01.06.2008

SNIFFFFF .........

De passage sur le PC pour quelques minutes. Visiblement, à la vue du peu de coms laissés, ce blog n'interresse pas grand monde !!!

Quel avenir dois-je lui réserver s'il n'interresse que moi ???????????????????????????????????

Je m'en retourne à ma clinique bien déçue ...

22.04.2008

Encore un départ

Je repars me faire soigner pour quelques semaines. Les fidèles doivent commencer par y être habitués !!!

A bientôt, vous me manquez déjà, sniff............................. 

Les morts et les bigottes

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     Du fond de leurs abîmes

     les morts ne cessent de rire

     de ceux qui paient la dîme

     pour assurer l'av'nir.

 

     Ils prient un drôle de type

     qu'ils n'ont vu qu'en fantasme

     pour pas choper la grippe

     ou pardonner l'orgasme.

 

     Sûr qu'on ne plaisante pas

     avec le péché

     faut suivre pas à pas

     c'que dit monsieur l'curé.

 

    Et quand par malheur

    ils rêvent d'une paire de fesses

    ils courrent avec horreur

    se laver à confesse.

 

    Alors au fond du gouffre

    pour sûr qu'ils se panent

    lorsque ça sent le soufre

    en dessous des soutanes.

 

    C'est la fête aux bigottes

    auquelles on fait payer

    leur manque de jugeotte

    le poids de ces secrets.

 

          Tommie

Smally

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     Mon amie ma fidèle

     qu'ai-je pu te faire subir ?

     Mes souvenirs s'emmèlent

     c'est ce qu'il y a de pire.

 

    Qui prit soin de toi

    tous ces jours de misère

    quand je n'étais pas là

    quand je n'touchais plus terre ?

 

    Comment ressentais-tu

    ces tremblements de terre

    dans mon âme perdue

    qui glissait vers l'enfer ?

 

    Tu m'as pardonnée je crois

    dans ton dernier soupir

    ton p'tit corps dans mes bras

    oh, comme j'ai pu souffrir.

 

               Tommie

Rue des pins

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          Dans l'air du temps

          et l'air de rien

          comme un enfant

          comme un vaurien

          chemin faisant

          cahan cahin

          cheveux aux vents

          chemise de lin

          effrontément

          malin malin

          en remontant

          la rue des pins

          les pieds brûlants

          semelles en moins

          se délestant

          d'un peu d'un rien

          s'en rejoignant

          de douces mains

          et rêvassant

          de ses blancs seins ...

 

                 Tommie

18.04.2008

Partir

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     Partir au delà de l'horizon

     jusqu'où le regard porte et se perd

     là où la terre trace un dernier sillon

     comme un salut bref de l'univers.

 

     Partir pour ne jamais revenir

     pas même en rêve ni en cauchemar

     lâcher jusqu'au moindre souvenir

     se diriger vers un autre phare.

 

     Partir sans baluchon ni bagage

     à la conquête d'une nouvelle histoire

     débarrassé de sa lourde cage

     libéré de tous les vieux déboires.

 

     Partir, s'envoler d'un pied leste

     se laisser diriger par les vents

     économiser le moindre geste

     et évoluer en dehors du temps.

 

              Tommie

08.04.2008

Tout est pardonné

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On le croit dans les nuages                         

l'esprit libre au gré du vent                            

que rien ne lui fait ombrage                           

qu'il rêve comme un innocent.                    

 

A l'atelier il fabrique                                     

au potager il donne vie                               

comme avec des mains magiques                  

créatrices à l'infini.                                    

 

Il ne dit rien, il cache tout                             

comme un vaurien, ou comme un fou.          

 

Ses silences en disent long                       

et taisent ses bégaiements                          

quand il s'agit de faire front                        

d'oublier ses peurs d'enfant.                   

 

Le mensonge est sa défense                       

et dans ses yeux la panique                       

dénonce l'ignorance                                     

et sa marque de fabrique.                            

 

Il ne dit rien, il cache tout                          

comme un vaurien, ou comme un fou.  

 

 

     D'un regard inquisiteur

     qui balaie comme un scanner

     elle vous foudroie en plein coeur

     comme une acerbe mégère.

 

     Elle vous aime sous conditions

     avec ses propres critères

     elle juge la situation

     depuis ses espoirs de mère.

 

     Dans sa souffrance et sa misère

     elle est en errance, cherche des repères.

 

     Ses enfants sont sa richesse

     même s'ils ne sont pas conformes

     et quoiqu'ils fassent la blessent

     en n'entrant pas dans ses normes.

 

     Mais son amour est plus fort

     et la mènent à concéder

     à arrondir ses bords

     pour sa tendresse montrer.

 

     Dans sa souffrance et sa misère

     elle est en errance, cherche des repères.

 

                          Tommie        

 

                                                

01.04.2008

Les amoureux

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     Au fond de leurs yeux d'agate

     y'a toutes les promesses du monde

     pas moyen que le temps se gâte

     ils naviguent sur la même onde.

 

     Ils ont le soleil pour eux seuls

     la pluie ne les atteind jamais

     ils ont l'air de gais écureuils

     qui ne font que ce qui leur plaît.

 

          Les amoureux ...

 

     Ils ont au fond de leurs deux coeurs

     un lien indiscible qui les tient

     ils ne s'aiment pas en amateurs

     c'est la passion qui les étreint.

 

     Ils traversent les coups du sort

     main dans la main et sans souci

     plus rien ne peut leur faire du tord

     tellement ils s'aiment à l'infini.

 

          Les amoureux...

