01.04.2008
John IRVING Le monde selon Garp

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15.11.2007
Albert CAMUS L' Etranger
Meursault, héros et narrateur du livre, est un modeste employé dans l'Algérie française. Sa vie se résume à son travail, aux bains de mer, aux flaneries, à ses quelques relations de voisinage, et à Marie, qu'il rencontre le lendemain de l'enterrement de sa mère.
Il "expose" plus qu'il ne raconte, sa vie au jour le jour, sans émotion ni critique : l'enterrement de sa mère, sa rencontre puis sa relation intime avec Marie (dont il ne se sent pas amoureux), son voisin Raymond (dont il accepte l'amitié parcequ'il n'a pas de raison de la refuser)... Une vie simple et ordinaire où il ne se passe rien qui le passionne ni lui déplaise.
Jusqu'au jour où il tue un Arabe de 5 coups de pistolet. Sans le vouloir, sans animosité, parceque les circonstances n'ont pas joué en sa faveur. Meursault va alors passer 11 mois en prison, à attendre son procès, dans une quasi indifférence. 11 mois durant lesquels il va peu à peu repenser à sa vie, essayer de comprendre comment il est arrivé là. Le déroulement du procès et le verdict vont réveiller un autre Meursault...
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La première partie du roman est, d'un point de vue style, volontairement ennuyeuse. Ennuyeuse comme la vie de Meursault, qui coule sans émotion ni anicroche, de façon hasardeuse. Ennuyeuse pour mieux marquer que cette existence n'a pas de sens, qu'elle n'est guidée que par une sorte de fatalité. Un exposé sans relief fait par un personnage décalé vis-à-vis du monde, des autres et de lui-même, sans espoir mais pas résignée non plus. Meursault qui incarne l'homme absurde (ou plutôt la nudité de l'homme devant l'absurde). La vie de Meursault et le style littéraire employé agissent comme un révélateur de ce que Camus veut transmettre : l'homme absurde ne peut que décrire, vivre au niveau de l'existence pure, recommencer à chaque instant, sans durée, sans "liaison".
La deuxième partie, à partir du meurtre de l'Arabe, permet enfin au lecteur de se réveiller. Meursault, emprisonné, en attente du procès puis du verdict, se retrouve obligé de réfléchir à sa vie et à son sens. Incapable de se défendre et de s'expliquer car ne connaissant ni le mensonge ni la "broderie", il est totalement incompris et passe pour un meurtrier sans âme qui n'a même pas montré d'émotion lors de l'enterrement de sa mère ! Monte alors en lui la révolte, et la réconciliation avec le monde et lui-même. La révolte qui, pour Camus, est la seule position possible pour l'homme face à l'absurde (contrairement au "suicidé" qui lui renonce).
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Si l'on supporte l'ennui de la première partie du roman, on ne regrette pas d'en lire la deuxième. Avec le regret peut-être de ne pas avoir lu avant "Le mythe de Sysiphe", essai dans lequel Camus théorise sur l'absurdité. Le regret de ne pas saisir là toutes les subtilités du roman. A moins de considérer le roman comme une introduction nécessaire pour aborder l'essai...
Avec le sentiment parfois, peut-être, de ressembler à Meursault, quand une certaine indifférence nous envahit, quand on enchaine les jours et les nuits machinalement, sans pouvoir donner un sens attrayant à cette vie qui ne nous satisfait que rarement...
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Extraits :
- " Cela me permettrait de vivre à Paris et aussi de voyager une partie de l'année. " Vous êtes jeune, et il me semble que c'est une vie qui doit vous plaire." J'ai dit que oui mais que dans le fond cela m'était égal. Il m'a demandé alors si je n'étais pas interressé par un changement de vie. J'ai répondu qu'on ne changeait jamais de vie, qu'en tout cas toutes se valaient et que la mienne ici ne me déplaisait pas du tout. Il a eu l'air mécontent, m'a dit que je répondais toujours à côté, que je n'avais pas d'ambition et que cela était désastreux dans les affaires. Je suis retourné travailler alors. J'aurais préféré ne pas le mécontenter, mais je ne voyais pas de raison de changer ma vie. En y réfléchissant, je n'étais pas malheureux. Quand j'étais étudiant, j'avais beaucoup d'ambitions de ce genre. Mais quand j'ai dû abandonner mes études, j'ai très vite compris que tout cela était sans importance réelle.
