortie : 15 Novembre 2006.
L'Empire des Loups (Chris Nahon, avec Jean Reno. Date de sortie : 2005
Le Vol des cigognes. Une adaptation est envisagée. Jean-Christophe Grangé en aurait déjà écrit le scénario original. Le cinéaste Gilles Mimouni serait intéressé par la réalisation du film.
Les Rivières Pourpres (Mathieu Kassovitz) Avec Jean Reno, Vincent Cassel, Nadia Farès Date de sortie : 27 Septembre 2000
source : Wikipédia
03:31 Publié dans Biographies et particularités | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
04.12.2007
Les larmes de la lune, version musicale

Ca y est, les larmes de la lune, mises en musique par David, sont en ligne !!! Et c'est un ravissement pour mes oreilles ;-))
Mille merci à David, qui a su remanier le texte avec finesse, et composer une mélodie tout à fait appropriée. Sa voix est parfaite (comme d'habitude). Le tout donne un résultat très réjouissant qui m'envoute totalement. J'arrive même à entendre pleuvoir les larmes de la lune !!!
Le clip est réalisé avec quelques images que je lui ai envoyées, et rend très bien l'amosphère du texte. A la fin, la petite Emma Starosta (2 ans) offre une bouffée rafraichissante d'innocence (merci petite princesse), qui n'est pas sans rappeler un certain Lucas Thiéfaine dans la ballade d'un certain Géronimo Cohen ;-)
Je suis vraiment ravie de pouvoir vous faire partager cette collaboration et le talent de David. J'espère que vous y prendrez autant de plaisir que moi ;-))
Sur Youtube : http://fr.youtube.com/watch?v=4FZ2yPhJJj8
Sur dailymotion : http://www.dailymotion.com/search/hft45/video/x3nxua_les-...
Sur le blog de l'animal bluesymental (merci pour ton amitié Yoann) : http://bluesymental.blogspot.com/ (tout en bas de la page)
01:30 Publié dans Chansons, musiques, concerts | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
24.11.2007
Les larmes de la lune (version longue)

Les larmes de la lune,
blanches et frigorifiées,
viennent inonder les dunes
des âmes cabossées.
Au-dessous ça s'affole
de ce drôle de déluge,
ça hurle et ça console,
ça dénonce la démiurge.
Perdus dans le chaos
de ces vies embrumées
ça espère un écho
qui vienne rassurer.
La lune n'y peut rien :
c'est son labeur de reine
que de tisser ces liens
de souligner les peines.
Sous cette pluie cosmique
aux allures de tombeaux,
on frise le comique
à les voir en lambeaux.
Sous cette acidité
ça tendrait bien le poing,
mais ça reste frisqué
à fouiller dans les coins.
Dans ces esprits transis
la vie est une impasse,
une cacophonie
qui transperse et dépasse.
La lune n'y peut rien :
c'est son labeur de reine
que de tisser ces liens
de souligner les peines.
Tommie
05:57 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
18.11.2007
Silence
C'est le silence qui t'a envahi
malgré toutes ces pensées ennemies
et dans ton crâne un pus qui magmate
dans ton esprit une vraie débacle.
La souffrance te serre dans ses bras
si fort que tu n' peux plus respirer
cette souffrance aux effluves de sang
quand tu mords ta main pour n' pas hurler.
C'est le silence qui s'impose ici-bas
où fragile comme un petit enfant
tu te recroqu'villes dans tes tourments
espérant le sommeil qui te sauvera.
Mais la maligne fourmille en toi
et distille son venin sournois
elle est si forte qu' c'est elle qui te porte
à la corde où tu te balanc'ras.
C'est le silence qui soudain s'abat
des cris retenus qui étourdissent
des larmes qu'on ne contient pas
et des lambeaux d'âmes qui s'enfuient ...
A Jean-Luc.
Tommie
00:44 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
15.11.2007
Chape de plomb

La brume est tombée d'un coup
comme un mauvais présage,
réinventant le vaudou
à l'oeil expert du sage.
Comme une chape de plomb
elle a recouvert l'espace,
elle a décliné son nom
aux humains en pleine face.
Ces idiots n'ont rien compris
au malheur qui s'abattait,
ils ont regardé cette nuit
comme si tout ils ignoraient.
Fallait-il qu'ils soient sûr d'eux
pour ne pas disserner là
la facture de leurs jeux,
la trace noire de leurs pas.
Tommie
Voilà, c'est le der des ders que j'avais en réserve ;-(
21:20 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Albert CAMUS L' Etranger
Meursault, héros et narrateur du livre, est un modeste employé dans l'Algérie française. Sa vie se résume à son travail, aux bains de mer, aux flaneries, à ses quelques relations de voisinage, et à Marie, qu'il rencontre le lendemain de l'enterrement de sa mère.
Il "expose" plus qu'il ne raconte, sa vie au jour le jour, sans émotion ni critique : l'enterrement de sa mère, sa rencontre puis sa relation intime avec Marie (dont il ne se sent pas amoureux), son voisin Raymond (dont il accepte l'amitié parcequ'il n'a pas de raison de la refuser)... Une vie simple et ordinaire où il ne se passe rien qui le passionne ni lui déplaise.
Jusqu'au jour où il tue un Arabe de 5 coups de pistolet. Sans le vouloir, sans animosité, parceque les circonstances n'ont pas joué en sa faveur. Meursault va alors passer 11 mois en prison, à attendre son procès, dans une quasi indifférence. 11 mois durant lesquels il va peu à peu repenser à sa vie, essayer de comprendre comment il est arrivé là. Le déroulement du procès et le verdict vont réveiller un autre Meursault...
________________________
La première partie du roman est, d'un point de vue style, volontairement ennuyeuse. Ennuyeuse comme la vie de Meursault, qui coule sans émotion ni anicroche, de façon hasardeuse. Ennuyeuse pour mieux marquer que cette existence n'a pas de sens, qu'elle n'est guidée que par une sorte de fatalité. Un exposé sans relief fait par un personnage décalé vis-à-vis du monde, des autres et de lui-même, sans espoir mais pas résignée non plus. Meursault qui incarne l'homme absurde (ou plutôt la nudité de l'homme devant l'absurde). La vie de Meursault et le style littéraire employé agissent comme un révélateur de ce que Camus veut transmettre : l'homme absurde ne peut que décrire, vivre au niveau de l'existence pure, recommencer à chaque instant, sans durée, sans "liaison".
La deuxième partie, à partir du meurtre de l'Arabe, permet enfin au lecteur de se réveiller. Meursault, emprisonné, en attente du procès puis du verdict, se retrouve obligé de réfléchir à sa vie et à son sens. Incapable de se défendre et de s'expliquer car ne connaissant ni le mensonge ni la "broderie", il est totalement incompris et passe pour un meurtrier sans âme qui n'a même pas montré d'émotion lors de l'enterrement de sa mère ! Monte alors en lui la révolte, et la réconciliation avec le monde et lui-même. La révolte qui, pour Camus, est la seule position possible pour l'homme face à l'absurde (contrairement au "suicidé" qui lui renonce).
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Si l'on supporte l'ennui de la première partie du roman, on ne regrette pas d'en lire la deuxième. Avec le regret peut-être de ne pas avoir lu avant "Le mythe de Sysiphe", essai dans lequel Camus théorise sur l'absurdité. Le regret de ne pas saisir là toutes les subtilités du roman. A moins de considérer le roman comme une introduction nécessaire pour aborder l'essai...
Avec le sentiment parfois, peut-être, de ressembler à Meursault, quand une certaine indifférence nous envahit, quand on enchaine les jours et les nuits machinalement, sans pouvoir donner un sens attrayant à cette vie qui ne nous satisfait que rarement...
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Extraits :
- " Cela me permettrait de vivre à Paris et aussi de voyager une partie de l'année. " Vous êtes jeune, et il me semble que c'est une vie qui doit vous plaire." J'ai dit que oui mais que dans le fond cela m'était égal. Il m'a demandé alors si je n'étais pas interressé par un changement de vie. J'ai répondu qu'on ne changeait jamais de vie, qu'en tout cas toutes se valaient et que la mienne ici ne me déplaisait pas du tout. Il a eu l'air mécontent, m'a dit que je répondais toujours à côté, que je n'avais pas d'ambition et que cela était désastreux dans les affaires. Je suis retourné travailler alors. J'aurais préféré ne pas le mécontenter, mais je ne voyais pas de raison de changer ma vie. En y réfléchissant, je n'étais pas malheureux. Quand j'étais étudiant, j'avais beaucoup d'ambitions de ce genre. Mais quand j'ai dû abandonner mes études, j'ai très vite compris que tout cela était sans importance réelle.