 

                Tommie

 

 pour toi Yoann, et ta dulcinée  ;-)

John IRVING Le monde selon Garp

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     Jenny Fields, jeune infirmière dans un hôpital de Boston pendant la seconde guerre mondiale, est fermement décidée à avoir un enfant, mais sans le père qui va avec (elle hait la concupiscence). Elle finit par trouver le père idéal en la personne d'un soldat mourant qui, juste avant son dernier soupir, lui offre une superbe et ultime érection. Ainsi est conçu S.T. Garp (S.T. comme sergent- tirailleur), que tout le monde appellera toujours Garp, tout court.
     Garp est élevé dans le cocon rassurant de l'infirmerie de Steering, collège pour fils de riches (et fils du personnel) dans lequel Jenny s'est faite embauchée. Ainsi, entre naïveté et tendresse, Garp va grandir et découvrir l'amour, la lutte, la littérature. Son diplôme en poche, il décide de devenir écrivain, pour la belle Helen, la fille de l'entraineur de lutte.
     Au cours de l'année sabbatique que Jenny et Garp s'offrent à Vienne (Autriche), dans le but que Garp s'ouvre au monde et trouve l'inspiration, Garp découvre lui-même la concupiscence, et Jenny écrit ses "mémoires". A leur retour aux Etats Unis, son ouvrage est publié et obtient un succès retentissant qui divise les critiques, faisant de Jenny l'involontaire égérie du mouvement féministe montant des années 70.
     Jenny organise sa nouvelle vie dans la demeure familiale devenue refuge pour femmes en détresse. Garp épouse Helen et devient père au foyer, écrivain à l'occasion, et prend parfois une maîtresse. C'est un éternel angoissé, qui aimerait mettre à l'abri de toute la cruauté du monde ses enfants et ses proches. Mais malgré sa bonne volonté, il ne peut tout contrôler, et de péripéties en catastrophes, il va devoir affronter la vraie vie...
     ________________________________________
     Le monde selon Garp est un roman (aux parfums autobiographiques) impossible à résumer. Il n'y a pas d'intrigue et Irving ne raconte pas des histoires, mais des vies. Et dans ce monde, tout va le plus souvent de travers.
     On soupçonne qu'il va arriver quelque chose, le pire, mais ce n'est jamais où, quand, ni comment on l'avait imaginé. Et la chute est rude.
Irving prépare l'inévitable, sans en avoir l'air. Un détail par-ci par-là, et d'un coup l'engrenage s'emballe, souvent rocambolesque. Pris à contre pied, on passe de l'expectative inquiète à une poignante nostalgie, lorsque le drame laisse derrière lui le chagrin.
     Souvent, les choses reviennent. On rit d'un gag, d'un quipropos, et puis on l'oublie. Et puis un jour il revient. Car tout revient. Dans un autre ton, un autre temps. Et ce qui a pu être loufoque et désopilant devient grave, et inversement.
     Le monde selon Garp nous rappelle également qu'on a beau mettre des barrières pour se protéger du monde extérieur, la violence surgit souvent non du dehors, mais de notre intérieur même.
     Garp, comme sa mère, traque la concupiscence. Il rôde, et il a le flair pour ça. Et pour cause : l'odeur est sur lui et il n'a pas son pareil pour se retrouver dans ce genre d'imbroglios.
     Homme au foyer, Garp adopte la cause des femmes, et ses écrits sont sans pitié. Et, paradoxalement, en montrant la violence qu'on fait subir aux femmes, il exhibe l'ignoble fantasmatique qu'il dénonce. Cette violence qu'il voudrait éradiquer jusqu'en lui-même.
     Irving utilise Garp comme un vecteur des angoisses de l'écrivain, desservant ainsi une petite étude sur le métier d'écrivain et la notion de fiction.
     Garp se révèle aussi le catalyseur des angoisses de la société de son époque. Comme une éponge, il emmagasine la peur et les travers de ses concitoyens.
     Du fait de son éducation, Garp est relativement naïf, et n'ayant pas été corrompu par la société durant son enfance, en a oublié d'apprendre à mentir. Garp est également incompris dans ses intentions, et sera toujours la victime d'une fausse image que les gens se font de lui, tout comme sa mère.
    