Le soir, Marie est venue me chercher et m'a demandé si je voulais me marier avec elle. J'ai dit que cela m'était égal et que nous pourrions le faire si elle le voulait. Elle a voulu savoir alors si je l'aimais. J'ai répondu comme je l'avais déjà fait une fois, que cela ne signifiait rien mais que sans doute je ne l'aimais pas. " Pourquoi m'épouser alors ?" a-t-elle dit. Je lui ai expliqué que cela n'avait aucune importance et que si elle le désirait, nous pouvions nous marier. D'ailleurs, c'était elle qui le demandait et moi je me contentais de dire oui. "
- " A la fin, je me souviens seulement que, de la rue et à travers tout l'espace des salles et des prétoires, pendant que mon avocat continuait à parler, la trompette d'un marchand de glace a résonné jusqu'à moi. J'ai été assailli des souvenirs d'une vie qui ne m'appartenait plus, mais où j'avais trouvé les plus pauvres et les plus tenaces de mes joies : des odeurs d'été, le quartier que j'aimais, un certain ciel du soir, le rire et les robes de Marie. Tout ce que je faisais d'inutile en ce lieu m'est alors remonté à la gorge, et je n'ai eu qu'une hâte, c'est qu'on en finisse et que je retrouve ma cellule avec le sommeil. C'est à peine si j'ai entendu mon avocat s'écrier, pour finir, que les jurés ne voudraient pas envoyer à la mort un travailleur honnête perdu par une minute d'égarement, et demander les circonstances atténuantes pour un crime dont je traînais déjà, comme le plus sûr des châtiments, le remord éternel. La cour a suspendu l'audience et l'avocat s'est assis d'un air épuisé. Mais ses collègues sont venus vers lui pour lui serrer la main. J'ai entendu : " Magnifique, mon cher. " L'un d'eux m'a même pris à témoin : " Hein ? " m'a-t-il dit. J'ai acquiescé, mais mon compliment n'était pas sincère, parceque j'étais trop fatigué. "
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01.11.2007
Amélie NOTHOMB Hygiène de l'assassin
Prétextat Tach, 83 ans et prix Nobel de littérature, va mourir. Cinq journalistes sont sélectionnés par son secrétaire pour réaliser les dernières interviews. Mais Tach est un véritable monstre : obèse et écoeurant, misanthrope, raciste, misogyne, prétentieux, pervers, cruel, cynique... et va s'amuser à humilier et épouvanter les quatre premiers journalistes, à les en rendre malades.
La cinquième journaliste, Nina, arrive avec des intentions toutes autres que celles de ses confrères. Elle a une idée derrière la tête, et forte de l'expérience des quatre premiers, s'arme de courage et d'une tactique toute différente. Elle est fermement décidée à entretenir Tach uniquement de son dernier roman, paru inachevé : "Hygiène de l'assassin"; roman qui cache un secret terrible vieux de 65 ans.
Dans une formidable joute verbale, Tach et Nina vont s'affronter comme des bêtes furieuses, chacun usant largement de ses armes, fussent-elles cruelles et perverses, la fin justifiant les moyens. Et peu à peu, Nina va obtenir ce qu'elle veut : la vérité et les détails sur ce qu'il s'est passé alors que Tach était adolescent, et qu'il n'a pas dévoilé "officiellement" dans Hygiène de l'assassin". Et écraser et humilier à son tour cet être odieux...
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Au travers du véritable combat qui va opposer Nina et Tach pour la découverte de la vérité, ce sont plusieurs thèmes qui vont être abordés : la misogynie, la mauvaise foi, les contradictions, la métaphore, l'inconscient. Et par là même, le rôle de la littérature. Une littérature que Tach a utilisé dans l'espoir d'être reconnu pour ce qu'il est vraiment, mais qui a échoué, considérant qu'il n'a pas été lu par de vrais lecteurs, tels Nina, qui elle a su voir, au travers de ce que les autres ont considéré comme des métaphores, le vrai Prétextat Tach.
