08.09.2009

Cercueil de nuit

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Pas de radio, pas de musique,

seulement l’asphalte qui défile…

 

C’est ainsi que tu calmes tes nerfs

quand dans ton âme’ gronde la colère,

et que tu fuis la confrontation,

ta crainte de la domination.

 

Faut dire que t’as compris la tactique

à force qu’on te serve sur un pic

la vach’rie sensée te faire souffrir,

les sales’ coups sensés te démolir.

 

Il t’en a quand même fallu du temps

pour ne plus pisser contre le vent,

pour admettre qu’ils sont les plus forts

même quand tu sais qu’ils sont dans leur tord.

 

Pas de radio, pas de musique,

seulement l’asphalte qui défile…

 

C’est bien aussi pour les coups de blues

quand tu te sens en plein dans la loose.

Tu peux déverser comm’ trombes d’eau

tout le malheur qui te fait fardeau.

 

Personne ne te voit dans la nuit

ni ne peut entendre tes longs cris.

Tu n’es qu’une’ paire’ de phares anonymes

qui camouflent un pauvre type infirme.

 

Tu files droit jusqu’à l’apais’ment,

quand tout te devient indifférent.

C’est la fatigue qui fait son œuvre

et te fait oublier les couleuvres.

 

Pas de radio, pas de musique,

seulement l’asphalte qui défile…

 

 

Tommie

02.09.2009

Les esprits obtus ne souffrent pas la différence

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Au fond des gouffres abyssaux

hurlent des fauves aux vieux crocs

jaunis et cariés par le temps

infini du ressentiment.

 

Ils sont la vérité de l’être

engoncés dans le paraitre

que leur impose la coutume

de se vêtir d’un beau costume.

 

Un être du superficiel

qui se perd dans le cheptel

des humanos assermentés

à produire pour la société.

 

Regroupés un peu en retrait,

des hommes aux trop larges plaies

tentent de survivre au chaos

de leurs pauvres âmes en lambeaux.

 

Eux n’ignorent pas l’existence

des entrelacs de l’inconscience

qui les ont jetés miséreux

sur les chemins du tortueux.

 

Ils déambulent en parallèle

sous le joug des briseurs d’ailes

qui leur volent la dignité

à laquelle ils ont tant rêvée.

 

Mais quelle vie méritent-ils

ces acharnés de l’inutile

empêtrés dans leur maladie

qui leur fournit un alibi ?

 

Sont-ils réellement infirmes

comme leurs médecins l’affirment

de leurs connaissances douteuses

à la science un peu hasardeuse ?

  

Au plus profond de leurs douleurs

ils supplient les fauves grogneurs

de leur avouer leur vérité

pour les aider à se soigner.

 

Ils ne manquent pas d’occupations

entre travail d’introspection

et gestion de leur quotidien

qui les épuise dès le matin.

 

Ils savent les vilaines pensées

de ceux qui ont pu résister,

et se prennent en plein la souffrance

d’évoluer dans la différence…

 

 

Tommie

01.09.2009

Trois nouvelles sculptures

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Trois nouvelles sculptures dans l'album photos du même nom :

- Ma première tête, face et profil

- L'homme et son chien

- Chien mutant de Tchernobyl

Evidemment, toujours niveau débutant, mais ça progresse, mine de rien ;-) Et puis chaque nouvelle sculpture est un nouvel apprentissage puisque j'essai de varier mes travaux.

 

31.08.2009

L'innocence sous les missiles

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Le fossoyeur n’a plus aucun repos,

et guère de places encore,

pour tous les pauvres corps

de ceux qui sont tombés sous le fléau.

 

Dès l’aube, il s’en va creuser dans le sable

d’un cimetière de la Bande,

où déjà certains l’attendent,

les bras sous le poids de l’abominable.

 

Il pelte du plus vite qu’il le peut,

sous les regards criants

et les yeux suppliants

des gazaouis au teint cadavéreux.

 

Tour à tour on enterre un parent,

dans la terrible douleur,

mais sans oublier la peur

de ceux qui, du ciel, font couler le sang.

 

Le geste en devient presque machinal,

sous la pression des missiles

de l’offensive facile

des odieux commanditaires de Tsahal.

 

Mais c’est avec mille précautions

qu’il se charge des bambins

si légers dans ses deux mains,

qu’il en est proche de la convulsion…

 

 

Tommie

24.08.2009

La rage et la tristesse

 

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Un froid mordant enveloppe les échines,

un silence lourd accuse la débine.

