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01.04.2008
John IRVING Le monde selon Garp

Jenny Fields, jeune infirmière dans un hôpital de Boston pendant la seconde guerre mondiale, est fermement décidée à avoir un enfant, mais sans le père qui va avec (elle hait la concupiscence). Elle finit par trouver le père idéal en la personne d'un soldat mourant qui, juste avant son dernier soupir, lui offre une superbe et ultime érection. Ainsi est conçu S.T. Garp (S.T. comme sergent- tirailleur), que tout le monde appellera toujours Garp, tout court.
Garp est élevé dans le cocon rassurant de l'infirmerie de Steering, collège pour fils de riches (et fils du personnel) dans lequel Jenny s'est faite embauchée. Ainsi, entre naïveté et tendresse, Garp va grandir et découvrir l'amour, la lutte, la littérature. Son diplôme en poche, il décide de devenir écrivain, pour la belle Helen, la fille de l'entraineur de lutte.
Au cours de l'année sabbatique que Jenny et Garp s'offrent à Vienne (Autriche), dans le but que Garp s'ouvre au monde et trouve l'inspiration, Garp découvre lui-même la concupiscence, et Jenny écrit ses "mémoires". A leur retour aux Etats Unis, son ouvrage est publié et obtient un succès retentissant qui divise les critiques, faisant de Jenny l'involontaire égérie du mouvement féministe montant des années 70.
Jenny organise sa nouvelle vie dans la demeure familiale devenue refuge pour femmes en détresse. Garp épouse Helen et devient père au foyer, écrivain à l'occasion, et prend parfois une maîtresse. C'est un éternel angoissé, qui aimerait mettre à l'abri de toute la cruauté du monde ses enfants et ses proches. Mais malgré sa bonne volonté, il ne peut tout contrôler, et de péripéties en catastrophes, il va devoir affronter la vraie vie...
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Le monde selon Garp est un roman (aux parfums autobiographiques) impossible à résumer. Il n'y a pas d'intrigue et Irving ne raconte pas des histoires, mais des vies. Et dans ce monde, tout va le plus souvent de travers.
On soupçonne qu'il va arriver quelque chose, le pire, mais ce n'est jamais où, quand, ni comment on l'avait imaginé. Et la chute est rude.
Irving prépare l'inévitable, sans en avoir l'air. Un détail par-ci par-là, et d'un coup l'engrenage s'emballe, souvent rocambolesque. Pris à contre pied, on passe de l'expectative inquiète à une poignante nostalgie, lorsque le drame laisse derrière lui le chagrin.
Souvent, les choses reviennent. On rit d'un gag, d'un quipropos, et puis on l'oublie. Et puis un jour il revient. Car tout revient. Dans un autre ton, un autre temps. Et ce qui a pu être loufoque et désopilant devient grave, et inversement.
Le monde selon Garp nous rappelle également qu'on a beau mettre des barrières pour se protéger du monde extérieur, la violence surgit souvent non du dehors, mais de notre intérieur même.
Garp, comme sa mère, traque la concupiscence. Il rôde, et il a le flair pour ça. Et pour cause : l'odeur est sur lui et il n'a pas son pareil pour se retrouver dans ce genre d'imbroglios.
Homme au foyer, Garp adopte la cause des femmes, et ses écrits sont sans pitié. Et, paradoxalement, en montrant la violence qu'on fait subir aux femmes, il exhibe l'ignoble fantasmatique qu'il dénonce. Cette violence qu'il voudrait éradiquer jusqu'en lui-même.
Irving utilise Garp comme un vecteur des angoisses de l'écrivain, desservant ainsi une petite étude sur le métier d'écrivain et la notion de fiction.
Garp se révèle aussi le catalyseur des angoisses de la société de son époque. Comme une éponge, il emmagasine la peur et les travers de ses concitoyens.
Du fait de son éducation, Garp est relativement naïf, et n'ayant pas été corrompu par la société durant son enfance, en a oublié d'apprendre à mentir. Garp est également incompris dans ses intentions, et sera toujours la victime d'une fausse image que les gens se font de lui, tout comme sa mère.
Irving dépeint ici un monde cruel, violent et cynique. Mais il sait faire passer la pilule : un humour souvent féroce, et l'amour et la tendresse qui ne quittent jamais les principaux personnages, malgré les épreuves.
Un bon roman ? Sans doute que oui. Moi, il m'a tenu de bout en bout, entre loufoquerie et gravité, amusement et inquiétude. Un pavé à lire, mais on a du mal à le lacher, pour connaitre la suite, et puis on se dit : il en reste pour demain !!!
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Extraits : le choix est cruel !!!
- " Ayant ainsi expédié l'indispensable, Cushie commença à se déshabiller. Garp se déshabillait lui aussi lorsque, tout à coup, elle lui demanda.