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Un roman qui tient de bout en bout, que l'on a pas envie de lacher avant la fin. Tout d'abord surpris par l'attitude odieuse de Tach envers les quatre premiers journalistes, on se soûle de la joute avec Nina, comme si l'on se vengeait soi-même de cette cruauté. Une joute au rythme effréné, qui emporte dans la folie de Tach et dans l'intelligence et la perspicacité de Nina. Une Nina au vocabulaire et aux arguments justes et incisifs.
Instructif, divertissant, étonnant, emballant... horrible et fou...
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Extraits :
- " - Allons, tu en rajoutes !
- Au contraire, je ne trouverai jamais d'expression assez forte. Si vous aviez vu sa colère finale ! Je n'ai jamais vu colère si effrayante : à la fois subite et parfaitement maîtrisée. De la part de ce gros tas, je me serais attendu à des rougeurs, des boursouflures, des difficultés à respirer, des transpirations haineuses. Pas du tout, la fulgurance de cette rage n'avait d'égale que sa frigidité. La voix avec laquelle il m'a ordonné de sortir ! Dans mes fantasmes, c'est ainsi que parlaient les empereurs chinois quand ils commandaient une décollation immédiate. "
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- " - Peut-être. Entre temps, je sens que je vais m'amuser. J'adore écraser les gens, désarçonner la mauvaise foi dont vous êtes tous les suppôts. Et il y a un exercice qui me fait particulièrement jouir : humilier les femelles prétentieuses, les merdeuses dans votre genre.
- Moi, mon divertissement de prédilection, c'est dégonfler les grosses baudruches satisfaites d'elles-mêmes.
- Ce que vous venez de dire est tellement typique de votre époque. Aurais-je affaire à un moulinet à slogans ?
- Ne vous inquiètez pas, monsieur Tach : vous aussi, par votre hargne réactionnaire, par votre racisme ordinaire, vous êtes typique de notre époque. Vous étiez fier, n'est-ce pas, de vous croire anachronique ? Vous ne l'êtes pas du tout. Historiquement, vous n'êtes même pas original : chaque génération a eu son imprécateur, son monstre sacré dont la gloire reposait uniquement sur la terreur qu'il inspirait aux âmes naïves. Est-il nécessaire de vous dire combien cette gloire-là est fragile et qu'on vous oubliera ? Vous aviez raison d'affirmer que personne ne vous lit. A présent, votre grossièreté et vos injures rappellent au monde votre existence ; quand vos cris se seront tus, plus personne ne vous lira. Et ce sera tant mieux. "
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- " - Mais si . Vous savez, il y a toujours une poignée de désoeuvrés, de végétariens, de critiques novices, d'étudiants masochistes ou encore de curieux qui vont jusqu'à lire les livres qu'ils achètent. C'était ces gens-là que je voulais expérimenter. Je voulais prouver que je pouvais impunément écrire les pires horreurs à mon sujet : cet acte d'autoaccusation, comme vous le formuliez avec justesse, est rigoureusement authentique. Oui, mademoiselle, vous aviez raison d'un bout à l'autre : dans ce bouquin, aucun détail n'est inventé. On pourrait bien sûr trouver des excuses aux lecteurs : personne ne sait rien de mon enfance, ce n'est pas le premier bouquin affreux que j'écris, comment imaginer que j'aie pu être si divinement beau, etc. Mais moi, j'affirme que ces excuses ne tiennent pas. Connaissez-vous la critique que j'ai lue dans un journal, il y a vingt-quatre ans, concernant Hygiène de l'assassin ? " Un conte de fées riche de symboles, une métaphore onirique du péché originel et, par là, de la condition humaine." Quand je vous disais qu'on me lisait sans me lire ! Je peux me permettre d'écrire les vérités les plus risquées, on n'y verra jamais que des métaphores. "
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00:51 Publié dans Roman, nouvelles (divers) | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
25.09.2007
H. BÖLL L'honneur perdu de Katharina Blum
Katharina Blum, jeune gouvernante d'intérieur sérieuse, honnête et irréprochable à tous niveaux, va voir sa vie bouleversée en l'espace de cinq jours: A Cologne, le soir du mercredi 20 février 1974, premier jour du carnaval, elle se rend chez sa marraine pour dancer. Elle y rencontre le beau Ludwig Götten et termine, amoureuse, la nuit avec lui - incroyable exception-. Au matin, la police envahit son petit appartement, à la recherche de Götten, soupçonné d'être un gangster "gauchiste"...