     Irving dépeint ici un monde cruel, violent et cynique. Mais il sait faire passer la pilule : un humour souvent féroce, et l'amour et la tendresse qui ne quittent jamais les principaux personnages, malgré les épreuves.
     Un bon roman ? Sans doute que oui. Moi, il m'a tenu de bout en bout, entre loufoquerie et gravité, amusement et inquiétude. Un pavé à lire, mais on a du mal à le lacher, pour connaitre la suite, et puis on se dit : il en reste pour demain !!!
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Extraits : le choix est cruel !!!
     - " Ayant ainsi expédié l'indispensable, Cushie commença à se déshabiller. Garp se déshabillait lui aussi lorsque, tout à coup, elle lui demanda.
- Allons, où est-il ?
Garp paniqua. Où était quoi ? Il lui semblait pourtant qu'elle l'avait bien en main.
- Où il est ton machin ? le somma Cushie, en tiraillant ce que Garp croyait être son machin.
- Quoi ? demanda Garp.
- Oh, alors ça ! s'exclama Cushie. T'en a pas apporté ? Garp se demandait ce qu'il aurait dû apporter.
- Quoi ? répéta-t-il.
- Oh, Garp ! fit Cushie. T'as pas pris de préservatif ?
Il la regarda d'un air d'excuse. Ce n'était qu'un enfant qui avait vécu toute sa vie en compagnie de sa mère, et le seul préservatif qu'il eût jamais vu avait été enfilé sur la poignée de la porte de leur appartement de l'annexe par un vaurien du nom de Meckler - depuis longtemps diplômé et disparu pour courir à sa perte. "
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- " On lui accorda qu'elle disait ce qu'il fallait et au moment où il fallait, mais Jenny Fields, assise toute blanche dans son uniforme d'infirmière - dans le restaurant où John Wolf n'invitait que ses auteurs favoris - , se sentait gênée par le mot féminisme. Elle ne savait pas trop ce qu'il signifiait, mais le mot évoquait irrésistiblement pour elle l'hygiène intime des femmes et le traitement Valentine. Après tout, elle avait fait ses débuts comme infirmière. Elle déclara avec timidité qu'elle croyait seulement avoir fait le bon choix en ce qui concernait sa vie personnelle, et, dans la mesure où son choix n'avait guère été bien accueilli, elle s'était sentie poussée à dire quelque chose pour le défendre. Ironiquement, une bande de jeunes excitées de l'université de Floride, à Tallahassee, saluèrent, elles, le choix de Jenny avec un grand enthousiasme : et elles déclenchèrent une petite controverse en complotant pour se faire engrosser. Pendant quelques temps à New York, et parmi les femmes à l'esprit original, ce syndrome fut baptisé " faire un Jenny Fields ".
-------------
- " - Tu n'as jamais entendu parler d'Ellen James ?
- Non, avoua Garp.
- Eh bien, il y a maintenant toute une association de femmes à cause de ce qui est arrivé à Ellen James .
- Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
- Quand elle avait onze ans, elle a été violée, par deux hommes, dit Jenny. Ensuite, ils lui ont coupé la langue pour qu'elle ne puisse dire à personne qui ils étaient ni ce à quoi ils ressemblaient. Seulement ces imbéciles ignoraient qu'une enfant de onze ans est capable d'écrire. Ellen James rédigea une description très minutieuse des hommes; ils furent arrêtés, jugés et condamnés. En prison, ils furent tous deux assassinés.
- Bon sang ! Et voilà Ellen James ? chuchota-t-il, en désignant la grande femme taciturne avec un respect tout nouveau.
Jenny leva une fois de plus les yeux au ciel :
- Non. C'est un membre de l'association Ellen James. Ellen James est encore une enfant; une petite fille blonde toute menue.
- Tu veux dire que les membres de cette association Ellen James se baladent partout sans parler, comme si c'était elles qui n'avaient plus de langue ?
- Non, je veux dire qu'elles n'ont pas de langue, dit Jenny. Les membres de l'association Ellen James se font trancher la langue. Pour protester contre ce qui est arrivé à Ellen James.
- Oh, bonté divine ! s'exclama Garp en contemplant la grande femme avec un regain de répugnance.
[...]
Garp était destiné à revoir les Ellen-Jamesiennes. Bien que bouleversé par ce qu'avait subi Ellen James, il n'éprouvait que de la répugnance pour ces imitatrices, ces adultes aigries qui abordaient toujours les gens en leur tendant une carte. La carte disait en gros ceci :
                     Salut, je m'appelle Martha. Je suis une Ellen-Jamesienne.
                     Savez-vous ce qu'est une Ellen-Jamesienne ?
Et si les gens n'en savaient rien, on leur tendait une autre carte.
Les Ellen-Jamesiennes représentaient, pour Garp, le genre de femmes qui transformaient sa mère en célébrité et cherchaient à l'exploiter dans l'intérêt de leurs croisades grossières.
- Je vais te dire quelque chose au sujet de ces femmes, maman, dit-il un jour à Jenny. De toute façon, probable qu'elles n'étaient pas capables de dire autre chose que des conneries ; probable que, de toute leur vie, elles n'ont pas eu une seule chose valable à dire - si bien qu'elles n'ont pas sacrifié grand-chose en renonçant à leur langue ; en fait, je parie que ça leur épargne de se fourrer dans des pétrins épouvantables. Si tu vois ce que je veux dire.
- Ce n'est pas la compassion qui t'étouffe, fit Jenny.
- J'ai des masses de compassion -pour Ellen James.
- Ces femmes ont souffert, elles aussi, d'autres façons. C'est la raison qui les pousse à vouloir se rapprocher les unes des autres.
- Et à s'infliger encore de nouvelles souffrances, maman.
- Le viol est le problème de toutes les femmes, dit Jenny.
Garp détestait plus que tout au monde entendre sa mère discourir de "toutes les femmes". Exemple, se disait-il, de théorie démocratique poussée jusqu'à son extrème le plus absurde.
- C'est aussi le problème de tous les hommes, maman. Suppose que, la prochaine fois qu'il y aura un viol, je me coupe la bitte et que je me l'accroche autour du cou. Dis-moi, tu trouverais ça édifiant ?
- Nous sommes en train de parler de gestes sincères, fit Jenny.
- Nous sommes en train de parler de gestes stupides, fit Garp.
----------------
- " Garp interpella la silhouette, un monsieur digne d'un certain âge, avec une moustache blanche, qui, se retournant, gratifia Garp d'un regard à ce point rempli de stupéfaction et de honte que Garp eut la certitude d'être tombé sur le satyre. Fonçant à travers les ronces et les arbustes qui ployaient comme des fouets, il se précipita sur l'homme, qui, surpris en train de pisser, se hâtait de ranger ses attributs dans son pantalon. Il avait tout à fait l'air d'un homme surpris en train de faire quelque chose de répréhensible.
- J'étais seulement... commença l'homme, mais déjà Garp était sur lui et, lui fourrant sa barbe raide en plein sous le nez, se mit à le renifler comme un chien de chasse.
- Si c'est vous, mon salaud, je vais le sentir !mença Garp.
L'homme s'écarta, craintif, terrorisé par cette brute à demi nue, mais Garp, lui saisissant les deux poignets, les remonta vivement pour les renifler de près. Il renifla plusieurs fois, et l'homme poussa un cri, comme s'il redoutait que Garp ne le morde.