- Allons, où est-il ?
Garp paniqua. Où était quoi ? Il lui semblait pourtant qu'elle l'avait bien en main.
- Où il est ton machin ? le somma Cushie, en tiraillant ce que Garp croyait être son machin.
- Quoi ? demanda Garp.
- Oh, alors ça ! s'exclama Cushie. T'en a pas apporté ? Garp se demandait ce qu'il aurait dû apporter.
- Quoi ? répéta-t-il.
- Oh, Garp ! fit Cushie. T'as pas pris de préservatif ?
Il la regarda d'un air d'excuse. Ce n'était qu'un enfant qui avait vécu toute sa vie en compagnie de sa mère, et le seul préservatif qu'il eût jamais vu avait été enfilé sur la poignée de la porte de leur appartement de l'annexe par un vaurien du nom de Meckler - depuis longtemps diplômé et disparu pour courir à sa perte. "
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- " On lui accorda qu'elle disait ce qu'il fallait et au moment où il fallait, mais Jenny Fields, assise toute blanche dans son uniforme d'infirmière - dans le restaurant où John Wolf n'invitait que ses auteurs favoris - , se sentait gênée par le mot féminisme. Elle ne savait pas trop ce qu'il signifiait, mais le mot évoquait irrésistiblement pour elle l'hygiène intime des femmes et le traitement Valentine. Après tout, elle avait fait ses débuts comme infirmière. Elle déclara avec timidité qu'elle croyait seulement avoir fait le bon choix en ce qui concernait sa vie personnelle, et, dans la mesure où son choix n'avait guère été bien accueilli, elle s'était sentie poussée à dire quelque chose pour le défendre. Ironiquement, une bande de jeunes excitées de l'université de Floride, à Tallahassee, saluèrent, elles, le choix de Jenny avec un grand enthousiasme : et elles déclenchèrent une petite controverse en complotant pour se faire engrosser. Pendant quelques temps à New York, et parmi les femmes à l'esprit original, ce syndrome fut baptisé " faire un Jenny Fields ".
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- " - Tu n'as jamais entendu parler d'Ellen James ?
- Non, avoua Garp.
- Eh bien, il y a maintenant toute une association de femmes à cause de ce qui est arrivé à Ellen James .
- Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
- Quand elle avait onze ans, elle a été violée, par deux hommes, dit Jenny. Ensuite, ils lui ont coupé la langue pour qu'elle ne puisse dire à personne qui ils étaient ni ce à quoi ils ressemblaient. Seulement ces imbéciles ignoraient qu'une enfant de onze ans est capable d'écrire. Ellen James rédigea une description très minutieuse des hommes; ils furent arrêtés, jugés et condamnés. En prison, ils furent tous deux assassinés.
- Bon sang ! Et voilà Ellen James ? chuchota-t-il, en désignant la grande femme taciturne avec un respect tout nouveau.
Jenny leva une fois de plus les yeux au ciel :
- Non. C'est un membre de l'association Ellen James. Ellen James est encore une enfant; une petite fille blonde toute menue.
- Tu veux dire que les membres de cette association Ellen James se baladent partout sans parler, comme si c'était elles qui n'avaient plus de langue ?
- Non, je veux dire qu'elles n'ont pas de langue, dit Jenny. Les membres de l'association Ellen James se font trancher la langue. Pour protester contre ce qui est arrivé à Ellen James.
- Oh, bonté divine ! s'exclama Garp en contemplant la grande femme avec un regain de répugnance.
[...]
Garp était destiné à revoir les Ellen-Jamesiennes. Bien que bouleversé par ce qu'avait subi Ellen James, il n'éprouvait que de la répugnance pour ces imitatrices, ces adultes aigries qui abordaient toujours les gens en leur tendant une carte. La carte disait en gros ceci :
Salut, je m'appelle Martha. Je suis une Ellen-Jamesienne.
Savez-vous ce qu'est une Ellen-Jamesienne ?
Et si les gens n'en savaient rien, on leur tendait une autre carte.
Les Ellen-Jamesiennes représentaient, pour Garp, le genre de femmes qui transformaient sa mère en célébrité et cherchaient à l'exploiter dans l'intérêt de leurs croisades grossières.
- Je vais te dire quelque chose au sujet de ces femmes, maman, dit-il un jour à Jenny. De toute façon, probable qu'elles n'étaient pas capables de dire autre chose que des conneries ; probable que, de toute leur vie, elles n'ont pas eu une seule chose valable à dire - si bien qu'elles n'ont pas sacrifié grand-chose en renonçant à leur langue ; en fait, je parie que ça leur épargne de se fourrer dans des pétrins épouvantables. Si tu vois ce que je veux dire.
