24.08.2009
LAMBEAUX Charles JULIET

Résumé
Récit autobiographique, « Lambeaux » raconte par fragments la vie de sa mère naturelle, puis celle de sa mère nourricière, en s’adressant directement à elles (emploie du « tu »). On y découvre également la genèse de son œuvre et son difficile apprentissage de l’écriture.
La mère naturelle connait une enfance paysanne dans la France du début du XXème siècle. Dure discipline des travaux des champs, austérité du cadre familial. Aînée d’une fratrie de quatre filles, elle se charge de ses sœurs avec une abnégation sans faille. Mais elle ne parvient pas à s’épanouir et son mal de vivre va croissant, qui l’entrainera dans ce qu’il y a de pire…
Recueilli bébé par une nourrisse, l’auteur découvre amour et douceur dans une autre famille paysanne qu’il aura du mal à quitter pour devenir enfant de troupe, dans une école militaire où il va découvrir son goût pour la littérature. Au point de décider, dès les études écourtées, de devenir écrivain et de ne se consacrer qu’à cela.
Analyse
La vie et l’œuvre de Charles Juliet sont indissociables. Pour lui, l’écriture n’est possible que dans la mesure où elle permet de résoudre des conflits intérieurs et de les dépasser.
Par ailleurs, la passion (censurée) de sa mère naturelle pour la lecture et l’écriture semble avoir été donnée à Charles, sans qu’il l’ait connue. Une filiation s’exerce là, comme si Charles devenait le prolongement, le désir réalisé, d’une mère à la vie déchirée qui ne pouvait s’éteindre ainsi.
Juliet rend hommage à ses deux mères, et plus encore à celle qu’il n’a pas eu le temps de connaitre. En effet, la plus grande partie du livre lui est consacrée et Juliet, par la description plus intérieure qu’extérieure qu’il en fait, montre une femme courageuse, dévouée et passionnée, mais dont les passions seront chaque fois réprimées d’une façon ou d’une autre. Une femme bien trop différente intrinsèquement de celles de son milieu d’origine pour pouvoir s’épanouir. Une femme qui se laissera ensevelir par un monde paysan fermé, dans lequel elle ne se retrouve pas, jusqu’à sa mort effroyable…
Le thème de l’identité est majeur dans « Lambeaux ». D’abord celle de la mère naturelle qui cherche, se questionne, tente de trouver des réponses dans la Bible (son seul livre permis), qui se dévoue toute entière aux siens, mais qui sent là une faille presque honteuse. Une femme dont la pensée ne s’arrête jamais aux simples gestes du quotidien, qui tente d’aller toujours plus loin dans la connaissance d’elle-même et du monde des autres. Mais qui finit par tourner inlassablement en rond.
Et puis la quête d’identité de Charles lui-même qui, bien qu’aimé et choyé dans sa famille d’accueil, s’en échappe en devenant enfant de troupe, puis étudiant en médecine, puis professeur. Avec en toile de fond sa passion pour l’écriture, qui grandit avec lui, et le mène à tout abandonner pour ne se consacrer qu’à cela.
Bien avant que Charles évoque son besoin ardent de se plonger dans l’écriture, celle-ci est en permanence évoquée dans le récit de la vie de la mère naturelle. Tant parce qu’elle rêvait de sortir – entre autres grâce aux livres et à l’écriture _ du milieu étouffant dans lequel elle vivait, que parce qu’elle tenait un petit journal intime, secret, de ses questionnements, de ses tentatives de réponses… Journal que Charles aura probablement eu plus tard entre ses mains, si l’on reconstitue logiquement le récit. Sinon comment aurait-il pu décrire si précisément cette mère ?
Mais surtout, l’acte d’écrire ne lâche pas le récit dans la mesure où l’introspection – de la mère et du fils -, la pensée, ne se développent, ne se dénouent que grâce à l’écriture, sur du papier, ou bien par l’écriture symbolique dans l’acte de penser. On en revient donc, par le fil du récit, à la certitude de Juliet que c’est par l’écriture, si difficile, que l’on peut dépasser ses propres conflits…
Mon avis
En commençant à lire « Lambeaux » j’espérais surtout entendre parler de l’écriture – préoccupation personnelle oblige -, du travail de celui qui veut « faire » des livres, le récit de la vie des deux mères me rebutant par avance. Et puis, au fil de ma lecture, j’ai senti combien était important l’acte d’écrire, ou la pensée d’écrire, du début à la fin de l’histoire, comme un fil conducteur très bien mené.
Juliet donne vraiment l’impression que le récit de la vie de ces deux femmes et de sa propre jeune existence n’est possible que par le concept d’écriture. Pas clair mon truc ! Disons que c’est comme si l’histoire de ces trois personnages n’aurait pu être dévoilée sans le travail d’écriture que Juliet a dû faire pour se révéler à lui-même.