- Ne bougez pas ! intima Garp. C'est vous qui avez fait le coup ? Où sont les vêtements de l'enfant ?
- Je vous en prie ! piailla l'homme. Je voulais seulement me soulager.
Il n'avait pas eu le temps de refermer sa braguette et Garp lui lorgnait l'entrecuisse d'un oeil soupçonneux.
"Rien ne sent comme l'odeur du sexe, écrivit Garp. C'est une odeur impossible à camoufler, aussi forte et facile à reconnaître que l'odeur de la bière."
Aussi Garp, là, en plein bois, se laissa-t-il tomber à genoux et, dégrafant la ceinture de l'homme, il lui ouvrit brutalement le pantalon et lui descendit d'une secousse son caleçon jusqu'au chevilles ; il comtempla les attributs du malheureux à demi mort de frayeur.
- Au secours ! hurla le vieux monsieur.
Garp renifla un bon coup et l'homme s'effondra au milieu des arbustes ; puis, titubant comme une marionnette attachée sous les aisselles, il fonça comme un fou au milieu d'un fourré dont les troncs minces et les branches serrées lui évitèrent de tomber. "
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- " Pourquoi est-ce que tu n'y vas pas à pied, Duncan ?
- Pourquoi ? fit Duncan, exaspéré.
Pour que tu ne te retrouves pas avec la colonne vertébrale brisée si une bagnole conduite par un jeune chauffard, ou un ivrogne terrassé par une crise cardiaque, vient à te renverser dans la rue, se dit Garp - pour que ton torse, ton torse si chaud, si adorable, ne se fracasse pas contre le trottoir, pour que ton crâne merveilleux n'éclate pas en deux quand tu atterriras sur le pavé, et pour qu'une bande d'abrutis ne viennent pas t'envelopper dans une vieille couverture comme si tu étais un petit animal égaré ramassé dans le caniveau. Là-dessus, les cons de banlieusards se ramènent et essaient de deviner à qui il appartient (" Aux gens de la maison vert et blanc, là-bas, à l'angle d'Elm et de Dodge Street, je crois bien"). Et puis quelqu'un te ramène, tire la sonnette et me dit : " Euh, désolé !" Et, le doigt tendu vers la masse informe jetée sur la banquette arrière, demande : " Il est à vous ?"
Pourtant Garp se borna à dire :
- Oh, bon, va Duncan, prends-le, ton vélo. Mais sois prudent !
Il regarda Duncan traverser la rue, pédaler jusqu'au carrefour, regarder prudemment avant de prendre le tournant (Brave gosse ! T'as vu comme il a pris soin de tendre le bras - mais peut-être était-ce seulement à mon bénéfice.)
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- " Cette fois, lorsque le téléphone sonna, Garp eut conscience qu'Helen, qui émergeait du sommeil, se serrait contre lui. Lorsqu'il décrocha, Helen lui avait coincé la jambe entre ses deux genoux et serrait de toutes ses forces - comme pour se cramponner à la vie et à la sécurité que symbolisait pour elle le corps de son mari. Garp se livra mentalement à un rapide pointage. Walt était à la maison, et dormait. Duncan aussi ; il n'était pas chez Ralph.
Helen se disait : C'est mon père ; son coeur. Certaines fois elle se disait : On a finit par retrouver ma mère et par l'identifier. Dans une morgue.
Et Garp se disait : Maman a été assassinée. Ou elle a été enlevée et ses ravisseurs exigent une rançon - des hommes qui n'accepteront rien de moins que le viol public de quarante vierges pour libérer la célèbre féministe, saine et sauve. Et ils exigeront, en outre, la vie de mes enfants, et ainsi de suite.
C'était Roberta Muldoon, ce qui suffit à convaincre Garp que la victime ne pouvait être que Jenny Fields. Mais la victime était Roberta.
- Il m'a plaquée, geignait Roberta, son énorme voix gonflée de larmes. Il m'a balancée. Moi ! Vous vous rendez compte ?
- Seigneur ! Roberta, dit Garp.
- Oh, avant de devanir une femme, je ne savais pas à quel point les hommes peuvent être salauds, dit Roberta.
- C'est Roberta, chuchota Garp à Helen, pour qu'elle se détende. Son amant s'est fait la paire. "
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- " Toute sa vie, Duncan Garp associerait le bruit de la mer au souvenir de cette convalescence. Sa grand-mère se chargeait de lui changer son pansement ; le trou qui avait abrité autrefois l'oeil de Duncan ne cessait de suinter. Ni son père ni sa mère ne pouvaient supporter le spectacle de cette orbite vide, mais Jenny savait depuis longtemps que, à force de contempler les plaies bien en face, on finit par ne plus les voir. Ce fut en compagnie de sa grand-mère, Jenny Fields, que Duncan vit son premier oeil de verre.
- Tu vois ça ? fit Jenny. C'est gros et c'est marron ; pas tout à fait aussi joli que ton oeil gauche, mais tu n'auras qu'à te débrouiller pour que les filles remarquent d'abord le gauche.
Ce n'était pas un argument tellement féministe, elle s'en doutait, mais Jenny affirmait qu'elle était avant tout infirmière.
Lorsque Duncan, coincé entre les deux sièges, avait été projeté en avant, il avait eu l'oeil arraché ; sa chute avait été bloquée net par la tige nue du levier de vitesse. Le bras droit de Garp avait jailli, mais trop tard, entre les deux sièges ; Duncan était passé dessous, se crevant l'oeil droit, et fracturant trois doigts de sa main droite, qui s'étaient coincée dans le mécanisme de la ceinture de sécurité. "
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- " Helen était peut-être la seule à savoir pourquoi il ne pouvait pas (pour l'instant) écrire. Sa théorie sur ce sujet devait par la suite être exposée par le critique A. J. Harms, qui expliqua que l'oeuvre de Garp se trouvait progressivement affaiblie par les rapports de plus en plus étroits qu'elle présentait avec son histoire personnelle : " A mesure qu'il devenait de plus en plus autobiographique, le champ de son oeurvre se faisait plus étroit ; et, en outre, il se sentait moins à l'aise pour écrire. On aurait dit qu'il savait que son travail exigeait de lui des efforts de plus en plus pénibles - la torture de la mémoire -, mais, à tout point de vue, cette oeuvre était de plus en plus mince et dépourvue d'imagination. Garp avait perdu la liberté d'imaginer véritablement la vie, trahissant du même coup la promesse qu'il avait faite à lui-même, et aussi à nous tous, avec une oeuvre aussi brillante que La Pension Grillparzer." Selon Harms, Garp ne pouvait désormais être authentique qu'en puisant dans le souvenir - processus d'instinct de l'imagination -, ce qui était non seulement néfaste pour lui sur le plan psychologique, mais encore beaucoup moins fécond.
[...]
Chaque fois que Garp tentait d'écrire, il ne voyait devant lui que les faits mornes et sans envergure de sa vie personnelle ; le parking tout gris du New Hampshire, l'immobilité du petit corps de Walt, les vestes bigarrées et les casquettes rouges des chasseurs - et le fanatisme asexué et rigoriste de Pooh Percy. Ces images ne menaient nulle part. Il passait énormément de temps à bricoler dans sa nouvelle maison."

