04.12.2009
L'insouciance et la corde

Ils s’étaient branchés sur des générateurs grippés
pour éclaircir leur nuit aux frontières barbelées.
Ils divaguaient au cœur des champs de la déconvenue,
psalmodiant la liste de leurs désirs corrompus.
Ils s’étaient arrachés des bras de la grande Matrice
qui les aurait broyés comme de vulgaires immondices.
Un froid mordant soufflait sur la lande de la colère,
emportant leurs injures et leurs manifestes de guerre
qu’ils savaient aussi vains que de pisser contre le vent
qui sifflait à leurs oreilles des airs dissuadants.
Ils se résignaient au principe navrant de la chute
qui avait épié sournoisement la fin de leur lutte.
Ils trébuchaient sous la folle ébriété de l’errance
devenue la guide de leur nouvelle insouciance.
Mais au fond d’eux l’indomptable blessure suppurait
et de son regard torve et cruel les narguait.
Ils avaient beau avoir craché le sang de la discorde
sans cesse la souffrance les ramenait à la corde.
Alors ils se noyaient dans le trouble des eaux saumâtres
qui rigolaient le long de leurs visages d’albâtre.
Ils s’accouplaient, mal, dans de grandes envolées factices
qui les éloignaient pour un temps de leur précipice.
Ils brimbalaient un reste de tendresse décharnée
dans le douloureux silence des âmes désavouées.
Tommie
16:41 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : 3ème recueil
08.09.2009
Cercueil de nuit

Pas de radio, pas de musique,
seulement l’asphalte qui défile…
C’est ainsi que tu calmes tes nerfs
quand dans ton âme’ gronde la colère,
et que tu fuis la confrontation,
ta crainte de la domination.
Faut dire que t’as compris la tactique
à force qu’on te serve sur un pic
la vach’rie sensée te faire souffrir,
les sales’ coups sensés te démolir.
Il t’en a quand même fallu du temps
pour ne plus pisser contre le vent,
pour admettre qu’ils sont les plus forts
même quand tu sais qu’ils sont dans leur tord.
Pas de radio, pas de musique,
seulement l’asphalte qui défile…
C’est bien aussi pour les coups de blues
quand tu te sens en plein dans la loose.
Tu peux déverser comm’ trombes d’eau
tout le malheur qui te fait fardeau.
Personne ne te voit dans la nuit
ni ne peut entendre tes longs cris.
Tu n’es qu’une’ paire’ de phares anonymes
qui camouflent un pauvre type infirme.
Tu files droit jusqu’à l’apais’ment,
quand tout te devient indifférent.
C’est la fatigue qui fait son œuvre
et te fait oublier les couleuvres.
Pas de radio, pas de musique,
seulement l’asphalte qui défile…
Tommie
01:37 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 3ème recueil
02.09.2009
Les esprits obtus ne souffrent pas la différence

Au fond des gouffres abyssaux
hurlent des fauves aux vieux crocs
jaunis et cariés par le temps
infini du ressentiment.
Ils sont la vérité de l’être
engoncés dans le paraitre
que leur impose la coutume
de se vêtir d’un beau costume.
Un être du superficiel
qui se perd dans le cheptel
des humanos assermentés
à produire pour la société.
Regroupés un peu en retrait,
des hommes aux trop larges plaies
tentent de survivre au chaos
de leurs pauvres âmes en lambeaux.
Eux n’ignorent pas l’existence
des entrelacs de l’inconscience
qui les ont jetés miséreux
sur les chemins du tortueux.
Ils déambulent en parallèle
sous le joug des briseurs d’ailes
qui leur volent la dignité
à laquelle ils ont tant rêvée.
Mais quelle vie méritent-ils
ces acharnés de l’inutile
empêtrés dans leur maladie
qui leur fournit un alibi ?
Sont-ils réellement infirmes
comme leurs médecins l’affirment
de leurs connaissances douteuses
à la science un peu hasardeuse ?
Au plus profond de leurs douleurs
ils supplient les fauves grogneurs
de leur avouer leur vérité
pour les aider à se soigner.
Ils ne manquent pas d’occupations
entre travail d’introspection
et gestion de leur quotidien
qui les épuise dès le matin.
Ils savent les vilaines pensées
de ceux qui ont pu résister,
et se prennent en plein la souffrance
d’évoluer dans la différence…
Tommie
18:58 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : 3ème recueil
01.09.2009
Trois nouvelles sculptures