Un bien beau livre en vérité, qui, de plus, permet à ceux qui, comme moi, rêveraient d’être écrivains, de trouver quelques indices et encouragements à faire la démarche d’écrire sans cesse, jusqu’à ce que quelque chose de beau et cohérent en sorte. L’écriture comme une finalité (plaisir), l’écriture comme le moyen d’avancer dans la connaissance de soi-même et de digérer nos conflits…
Extraits
- « Tu trouves dans ces textes un peu de ta souffrance, de tes doutes, de tes brèves révoltes, de tes espoirs, et quand tu les relis, les médites, tu as l’impression qu’ils te révèlent à toi-même. Ta hantise est de mourir sans avoir vécue, sans avoir pu apaiser ta soif, sans avoir rencontré ce que tu ne saurais dire mais qui te fait si douloureusement défaut.
Ces questions qui te tournent dans la tête, elles t’épuisent. Certains jours, il arrive que sans t’en rendre compte, tu t’interrompes de travailler, saisie par l’une d’elles. Mais la réponse ne vient jamais, et chaque fois, la déception que tu éprouves, s’ajoute à ta désespérance, ta fatigue. “
- « Tu songes de temps à autre à Lambeaux. Tu as la vague idée qu’en l’écrivant, tu les tireras de la tombe. Leur donneras la parole. Formuleras ce qu’elles ont toujours tu.
Lorsqu’elles se lèvent en toi, que tu leur parles, tu vois s’avancer à leur suite la cohorte des bâillonnés, des mutiques, des exilés des mots
ceux et celles qui ne se sont jamais remis de leur enfance
ceux et celles qui s’acharnent à se punir de n’avoir jamais été aimé
ceux et celles qui crèvent de se mépriser et se haïr
ceux et celles qui n’ont jamais pu parler parce qu’ils n’ont jamais été écouté
ceux et celles qui ont été gravement humiliés et portent au flanc une plaie ouverte
ceux et celles qui étouffent de ces mots rentrés pourrissant dans leur gorge
ceux et celles qui n’ont jamais pu surmonter une fondamentale détresse. »
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12.01.2009
R. BOHRINGER Le bord intime des rivières

Quelques années après " C'est beau une ville la nuit ", Borhinger nous offre le prolongement, entre poésie et autobiographie.
Comme il l'écrit, il n'est pas un "gars de la syntaxe", il est " de la syncope, du bouleversement intime ". Et son phrasé est unique : phrases sans verbe ou pas terminées, au lecteur de combler les vides. Les silences éclaboussent et créent des pauses dans le torrent des mots. Il écrit comme il parle, il parle comme il ressent, il ressent comme il vibre ou souffre.
Une souffrance aussi criante que son amour pour la vie. Et la quête du bonheur, déconcertant, abrupte, parfois proche du précipice. Avec l'âge, le bonhomme s'est assagi, et nous invite au calme apparent du bord intime d'une rivière. Son écriture est plus maitrisée, plus ordonnée, la beauté et la violence des images toujours aussi prenantes.
Plus que jamais, il y a les Paulo. Le Paulo d'en haut, parti trop tôt, et auquel il s'adresse sans cesse, et les Paulo d'en bas, qui traversent son existence, pour un temps ou pour toujours. Il évoque son amour des femmes - qu'il respecte tant -, le calvaire de la drogue, son amour pour le blues, qui lui colle comme une seconde peau, son admiration pour les boxeurs (pas la boxe), et sa découverte de l'Afrique et du désert. Une Afrique qui, on le sait, ne le quittera plus puisqu'il a obtenu la nationnalité sénégalaise, et tourne avec son groupe de musiciens africains. Le griot blanc, c'est son surnom là bas, dans l'émouvante et cruelle Afrique...
Extraits :
- " Paulo, c'est Paulo. Celui qui est parti trop vite. Trop haut. Celui qui manquera toujours. Et puis il y a le Paulo qui vit. Le Paulo d'en bas. Celui qui frétille comme un gardon. Paulo d'en haut, y'a des fois où je te vois dans le noir, dans les torrents, dans la lumière. Y'a des bouts de toi. Le Paulo d'en bas il aime la vie. C'est la vie qui se fout de lui. L'amour y'a des fois. Y'a des fois pas.
Je te jure Paulo, si tu revenais, je te referais plus le coup du saxo qui a du chagrin. A moins que ça te fasse encore marrer. C'est peut-être pour ça qu'on s'est tant aimés. Tous les coups on se les refaisait sans cesse. Un truc d'Indien. Jamais mort Paulo. Jamais définitivement disparu. "
- " Il neige sur Turin. Les putes partent au boulot. On se regarde dans le fond des yeux. Chacun va faire son show.