John IRVING

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John Winslow Irving (né le 2 mars 1942) est un romancier américain et scénariste récompensé par un Academy Award.

John Irving est né à Exeter (New Hampshire), dans des circonstances qui ont depuis alimenté les thèmes et l'action de plusieurs de ses romans : sa mère Helen, une descendante des Winslow, l'une des plus anciennes et plus distinguées familles de Nouvelle-Angleterre, l'a mis au monde hors des liens du mariage, en refusant de dévoiler l'identité du père de l'enfant. Helen Winslow s'est plus tard mariée avec Colin F. Irving, professeur à la prestigieuse Phillips Exeter Academy. John Winslow devint alors John Irving, prenant le nom de son père adoptif. Jusqu'au milieu du XXe siècle, il ne chercha jamais à découvrir l'identité de son père biologique : "J'avais déjà un père", disait-il. Il apprit beaucoup plus tard, à 60 ans, le nom de son géniteur, John Blunt Sr., alors que celui-ci était déjà décédé. Le fait de n'avoir pas connu son père a été à l’origine de son dernier livre, Je te retrouverai, et a marqué beaucoup de ses œuvres, les femmes y élevant souvent leurs enfants seules. Étant né durant la seconde guerre mondiale, les blessés de guerre se sont beaucoup manifestés dans ses livres comme en témoigne L’œuvre de Dieu, la part du Diable. John Irving fit ses études à Exeter, où il fut un étudiant médiocre, à cause d'une dyslexie alors non diagnostiquée, mais un lutteur exceptionnel. L'émancipation de la femme, la lutte et la vie universitaire en Nouvelle-Angleterre occupent une place importante dans ses romans, en particulier dans Le Monde selon Garp et Une Prière pour Owen. Le cadre principal de ces deux romans est celui de la Phillips Exeter Academy

Pendant ses études à Exeter, John Irving fut conseillé par Frederick Buechner, romancier et célèbre théologien presbytérien et George Bennett, professeur de littérature, qui plus tard l’aidèrent à accéder au Iowa Writers' Workshop (Atelier des écrivains de l'Iowa), le plus prestigieux des programmes de diplômés en littérature américains, à l'époque le seul du genre. John Irving étudia brièvement à l'université de Pittsburg et obtint finalement son diplôme de l’université du New Hampshire. Dans l’Iowa, John Irving étudia au côté des futurs romanciers Gail Godwin, John Casey, and Donald Hendrie, Jr., entre autres. Il fut alors conseillé par Kurt Vonnegut, Jr..

En 1963, il obtient une bourse pour aller étudier à l’étranger et c’est à Vienne en Autriche que John Irving rencontra sa première femme Shyla Leary, étudiante en histoire de l’art. Ils se marièrent après que Shyla est tombée enceinte et auront finalement 2 garçons, Colin (1965) et Brendam (1969), avant de divorcer au milieu des années 80. John Irving se remarie alors avec son agent Janet Turnbull, avec laquelle il aura un troisième fils, Everett.

Premiers écrits :

La carrière de John Irving démarra à l’âge de 26 ans avec la publication de son premier roman, Liberté pour les ours. Le livre fut relativement bien accueilli par la critique mais ne fut pas un succès d’édition. Ses deuxième et troisième romans L'Épopée du buveur d'eau et Un Mariage poids moyen furent accueillis de la même manière. Frustré par le manque de promotion de ses romans assuré par sa première maison d’édition Random House, il choisit d’offrir son quatrième roman Le Monde selon Garp, partiellement autobiographique, (1978) à Dutton Books qui lui promet un effort marketing plus important. Le roman fut un best-seller international et un phénomène culturel. Il fut plus tard porté à l’écran par George Roy Hill dans un film mettant en scène Robin Williams dans le rôle de Garp et Glenn Close dans celui de sa mère. John Irving y fait une brève apparition lors de l’un des matchs de lutte universitaire de Garp.

L'importance de Garp :

Garp transforma John Irving, obscur écrivain universitaire, en un romancier connu de tous, garantissant un best-seller pour toutes ses publications ultérieures. Garp fut suivi de Hotel New Hampshire (1981) plutôt mal accueilli par la critique et comme pour Garp, un film en fut rapidement adapté, réalisée par Tony Richardson avec à l’affiche Jodie Foster, Rob Lowe, et Beau Bridges.

En 1985, il publia L'Œuvre de Dieu, la Part du Diable, une épopée surprenante, centrée sur un orphelinat du Maine (État). Le roman explore sans détour le sujet controversé de l’avortement et est certainement le meilleur exemple de l’influence de Charles Dickens sur l’œuvre de John Irving. Il poursuit en 1989 avec Une Prière pour Owen, une autre épopée d’une famille de la Nouvelle-Angleterre autour du thème de la dévotion. Encore une fois, l’action prend place dans un pensionnat de Nouvelle-Angleterre, John Irving puisant son inspiration pour ses personnages dans ses influences habituelles, notamment Le Tambour de Günter Grass, La Lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne, et dans l’œuvre de Dickens. Pour la première fois, John Irving s’intéresse aux conséquences de la Guerre du Viêt Nam – particulièrement à la conscription, John Irving ayant échappé à l’appel pour le Viêt Nam suite à la naissance de son premier fils. Owen Meany devient la meilleure vente de John Irving depuis Garp, et est aujourd’hui fréquemment présent dans les listes de lecture des étudiants américains.