- Ce n'est pas la compassion qui t'étouffe, fit Jenny.
- J'ai des masses de compassion -pour Ellen James.
- Ces femmes ont souffert, elles aussi, d'autres façons. C'est la raison qui les pousse à vouloir se rapprocher les unes des autres.
- Et à s'infliger encore de nouvelles souffrances, maman.
- Le viol est le problème de toutes les femmes, dit Jenny.
Garp détestait plus que tout au monde entendre sa mère discourir de "toutes les femmes". Exemple, se disait-il, de théorie démocratique poussée jusqu'à son extrème le plus absurde.
- C'est aussi le problème de tous les hommes, maman. Suppose que, la prochaine fois qu'il y aura un viol, je me coupe la bitte et que je me l'accroche autour du cou. Dis-moi, tu trouverais ça édifiant ?
- Nous sommes en train de parler de gestes sincères, fit Jenny.
- Nous sommes en train de parler de gestes stupides, fit Garp.
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- " Garp interpella la silhouette, un monsieur digne d'un certain âge, avec une moustache blanche, qui, se retournant, gratifia Garp d'un regard à ce point rempli de stupéfaction et de honte que Garp eut la certitude d'être tombé sur le satyre. Fonçant à travers les ronces et les arbustes qui ployaient comme des fouets, il se précipita sur l'homme, qui, surpris en train de pisser, se hâtait de ranger ses attributs dans son pantalon. Il avait tout à fait l'air d'un homme surpris en train de faire quelque chose de répréhensible.
- J'étais seulement... commença l'homme, mais déjà Garp était sur lui et, lui fourrant sa barbe raide en plein sous le nez, se mit à le renifler comme un chien de chasse.
- Si c'est vous, mon salaud, je vais le sentir !mença Garp.
L'homme s'écarta, craintif, terrorisé par cette brute à demi nue, mais Garp, lui saisissant les deux poignets, les remonta vivement pour les renifler de près. Il renifla plusieurs fois, et l'homme poussa un cri, comme s'il redoutait que Garp ne le morde.
- Ne bougez pas ! intima Garp. C'est vous qui avez fait le coup ? Où sont les vêtements de l'enfant ?
- Je vous en prie ! piailla l'homme. Je voulais seulement me soulager.
Il n'avait pas eu le temps de refermer sa braguette et Garp lui lorgnait l'entrecuisse d'un oeil soupçonneux.
"Rien ne sent comme l'odeur du sexe, écrivit Garp. C'est une odeur impossible à camoufler, aussi forte et facile à reconnaître que l'odeur de la bière."
Aussi Garp, là, en plein bois, se laissa-t-il tomber à genoux et, dégrafant la ceinture de l'homme, il lui ouvrit brutalement le pantalon et lui descendit d'une secousse son caleçon jusqu'au chevilles ; il comtempla les attributs du malheureux à demi mort de frayeur.
- Au secours ! hurla le vieux monsieur.
Garp renifla un bon coup et l'homme s'effondra au milieu des arbustes ; puis, titubant comme une marionnette attachée sous les aisselles, il fonça comme un fou au milieu d'un fourré dont les troncs minces et les branches serrées lui évitèrent de tomber. "
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- " Pourquoi est-ce que tu n'y vas pas à pied, Duncan ?
- Pourquoi ? fit Duncan, exaspéré.
Pour que tu ne te retrouves pas avec la colonne vertébrale brisée si une bagnole conduite par un jeune chauffard, ou un ivrogne terrassé par une crise cardiaque, vient à te renverser dans la rue, se dit Garp - pour que ton torse, ton torse si chaud, si adorable, ne se fracasse pas contre le trottoir, pour que ton crâne merveilleux n'éclate pas en deux quand tu atterriras sur le pavé, et pour qu'une bande d'abrutis ne viennent pas t'envelopper dans une vieille couverture comme si tu étais un petit animal égaré ramassé dans le caniveau. Là-dessus, les cons de banlieusards se ramènent et essaient de deviner à qui il appartient (" Aux gens de la maison vert et blanc, là-bas, à l'angle d'Elm et de Dodge Street, je crois bien"). Et puis quelqu'un te ramène, tire la sonnette et me dit : " Euh, désolé !" Et, le doigt tendu vers la masse informe jetée sur la banquette arrière, demande : " Il est à vous ?"
Pourtant Garp se borna à dire :
- Oh, bon, va Duncan, prends-le, ton vélo. Mais sois prudent !
Il regarda Duncan traverser la rue, pédaler jusqu'au carrefour, regarder prudemment avant de prendre le tournant (Brave gosse ! T'as vu comme il a pris soin de tendre le bras - mais peut-être était-ce seulement à mon bénéfice.)