Si Mamie me voyait. Elle comprendrait pas. Ma Mamie. Elle comprendrait pas que j'aime ces gens-là. Que j'ai besoin de vivre dans des couloirs mal éclairés avec le son d'un sax qui viendrait de la pièce du bout. Que j'ai besoin de pousser la porte. De m'asseoir sur le lit pourri. Que j'ai besoin de la voix de la petite pute qui dit : A tout à l'heure, faites pas les cons ! Comme dans une vraie maison. Que j'ai besoin d'être cassé de fatigue dans une caisse comme si j'étais chanteur de blues. Comme si j'étais le meilleur. Celui qui a le plus souffert. Celui qu'une fille splendide attend quelque part. Le jour où il saura chanter le blues. "
- " Agadès qui s'endort. Agadès qui se réveille. Petit jour africain. Les poules picorent sans bande-son. Y'a des Noirs en uniforme. Agadès perdue au milieu des sables. Agadès la bleue.
A cinq heures à la porte d'Agadès. A la porte du désert qui balaie la piste. Entouré de gamins qui tendent la main. Des petits malins comme les tiens. La misère qui grouille. C'est gai. Clic-clac fait le photographe pas japonais. Dans le genre : Allez loin. Prenez la température des alizés. Parfum. Revenez sidérés.
Le gros camion-citerne. Les gros zincs des rupins saoudiens.
Dès que tu sors du hangard, t'as déjà du sable dans le passeport. Tu voudrais que tous tes Paulo vivent ce moment-là. "
- " Je vous regardais de loin. Les flammes du feu vous rapprochaient. Le nid en plein désert. Romantique Papytoufou. Emerveillé de ce voyage inespéré au milieu d'une vie de labeur. Il est devenu l'ami de la tribu. L'homme qu'on respecte. Les Touaregs prenaient soin de lui. L'air de rien. Que personne ne vienne troubler le rêve étoilé de l'homme au cheveux blanc.
Ils s'amusaient avec douceur de ce rêve dont ils étaient les maîtres. Papy Georges s'endormait. C'était tout bleu.
Alors je faisais le clown. J'imitais les animaux au milieu des étoiles. On riait. "
- " Les mots, arriver à les foutre sur papier. Y'a des fois en pleine trajectoire, à fond la caisse dans la phrase, t'éclates, tu déjantes, et cette foutue phrase cahote dans l'herbage pour finir comme une conne loin du rivage.
Je pars en voyage. Devant mon clavier. Mon bel ordinateur de mémoire. Ma boîte à songes. Ma belle gonzesse obsédante. J'irai au hasard de l'animateur. L'organisateur sans visage.
Je suis pas un gars de la syntaxe. Je suis de la syncope. Du bouleversement intime. Je me fous du verbe et de son complément. Faut pas faire le malin avec les mots. Faut les aimer. Ca file du bonheur, les mots.
Je veux écrire pour être avec les autres. Ceux que j'ai connus. Ceux que je veux connaitre. Ceux que je ne connaîtrai jamais. Je veux écrire pour être meilleur humain. Pour éviter la disgrâce. "
02:16 Publié dans autobiographie et récits apparentés | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
27.09.2007
R. BOHRINGER C'est beau une ville la nuit
Pas vraiment une autobiographie ce livre. Je dirais plutôt des tranches de vie, racontées ça et là, au gré des souvenirs et des humeurs. Mais racontées sans l'être vraiment non plus. Des petits bouts d'histoires, des petits bouts de parcours, des gros bouts d'émotions surtout. Avec en toile de fond la souffrance, l'errance, l'alcool, la drogue, les femmes, la grand-mère, Romane. Et l'écriture, le besoin et le bonheur de jouer avec le verbe.
Une capacité à aller de souffrances en souffrances, et à, malgré tout, continuer à voir la beauté là où elle se trouve, dans ses formes les plus simples. La capacité à voir, à ressentir, ce que les autres vont jusqu'à ignorer même lorsqu'ils passent à côté. Une capacité à voir la vie telle qu'elle est, dans sa laideur la plus crue parfois, dans sa beauté la plus éblouissante d'autres fois, mais surtout le désir effréné de vivre en fin de compte. Bohringer écrit là un récit impossible à résumé. Une histoire à tiroirs multiples, des bouts mis bout à bout, sans souci réel de chronologie ni de précision...
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Bohringer écrit comme il parle. Une prose toute en spontanéité, toute en vérité. Il utilise ses propres rêgles de narration et de ponctuation, pour mieux marquer son rythme et sa pensée. Son langage est parfois cru, jamais vulgaire ni choquant. Même lorsqu'il parle de sa bite ou des femmes, je n'y vois aucun manque de respect, aucune "machismomisogynie". C'est toujours avant tout son coeur, celui qui vibre ou s'éteint, qui parle. Qui parle ou qui chante. Quelques chansons bien trouvées...