Trois nouvelles sculptures dans l'album photos du même nom :
- Ma première tête, face et profil
- L'homme et son chien
- Chien mutant de Tchernobyl
Evidemment, toujours niveau débutant, mais ça progresse, mine de rien ;-) Et puis chaque nouvelle sculpture est un nouvel apprentissage puisque j'essai de varier mes travaux.
03:32 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : sculpture, stéatite
31.08.2009
L'innocence sous les missiles

Le fossoyeur n’a plus aucun repos,
et guère de places encore,
pour tous les pauvres corps
de ceux qui sont tombés sous le fléau.
Dès l’aube, il s’en va creuser dans le sable
d’un cimetière de la Bande,
où déjà certains l’attendent,
les bras sous le poids de l’abominable.
Il pelte du plus vite qu’il le peut,
sous les regards criants
et les yeux suppliants
des gazaouis au teint cadavéreux.
Tour à tour on enterre un parent,
dans la terrible douleur,
mais sans oublier la peur
de ceux qui, du ciel, font couler le sang.
Le geste en devient presque machinal,
sous la pression des missiles
de l’offensive facile
des odieux commanditaires de Tsahal.
Mais c’est avec mille précautions
qu’il se charge des bambins
si légers dans ses deux mains,
qu’il en est proche de la convulsion…
Tommie
02:34 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
24.08.2009
La rage et la tristesse
Un froid mordant enveloppe les échines,
un silence lourd accuse la débine.
Souvent, quelques cris viennent libérer les haines
qui fermentent aux cœurs et pourrissent l’haleine.
Une haine sensée combattre la déprime
et la rage qui ceinture leurs enzymes.
Une saleté qui les bouffe depuis longtemps
et va jusqu’à leur empoisonner les sangs.
Une valse noire au temps de la rancœur
qui tournoie, tournoie, libérant les cutters
qu’ils se balancent à la tête tous les trois pas,
lacérés à en espérer le trépas.
Sous le mordant, la tristesse les envahit,
les confinant dans une éternelle nuit.
Les larmes luisent en rigoles sur leur peau
et se combinent à tisser leurs oripeaux.
Ainsi vêtus du costume du malheur,
ils errent, dépités, en attendant l’heure
que leur cauchemar prenne subitement fin,
qu’on les emporte dans une boite en sapin.
Tommie
16:24 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
16.08.2009
Les tournent-pas-rond

A l’asile où on se réfugiait
on cautérisait nos larges plaies
à la flamme du profond chaudron
où l’on ébouillantait nos démons.
Alors, dès la grand-messe achevée
on repartait les pieds moins gonflés,
mais les poches désespérément vides
de mordant et de rêves avides.
Puis on allait un peu s’isoler,
savourer le calme retrouvé.
On essayait la lévitation,
mais on retombait sur nos moignons.
Et dès le soleil disparu,
on sentait l’angoisse revenue,
qui allait nous aiguiser les sens
et remettre en branle la souffrance.
Les nuits s’éternisaient d’insomnie,
qui déroulait le fil de la vie.
On s’endormait au petit matin,
épuisés par le sombre chagrin.
Le jour, on errait sous la fatigue,
dansant une maladroite gigue,
comme des pantins désarticulés,
les membres tous tarabisquottés.
Ce n’était pas tous les jours coton
de répondre aux sollicitations
de nos compagnons en blouses blanches
toujours prêts à tirer par la manche.
Alors on se laissait un peu faire,
pas mécontents de voir qu’ils s’affairent
pour chacun des cas particuliers
qui formaient notre communauté.
Tommie
03:21 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
11.08.2009
Gare aux morilles