Le soir, Marie est venue me chercher et m'a demandé si je voulais me marier avec elle. J'ai dit que cela m'était égal et que nous pourrions le faire si elle le voulait. Elle a voulu savoir alors si je l'aimais. J'ai répondu comme je l'avais déjà fait une fois, que cela ne signifiait rien mais que sans doute je ne l'aimais pas. " Pourquoi m'épouser alors ?" a-t-elle dit. Je lui ai expliqué que cela n'avait aucune importance et que si elle le désirait, nous pouvions nous marier. D'ailleurs, c'était elle qui le demandait et moi je me contentais de dire oui. "
- " A la fin, je me souviens seulement que, de la rue et à travers tout l'espace des salles et des prétoires, pendant que mon avocat continuait à parler, la trompette d'un marchand de glace a résonné jusqu'à moi. J'ai été assailli des souvenirs d'une vie qui ne m'appartenait plus, mais où j'avais trouvé les plus pauvres et les plus tenaces de mes joies : des odeurs d'été, le quartier que j'aimais, un certain ciel du soir, le rire et les robes de Marie. Tout ce que je faisais d'inutile en ce lieu m'est alors remonté à la gorge, et je n'ai eu qu'une hâte, c'est qu'on en finisse et que je retrouve ma cellule avec le sommeil. C'est à peine si j'ai entendu mon avocat s'écrier, pour finir, que les jurés ne voudraient pas envoyer à la mort un travailleur honnête perdu par une minute d'égarement, et demander les circonstances atténuantes pour un crime dont je traînais déjà, comme le plus sûr des châtiments, le remord éternel. La cour a suspendu l'audience et l'avocat s'est assis d'un air épuisé. Mais ses collègues sont venus vers lui pour lui serrer la main. J'ai entendu : " Magnifique, mon cher. " L'un d'eux m'a même pris à témoin : " Hein ? " m'a-t-il dit. J'ai acquiescé, mais mon compliment n'était pas sincère, parceque j'étais trop fatigué. "
02:28 Publié dans Roman, nouvelles (divers) | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Albert CAMUS
Camus, Albert (1913-1960), écrivain français, auteur de l’Étranger et de la Peste, l’un des principaux acteurs de la vie intellectuelle française de l’après-guerre.
Né en Algérie dans une famille très modeste, orphelin de père, Albert Camus commence des études de philosophie au cours desquelles il fait la connaissance du professeur Jean Grenier, qui l’influencera beaucoup et lui fera découvrir Nietzsche. Atteint de la tuberculose, il ne peut achever ses études, mais soutient cependant en 1936 un diplôme d’études supérieures, « métaphysique chrétienne et néoplatonisme ». Parallèlement, il participe à des projets dramatiques, adaptant ou jouant des pièces de théâtre.
Un intellectuel engagé :
Lors de son bref passage au Parti communiste (1935-1937), il fonde et anime la troupe du Théâtre du Travail avec l’ambition de mettre les œuvres dramatiques classiques et contemporaines à la portée d’un public défavorisé. Il anime ensuite une autre compagnie, le Théâtre de l’Équipe, et publie sa première œuvre, l’Envers et l’Endroit (1937), une compilation d’essais littéraires sur des sujets assez divers où apparaissent, déjà, les grands thèmes de la maturité : la mort, le soleil, la Méditerranée, l’isolement, le destin de l’Homme, le rapprochement entre désespoir et bonheur, etc. Deux ans plus tard paraît Noces, qui mêle l’essai philosophique à la poésie lyrique.
À partir de 1938, Camus embrasse le journalisme, d’abord à Alger (Alger républicain, Soir républicain), puis à Paris (Paris-Soir), où il s’établit définitivement en 1942. C’est là que paraissent simultanément et dans la clandestinité le roman l’Étranger et l’essai le Mythe de Sisyphe (1942) ; deux œuvres remarquées qui exposent la philosophie de Camus et s’inscrivent dans ce que lui-même appelle le « cycle de l’absurde » (cycle que viendront par la suite compléter les pièces le Malentendu, 1944, et Caligula, 1945). Réformé pour raisons de santé en 1939, Camus joue un rôle très actif dans la Résistance, au sein du mouvement Combat. À la Libération, et jusqu’en 1947, il est le rédacteur en chef du journal Combat, aux côtés de Pascal Pia. Il se met aussi au service des grandes causes humanitaires internationales.
Il n’en poursuit pas moins son œuvre littéraire à un rythme soutenu avec, notamment, la création de ses pièces le Malentendu (1944) et Caligula (1945), puis la publication de son roman la Peste (1947), qui inaugure le cycle de la révolte et de la solidarité, dont font partie l’État de siège (1948) et les Justes (1949), mais surtout l’Homme révolté (1951). Ce dernier essai est à l’origine de la rupture définitive entre Camus et Jean-Paul Sartre, puisqu’il souligne clairement les divergences des deux écrivains sur la question de l’engagement.
En 1952, Albert Camus démissionne de son poste à l’UNESCO pour marquer sa réprobation devant la passivité de cette institution à l’égard de l’Espagne franquiste. Par la suite, en 1956, il s’engage de nouveau en tentant d’intervenir en faveur d’une trêve dans la guerre d’Algérie.
Il publie ensuite la Chute (1956), où il revient sur sa rupture avec l’existentialisme, ainsi qu’un recueil de nouvelles, l’Exil et le Royaume (1957) ; deux œuvres d’où émanent plus que jamais la nostalgie d’une altérité oubliée. La même année, il reçoit le prix Nobel de littérature pour « avoir mis en lumière les problèmes se posant de nos jours à la conscience des Hommes ». Le 4 janvier 1960, alors qu’il travaille à un autre roman, le Premier Homme (posthume, 1994), il se tue dans un accident de voiture.
Philosophie de l'absurde :
Les romans, les essais et les pièces de théâtre de Camus sont marqués par sa réflexion philosophique et politique.
L’Étranger (1942), l’un de ses premiers ouvrages, se caractérise par un style extrêmement neutre — une écriture « blanche » — et méthodiquement descriptif. Le héros et narrateur, Meursault, un employé de bureau, y semble « étranger » à lui-même ; dépourvu de sentiments vis-à-vis des êtres et des situations, il donne l’impression d’agir de manière machinale. La lumière, le soleil, la chaleur semblent être la cause d’une soudaine précipitation des événements : sur une plage, à la suite d’une bagarre, il tue un homme de cinq coups de revolver, sans pouvoir fournir de véritable raison à son acte. C’est précisément dans ce décalage entre l’individu et le monde que se situe la dimension absurde de la condition humaine.
L’absurde comme réalité inhérente à la condition humaine est le thème central de la philosophie que Camus développe dans un premier temps. Le Mythe de Sisyphe, essai sur l’absurde, publié la même année que l’Étranger, aborde cette même idée d’un point de vue théorique : comme Sisyphe, condamné à pousser éternellement son rocher, l’Homme est voué à subir un enchaînement automatique d’expériences absurdes. Mais c’est paradoxalement dans la prise de conscience de cette situation qu’il se libère car, délivré de toute illusion, il peut alors chercher le bonheur en profitant du temps présent. Ainsi, à la fin de l’Étranger, dans sa cellule, la nuit précédant son exécution, Meursault, devenu conscient et libre, profite intensément des derniers instants de sa vie.
L'homme révolté :
Même si le monde n’a pas de sens, l’Homme ne saurait se passer d’une éthique ni renoncer à l’action. C’est donc l’engagement que Camus explore dans un second temps, en particulier dans son roman la Peste (1947). À Oran, dans les années quarante, des rats porteurs de la peste sont découverts et, dès la mort des premières victimes, les habitants placés en quarantaine et confrontés à leur sort présentent différentes formes de réaction : panique, indifférence, mysticisme ou résignation. Le docteur Rieux, bientôt rejoint par d’autres volontaires, décide de résister ; son petit groupe s’organise alors pour soulager la souffrance et combattre le fléau. Dans ce récit symbolique, la peste est naturellement un emblème du mal sous toutes ses formes ; mais elle agit aussi comme un révélateur qui met l’Homme face à lui-même, l’incitant au renoncement ou à la révolte.