Plus récemment :

John Irving revient chez Random House pour son livre suivant Un enfant de la balle (1994). Sans doute son livre le plus compliqué et difficile, qui lui vaut le rejet de la critique mais un nouveau succès d’édition, comme le sera La quatrième main publié en 2001. Entre ces deux romans, Une veuve de papier (1998) sera beaucoup mieux accueilli par la critique. Le dernier roman de John Irving Until I Find You a été publié en juillet 2005. Il a récemment été traduit en français sous le titre Je te retrouverai.

En juin 2005, The New York Times publia un article qui révèle que son dernier roman contient deux éléments de sa vie personnelle qu’il n’avait pas révélés jusque là : un abus sexuel, commis à l’âge de 11 ans par une femme plus âgée et l’arrivée récente dans sa vie de son père biologique…

En 1999, après presque 10 ans d’écriture, le scénario de John Irving pour L'Œuvre de Dieu, la Part du Diable aboutit à un film réalisé par Lasse Hallström et mettant en scène Michael Caine, Tobey Maguire, Charlize Theron, et Delroy Lindo. John Irving y fait également une apparition dans le rôle d’un chef de gare. En 2004, Une veuve de papier a été porté à l’écran sous le nom The Door in the Floor, avec Jeff Bridges et Kim Basinger.

La publication du Le Monde selon Garp lui ayant assuré sa fortune personnelle, John Irving a pu se concentrer uniquement à l’écriture de ses fictions comme à une vocation, acceptant de temps à autres des postes d’enseignement, et de lutteur à travers l’équipe universitaire de son fils. En plus de ses romans, il a également publié Trying to Save Piggy Sneed (1993), un recueil comprenant une brève biographie et quelques nouvelles non publiées et Mon cinéma (2003), son compte-rendu du long processus menant à l’élaboration du scénario de L'Œuvre de Dieu, la Part du Diable.

Aujourd’hui, il partage son temps entre ses résidences dans le Vermont, à Toronto, et New York.

Oeuvres :

  • Liberté pour les ours ! (1968, Setting Free the Bears)
  • L'Épopée du buveur d'eau (1972, The Water-Method Man)
  • Un mariage poids moyen (1974, The 158-Pound Marriage)
  • Le Monde selon Garp (1978, The World According to Garp)
  • L'Hôtel New Hampshire (1981, The Hotel New Hampshire)
  • L'Œuvre de Dieu, la Part du Diable (1985, The Cider House Rules)
  • Une prière pour Owen (1989, A Prayer for Owen Meany)
  • Trying to Save Piggy Sneed (1993)  ; en partie traduit en français sous le titre Les rêves des autres
  • Un enfant de la balle (1994, A son of the circus)
  • La Petite Amie imaginaire (1977)
  • Le Rêve des autres (1998)
  • Une veuve de papier (1998, A Widow For One Year)
  • La Quatrième Main (2001, The Fourth Hand)
  • Mon cinéma (2003, My movie Business, a Memoir)
  • Je te retrouverai (2005 Until I Find You)

 

                 source : Wikipédia

17.03.2008

Mater cauchemar 2

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     La terreur courait en moi comme mille cafards

     dont les fines pattes m'écorchaient de l'intérieur

     mutilant mes entrailles en de multiples parts

     et lestant mon âme de fulgurantes douleurs.

 

     Le temps était venu de déployer mes ailes

     ligotées par toutes ces années d'acidité

     où tu explosais en fétides relents de fiel

     qui m'étouffaient à ne plus pouvoir respirer.

 

     Aliénée par la cruauté et l'injustice

     je ne savais trop comment me dépatouiller

     sortir de cet enfer sans trop de préjudices

     alors que je tremblais comme un chien effrayé.

 

     Te maudire et baver ne me suffisait plus

     je fuyais pour te tuer et me faire renaitre

     te lançant au passage quelques regards tendus

     qui signifiaient que je n'étais plus de ta chair.

 

     Mais ma révolte bien trop tardive a fait chou

     quand je dus affronter tes railleries humiliantes

     et tes yeux affutés et perçants de hibou

     me plaquèrent rudement telle une déferlante.

 

                   Tommie

 

          Image : Domi Colin  "cri"

11.03.2008

Mater cauchemar

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     De tes yeux exorbités transpirant de haine

     jaillissait le venin de ta folie matrice

     qui tentait de m'atteindre à m'en faire perdre haleine

     dans un tourbillon de tourmente destructrice.

 

     Dans ta bouche tordue d'un rictus malfaisant

     les mots se faisaient flêches acérées en feu

     pour venir me transperser à grands coups violents

     de ton verbiage acerbe dont tu fais cruel jeu.

 

     De ton corps émanait un halo de jouissance

     dont le rayonnement venait brûler mes plaies

     c'était effrayant de sentir cette toute puissance

     vouée à une terrible vengeance qui me glaçait.

 

     J'entendais la tempête dans ta voix persiflante

     elle tournait, tournait, envahissait mon esprit

     de pensées moribondes aux refrains obsédants

     je hurlais mais la panique étouffait mes cris.

 

     Il aurait fallu que mes yeux soient des miroirs

     pour te renvoyer le danger en pleine face

     et te crucifier sur l'autel de ta gloire

     qui ne peut accueillir que ta maudite race.

 

                      Tommie

10.03.2008

B 22

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     A la B 22

     y'a une fille qui galère

     qui flipe en moins de deux

     et qui a besoin d'air.

 

     A la B 22

     y'a une âme à sauver

     transpercée par un pieu

     qui pourrait s'infecter.

 

     A la B 22

     y'a une drôle d'atmosphère

     des relents courageux

     pour mener une guerre.