Le livre s'attache à décortiquer précisemment tous les évènements - interrogatoires, perquisitions, emplois du temps, articles de journaux, etc - de "l'affaire Katharina Blum", jusqu'au dimanche, jour où elle abat le journaliste Werner Tötges. Cinq jours durant lesquels Katharina va voir sa vie et sa moralité roulées dans la fange, à travers les articles de Tötges dans le quotidien " Le journal", feuille de chou spécialisée dans le harcèlement et la calomnie.
Le sous titre du livre, "comment peut naître la violence et où elle peut conduire", résume à lui seul la démarche de Böll. Aucun suspens dans l'histoire, tous les faits sont donnés d'emblée. Il sagit de montrer comment une femme perd son honneur sans le mériter par le simple, mais implacable, délire journalistique d'une certaine presse, jusqu'à en arriver au meurtre. Comment l'on peut passer de l'innocence radicale et de la pureté même, au crime ? Comment le mensonge, la haine, la violence verbale peuvent-ils engendrer la violence physique ? Comment la violence naît-elle de la violence ?
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Contexte :
Cette histoire est une attaque , plus qu'une réponse, à ce que Böll subit lui-même au cours de l'année 72. En effet, il fut victimes des injures et calomnies de la presse à sensation allemande qui ne lui pardonnait pas d'avoir dénoncé les mensonges qu'elle répandait et le climat de violence qu'elle entretenait à propos de la bande à Baader. Epoque où cette presse là avait l'habitude de mettre automatiquement forfaits et violences sur le dos des anarchistes, à faire de la bande à Baader le bouc émissaire de faits et de fautes dont l'évolution et les structures de la société d'alors était responsable (source: Yves Bonnefoy).
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Mon avis :
Une lecture qui m'a tenue de bout en bout, non pour le suspens (inexistant) mais pour chercher la moindre faille "criminelle" chez Katharina. Faille que je n'ai évidemment pas trouvée puisquelle n'existe pas !!! Je me suis surprise à entrer dans la peau de la malheureuse héroïne, à subir les injustices et les mensonges, à prendre toute cette descente en enfer en pleine poire. J'en retiens qu'il ne fait pas bon être suspect ou témoin, et encore moins innocent. Que si les interrogatoires de police, les perquisitions, et la mise à nu de la vie privée sont des moments très pénibles à passer, le mensonge,et la diffamation étalés pour un public avide pourrait, moi aussi, me mettre dans cette position où la violence devient la seule défense, la seule issue, la seule réponse...
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Extraits :
- " Photo gigantesque et caractères non moins gigantesques. KATHARINA BLUM, LA BONNE AMIE D'UN GANGSTER, REFUSE DE DONNER LES NOMS DE SES VISITEURS. Ludwig Götten, le bandit et assassin recherché depuis un an et demi, aurait pu être arrêté hier si sa bonne amie, une employée de maison nommée Katharina Blum, n'avait couvert sa fuite et effacé toute trace de son passage. La police présume que la femme Blum est depuis assez longtemps déjà mêlée à la conjuration. (Suite page 2, colonnes 3 et 4).
En deuxième page Blorna put voir à quel degré LE JOURNAL avait travesti ses propos : la jeune femme "intelligente et réservée" était devenue "froide et calculatrice", tandis que de sa déclaration générale sur la criminalité, LE JOURNAL avait déduit que Katharina "était tout à fait capable de commettre un crime".