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En fait, ce livre , je ne l'ai pas lu. Je l'ai écouté, parfois chanté. C'est la voix de Bohringer qui résonnait. Sa voix profonde et éclatante, qui interpelle. Du fond de la nuit, du fond de l'abîme...
Hey ! Paulo ! Oui, c'est à toi que je parle. Ecoute mon poème bordel. C'est ma vie, la tienne peut-être aussi. Viens, j'te paie un coup, moi j'boirai de l'eau. On parlera des femmes et des Indiens, et de New-York, et de jazz aussi. Aller mon Paulo, on va l'aimer cette vie à la gueule de chien...
Je conclurai par une seule phrase : lisez ce bouquin !!! (moi je lirai le suivant, pour sûr).
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Extraits :
- " Mais déjà, comme en été, un nuage noir faisait frissonner les pans éclatant des champs.
C'est comme cela que les poètes découvrent les traces de leur destin.
C'est dans ces traces qu'ils trouvent les signes de leurs défaites humaines.
Alors ils courent volontairement à leur perte, pour accélérer le mouvement afin de vivre plus vite leurs chagrins. "
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- " [...]
Dans le fond des bars /
Quand je buvais /
Il y avait son souvenir qui me frôlait /
Ou qui me frappait comme un poignard /
Sorti du noir /
Il y avait mon ventre déchiré / sans espoir /
Qui s'accrochait au bar /
Il y avait mes paulos / mes frères rêveurs / mes fêlures /
Il y avait leurs rires / leur douceur /
Comme des fleurs /
[...]"
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- " Elle est la vie. Ils m'abandonnent. Et moi petit à petit je me recroqueville dans ma plaie. Dans ma maladie. J'ai pissé dans mon froc en plein embouteillage l'autre jour. Je me suis pas retenu. Comme ça. J'ai même pas pleuré. J'avais rejoint mon état naturel. Animal sale.
Mon corps est suspendu comme l'esprit. Toujours plus haut. Avec des visages, tous les visages que je rencontrais, sans voix. Comme si une paroi de verre me séparait d'eux. Je ne communique plus. La liaison est rompue. Plus envie. Pendant un moment j'ai beaucoup marmonné. Sans arrêt. N'importe où. J'ai disparu au fond de l'horizon. [...] "
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- " "Ta fille depuis ce matin à quatre pattes va chercher tous ses jouets dans le salon pour les mettre devant ta porte."
La môme regarde son tas et me balance un sourire d'Indien.
Un sourire millénaire. Un sourire qui vient de si loin, qu'une seconde je décroche de la terre. Je quitte le sol.
Avec les yeux qui font comme des myosotis brisés. Je rentre dans la prunelle et le paysage n'est qu'amour. Comme une clarté soudaine. Comme sur les photos quand l'Indien te pardonne ta misère de pauvre Blanc. De pauvre Blanc qui ne sait rien. Qui ne sait rien du vent et de ses odeurs. Qui ne sait rien des chevaux fous et de leurs mystérieuses colères. Qui ne sait rien des femmes et de leurs silences.
Je t'aime ma fille. Viens. Je vais t'emmener voir les primevères. Mamie fait une valise. Je téléphone à mon pote, un vieux pote bassiste. Il habite à la campagne. Il vient me chercher. "
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- " J'ai commencé à écrire à New York. Une pièce de théatre où il était question de pureté. Plus les jours passaient. Plus j'aimais cette ville. [...] Je vivais mille vies. Mille vies plus belles, mille vies plus sourdes. Comme si j'avais une nichée de moineaux au creux de la poitrine. Je palpitais à l'infini. J'ai écrit chaque jour. Chaque nuit. Avec acharnement. Avec trois ou quatre c au mot locomotives comme si j'avais voulu dans le même mot rajouter les wagons. [...] Et le clavier ronronnait. D'un doigt je traçais ma quête, ne revenant jamais sur un mot. "
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- " Toujours vivre dans une cale au milieu d'un trésor inventé. De l'Inde du Sud au Grand Nord emmitouflé. Des tavernes exaltantes de destins brisés, de petit matin immortel où l'éthylisme rend prince indompté. Tout n'est qu'invention. Oui je crois en moi. A de rares instants je pense même qu'il est bien temps que j'existe. Et puis parfois je trouve cela d'une banalité effrayante. En fait, aucune importance. Vite respirer. Encore et encore. Me broyer les poumons de l'oxyde de vie. Me vautrer des deux côtés, me ritueler d'huile odorante, me refaire la peau à coup de nouvelle vie. Ne rien savoir et tout humer. Je n'ai d'envie que d'entendre mon coeur battre. "
07:59 Publié dans autobiographie et récits apparentés | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note