La réflexion sur le thème de la révolte, commencée dans la Peste, est développée dans l’essai l’Homme révolté (1951). Camus y explique que la révolte naît spontanément dès que quelque chose d’humain est nié, opprimé ; elle s’élève, par exemple, contre la tyrannie et la servitude. Parce que la révolte n’est pas un principe abstrait, mais l’action nécessairement limitée d’un individu, elle représente, pour Camus, la seule « valeur médiatrice » permettant de dépasser — provisoirement — l’absurde.
02:27 Publié dans Biographies et particularités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.11.2007
Loin des cris

Loin des maux d'ici
loin de tous ces cris,
j'aimerais m'enfuir,
ne jamais revenir.
Lâcher ce spectacle
qui toujours me tacle,
ne plus me gameller
en m'emmêlant les pieds.
Devenir sourde
quand claque la lourde
derrière le fardeau
qui courbe mon dos.
Me laisser emporter
par le dernier baiser
celui de la peur
qui fauche mon coeur.
Car toutes ces visions
ne sont pas illusions,
et tout me porte à croire
qu' ça reste sans espoir.
Loin des maux d'ici
loin de tous mes cris...
Tommie
illustration: Munch "le cri"
Juste un reste qui traînait depuis un petit moment ;-(
02:43 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Yves JAMAIT concert du 09/11/2007
Après avoir été sctochés par Jamait aux Francofolies cet été, Yoann et moi avions hâte de le retrouver ce soir là. Accompagné de Nath, Yoann est descendu de sa banlieue pour partager cette fête ensemble. Et nous n'avons pas été déçus. Ce fut une soirée formidable, suivie d'une séance de dédicaces où Jamait et ses musiciens se sont montrés très avenants.
Mais comme depuis quelques semaines je manque d'inspiration et de mots, même pour les choses les plus simples, je suis incapable d'écrire une bafouille digne de ce nom sur cette soirée formidable.
Alors je vous invite à aller sur le blog de Matfanus (un tourangeau que nous avons eu le plaisir de rencontrer sur place) qui en a fait un beau résumé : http://matfanus.blogspot.com/2007/11/yves-jamait-toujours...
Sinon, il y a mon vieux compte-rendu "un 14 juillet aux Francofolies" dans la catégorie "chansons, musiques, concerts", où vous pourrez retrouver différents liens vers des vidéos de Jamait...
Nath, je suis très heureuse d'avoir pu te rencontrer enfin et d'avoir partagé avec toi un peu de moi. Yoann, c'est toujours un plaisir de te retrouver...
02:30 Publié dans Chansons, musiques, concerts | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
01.11.2007
Amélie NOTHOMB Hygiène de l'assassin
Prétextat Tach, 83 ans et prix Nobel de littérature, va mourir. Cinq journalistes sont sélectionnés par son secrétaire pour réaliser les dernières interviews. Mais Tach est un véritable monstre : obèse et écoeurant, misanthrope, raciste, misogyne, prétentieux, pervers, cruel, cynique... et va s'amuser à humilier et épouvanter les quatre premiers journalistes, à les en rendre malades.
La cinquième journaliste, Nina, arrive avec des intentions toutes autres que celles de ses confrères. Elle a une idée derrière la tête, et forte de l'expérience des quatre premiers, s'arme de courage et d'une tactique toute différente. Elle est fermement décidée à entretenir Tach uniquement de son dernier roman, paru inachevé : "Hygiène de l'assassin"; roman qui cache un secret terrible vieux de 65 ans.
Dans une formidable joute verbale, Tach et Nina vont s'affronter comme des bêtes furieuses, chacun usant largement de ses armes, fussent-elles cruelles et perverses, la fin justifiant les moyens. Et peu à peu, Nina va obtenir ce qu'elle veut : la vérité et les détails sur ce qu'il s'est passé alors que Tach était adolescent, et qu'il n'a pas dévoilé "officiellement" dans Hygiène de l'assassin". Et écraser et humilier à son tour cet être odieux...
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Au travers du véritable combat qui va opposer Nina et Tach pour la découverte de la vérité, ce sont plusieurs thèmes qui vont être abordés : la misogynie, la mauvaise foi, les contradictions, la métaphore, l'inconscient. Et par là même, le rôle de la littérature. Une littérature que Tach a utilisé dans l'espoir d'être reconnu pour ce qu'il est vraiment, mais qui a échoué, considérant qu'il n'a pas été lu par de vrais lecteurs, tels Nina, qui elle a su voir, au travers de ce que les autres ont considéré comme des métaphores, le vrai Prétextat Tach.
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Un roman qui tient de bout en bout, que l'on a pas envie de lacher avant la fin. Tout d'abord surpris par l'attitude odieuse de Tach envers les quatre premiers journalistes, on se soûle de la joute avec Nina, comme si l'on se vengeait soi-même de cette cruauté. Une joute au rythme effréné, qui emporte dans la folie de Tach et dans l'intelligence et la perspicacité de Nina. Une Nina au vocabulaire et aux arguments justes et incisifs.
Instructif, divertissant, étonnant, emballant... horrible et fou...
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Extraits :
- " - Allons, tu en rajoutes !
- Au contraire, je ne trouverai jamais d'expression assez forte. Si vous aviez vu sa colère finale ! Je n'ai jamais vu colère si effrayante : à la fois subite et parfaitement maîtrisée. De la part de ce gros tas, je me serais attendu à des rougeurs, des boursouflures, des difficultés à respirer, des transpirations haineuses. Pas du tout, la fulgurance de cette rage n'avait d'égale que sa frigidité. La voix avec laquelle il m'a ordonné de sortir ! Dans mes fantasmes, c'est ainsi que parlaient les empereurs chinois quand ils commandaient une décollation immédiate. "
_____
- " - Peut-être. Entre temps, je sens que je vais m'amuser. J'adore écraser les gens, désarçonner la mauvaise foi dont vous êtes tous les suppôts. Et il y a un exercice qui me fait particulièrement jouir : humilier les femelles prétentieuses, les merdeuses dans votre genre.
- Moi, mon divertissement de prédilection, c'est dégonfler les grosses baudruches satisfaites d'elles-mêmes.
- Ce que vous venez de dire est tellement typique de votre époque. Aurais-je affaire à un moulinet à slogans ?
- Ne vous inquiètez pas, monsieur Tach : vous aussi, par votre hargne réactionnaire, par votre racisme ordinaire, vous êtes typique de notre époque. Vous étiez fier, n'est-ce pas, de vous croire anachronique ? Vous ne l'êtes pas du tout. Historiquement, vous n'êtes même pas original : chaque génération a eu son imprécateur, son monstre sacré dont la gloire reposait uniquement sur la terreur qu'il inspirait aux âmes naïves. Est-il nécessaire de vous dire combien cette gloire-là est fragile et qu'on vous oubliera ? Vous aviez raison d'affirmer que personne ne vous lit. A présent, votre grossièreté et vos injures rappellent au monde votre existence ; quand vos cris se seront tus, plus personne ne vous lira. Et ce sera tant mieux. "
_____
- " - Mais si . Vous savez, il y a toujours une poignée de désoeuvrés, de végétariens, de critiques novices, d'étudiants masochistes ou encore de curieux qui vont jusqu'à lire les livres qu'ils achètent. C'était ces gens-là que je voulais expérimenter. Je voulais prouver que je pouvais impunément écrire les pires horreurs à mon sujet : cet acte d'autoaccusation, comme vous le formuliez avec justesse, est rigoureusement authentique. Oui, mademoiselle, vous aviez raison d'un bout à l'autre : dans ce bouquin, aucun détail n'est inventé. On pourrait bien sûr trouver des excuses aux lecteurs : personne ne sait rien de mon enfance, ce n'est pas le premier bouquin affreux que j'écris, comment imaginer que j'aie pu être si divinement beau, etc. Mais moi, j'affirme que ces excuses ne tiennent pas. Connaissez-vous la critique que j'ai lue dans un journal, il y a vingt-quatre ans, concernant Hygiène de l'assassin ? " Un conte de fées riche de symboles, une métaphore onirique du péché originel et, par là, de la condition humaine." Quand je vous disais qu'on me lisait sans me lire ! Je peux me permettre d'écrire les vérités les plus risquées, on n'y verra jamais que des métaphores. "
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00:51 Publié dans Roman, nouvelles (divers) | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
Amélie NOTHOMB
Fille de l'ambassadeur et écrivain belge Patrick Nothomb, Amélie Nothomb est née au Japon, dans la ville de Kobé, le 13 août 1967. Profondément imprégnée par la culture nippone, celle-ci peut en effet se vanter d'être parfaitement bilingue dès l'âge de cinq ans. La jeune fille passe son enfance à suivre son père, de la Chine à la Birmanie en passant par New York ; une destinée d'expatriée et un sentiment de solitude qui l'incitent, petit à petit, à se replier sur elle-même.