 

     A la B 22

     dès le soleil levé

     ça a beau être miteux

     ça s'met à travailler.

 

     A la B 22

     malgré la misère

     ça fait le simple voeux

     de sortir de l'enfer.

 

     A la B 22

     ça voudrait s'relever

     mais ça reste piteux

     de s'voir se traîner.

 

     A la B 22

     ça cherche des repères

     pour se sentir mieux

     découvrir le mystère.

 

    A la B 22

    ça s'met à espérer

    que tout s'ra moins affreux

    que ça va s'terminer...

 

        Tommie

 

    OK, c'est pas transcendant, mais j'aime bien le titre, ça sonne comme un obus !!!

    

Tommie... le retour

Me revoilà !!! Bonne nouvelle ? Ok, pas de commentaires...

Huit semaines d'absence, dont sept passées dans une clinique à essayer de me requiquer un peu. Pas sûre du résultat, le temps le dira...

Je vous ramène un album photos de l'endroit où j'étais (mais nan, y'a pas de monstres formolisés dans des bocaux ni de scalpels tous sanglants). Calme et quiétude propices au repos des neurones et du corps...

Durant cette période, j'ai écrit 13 petits textes, que vous découvrirez petit à petit. Plus ou moins bons, plus ou moins inspirés... tant pis.

J'ai fait aussi un dessin et une sculpture (ma première), visibles dans l'album. Ca ne vaut rien, mais je vous sais indulgeants...

D'ailleurs, je vais faire aussi un album "mes sculptures" car je viens de me souvenir que j'ai modelé un éléphant en... 1993 !!! Et je l'ai toujours.

Vous m'avez tous manqué ... un peu ... Ben oui, j'avais les neurones un peu occupés à se démèler. Le plus dur, au retour, c'est de rattraper tout le retard accumulé dans la lecture de vos blogs respectifs, s'en est affolant.

Contente de vous retrouver  ;-)

07.01.2008

A nous deux seuls

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          Demain, à l'horizon

          de tes cheveux en bataille

          j'effacerai ton nom

          pour mieux te lire en braille.

 

         Noyés dans la masse

         de ce quai bouillonnant

         il n'y aura plus trace

         de nos malheurs d'antan.

 

        Tu viendras te livrer

        nu et sans armes

        à toute l'avidité

        contenue dans mes larmes.

 

               Nous serons seuls

               nous serons deux

               à nous deux seuls

               nous serons Dieu...

 

        Dans ce tohu bohu

        tout deviendra silence

        dans ton regard perdu

        je projet'rai mes trances.

 

       Tes yeux se plongeront

       dans mes abîmes d'agate

       mes doigts t'accrocheront

       de peur que tu ne partes.

 

       Nos lèvres en frôlements

       se gorgeront de fièvre

       nos souffles en se mêlant

       feront flamber la sève.

 

               Nous serons seuls

               nous serons deux

               à nous deux seuls

               nous serons Dieu...

 

                     Tommie

 

     

 

      

Encore une pause blog

Depuis quelques temps ce blog est en panne d'inspiration ;-(  La faute à mon état de santé qui ne va pas fort...

Alors je vais m'absenter 3 ou 4 semaines pour me soigner, en tout cas essayer d'aller mieux. J'espère que cette hospitalisation me sera bénéfique, et que je reviendrai plus en forme, avec de nouvelles lectures à vous faire partager, et de nouveaux petits textes plus inspirés...

A bientôt.

En attendant, je vous mets le dernier texte que j'ai écrit. C'est pas terrible, mais vous êtes habitués  ;-)

13.12.2007

Rêve d'amour

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Au bord de la rivière

me rafraichir les pieds

tout brûlants de fièvre

d'avoir trop traîné.

 

Au bord de la rivière

me laisser aller

à l'onde solitaire

où coulent mes pensées.

 

Au bord de la rivière

me prendre à espérer

que serait salutaire

la douceur des baisers.

 

Des baisers doux légers

empruntés et timides

par peur de brusquer

ce coeur un peu humide.

 

Humide d'avoir pleurer

trop souvent à son tour

de n'pas s'être encanaillé

aux parfums de l'amour.

 

Un amour fort et fou

aux couleurs écarlates

qui balancerait tout

d'un grand coup de savate.

 

Au bord de la rivière

j'me suis prise à rêver...

 

      Tommie

08.12.2007

Jean-Christophe GRANGE Le concile de pierre

7dd2c637b225388906da9118bc6fe901.gifDiane Thiberge, jeune éthologue de 30 ans à l'esprit rationnel, parvient, après de longues démarches, à adopter un garçonnet dans un orphelinat thaîlandais, enfant qu'elle prénomme Lucien. Traumatisée durant son adolescence par une mystérieuse agression, Diane s'était en effet résolue à ne jamais avoir d'amant.

Mais à peine Diane et Lucien commencent-ils à se découvrir, qu'un terrible accident de voiture plonge Lucien dans un coma profond. Et alors que l'état de celui-ci le conduit vers une mort certaine, un étrange médecin allemand apparait, qui, grâce à une occulte séance d'accupuncture parvient à sauver l'enfant. Mais le médecin allemand, auquel personne n'a fait appel, est assassiné la nuit même dans les murs de l'hopital.

En proie au doute, Diane, dans l'attente du réveil de Lucien, commence à enquêter sur les réelles origines de son fils, et les causes exactes de l'accident. Prête à tout pour découvrir la vérité, Diane va devoir affronter des tueurs implacables dans ses recherches qui la conduiront jusqu'au coeur de la taîga mongole, découvrant les véritables origines de Lucien et le passé mystérieux d'un site nucléaire à l'abandon, au fin fond de la Sibérie, qui abritait un laboratoire de parapsychologie aux pratiques atroces...

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Comme à son habitude, Grangé parvient toujours à surprendre et maintenir l'attention du lecteur. Dès le 1er chapitre, le suspens laisse augurer une intrigue complexe riche en rebondissements.