Souvent, quelques cris viennent libérer les haines

qui fermentent aux cœurs et pourrissent l’haleine.

 

Une haine sensée combattre la déprime

et la rage qui ceinture leurs enzymes.

Une saleté qui les bouffe depuis longtemps

et va jusqu’à leur empoisonner les sangs.

 

Une valse noire au temps de la rancœur

qui tournoie, tournoie, libérant les cutters

qu’ils se balancent à la tête tous les trois pas,

lacérés à en espérer le trépas.

 

Sous le mordant, la tristesse les envahit,

les confinant dans une éternelle nuit.

Les larmes luisent en rigoles sur leur peau

et se combinent à tisser leurs oripeaux.

 

Ainsi vêtus du costume du malheur,

ils errent, dépités, en attendant l’heure

que leur cauchemar prenne subitement fin,

qu’on les emporte dans une boite en sapin.

 

 

Tommie

16.08.2009

Les tournent-pas-rond

 

 

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A l’asile où on se réfugiait

on cautérisait nos larges plaies

à la flamme du profond chaudron

où l’on ébouillantait nos démons.

 

Alors, dès la grand-messe achevée

on repartait les pieds moins gonflés,

mais les poches désespérément vides

de mordant et de rêves avides.

 

Puis on allait un peu s’isoler,

savourer le calme retrouvé.

On essayait la lévitation,

mais on retombait sur nos moignons.

 

Et dès le soleil disparu,

on sentait l’angoisse revenue,

qui allait nous aiguiser les sens

et remettre en branle la souffrance.

 

Les nuits s’éternisaient d’insomnie,

qui déroulait le fil de la vie.

On s’endormait au petit matin,

épuisés par le sombre chagrin.

 

Le jour, on errait sous la fatigue,

dansant une maladroite gigue,

comme des pantins désarticulés,

les membres tous tarabisquottés.

 

Ce n’était pas tous les jours coton

de répondre aux sollicitations

de nos compagnons en blouses blanches

toujours prêts à tirer par la manche.

 

Alors on se laissait un peu faire,

pas mécontents de voir qu’ils s’affairent

pour chacun des cas particuliers

qui formaient notre communauté.

 

 

Tommie

11.08.2009

Gare aux morilles

 

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On est allé aux champignons,

bien qu’on n’y connaisse rien.

Papa a dit : « On prend que des morilles ! »

Quoi ??? J’avais compris « gorille ».

 

Armés de nos petits paniers,

on s’est enfoncé dans la forêt.

Ca sentait bon la mousse,

et c’était tout d’or coloré.

 

Au bout d’une heure, papa s’est écrié :

« Stop. Je suis tombé sur un nid ! »

Alors on a tout ramassé

et on est rentré, tous ravis.

 

Papa a préparé l’omelette

sous le regard attendri de maman.

Moi j’ai mis les assiettes

et les couverts en argent.

 

Et la dégustation a commencé.

Un goût assez inattendu…

Papa : « T’es sûre qu’ils étaient frais tes œufs ? »

Maman, un peu vexée : « Evidemment, c’est moi qui les ait pondus ! ».

 

Rassasiés et un peu déçus, mais joyeux,

on s’est installé devant la télé.

On se sentait las et un peu ramollos.

Et puis qu’est-ce qu’on avait chaud !

 

Le présentateur du JT avait un gros nez.

Alors on a mis nos oreilles, posées sur la cheminée.

Il a parlé de la baisse du pouvoir des chats,

nous on s’est moqué de ces pauvres minous.

 

Après, il y avait l’élection de miss France.

Du coup on est reparti sur cette histoire de mistigris.

Et puis comme Madame de Fontenay avait mis un chapeau trop grand

ben on ne lui voyait plus que les dents.

 

 Après avoir bien ri, on s’est endormi.

Comme ça, sur le canapé, avachis.

Les ronflements de papa nous ont réveillés dans la nuit.

On était tous un peu nauséeux et groguis.

 

En regagnant ma chambre,

un peu chancelant,

j’ai entendu maugréer maman :

« Elles étaient pas fraiches tes morilles, hic ! ».

 

 

Tommie

 

 

 

 

Désolée, mais j'avais prévenu que mon humour était spécial. N'est-ce pas Nath ? ;-)

04.08.2009

Les passagers du néant

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Le mal à travers nos veines

serpentait sournoisement,

telle la vipère cornue

du désert de nos sentiments.