Le débarquement en Belgique à l'âge de 17 ans, dans la patrie familiale, amplifie encore son mal-être. Se sentant rejetée dans sa nouvelle université où elle poursuit des études gréco-latines, elle découvre une culture et un mode de vie occidentaux qui lui avaient alors totalement échappés ; le choc est brutal.
C'est à partir de cette période qu'Amélie Nothomb commence à écrire, sans prétendre toutefois encore pouvoir vivre de sa plume. Elle continue en effet à chercher sa voie professionnelle, ce qui l'amène à retourner quelques temps au Japon. Auteur déjà de plus d'une vingtaine de manuscrits personnels, Amélie Nothomb décide de se lancer et publie à 25 ans son premier roman, Hygiène de l'assassin (1992), qui marque également son premier succès.
Véritable phénomène littéraire, la jeune femme enchaîne les publications à raison d'un livre par an, qui connaissent tous une impressionnante carrière commerciale. Le public apprécie le style romanesque et décalé de la jeune femme, toujours accompagné d'un humour subtil, mais qui le place directement face à ses pulsions intérieures. Parfois autobiographiques (Métaphysique des tubes) ou purement fictionnels (Les Catilinaires), ses romans sont nourris d'expériences personnelles mais qui pourraient être partager par tous.
Pour ne rien gâcher, l'excentricité de l'écrivain en font une invitée privilégiée des médias, la jeune femme n'hésitant pas à arborer des chapeaux extravagants ou un maquillage vif. Elle accompagne parfois ses prestations de quelques phrases percutantes, comme lors de l'émission Apostrophes où elle avait révélé à Bernard Pivot qu'elle se délectait de fruits pourris.
Stupeur et tremblements (1999) marque un tournant dans la carrière de la jeune femme. Déjà en raison de son triomphe (plus de 500 000 exemplaires vendus, son plus gros succès actuel, couronné par le Grand prix du roman de l'Académie Française), mais aussi vis-à-vis de la perception de son métier d'écrivain. Plus sage, plus discrète, Amélie Nothomb se défend dès lors d'une certaine extravagance passée et fuit les médias hors-période de promotion. Celle-ci préfère désormais se concentrer sur son travail (au moins quatre heures par jour, et ce dès quatre heures du matin) et partir sur les routes à la rencontre de ses lecteurs.
Ses livres sont parfois transposés au cinéma, comme Hygiène de l'assassin en 1998 et Stupeur et tremblements en 2003, et pour lequel Sylvie Testud reçoit le César de la Meilleure actrice. Il faudra patienter quelques mois encore pour connaître le successeur d'Antechrista, mais on peut d'ores et déjà vous dire que le manuscrit est prêt. En effet, Amélie Nothomb écrit environ trois livres par an, mais décide à chaque fois de n'en publier qu'un seul. Et de disparaître à nouveau ensuite.
| Le site officiel d'Amélie Nothomb | |
00:47 Publié dans Biographies et particularités | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
27.10.2007
Métronome

Le froid enveloppe la nuit
d'un silence assourdissant,
et la lenteur monotone
n'en finit pas de hurler.
De hurler qu'elle cherche la vie,
un instinct plus trépidant,
un tout autre métronome
qui vienne la ressuciter.
La peine tombe avec la pluie,
lourde et sans encombrement,
comme une logorrhée pochtrone
qui ne cesse de soûler.
La peur débarque l'ennui
avec ses démons exigeants
qui ruminent et ramonent
et empèchent le raisonnement.
Tommie
23:23 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
De retour
Après quatre semaines d'absence, me voici de retour sur la blogosphère. Un retour tout en douceur, épuisement et surbooking obligent !!!
Cette cure de jouvence fut épuisante mais utile. Maintenant, je dois continuer ce que j'y ai appris et mis en route. Une nouvelle hygiène de vie qui demande du temps et beaucoup d'efforts, et me rend donc moins disponible pour le web. Malheureusement. Mais je dois me tenir à mes objectifs (un vrai défi) pour des raisons évidentes de santé.
Le toubib m'avait prévenue que cette cure serait épuisante. Et c'est vrai que moi, la noctambule, j'étais couchée à 22h, et qu'après une semaine de "convalescence" et de réorganisation de mon quotidien, je suis sur les rotules !!!
Durant ces quatre semaines, je n'ai rien lu ni rien écrit, snif. J'espère donc que la reprise du boulot (lundi soir) me verra me replonger dans les livres et retrouver peut-être un peu d'inspiration...
En attendant, pour alimenter un peu ce blog, il me reste un livre et deux-trois textes que j'avais gardés en réserve.
Merci à tous pour les coms d'encouragement que vous m'avez laissés. Ils m'ont reconfortée lorsque je les ai lu durant la perm de quelques heures dont j'ai pu bénéficier en fin de deuxième semaine...
23:05 Publié dans Allo, SOS amitié ... | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
14.10.2007
La tête, la tête ...

La tête dans les mains
pour pleurer pour baver
la tête qu'on soutient
pour pas la voir tomber.
La tête, la tête, affreusement malmenée...
La tête dans les mains
pour étouffer les cris
l'angoisse du destin
qui appelle et se rit.
La tête, la tête, patiemment triturée...
La tête dans les mains
pour ne plus voir passer
les cauch'mars du matin
les rêves inachevés.
La tête, la tête, toute blackaboulée...
La tête dans les mains
pour ne plus voir en face
la figure du chagrin
les larmes qu'on efface.
La tête, la tête, dramatiquement fanée...
La tête dans les mains
qui ne veulent pas griffer
l'image du Malin
dans le miroir brisé.
La tête, la tête, toute défigurée...
La tête dans les mains
qu'on ne peut plus souffrir
du soir au lendemain
et qu'il faudrait ravir.
La tête, la tête, toute transfigurée...
Tommie
15:47 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
30.09.2007
Pause blog
Je m'absente quelques petites semaines (combien exactement je ne sais pas) pour aller faire une cure de jouvence. Rien de grave rassurez-vous, mais il faut parfois reprendre son corps un peu en main pour ne pas laisser certains problèmes s'aggraver, et repartir d'un meilleur pied.
Là où je vais il y aura peut-être un PC et un accès internet, ce qui me permettra de ne pas prendre trop de retard dans la lecture de vos blogs. Mais ne rêvons pas...
Même si mes journées là-bas seront bien occupées, j'espère trouver le temps, et surtout l'inspiration, pour écrire quelques petits textes, et lire quelques romans dont je pourrai vous parler.
C'est terrible, je crois que je suis accro au web et à ses habitants...
A bientôt les fidèles !!!
21:13 Publié dans Allo, SOS amitié ... | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
27.09.2007
Les larmes de la lune

Les larmes de la lune,
blanches et frigorifiées,
viennent inonder les dunes
des âmes cabossées.
Au-dessous ça s'affole
de ce drôle de déluge,
ça hurle et ça console,
ça dénonce le démiurge.
La lune n'y peut rien:
c'est son labeur de reine
que de tisser ces liens,
de souligner les peines.
Tommie
08:02 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
R. BOHRINGER C'est beau une ville la nuit
Pas vraiment une autobiographie ce livre. Je dirais plutôt des tranches de vie, racontées ça et là, au gré des souvenirs et des humeurs. Mais racontées sans l'être vraiment non plus. Des petits bouts d'histoires, des petits bouts de parcours, des gros bouts d'émotions surtout. Avec en toile de fond la souffrance, l'errance, l'alcool, la drogue, les femmes, la grand-mère, Romane. Et l'écriture, le besoin et le bonheur de jouer avec le verbe.
Une capacité à aller de souffrances en souffrances, et à, malgré tout, continuer à voir la beauté là où elle se trouve, dans ses formes les plus simples. La capacité à voir, à ressentir, ce que les autres vont jusqu'à ignorer même lorsqu'ils passent à côté. Une capacité à voir la vie telle qu'elle est, dans sa laideur la plus crue parfois, dans sa beauté la plus éblouissante d'autres fois, mais surtout le désir effréné de vivre en fin de compte. Bohringer écrit là un récit impossible à résumé. Une histoire à tiroirs multiples, des bouts mis bout à bout, sans souci réel de chronologie ni de précision...