On est allé aux champignons,
bien qu’on n’y connaisse rien.
Papa a dit : « On prend que des morilles ! »
Quoi ??? J’avais compris « gorille ».
Armés de nos petits paniers,
on s’est enfoncé dans la forêt.
Ca sentait bon la mousse,
et c’était tout d’or coloré.
Au bout d’une heure, papa s’est écrié :
« Stop. Je suis tombé sur un nid ! »
Alors on a tout ramassé
et on est rentré, tous ravis.
Papa a préparé l’omelette
sous le regard attendri de maman.
Moi j’ai mis les assiettes
et les couverts en argent.
Et la dégustation a commencé.
Un goût assez inattendu…
Papa : « T’es sûre qu’ils étaient frais tes œufs ? »
Maman, un peu vexée : « Evidemment, c’est moi qui les ait pondus ! ».
Rassasiés et un peu déçus, mais joyeux,
on s’est installé devant la télé.
On se sentait las et un peu ramollos.
Et puis qu’est-ce qu’on avait chaud !
Le présentateur du JT avait un gros nez.
Alors on a mis nos oreilles, posées sur la cheminée.
Il a parlé de la baisse du pouvoir des chats,
nous on s’est moqué de ces pauvres minous.
Après, il y avait l’élection de miss France.
Du coup on est reparti sur cette histoire de mistigris.
Et puis comme Madame de Fontenay avait mis un chapeau trop grand
ben on ne lui voyait plus que les dents.
Après avoir bien ri, on s’est endormi.
Comme ça, sur le canapé, avachis.
Les ronflements de papa nous ont réveillés dans la nuit.
On était tous un peu nauséeux et groguis.
En regagnant ma chambre,
un peu chancelant,
j’ai entendu maugréer maman :
« Elles étaient pas fraiches tes morilles, hic ! ».
Tommie
Désolée, mais j'avais prévenu que mon humour était spécial. N'est-ce pas Nath ? ;-)
17:57 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
04.08.2009
Les passagers du néant

Le mal à travers nos veines
serpentait sournoisement,
telle la vipère cornue
du désert de nos sentiments.
Son venin pourrissait nos nerfs
qui tressautaient dans des spasmes d’avertissement.
Nos yeux en disgrâce
parcouraient un horizon exsangue
de tout affect belliqueux,
et nos pattes maigres portaient à grand peine
nos velléités amoureuses,
qui se résumaient à paillettes de feu.
On buvait notre urine
pour cacher le goût du sang
qui perlait depuis nos âmes
jusqu’à nos orteils explosés,
parce qu’on avait perdu nos pompes
dans un cauchemar ambulant.
Une poussière rouge s’élevait du sol
et se collait à nos cheveux crasseux.
Nos vêtements en loques
se sauvaient avec le vent,
laissant apparaître nos corps si décharnés
que l’on pouvait les voir par transparence.
Du coup on savait
quand l’un de nous mourait.
Tous ses fluides descendaient,
en file indienne,
vers la porte mortuaire
qui ouvrait sur un paradis blanc.
Alors on l’accompagnait
en sifflant des airs lunaires
qu’on avait appris étant enfants.
Et quand nos becs, asséchés,
n’émettaient plus de chants,
le copain partait en volutes de cendre.
Tommie
23:51 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
26.02.2009
Y'a toujours un quai...

Toujours à vouloir aller plus loin
Toujours à regarder vers ailleurs…
Pourtant t’avais de l’or au bout des doigts,
pourtant t’avais de l’or dans la voix.
Y’a toujours des pourtant mon ami,
des pourtant toujours freinés par la vie.
Il y a des voies de chemins de fer
qui aguichent tes rêves solitaires.
Des rames qui te conduisent pour perpète
dans les songes anarchiques de ta quête.
Dans tes nuits, tu remontes les wagons
qui te ballotent dans leur doux ronron.
Odeur de cuir et de tabac froid,
la dame t’empêtre dans tes émois.
Le jour, tu marches entre les rails, rêveur.
Tu comptes les traverses, sans erreur.
Ou tu regardes droit vers l’horizon
qui te promet un tas d’autres versions.
Toujours à vouloir aller plus loin
Toujours à regarder vers ailleurs…
Souvent t’enrages à t’en péter les dents
et tu sanglotes tel un petit enfant.
Tu t’imagines fixant le prochain train
droit dans les phares, un ultime destin.
Alors tu continues à t’engager
chaque fois plus loin sur la voie ferrée.
Tu découvres de nouveaux paysages
à mesure que tu avances en âge.
Le mystère bataille contre la candeur,
la liberté dévoile sa noirceur.
La raison l’emporte sur le frisson
et te révulse le cœur en moisson.
Tu sais qu’un jour tu regretteras
de ne pas avoir aiguillé tes pas
vers le quai désert qui t’appelait,
vers la vieille loco qui toussotait.
Toujours à vouloir aller plus loin
Toujours à regarder vers ailleurs…
Tommie
A celui qui m'a inspiré ce texte et qui se reconnaitra ;-)
00:24 Publié dans Je m'essaye à l'écriture, au dessin, à la peintu | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note