"Le curé de Gemmelsbroich nous a déclaré : "Je la crois capable de tout. Son père était un communiste inavoué et sa mère, que par charité j'ai pendant un certain temps employée comme femme de ménage, a volé du vin de messe et célébré des orgies dans la sacristie avec ses amants."
" Depuis deux ans la femme Blum recevait régulièrement chez elle des visiteurs. Son appartement était-il le quartier général d'une bande organisée, servait-il de cache d'armes ? La police poursuit son enquête et le ministère public travaille d'arrache-pied. La suite au prochain numéro. COMME TOUJOURS LE JOURNAL RESTE EN PREMIERE LIGNE ! Nos lecteurs trouveront dans l'édition de demain l'ensemble des informations tissant la toile de fond de cette affaire."
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- " Ensuite, toujours dans l'espoir de détourner Katharina de cette lecture du JOURNAL à laquelle elle se cramponnait, elle avait demandé à son collègue Hüften de la remplacer quelques minutes, le temps d'aller chercher d'autres journaux dont les articles rendaient compte d'une manière tout à fait objective de l'implication de Katharina Blum dans l'affaire Götten et de son interrogatoire. C'était en troisième ou quatrième page de brefs comptes rendus où le nom de la jeune femme n'était même pas imprimé en toutes lettres ; on y parlait d'elle que comme d'une certaine Katharina B., gouvernante. Dans la Umschau par exemple seul un écho de dix lignes - sans photo naturellement - relatait la malheureuse implication dans l'affaire Götten d'une jeune femme rigoureusement intègre. En dépit de leur nombre - l'auxiliaire en avait rapporté une bonne dizaine - ces feuilles n'avaient pas réussi à réconforter Katharina qui s'était simplement exclamée : " Mais qui donc lit ce genre de journaux ? Tous les gens que je connais lisent LE JOURNAL !"
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- " La police et le ministère public sont-ils vraiment disposés à croire un aussi ignominieux individu que ce Götten lorsqu'il a la prétention de disculper entièrement Katharina Blum ? LE JOURNAL se doit de soulever une fois encore la question : nos méthodes d'interrogatoire ne sont-elles pas trop douces ? Sommes nous donc tenus à tant d'humanité à l'égard de tels monstres ? "
Sous les photographies des Blorna et de leur villa : " C'est dans cette maison que Katharina Blum, qui jouissait de l'entière confiance de M° Blorna et de son épouse, travaillait seule, sans surveillance aucune, de 7 h du matin à 4 h 30 de l'après-midi. On n'ose imaginer tout ce qui a bien pu s'y passer pendant que les Blorna vaquaient sans méfiance à leurs occupations professionnelles. Mais ne se doutaient-ils vraiment de rien ? Au dire des voisins, ils entretenaient avec Katharina Blum des rapports très amicaux sinon même intimes. Nous passerons ici sur certaines insinuations étrangères à l'affaire. Mais lui sont-elles vraiment étrangères ? Quel fut en effet le rôle joué par Mme Gertrud Blorna qui dans les annales d'une école technique supérieure fort estimée figure aujourd'hui encore sous le nom de "Trude la Rouge" ? Comment Götten a-t-il pu s'enfuir de chez Katharina Blum alors qu'il avait la police aux trousses ? Et qui connaissait jusque dans ses moindres détails le plan du grand ensemble " La résidence du bord de l'eau", sinon Mme Blorna ? "
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12.09.2007
GARY/AJAR La vie devant soi
"La vie devant soi" de Romain Gary, sous le pseudonyme d' Emile Ajar, a obtenu
02:10 Publié dans Roman, nouvelles (divers) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Stefan ZWEIG Le joueur d'échecs
Stefan Zweig," Le joueur d'échecs "
00:15 Publié dans Roman, nouvelles (divers) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
08.09.2007
Cizïa ZIKE Histoires de fous
Histoires de fous : recueil de quatre nouvelles, Amigo, L'Ogre,
19:55 Publié dans Roman, nouvelles (divers) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