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Bohringer écrit comme il parle. Une prose toute en spontanéité, toute en vérité. Il utilise ses propres rêgles de narration et de ponctuation, pour mieux marquer son rythme et sa pensée. Son langage est parfois cru, jamais vulgaire ni choquant. Même lorsqu'il parle de sa bite ou des femmes, je n'y vois aucun manque de respect, aucune "machismomisogynie". C'est toujours avant tout son coeur, celui qui vibre ou s'éteint, qui parle. Qui parle ou qui chante. Quelques chansons bien trouvées...
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En fait, ce livre , je ne l'ai pas lu. Je l'ai écouté, parfois chanté. C'est la voix de Bohringer qui résonnait. Sa voix profonde et éclatante, qui interpelle. Du fond de la nuit, du fond de l'abîme...
Hey ! Paulo ! Oui, c'est à toi que je parle. Ecoute mon poème bordel. C'est ma vie, la tienne peut-être aussi. Viens, j'te paie un coup, moi j'boirai de l'eau. On parlera des femmes et des Indiens, et de New-York, et de jazz aussi. Aller mon Paulo, on va l'aimer cette vie à la gueule de chien...
Je conclurai par une seule phrase : lisez ce bouquin !!! (moi je lirai le suivant, pour sûr).
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Extraits :
- " Mais déjà, comme en été, un nuage noir faisait frissonner les pans éclatant des champs.
C'est comme cela que les poètes découvrent les traces de leur destin.
C'est dans ces traces qu'ils trouvent les signes de leurs défaites humaines.
Alors ils courent volontairement à leur perte, pour accélérer le mouvement afin de vivre plus vite leurs chagrins. "
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- " [...]
Dans le fond des bars /
Quand je buvais /
Il y avait son souvenir qui me frôlait /
Ou qui me frappait comme un poignard /
Sorti du noir /
Il y avait mon ventre déchiré / sans espoir /
Qui s'accrochait au bar /
Il y avait mes paulos / mes frères rêveurs / mes fêlures /
Il y avait leurs rires / leur douceur /
Comme des fleurs /
[...]"
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- " Elle est la vie. Ils m'abandonnent. Et moi petit à petit je me recroqueville dans ma plaie. Dans ma maladie. J'ai pissé dans mon froc en plein embouteillage l'autre jour. Je me suis pas retenu. Comme ça. J'ai même pas pleuré. J'avais rejoint mon état naturel. Animal sale.
Mon corps est suspendu comme l'esprit. Toujours plus haut. Avec des visages, tous les visages que je rencontrais, sans voix. Comme si une paroi de verre me séparait d'eux. Je ne communique plus. La liaison est rompue. Plus envie. Pendant un moment j'ai beaucoup marmonné. Sans arrêt. N'importe où. J'ai disparu au fond de l'horizon. [...] "
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- " "Ta fille depuis ce matin à quatre pattes va chercher tous ses jouets dans le salon pour les mettre devant ta porte."
La môme regarde son tas et me balance un sourire d'Indien.
Un sourire millénaire. Un sourire qui vient de si loin, qu'une seconde je décroche de la terre. Je quitte le sol.
Avec les yeux qui font comme des myosotis brisés. Je rentre dans la prunelle et le paysage n'est qu'amour. Comme une clarté soudaine. Comme sur les photos quand l'Indien te pardonne ta misère de pauvre Blanc. De pauvre Blanc qui ne sait rien. Qui ne sait rien du vent et de ses odeurs. Qui ne sait rien des chevaux fous et de leurs mystérieuses colères. Qui ne sait rien des femmes et de leurs silences.
Je t'aime ma fille. Viens. Je vais t'emmener voir les primevères. Mamie fait une valise. Je téléphone à mon pote, un vieux pote bassiste. Il habite à la campagne. Il vient me chercher. "
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- " J'ai commencé à écrire à New York. Une pièce de théatre où il était question de pureté. Plus les jours passaient. Plus j'aimais cette ville. [...] Je vivais mille vies. Mille vies plus belles, mille vies plus sourdes. Comme si j'avais une nichée de moineaux au creux de la poitrine. Je palpitais à l'infini. J'ai écrit chaque jour. Chaque nuit. Avec acharnement. Avec trois ou quatre c au mot locomotives comme si j'avais voulu dans le même mot rajouter les wagons. [...] Et le clavier ronronnait. D'un doigt je traçais ma quête, ne revenant jamais sur un mot. "
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- " Toujours vivre dans une cale au milieu d'un trésor inventé. De l'Inde du Sud au Grand Nord emmitouflé. Des tavernes exaltantes de destins brisés, de petit matin immortel où l'éthylisme rend prince indompté. Tout n'est qu'invention. Oui je crois en moi. A de rares instants je pense même qu'il est bien temps que j'existe. Et puis parfois je trouve cela d'une banalité effrayante. En fait, aucune importance. Vite respirer. Encore et encore. Me broyer les poumons de l'oxyde de vie. Me vautrer des deux côtés, me ritueler d'huile odorante, me refaire la peau à coup de nouvelle vie. Ne rien savoir et tout humer. Je n'ai d'envie que d'entendre mon coeur battre. "
07:59 Publié dans autobiographie et récits apparentés | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Richard BOHRINGER
Richard Bohringer est né le 16 janvier 1942 à Moulin.
Sa mère étant partie rejoindre son père en Allemagne après la guerre, il va grandir chez sa grand-mère, porte de Saint-Cloud, à Paris. A 6 ans, il est atteint aux yeux et va rester aveugle pendant un an et demi. Puis il se retrouve à l'hôpital maritime de Berck-sur-Mer où il restera deux ans immobilisé dans un lit, pour soigner une forte scoliose et une décalsification osseuse. Il sortira en 1952 et rentrera chez sa grand-mère.
Il erre près des studios de cinéma de Billancourt et devient le chauffeur de Peter O'Toole pendant le tournage de "What's new Pussycat ?" ... Nuit étoilée chez Castel... Richard passera la quasi totalité de sa jeunesse à Saint-Germain-des-Prés où il se promène volontier, et se plaît à découvrir les danceurs, le jazz dans les caves, ses idoles John Coltrane et Charlie Parker. Et l'un des plus grands rockeurs des années 60 : Vince Taylor, qui va lui demander de faire sa première partie. Richard sera "Richard Blues". Il chauffe la salle comme un lion enragé, fait le boeuf en première partie, et Vince peut enchainer sans aucun souci après lui. Le QG de Richard, c'est le Rock'n roll Circus. C'est ici qu'il croise un habitué, alors inconnu : Jim Morisson. Richard va passer deux ans à refaire le monde aux côtés de celui qui sera l'âme des Doors.
Il rencontre aussi Claude Nougaro dans les années 60 (parti dans les grandes prairies rejoindre les grands Indiens). Richard le suit dans ses concerts depuis les coulisses puis va lire ses premiers textes dans la cuisine de Claude, rue des Thermes.
Son premier métier, mécanicien dans un petit atelier où il répare des motos, lui offre ses premiers salaires. Mais il dance le Be Bop au club Saint Germain pour 15 balles la nuit... Mais pour ramener l'argent pour manger et avoir une vie plus décente, il se tourne vers le métier d'acteur dans lequel il entre "par effraction". Comme il le dit "si j'avais été plus courageux, je serais monté sur un ring", mais son seul combat s'est fini sur KO au bout de trente secondes.
Richard a été journaliste, et ses nouvelles furent publiées par Jacques Lanzmann. Il a été aussi scénariste de bandes dessinées.
Il écrit sa première pièce de théatre " Zorglub " en 1966 et " Les girafes " en 67. C'est d'ailleurs en 1967 qu'il fit une overdose d'héroïne. Conduit aux urgences, l'interne de garde rédige son avis de décès... Il deviendra son pote.
En 1970, son premier rôle de cinéma dans "La maison" de Gérard Brach. Mais son véritable début il le doit à Charles Matton qui le fait tourner dans "L'italien des roses" en 1972. En 1979, il fait ses premiers pas dans la musique, produit par Claude Zidi.
Outre les succès au cinéma où Richard tourne comme un fou furieux, "Diva", "Le grand chemin", "Une époque formidable", il se plaît à tourner des multitudes de rôles dans des premiers films de jeunes réalisateurs. Il dédit son César du meilleur second rôle dans "L'addition" à Jean-Pierre Rassam, et son César du meilleur acteur dans "Le grand chemin" à Michel Auclair, son père "adoptif".