Les évènements s'enchainent à un rythme soutenu. Seuls 5 chapitres en fin de roman ralentissent un peu pour permettre au lecteur de saisir la complexité de l'intrigue et le rôle exact de chacun des personnages.

Le glissement vers le paranormal et le fantastique est progressif. Si la 1ère partie du roman évoque à peine les médecines parallèles à travers l'accupuncture, la 2ème partie s'attarde sur les pouvoirs psi de certains personnages (hypnose, psychokinèse). Le glissement vers le paranormal est bien entendu freiné par le rationnalisme de Diane, mais la 3ème partie explore finalement ce versant en présentant les chamans, la magie tsévène, et le fantastique atteint son paroxysme dans le combat final.

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Selon moi, un excélent thriller si l'on accepte d'entrer dans le jeu du paranormal. Esprits trop rationnalistes s'abstenir, risque d'allergie !!!

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Extraits :

- " _ Lorsque que vous regardez une rivière, vous voyez l'eau, l'écume, les herbes qui s'agitent parmi les flots, mais vous ne voyez pas le principal : le courant, le mouvement, la vie du cours d'eau...Qui oserait prétendre que le corps humain ne fonctionne pas de la même façon ? Qui oserait dire dire que, sous la complexité de la circulation sanguine, des pulsations cardiaques, des sécrétions chimiques, il n'existe pas un seul courant qui anime tout ela : l'énergie vitale ?

Elle niait encore de la tête. L'homme n'était plus qu'à quelques centimètres. Leur dialogue prenait une résonnance de confessionnal :

_ Les rivières ont leur source, leurs réseaux souterrains, invisibles au regard. La vie humaine possède elle aussi ses origines secrètes, ses nappes phréatiques. Toute une géographie profonde qui échappe à la science moderne mais qui s'organise à l'intérieur de notre corps.

Diane demeurait immobile, le visage plongé dans l'ombre. Ce que l'homme ignorait, c'est qu'elle connaissait ce discours : combien de fois avait-elle entendu ses maîtres de wing-chun déblatérer sur le chi, l'énergie vitale, le yin et le yang et tous ces trucs ! Mais elle n'était pas cliente. Au contraire, son triomphe, sur les tatamis, démontrait à ses yeux la vacuité de ces thèses : on pouvait être une championne de boxe shaolin et se moquer totalement de ces valeurs. Pourtant la voix s'insinuait dans sa conscience. "

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- " L'anthropologue conclut :

- cet enfant porte un message.

Il ajouta, d'une voix timide où vibrait la peur :

- Un message qui a été gravé au feu et qui est, disons le mot, "programmé" pour apparaître en cas de fièvre, grâce à la chaleur qui émane du corps de l'enfant. C'est totalement... incroyable. En fait, le seul moyen de déchiffrer cette date, c'est la fièvre de Lucien.

Diane n'écoutait plus les explications. Ses propres réponses explosaient dans sa conscience. Elle était sûre que le second Lucien portait les mêmes brûlures. Les " Lüü-Si-An " arboraient, au bout des doigts, une date, qui n'apparaissait qu'au moment de leur transe. Ils étaient des Messagers. Mais à qui était destinée cette date ? Et que signifiait-elle?

En un tour d'esprit, elle formula la première réponse : sans aucun doute, cette date était destinée à des hommes tels que Rolf van Kaen, Philippe Thomas et Eugen Talikh. Des hommes qui avaient appartenu à l'équipe du tokamak et qui attendaient ce message pour revenir sur les lieux de leur passé. "

__________

- " - Ce silence, comment vous l'expliquez ?

Kamil haussa les épaules.

- A vrai dire, il peut tout signifier. Soit que les chercheurs n'ont absolument rien trouvé, pas même de quoi rédiger un rapport. Soit, au contraire, qu'ils ont effectué des découvertes significatives. Des découvertes qui méritaient qu'on les dissimule.

Diane comprit qu'elle possédait la réponse à cette question. Oui : quelque chose d'important avait été découvert dans ce laboratoire. Quelque chose qui concernait non seulement la nature des facultés psi, mais qui permettait de les développer.

Elle n'avait pas oublié les prodiges qui avaient ponctués ces dernières semaines. Un accupuncteur qui sauvait un enfant condamné par la médecine traditionnelle. Un psychologue qui ouvrait une boucle de métal par la seule force de son esprit. Et maintenant Eugen Talikh, qui manifestait une véritable clairvoyance en matière de phénomènes cosmiques. Comment ne pas penser que ces hommes, entre 1969 et 1972, avaient découvert dans leur laboratoire une technique qui leur permettait d'isoler et de maîtriser les forces occultes de l'homme ? Comment ne pas imaginer qu'ils partageaient, depuis trente ans, ce secret unique ? "

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- " La chaman était là, maintenant, toute proche. La bête entre ses poings hurlait toujours, dressant des crocs affûtés, véhéments. La vieille approcha le monstre de la brûlure. Diane baissa les yeux vers son ventre saupoudré de talc. Sous les traînées blanches, la peau s'était gonflée, gaufrée, craquant déjà par endroits sous la poussée irréversible de la putréfaction. En un ultime cambrement, elle voulut s'échapper mais la stupéfaction la paralysa.

La sorcière venait de plaquer l'animal sur sa plaie, écrasant le corps de fourrure sur les chaires purulentes. En un déclic, les yeux du rongeurs se voilèrent d'une pellicule écarlate - un film de sang. La chaman passait et repassait la boule de poils sur la plaie avec acharnement, obstination - une espèce d'application forcenée.

Telle était l'obscure logique de l'intervention : la magicienne cherchait à effacer les stigmates de l'atome à l'aide du rongeur. Elle utilisait l'animal comme une éponge de souffrance, un aimant curateur qui allait balayer les marques du feu et aspirer la mort.

Alors tout se déroula en quelques secondes. "

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Jean-Christophe GRANGE