Son venin pourrissait nos nerfs

qui tressautaient dans des spasmes d’avertissement.

 

Nos yeux en disgrâce

parcouraient un horizon exsangue

de tout affect belliqueux,

et nos pattes maigres portaient à grand peine

nos velléités amoureuses,

qui se résumaient à paillettes de feu.

 

On buvait notre urine

pour cacher le goût du sang

qui perlait depuis nos âmes

jusqu’à nos orteils explosés,

parce qu’on avait perdu nos pompes

dans un cauchemar ambulant.

 

Une poussière rouge s’élevait du sol

et se collait à nos cheveux crasseux.

Nos vêtements en loques

se sauvaient avec le vent,

laissant apparaître nos corps si décharnés

que l’on pouvait les voir par transparence.

 

Du coup on savait

quand l’un de nous mourait.

Tous ses fluides descendaient,

en file indienne,

vers la porte mortuaire

qui ouvrait sur un paradis blanc.

 

Alors on l’accompagnait

en sifflant des airs lunaires

qu’on avait appris étant enfants.

Et quand nos becs, asséchés,

n’émettaient plus de chants,

le copain partait en volutes de cendre.

 

 

Tommie

26.02.2009

Y'a toujours un quai...

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 Toujours à vouloir aller plus loin

Toujours à regarder vers ailleurs…

 

Pourtant t’avais de l’or au bout des doigts,

pourtant t’avais de l’or dans la voix.

Y’a toujours des pourtant mon ami,

des pourtant toujours freinés par la vie.

 

Il y a des voies de chemins de fer

qui aguichent tes rêves solitaires.

Des rames qui te conduisent pour perpète

dans les songes anarchiques de ta quête.

 

Dans tes nuits, tu remontes les wagons

qui te ballotent dans leur doux ronron.

Odeur de cuir et de tabac froid,

la dame t’empêtre dans tes émois.

 

Le jour, tu marches entre les rails, rêveur.

Tu comptes les traverses, sans erreur.

Ou tu regardes droit vers l’horizon

qui te promet un tas d’autres versions.

 

Toujours à vouloir aller plus loin

Toujours à regarder vers ailleurs…

 

Souvent t’enrages à t’en péter les dents

et tu sanglotes tel un petit enfant.

Tu t’imagines fixant le prochain train

droit dans les phares, un ultime destin.

 

Alors tu continues à t’engager

chaque fois plus loin sur la voie ferrée.

Tu découvres de nouveaux paysages

à mesure que tu avances en âge.

 

Le mystère bataille contre la candeur,

la liberté dévoile sa noirceur.

La raison l’emporte sur le frisson

et te révulse le cœur en moisson.

 

Tu sais qu’un jour tu regretteras

de ne pas avoir aiguillé tes pas

vers le quai désert qui t’appelait,

vers la vieille loco qui toussotait.

 

Toujours à vouloir aller plus loin

Toujours à regarder vers ailleurs…

 

 

Tommie

 

A celui qui m'a inspiré ce texte et qui se reconnaitra ;-)

 

 

Rêves fugaces

 

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Parfois la solitude se fait encore plus pesante,

enveloppant de ses tentacules la pénible attente

née de rêves déments par lesquels tu te laisses berner,

dans une crise folle de désirs et d’avidité.

Il suffit d’un mot réconfortant, d’un sourire sincère,

pour réveiller la naïveté rangée sur l’étagère.

 

Alors le cœur tachycarde, la pensée logorrhéique,

le désespoir s’empêtre dans des airs euphoriques,

qui anéantissent la prudence et les bonnes raisons

qui t’ont plongé dans l’éloignement et la rude prison.

Un semblant de vie prend le pas sur l’anéantissement,

un souffle de fraicheur dissipe le renoncement.

 

Tu te laisses envahir, pour quelques minutes ou quelques jours,

par un possible réinventé dégainant sans détours,

derrière un masque coloré, des effluves de parfums

envahissants, comme la clarté des petits matins.

Ton esprit troublé est partant pour une grande aventure

tissée dans les fils barbelés de tes propres parjures.

 

Et puis tu retombes brusquement du vent qui t’embrassait,

au moment même où tu comprends que le rêve était surfait.

Un éclair de lucidité te gifle en pleine face,

te dégomme lamentablement en haut de tes échasses.

Tu retournes à ton coma en reposant les pieds sur terre,

tu regrettes le doux songe qui t’a sorti de ta misère.

 

 

Tommie


 

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