Ses passions le rejoingnent. Il écrit "C'est beau une ville la nuit", best-seller vendu à plus d'un million trois cent mille exemplaires, puis "Le bord intime des rivières", dans les années 90. Autre passion : le rugby. Il sera le vice-président du Rugby Club Hyérois (division 2) avec pour objectif le retour en première division dès la saison 95-96.
"C'est beau une ville la nuit" devient une émission hebdomadaire sur Europe 2 (et deviendra aussi un film), où il lit les textes des auditeurs "garennes". C'est enfin sur scène que Richard portera haut ce voyage mystique de toutes ses tripes avec les musiciens du groupe "alternatif" One Take puis Aventures. Leur premier concert à Bastia, en totale improvisation, leur a ouvert la porte d'une tournée phénoménale. Le soir même, Johnny Hallyday appelle Richard pour le félicité de ce succès.
Richard n'en est pas à sa première expérience musicale, il avait déjà enregistré les albums "Richard Bohringer" et "Errance" et participé aux albums de Jean-Jacques Milteau ("Quand j'rentre le soir"...) et Paul Personne ("Où est l'paradis ?").
Il a obtenu la nationalité sénégalaise en 2002, un retour aux sources évident pour le griot blanc...
Source : http://myspace.com/richardbohringer
07:58 Publié dans Biographies et particularités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.09.2007
Le vent de la liberté

Les souvenirs en bandoulière, les larmes refoulées,
aller par les petits chemins, suivre les cours d'eau.
Avancer tête haute et sans jamais courber le dos,
pour venir carillonner au vent de la liberté.
Dans l'onde placide aux reflets d'un soleil rougeoyant,
quand alentours les gorges d'or s'arrêtent de chanter,
longuement se mirer, chercher le moindre changement
à ce regard triste qu'une étincelle pourrait flamber.
Sous un arbre généreux à l'élégante pureté,
loin des bâtards silences d'un sombre et douloureux souci,
en de douces rêveries se réjouir, s'évader,
s'étendre et s'alanguir dans des fragrances infinies.
Tommie
01:17 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Heinrich BÖLL
Böll, Heinrich (1917-1985), nouvelliste et romancier allemand, prix Nobel et figure marquante de la littérature d'après-guerre, qui peignit une fresque sans concession de l'Allemagne moderne.
Né à Cologne le 21 décembre 1917, Heinrich Böll fut une victime du nazisme : enrôlé au service du Travail peu après avoir obtenu son baccalauréat, en 1937, il fut ensuite appelé sous les drapeaux pendant la Seconde Guerre mondiale. Il combattit en France, en Pologne et en Russie, puis fut capturé par les Américains. Interné dans un camp de prisonniers aux États-Unis, il fut libéré à la fin de la guerre. Il rentra à Cologne où, comme beaucoup d'Allemands, il tenta de reconstruire sa patrie et de recommencer à vivre dans de nouvelles structures et avec d'autres valeurs. Ces événements devaient évidemment conditionner fortement la thématique de ses œuvres présentes et futures : au début des années 1950, Böll était déjà un auteur reconnu, et vendait suffisamment de ses nouvelles à la presse pour pouvoir vivre de sa plume.
Dans son œuvre, Böll privilégia non seulement la critique du nazisme et de la guerre, mais aussi celle de la société allemande de l'après-guerre. Ruinée et désorientée après la défaite, puis matérialiste et consumériste, celle-ci lui semblait affronter péniblement le problème de la culpabilité et se montrer peu encline à faire son examen de conscience.
Les premières œuvres de Böll, telles que les nouvelles sélectionnées dans le recueil Le train était à l'heure (1949) ou dans Voyageur, viens-tu vers ... (1950), traitent de l'absurde et de l'horreur de la guerre, et abordent la question de la culpabilité. Son premier roman, Où étais-tu, Adam ? (1951), présente diverses situations de conflit où sont mises en évidence les forces sociales et politiques qui pèsent sur les gens ordinaires. Le roman suivant, Rentrez chez vous, Bogner (1953) marque en revanche le début d'une série d'ouvrages où Böll évoque les difficultés de l'Allemagne de l'après-guerre, et où il dépeint la vague de matérialisme déferlant sur un pays marqué par la défaite. Vint ensuite les Deux Sacrements (1959), chronique familiale où l'auteur confronte nazisme et humanisme. Böll persista dans la voie de la critique sociale, prenant pour thème non plus la guerre et ses conséquences immédiates, mais la réalité du pays en train de se construire et de se projeter dans l'avenir, c'est-à-dire la nouvelle République Fédérale d'Allemagne. Ainsi en est-il de la Grimace (1963), critique de l'État moderne, des fonctionnaires et de la bourgeoisie capitaliste. C'est aussi le cas de l'Honneur perdu de Katharina Blum (1974), un texte polémique dirigé contre les abus de pouvoir de la presse et de la justice. Cette histoire fut adaptée au cinéma par Volker Schlöndorff en 1975. Le roman Portrait de groupe avec dame, publié en 1971, trace un tableau panoramique de la vie en Allemagne, depuis la Première Guerre mondiale jusqu'aux années 1970, en suivant les traces d'un personnage innocent, presque insignifiant, Léni. Ce texte, rédigé dans un style journalistique, a été salué comme l'œuvre maîtresse de Böll.
Heinrich Böll fut récompensé en 1972 par le prix Nobel de littérature pour avoir apporté un nouveau souffle à la littérature allemande. Il mourut le 16 juillet 1985.
Groupe 47 (Gruppe 47), groupe littéraire allemand créé en septembre 1947 à Munich, à l’initiative de Hans Werner Richter.
L’origine du groupe remonte aux rencontres, dans des camps de prisonniers de guerre, de soldats allemands antifascistes qui veulent débarrasser la langue et la littérature allemandes des séquelles du nazisme : pour ce faire, ils prônent une écriture dépouillée, excluant le maniérisme, l’utopie ou l’embellissement. Une première revue, l’Appel, créée par Hans Werner Richter et Alfred Andersch en 1946, est interdite par les Américains en 1947, qui la jugent trop subversive. Le groupe, engagé politiquement, cherche à écarter toute tendance stalinienne et invite les écrivains allemands à ne pas se replier dans le confort moral et intellectuel. Animé par Richter, le groupe organise des lectures au cours desquelles des textes sont soumis à la critique de l’ensemble des membres, puis éventuellement promus. À partir de 1950, un prix est décerné à une œuvre inédite (en 1959, il récompense le Tambour de Günter Grass : le prix du Groupe 47 devient l’un des prix littéraires les plus prestigieux et les plus convoités d’Allemagne fédérale).
Le groupe réussit à s’imposer avec force dans la vie littéraire allemande et demeure l’instance littéraire la plus écoutée jusqu’en 1967, date de sa dissolution. Il compte parmi ses membres plus de deux cents écrivains, dont les plus prestigieux sont Heinrich Böll et Günter Grass, Ingeborg Bachmann, Hans Magnus Enzensberger, et Martin Walser.
01:13 Publié dans Biographies et particularités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
H. BÖLL L'honneur perdu de Katharina Blum
Katharina Blum, jeune gouvernante d'intérieur sérieuse, honnête et irréprochable à tous niveaux, va voir sa vie bouleversée en l'espace de cinq jours: A Cologne, le soir du mercredi 20 février 1974, premier jour du carnaval, elle se rend chez sa marraine pour dancer. Elle y rencontre le beau Ludwig Götten et termine, amoureuse, la nuit avec lui - incroyable exception-. Au matin, la police envahit son petit appartement, à la recherche de Götten, soupçonné d'être un gangster "gauchiste"...
Le livre s'attache à décortiquer précisemment tous les évènements - interrogatoires, perquisitions, emplois du temps, articles de journaux, etc - de "l'affaire Katharina Blum", jusqu'au dimanche, jour où elle abat le journaliste Werner Tötges. Cinq jours durant lesquels Katharina va voir sa vie et sa moralité roulées dans la fange, à travers les articles de Tötges dans le quotidien " Le journal", feuille de chou spécialisée dans le harcèlement et la calomnie.