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- " Cette fois, lorsque le téléphone sonna, Garp eut conscience qu'Helen, qui émergeait du sommeil, se serrait contre lui. Lorsqu'il décrocha, Helen lui avait coincé la jambe entre ses deux genoux et serrait de toutes ses forces - comme pour se cramponner à la vie et à la sécurité que symbolisait pour elle le corps de son mari. Garp se livra mentalement à un rapide pointage. Walt était à la maison, et dormait. Duncan aussi ; il n'était pas chez Ralph.
Helen se disait : C'est mon père ; son coeur. Certaines fois elle se disait : On a finit par retrouver ma mère et par l'identifier. Dans une morgue.
Et Garp se disait : Maman a été assassinée. Ou elle a été enlevée et ses ravisseurs exigent une rançon - des hommes qui n'accepteront rien de moins que le viol public de quarante vierges pour libérer la célèbre féministe, saine et sauve. Et ils exigeront, en outre, la vie de mes enfants, et ainsi de suite.
C'était Roberta Muldoon, ce qui suffit à convaincre Garp que la victime ne pouvait être que Jenny Fields. Mais la victime était Roberta.
- Il m'a plaquée, geignait Roberta, son énorme voix gonflée de larmes. Il m'a balancée. Moi ! Vous vous rendez compte ?
- Seigneur ! Roberta, dit Garp.
- Oh, avant de devanir une femme, je ne savais pas à quel point les hommes peuvent être salauds, dit Roberta.
- C'est Roberta, chuchota Garp à Helen, pour qu'elle se détende. Son amant s'est fait la paire. "
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- " Toute sa vie, Duncan Garp associerait le bruit de la mer au souvenir de cette convalescence. Sa grand-mère se chargeait de lui changer son pansement ; le trou qui avait abrité autrefois l'oeil de Duncan ne cessait de suinter. Ni son père ni sa mère ne pouvaient supporter le spectacle de cette orbite vide, mais Jenny savait depuis longtemps que, à force de contempler les plaies bien en face, on finit par ne plus les voir. Ce fut en compagnie de sa grand-mère, Jenny Fields, que Duncan vit son premier oeil de verre.
- Tu vois ça ? fit Jenny. C'est gros et c'est marron ; pas tout à fait aussi joli que ton oeil gauche, mais tu n'auras qu'à te débrouiller pour que les filles remarquent d'abord le gauche.
Ce n'était pas un argument tellement féministe, elle s'en doutait, mais Jenny affirmait qu'elle était avant tout infirmière.
Lorsque Duncan, coincé entre les deux sièges, avait été projeté en avant, il avait eu l'oeil arraché ; sa chute avait été bloquée net par la tige nue du levier de vitesse. Le bras droit de Garp avait jailli, mais trop tard, entre les deux sièges ; Duncan était passé dessous, se crevant l'oeil droit, et fracturant trois doigts de sa main droite, qui s'étaient coincée dans le mécanisme de la ceinture de sécurité. "
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- " Helen était peut-être la seule à savoir pourquoi il ne pouvait pas (pour l'instant) écrire. Sa théorie sur ce sujet devait par la suite être exposée par le critique A. J. Harms, qui expliqua que l'oeuvre de Garp se trouvait progressivement affaiblie par les rapports de plus en plus étroits qu'elle présentait avec son histoire personnelle : " A mesure qu'il devenait de plus en plus autobiographique, le champ de son oeurvre se faisait plus étroit ; et, en outre, il se sentait moins à l'aise pour écrire. On aurait dit qu'il savait que son travail exigeait de lui des efforts de plus en plus pénibles - la torture de la mémoire -, mais, à tout point de vue, cette oeuvre était de plus en plus mince et dépourvue d'imagination. Garp avait perdu la liberté d'imaginer véritablement la vie, trahissant du même coup la promesse qu'il avait faite à lui-même, et aussi à nous tous, avec une oeuvre aussi brillante que La Pension Grillparzer." Selon Harms, Garp ne pouvait désormais être authentique qu'en puisant dans le souvenir - processus d'instinct de l'imagination -, ce qui était non seulement néfaste pour lui sur le plan psychologique, mais encore beaucoup moins fécond.
[...]
Chaque fois que Garp tentait d'écrire, il ne voyait devant lui que les faits mornes et sans envergure de sa vie personnelle ; le parking tout gris du New Hampshire, l'immobilité du petit corps de Walt, les vestes bigarrées et les casquettes rouges des chasseurs - et le fanatisme asexué et rigoriste de Pooh Percy. Ces images ne menaient nulle part. Il passait énormément de temps à bricoler dans sa nouvelle maison."
06:39 Publié dans Roman, nouvelles (divers) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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