Le sous titre du livre, "comment peut naître la violence et où elle peut conduire", résume à lui seul la démarche de Böll. Aucun suspens dans l'histoire, tous les faits sont donnés d'emblée. Il sagit de montrer comment une femme perd son honneur sans le mériter par le simple, mais implacable, délire journalistique d'une certaine presse, jusqu'à en arriver au meurtre. Comment l'on peut passer de l'innocence radicale et de la pureté même, au crime ? Comment le mensonge, la haine, la violence verbale peuvent-ils engendrer la violence physique ? Comment la violence naît-elle de la violence ?
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Contexte :
Cette histoire est une attaque , plus qu'une réponse, à ce que Böll subit lui-même au cours de l'année 72. En effet, il fut victimes des injures et calomnies de la presse à sensation allemande qui ne lui pardonnait pas d'avoir dénoncé les mensonges qu'elle répandait et le climat de violence qu'elle entretenait à propos de la bande à Baader. Epoque où cette presse là avait l'habitude de mettre automatiquement forfaits et violences sur le dos des anarchistes, à faire de la bande à Baader le bouc émissaire de faits et de fautes dont l'évolution et les structures de la société d'alors était responsable (source: Yves Bonnefoy).
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Mon avis :
Une lecture qui m'a tenue de bout en bout, non pour le suspens (inexistant) mais pour chercher la moindre faille "criminelle" chez Katharina. Faille que je n'ai évidemment pas trouvée puisquelle n'existe pas !!! Je me suis surprise à entrer dans la peau de la malheureuse héroïne, à subir les injustices et les mensonges, à prendre toute cette descente en enfer en pleine poire. J'en retiens qu'il ne fait pas bon être suspect ou témoin, et encore moins innocent. Que si les interrogatoires de police, les perquisitions, et la mise à nu de la vie privée sont des moments très pénibles à passer, le mensonge,et la diffamation étalés pour un public avide pourrait, moi aussi, me mettre dans cette position où la violence devient la seule défense, la seule issue, la seule réponse...
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Extraits :
- " Photo gigantesque et caractères non moins gigantesques. KATHARINA BLUM, LA BONNE AMIE D'UN GANGSTER, REFUSE DE DONNER LES NOMS DE SES VISITEURS. Ludwig Götten, le bandit et assassin recherché depuis un an et demi, aurait pu être arrêté hier si sa bonne amie, une employée de maison nommée Katharina Blum, n'avait couvert sa fuite et effacé toute trace de son passage. La police présume que la femme Blum est depuis assez longtemps déjà mêlée à la conjuration. (Suite page 2, colonnes 3 et 4).
En deuxième page Blorna put voir à quel degré LE JOURNAL avait travesti ses propos : la jeune femme "intelligente et réservée" était devenue "froide et calculatrice", tandis que de sa déclaration générale sur la criminalité, LE JOURNAL avait déduit que Katharina "était tout à fait capable de commettre un crime".
"Le curé de Gemmelsbroich nous a déclaré : "Je la crois capable de tout. Son père était un communiste inavoué et sa mère, que par charité j'ai pendant un certain temps employée comme femme de ménage, a volé du vin de messe et célébré des orgies dans la sacristie avec ses amants."
" Depuis deux ans la femme Blum recevait régulièrement chez elle des visiteurs. Son appartement était-il le quartier général d'une bande organisée, servait-il de cache d'armes ? La police poursuit son enquête et le ministère public travaille d'arrache-pied. La suite au prochain numéro. COMME TOUJOURS LE JOURNAL RESTE EN PREMIERE LIGNE ! Nos lecteurs trouveront dans l'édition de demain l'ensemble des informations tissant la toile de fond de cette affaire."
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- " Ensuite, toujours dans l'espoir de détourner Katharina de cette lecture du JOURNAL à laquelle elle se cramponnait, elle avait demandé à son collègue Hüften de la remplacer quelques minutes, le temps d'aller chercher d'autres journaux dont les articles rendaient compte d'une manière tout à fait objective de l'implication de Katharina Blum dans l'affaire Götten et de son interrogatoire. C'était en troisième ou quatrième page de brefs comptes rendus où le nom de la jeune femme n'était même pas imprimé en toutes lettres ; on y parlait d'elle que comme d'une certaine Katharina B., gouvernante. Dans la Umschau par exemple seul un écho de dix lignes - sans photo naturellement - relatait la malheureuse implication dans l'affaire Götten d'une jeune femme rigoureusement intègre. En dépit de leur nombre - l'auxiliaire en avait rapporté une bonne dizaine - ces feuilles n'avaient pas réussi à réconforter Katharina qui s'était simplement exclamée : " Mais qui donc lit ce genre de journaux ? Tous les gens que je connais lisent LE JOURNAL !"
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- " La police et le ministère public sont-ils vraiment disposés à croire un aussi ignominieux individu que ce Götten lorsqu'il a la prétention de disculper entièrement Katharina Blum ? LE JOURNAL se doit de soulever une fois encore la question : nos méthodes d'interrogatoire ne sont-elles pas trop douces ? Sommes nous donc tenus à tant d'humanité à l'égard de tels monstres ? "
Sous les photographies des Blorna et de leur villa : " C'est dans cette maison que Katharina Blum, qui jouissait de l'entière confiance de M° Blorna et de son épouse, travaillait seule, sans surveillance aucune, de 7 h du matin à 4 h 30 de l'après-midi. On n'ose imaginer tout ce qui a bien pu s'y passer pendant que les Blorna vaquaient sans méfiance à leurs occupations professionnelles. Mais ne se doutaient-ils vraiment de rien ? Au dire des voisins, ils entretenaient avec Katharina Blum des rapports très amicaux sinon même intimes. Nous passerons ici sur certaines insinuations étrangères à l'affaire. Mais lui sont-elles vraiment étrangères ? Quel fut en effet le rôle joué par Mme Gertrud Blorna qui dans les annales d'une école technique supérieure fort estimée figure aujourd'hui encore sous le nom de "Trude la Rouge" ? Comment Götten a-t-il pu s'enfuir de chez Katharina Blum alors qu'il avait la police aux trousses ? Et qui connaissait jusque dans ses moindres détails le plan du grand ensemble " La résidence du bord de l'eau", sinon Mme Blorna ? "
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01:10 Publié dans Roman, nouvelles (divers) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.09.2007
Un p'tit coeur

Je suis un petit coeur
tout ému et sensible
qui battait pour une soeur
au fond de sa poitrine.
J'en ai pris bien des coups
tout au long de sa vie
mais j'ai tenu le coup
et je n'ai pas failli.
Mais ce ne fut pas simple
de battre à l'unisson
quand venaient des complaintes
de son âme bougon.
Quand battu par le sort
il fallait résister
et tenir le score
du nombres de ses plaies.
Aujourd'hui je suis libre
de tout engagement
et une autre poitrine
j'attends impatiemment.
J'aimerais une fille
allègre et toute fraiche
pour une vie plus tranquille
allégée de ces flèches.
Je deviendrai pour elle
la matrice de ses rêves
lui donnerai des ailes
ferai couler la sève.
Mais il faudrait voir
à ne pas trop traîner
je n'aime pas le noir
où je suis enfermé.
Tommie
03:31 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
19.09.2007
Une lumière à la fenêtre

Une lumière à la fenêtre, tu es là tu es rentrée.
Mais quel est ce mal-être qui m'empèche d'y aller ?
Je tourne, je vire, j'hésite, je me suis tellement trompé.
C'est le doute qui m'habite, c'est l'heure de vérité.
J'ai les idées qui s'embrouillent sur ce trottoir trempé.
Serait-ce là une trouille que je ne peux dominer ?
Et si je ne rentrais pas, si je me laissais aller ?
Et si j'écoutais mes pas, qui me disent de me barrer ...
Une dernière canette, pour contourner l'anxiété.
Encore une cigarette, pour laisser le temps passer.
En fait j'suis plutôt ravi de m'être fait larguer.
C'est ainsi qu'il m'est permi de reprendre ma liberté.
Je sais que je suis un lâche, mais pour ma tranquilité
Ca me facilite la tâche, ça m'arrange d'être un raté.
Et si je ne rentrais pas, si je me laissais aller ?
Et si j'écoutais mes pas, qui me disent de me barrer ...
Tommie
Peinture: "Le Beaucet" de Claude Bellaton
19:22 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
René BARJAVEL La nuit des temps
Une expédition scientifique internationnale découvre en Antarctique les vestiges d'une civilisation vieille de 900 000 ans. Une civilisation loin d'être primitive, puisque les habitants de Gondawa vivaient dans l'harmonie la plus totale, à l'abri de tout besoin. En effet, ils possèdaient le savoir qui leur permettait de tout obtenir à partir du Rien ! Une civilisation que les terriens d'aujourd'hui vont découvrir au travers du couple de "survivants" qui a été sauvé grâce à la cryogénie.
Elea et Coban: les deux élus pour renaitre à la vie lorsque la Terre serait de nouveau habitable, après sa pollution et ses destructions lors de la guerre contre les belliqueux d'Enisoraï. Elea parcequ'elle était la plus parfaite physiquement, moralement et intellectuellement; Coban parcequ'il était le plus abouti dans la sagesse et la connaissance, notamment de l'équation de Zoran, clef de toute la vie.
Mais Elea, l'élue, était déjà unie à l'homme qu'elle aimait plus que tout, son double, son complément : Païkan ...
Face à la découverte d'un tel potentiel de puissance et de résolution des problèmes de la condition humaine actuelle, comment vont réagir les scientifiques et les "penseurs" sur place, les peuples du monde entier, les gouvernements de toute la planète ? Sauront-ils enfin s'unir pour le bien de tous ? ...
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On peut distinguer trois thèmes principaux dans ce roman, qui sont l'amour, la solitude, et la bêtise humaine.
- L'amour submerge tout le livre:
* Celui entre Elea et Païkan, si pur et inconditionnel, que seule la mort peut les séparer, que la vie n'est pas imaginable par l'un sans l'autre. Un amour d'autant plus parfait qu'il est passé par la "Désignation" (cérémonie qui désigne, en Gondawa, l'âme soeur de chaque personne, sans erreur possible).
* L'amour de Simon pour Elea. Un amour impossible car Elea ne pense qu'à Païkan. Un amour à sens unique, immédiat, que Simon mettra à profit pour protéger Elea, sans ressentir la moindre amertume. Un amour qu'Elea comprendra malgré tout, elle qui placera toute sa confiance et son innocence en Simon.
* L'amour, enfin, entre les peuples. Des peuples tentés de se rassembler, se reconnaitre, dans l'amour entre Elea et Païkan. Et au plus près d'Elea, les acteurs de la mission scientifique, qui, tels Hoover l'américain et Léonova la russe, finissent par s'aimer, tout du moins s'apprécier, malgré toutes leurs différences.
- La solitude:
* Il y a la solitude d'Elea bien-sûr, séparée de force de Païkan, et qui 900 000 ans plus tard se retrouve projetée dans une autre civilisation dont les valeurs et les coutumes sont totalement différentes.
* Mais il y a surtout la solitude de Simon, qui dès le premier regard tombe éperdument amoureux d'Elea, et dès le début sait que cet amour ne se concrétisera jamais. Chacun de ses propos est marqué par une profonde solitude et une touche de désespoir. Il est transpercé autant de douleur que d'amour. Mais jamais il ne montre de dépit, tout entier acquis à la cause d'Elea, pret à la défendre contre tout et tous. Une solitude renforcée par le fait qu'il la comprend mieux que les autres, qu'il ne la quitte jamais.
- La bêtise et la folie humaine:
C'est la folie des hommes (surtout ceux d'Enisoraï) qui détruisit Gondawa, allant jusqu'à polluer la surface de toute la Terre et la décaller de 40° de son axe. Et c'est elle à nouveau qui met en péril tout le savoir que détient Coban, l'équation de Zoran, alors que l'humanité aurait pu être sauvée.
Barjavel prend garde de désigner quiconque (personne ou nation) pour le vol du savoir, pour justement que la folie des hommes, et donc de la planète toute entière soit, une fois de plus, la coupable. Alors que l'humanité détenait la solution à la fin de ses souffrances, sa soif de pouvoir et sa folie la conduit à détruire tout espoir, par sa propre faute.
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J'ai aimé cette lecture moins que la première fois, il y a une quinzaine d'années. Peut-être parcequ'ayant perdu mon côté fleur bleue, j'ai été moins touchée et "tenue" par les différentes histoires d'amour (et de solitude amoureuse). Par contre, j'ai apprécié ce que je n'avais même pas capté à l'époque, à savoir "l'internationalisme" de la folie humaine, la cupidité, la soif de pouvoir. C'est aussi une approche tout en douceur de la science-fiction, idéale pour la ménagère de 50 ans, qui n'accrocherait pas avec les robotes, les martiens, les esprits démoniaques. Une histoire peut-être trop démodée pour les jeunes ados aguerris aux mangas et autres jeux vidéos ultra speeds...
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Extraits:
- " Dans notre isolement de glace, nous avions oublié les haines misérables et stupides du monde. Elles s'étaient encore enflées et raidies pendant ces trois années. Leur monstrueuse imbécilité évoquait pour moi des chiens énormes enchaînés les uns en face des autres, chacun tirant sur sa chaîne en râlant de fureur et ne pensant qu'à la rompre pour aller égorger le chien d'en face. Sans raison. Simplement parce que c'est un autre chien. Ou, peut-être, parce qu'il en a peur ..."
- " Je le savais.
Je regardais tes lèvres. Je les ai vues trembler d'amour au passge de son nom.
Alors j'ai voulu te séparer de lui, tout de suite, brutalement, que tu saches que c'était fini, depuis le fond des temps, qu'il ne restait rien de lui, pas même un grain de poussière quelque part mille fois emporté par les marées et les vents, plus rien de lui et plus rien du reste, plus rien de rien... Que tes souvenirs étaient tirés du vide. Du néant. Que derrière toi il n'y avait plus que le noir, et que la lumière, l'espoir, la vie étaient ici dans notre présent, avec nous.
J'ai tranché derrière toi avec une hache.
Je t'ai fait mal.
Mais toi, la première, en prononçant son nom, tu m'avais broyé le coeur."
- " Pourtant nous sommes tous pareils ... Nous avons quelque chose en commun qui est plus fort que nos différences: c'est le besoin de connaître. Les littérateurs appellent ça l'amour de la science. Moi, j'appelle ça la curiosité. Quand elle est servie par l'intelligence, c'est la plus grande qualité de l'homme. Nous appartenons à toutes les disciplines scientifiques, à toutes les nations, à toutes les idéologies. Vous n'aimez pas que je sois un Russe communiste. Je n'aime pas que vous soyez de petits capitalistes impérialistes lamentables et stupides, empêtrés dans la glu d'un passé social en train de pourrir. Mais je sais, et vous savez que tout ça est dépassé par notre curiosité. Vous et moi, nous voulons savoir. Nous voulons connaître l'Univers dans tous ses secrets, les plus grands et les plus petits. Et nous savons déjà une chose, c'est que l'homme est merveilleux, et que les hommes sont pitoyables, et que chacun de notre côté, dans notre morceau de connaissance et dans notre nationalisme misérable, c'est pour les hommes que nous travaillons. Ce qu'il y a à connaître ici est fantastique. Et ce que nous pouvons en tirer pour le bien des hommes est inimaginable. Mais si nous laissons intervenir nos nations, avec leur idiotie séculaire, leurs généraux, leurs ministres et leurs espions, tout est foutu ! "
19:17 Publié dans Roman, nouvelles ( science-fiction, fantastique, é | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
René BARJAVEL
Barjavel naît le 24 janvier 1911 à Nyons (Drôme). Son père boulanger, mobilisé pour la guerre, sa mère le remplaçant, elle n'a que peu de temps à lui consacrer, et l'enfant seul découvre la nature et s'émerveille de ses prodiges. Il se plonge dans la littérature, grandit dans l'amour d'une mère happée par le travail, et l'affection de sa cousine Nini. Ce regard d'enfant grave dans sa mémoire des souvenirs intenses qu'il répercute dans son autobiographie La charrette bleue. Sa mère meurt en 1922, des suites de la maladie du sommeil. Cette disparition précose laissera l'enfant de onze ans désemparé.
19:15 Publié dans Biographies et particularités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.09.2007
Une goutte d'eau

Je ne suis qu'une goutte d'eau
un peu salée c'est vrai,
qui coule le long de ta peau,
un peu navrée je sais.
On ne m'a pas donné le choix
de l'oeil d'où m'écouler,
mais il me plaît que ce soit toi
que je vienne caresser.
Même si je ne sais pas pourquoi,
où ton malheur est né,
je ne t'abandonnerai pas,
toi et moi sommes liés.
Considère-moi comme un cadeau,
je purifie les plaies.
Il n'est pas de regard plus beau
que celui qui transmet.
Tommie
Photo: Vince (merci, elle est superbe)
19:30 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note



